un joueur un destin

Un Joueur, Un Destin : Elton Brand (seconde partie)

Voici la seconde et dernière partie de ce « Un Joueur, Un Destin » consacré à l’ancien joueur de basket Elton Brand. À la fin de la première partie, nous nous étions quittés juste avant la décision qu’Elton Brand devait prendre lors de l’intersaison de 2008. Pour lire la première partie c’est ici.

Alors où va-t-il jouer l’année prochaine ?

De quel côté de l’Amérique ?

Alors que la fin de la free agency approchait à grands pas, aucune nouvelle ne filtrait du côté du clan Brand.

Personne n’avait la moindre idée du maillot que le natif de l’est américain allait porter la saison prochaine. Les front offices des Clippers et des 76ers étaient à bout de nerfs.

Aucun appel, aucune réponse et encore moins un flash info sur une chaîne de télévision. Tout le monde était sur les starting blocks, prêt à décrocher le téléphone pour chercher une solution de repli en cas de désillusion.

Et la tant convoitée nouvelle tomba le matin du 9 juillet 2008.

Adieu Los Angeles, la cité des Anges, bonjour la Pennsylvanie et la ville de l’amour fraternel.

Explosion de joie chez les 76ers et une incompréhension totale pour les Clippers.

Une vraie désillusion pour le camp de la franchise de la conférence ouest. Eux qui ont tout fait pour se renforcer. Il y a eu par exemple la signature, quelques jours plus tôt, du meneur Baron Davis double All-Star, au contrat de plus de 65 millions de dollars sur 5 ans, pour aider Elton Brand à mener sa quête des playoffs.

C’est une vraie douche froide pour le staff et les supporters des Clippers.

Elton Brand a fait son choix, il change d’équipe et part signer chez les 76ers pour 82 millions de dollars sur cinq années.

Avait-il besoin de changer d’air et de tourner la page des Clippers après sa grosse blessure survenue il y quelques mois ? Peut-être.

Néanmoins, cette signature au contrat mirobolant est un véritable risque pris par l’équipe des Sixers. Évidemment, Elton Brand est un joueur encore plus que correct mais la saison dernière sa vilaine blessure fut un réel frein pour bon nombre de franchises lors de cette free-agency. Pour rappel, Brand n’a foulé le parquet NBA qu’à huit reprises lors de la campagne 2007-2008.

De plus, une blessure au pied, à pratiquement 30 ans, n’est jamais bon signe pour la suite des événements…

Néanmoins, les dés sont jetés, ce pari sera-t-il rentable pour les Sixers ? Une harmonie ou une alchimie va-t-elle naître ? Personne ne le sait.

Cependant, Elton Brand est confiant et se veut rassurant pour les fans. Dans les colonnes d’ESPN quelques semaines après sa signature, l’ancien Clipper n’hésite pas à promettre de grandes choses dès cette saison :

« Je suis prêt à réaliser de grandes choses cette saison ! »

Pour cette nouvelle saison, la campagne 2008-2009, Brand aura un rôle simple mais extrêmement important, s’imposer dans la raquette, être une véritable tour de contrôle et ainsi faciliter le travail de ses coéquipiers.

Malheureusement, encore une fois, Brand est de nouveau trahi par son corps. Néanmoins, cette blessure est située au niveau de l’épaule, ce n’est donc pas une rechute de la blessure de l’année dernière, qui pour rappel était une déchirure du tendon d’Achille gauche.

Sa nouvelle blessure, au niveau de l’épaule, est survenue pendant qu’il se débattait pour récupérer un rebond à la limite de la zone extérieure du terrain, durant le 25e match de la saison face aux Bucks de Milwaukee. Une action si anodine à première vue, mais qui coûta si chère…

Après cette nouvelle blessure, de nombreux journalistes commencèrent réellement à avoir des doutes sur ses capacités et résistances physiques.

Elton Brand a-t-il atteint son point de non-retour physiquement ?

Après examen, et observation auprès du staff médical de l’équipe, les médecins décidèrent de laisser néanmoins jouer Brand.

Cependant avec un temps de jeu réduit et avec des périodes de repos imposé. Non négociable.

Brand n’a tenu que quelques matchs ainsi, jusqu’à ce que la douleur ne soit plus supportable et que le point d’aggravation de la blessure ne soit franchi.

La décision fut prise après le match face aux Celtics, où Brand ne joua que huit petites minutes sans avoir réellement d’impact sur le jeu et qu’il montra de réels signes de souffrance. Il fallait agir et vite.

