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Sur le tanking particulièrement. Votre fil conducteur est que Philly sort de la médiocrité par le haut.

En l’occurrence on dit que la franchise sort enfin de la médiocrité mais que cela se fait par le bas après l’échec du trade de Bynum qui était une tentative d’en sortir par le haut.

« Le trade du meneur All-Star posait les bases du projet de Sam Hinkie. Sortir de la médiocrité par le bas ».

Je suppose que cela est une faute de frappe ou alors on ne s’est vraiment pas compris.

Que le tanking ne se fait que « lachement » etc, a la Phoenix. C’est faux: Orlando tanke et reconstruit sagement

Peut-être n’ai-je pas été clair à ce propos. Je tente donc une seconde explication.

L’utilisation de la notion de « tanking » est à mon sens excessivement galvaudée. De telle sorte qu’utilisé de matière générique pour qualifier les équipes qui perdent et son amenés à perdre, le concept de tanking ne permet plus de caractériser correctement des situations et des stratégiques différentes.

Le tanking est le truchement de la compétitivité et par voie de conséquence des résultats d’une équipe. Cela se matérialise par la mise sur le banc de ses joueurs les plus « efficaces », par la multiplication des blessures diplomatiques, une passivité déconcertante en défense,  etc…

Le tanking est une stratégie opportuniste offerte par les règlements de la NBA.

Loin de moi l’idée que cela se fait lâchement. Si seulement les Sixers avaient pu tanker la saison dernière lorsque la qualification pour la post-season était hors de portée, il y aurait un autre prospect de talent sous les ordres de Brett Brown.

Ce truchement de la compétitivité immédiate de la franchise, est clairement à différencier des entreprises de rebuilding à l’instar de celle entreprise par Philadelphie mais aussi Orlando puisque tu prends cet exemple.

Pour autant, les deux processus peuvent tout à fait se combiner. Je le précise d’ailleurs dans mon bref passage sur le sujet. Pour l’heure les 76ers ne tankent pas, mais ils pourraient bien y être amenés en fin de saison si leur bilan comptable venait à être trop reluisant, ce qui aux vues des joueurs qui composent le roster serait une sacrée surprise.

Pour résumer, aujourd’hui on emploie le même concept pour désigner deux processus qui ne répondent ni à la même temporalité ni aux mêmes mécanismes.

Le « tanking » : stratégie opportuniste, permettant à certaines franchises confrontées à des résultats différents de leurs attentes (soit trop bons pour les équipes qui espéraient une place de choix à la loterie, soit trop faibles pour les équipes qui pensaient jouer les PO voir mieux et qui mettent opportunément à profit une saison délicate pour aller chercher un pick de choix. Les Spurs d’un Robinson blessé sont un excellent exemple) de mettre à profit la suite de la saison pour monter dans la loterie est problématique.

Il altère les résultats des équipes qui le pratiquent mais aussi ceux des équipes qui les affrontent. Sa pratique donne lieu à des matchs sans intérêts. Accessoirement, il peut détourner le rôle de la draft sensée permettre de compenser les déséquilibres compétitifs de fait. Quand les Spurs sacrifient intentionnellement une seule saison au milieu d’un cycle de saisons positives, cela est d’autant plus problématique.

D’autres stratégies, qui ont pour effet de placer ceux qui les entreprennent en bonne position le soir de la loterie ne sont pas pour autant du tanking. Reconstuire en tablant sur le développement de très jeunes joueurs et sur des hauts choix de draft, n’est pas problématique pour le fonctionnement de la Ligue qui admet naturellement ces cycles de compétitivités. Les 76ers seront mauvais le soir du season opener face à Miami, ils seront mauvais quand Indiana viendra leur marcher dessus à la maison, ils seront mauvais quand ils iront dans le Texas et quand Miami reviendra pour clore la saison, ils ne devraient pas être plus piteux que lors de l’entame de l’exercice. A l’issue de cette saison, la franchise devrait être récompensée par un haut choix de draft pour compenser le fait qu’ils ont été excessivement mauvais. Les Sixers peuvent aligner leurs meilleurs joueurs et exiger d’eux le meilleur, ils n’en seront pas moins très mauvais.

Ce qui en soit n’a rien de problématique.

Cela pourrait l’être si pour devenir mauvais, les 76ers ou par exemple le Magic avaient sacrifié des talents sur l’autel de l’affaiblissement de leur compétitivité. Je ne reviens pas sur le cas du trade de Jrue. Mais le Magic n’a pas opéré un mouvement de « tanking » quand ils ont envoyé Redick chez les Bucks puisqu’en échange ils ont récupéré une pièce intéressante pour leur reconstruction avec Tobias Harris. C’est une mouvement qui a pour objet de ramener un jeu talent et pour conséquence d’affaiblir la compétitivité immédiate. L’affaiblissement n’est pas l’objectif mais le résultat.

Grosso modo, je différencie, le « tanking » stratégie opportuniste et le « rebuilding » qui est lui une vision stratégique à moyen/long terme qui implique une faible compétivité sur le court terme inhérente aux groupes jeunes et peu expérimentés.

L’un pose problème, l’autre répond à l’alternance des cycles et des équilibres compétitifs. Mais en aucun cas, je ne porte des jugements de valeur (le problème vient du règlement, pas de ceux qui en utilisent les failles) ni n’exclu la possibilité que les deux processus se rejoignent, au contraire j’en faisais même mention quand je traitais des 76ers.

aussi même si vous accordez la plus grande attention a tous les aspects des décisions du GM, vous restez fans

En effet, on reste fan des 76ers.

et ça se sent. Ce qui suggère une once de subjectivité quant aux cas Young, MCW, même Holiday.

Je suppose que cela excède l’once. On ne voit qu’un avenir de back-up utile à MCW, celui d’arme défensive à Nerlens Noel et Thaddeus Young on ne s’est guère projeté et on s’est limité à affirmer qu’il était un joueur exemplaire. Là où je concède une subjectivité démesurée c’est sur le cas Royce White.

Toutefois, l’objectivité est la subjectivité de la classe dominante.

Holiday dont vous soulignez justement les limites de sa progression, juste après son départ.

Pour le coup, je suis assez à l’aise avec ce que j’ai pu écrire toute la saison sur Jrue Holiday. Tout ce qui a été écrit de laudatif sur le site sur Jrue n’est pas de moi 🙂 , bien que je n’ai pas manqué de soulever ces bonnes prestations (comme les plus mauvaises). Et je suis presque certain que j’ai écrit un article où j’exposais que Thad était le sixer le plus important sur le parquet loin devant Turner et Holiday.

Mais quand bien même, la mise en lumière des limites de sa progression ne serait que tardive, cela n’affecte en rien l’évaluation du trade. D’ailleurs, loin de moi l’idée de minorer la pertinence du choix des Pelicans, qui au contraire proposent un environnement bien plus propice que ne le faisaient les 76ers, pour que Jrue atteigne son plein potentiel.

Merci pour toutes tes remarques.

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