Après une réunion entre le staff médical, les entraîneurs et le joueur pour décider comment régler le problème de la meilleure des manières sans risquer d’endommager encore plus l’épaule de l’intérieur, ils décidèrent donc de ne plus le faire jouer jusqu’à nouvel ordre. Ils prirent donc plusieurs rendez-vous avec des médecins spécialisés. Après une IRM, le diagnostic était clair, il fallait opérer de toute urgence cette épaule endommagée.

Saison finie pour Elton Brand, il n’aura joué que 29 matchs, qu’il boucla avec des statistiques en baisse 13,8 points à 44 % aux tirs et pratiquement 9 rebonds captés.

Pendant ce temps-là, les Sixers se retrouvèrent sans leur intérieur titulaire. Malgré tout, ils réussirent à se qualifier en sixième position à l’Est mais chutèrent face au Magic de Dwight Howard en six matchs, qui allait filer jusqu’aux finales NBA.

La remontée allait être compliquée pour Elton Brand. Il allait devoir retrouver un rythme décent dans le jeu, ses capacités offensives et réflexes défensifs, mais il gardait espoir.

Pour la saison 2009-10, les Sixers accueillent un nouveau coach : Eddie Jordan, qui arrive directement du banc de la capitale fédérale : Washington. Sans oublier également (en cours de route) la légende des 76ers du début de la décennie : Allen Iverson, qui signe un contrat d’un an durant le mois de décembre.

Cette saison fut pour les 76ers -qui accueillent également un nouveau style esthétique- assez compliquée, bercée entre les victoires et défaites. Alors que les Sixers profitent de cette saison pour un rendre un hommage de plusieurs mois à The Answer, Elton Brand de son côté, essaye tant bien que mal de retrouver ses capacités et réflexes.

Sur le plan comptable, les 76ers finissent avec un bilan de 27 victoires pour 55 défaites, ce qui les expulsent en dehors des huit premiers spots de la conférence Est. Du côté d’Elton Brand, ses statistiques sont clairement en baisse, 13,1 points et 8,1 rebonds en 30 minutes de jeu. Encore une année compliquée et à oublier pour Elton Brand.

Pour oublier cette campagne délicate le Sixer produit son troisième long-métrage : Love & Game.

La saison 2010-11 est le témoin d’un renouveau pour Elton Brand. Après trois saisons compliquées, entre blessures et manque de rythme, il retrouve la barre des 15 points de moyenne par match. Mais le plus intéressant concerne son taux de réussite aux tirs, puisque Elton Brand repasse de nouveau la barre des 50%, qu’il ne dépassait plus depuis la saison 2006-2007.

Il réussit même au cours de la saison à produire une très grosse performance avec 33 points et 16 rebonds à 60 % de réussite.

Du côté des 76ers, de jeunes joueurs continuent leur progression comme Jrue Holiday ou Thaddeus Young mais également de jeunes joueurs comme Evan Turner fraîchement sorti de la draft de 2010. L’équipe accueille également un nouvel entraîneur, après la mauvaise performance d’Eddie Jordan. Les Sixers choisissent Doug Collins qui vient lui aussi des Washington Wizards.

Cette campagne 2010-2011 connaît une nouvelle guerre entre le syndicat des joueurs et la NBA, de ce fait le nombre de matchs est diminué à 66. Néanmoins, la saison des 76ers se passe bien et avec maîtrise, puisque les locataires du Wells Fargo Center terminent avec un bilan de 35-31 et s’assurent l’ultime spot de la conférence. Ainsi les Sixers se qualifient pour les phases finales et se retrouvent au premier tour face au Heat des «tres amigos». Les 76ers luttèrent au maximum mais face à l’armada floridienne composée de LeBron James, Chris Bosh et Dwayne Wade, ils chutèrent en cinq matchs.

C’est aussi durant cette première saison sous les ordres de Doug Collins qu’Elton Brand sera utilisé principalement au poste de pivot, lui qui jouait principalement au poste d’ailier fort jusqu’à maintenant.

Cette campagne NBA (sa quatrième avec Philadelphie), fut néanmoins compliquée pour Elton Brand. Son corps commence fortement à le faire souffrir après toutes ces années passées en NBA et de toutes ces minutes passées sur le parquet. Son temps de jeu se réduit et par conséquent ses statistiques diminuent. Il ne marque plus «que» 11 points en 29 minutes de temps de jeu. Son impact sur le jeu est de moins en moins important, et face à la concurrence d’autres intérieurs plus jeunes, Brand éprouve des difficultés à garder le cap.

C’est pourquoi, durant l’intersaison de l’année 2012, le front office mené par Tony DiLéo décide de couper Elton Brand pour se dégager de l’encombrant contrat du pivot. En effet, le contrat d’Elton Brand pèse de plus en plus lourd dans le salary cap de l’équipe et son impact dans le jeu de l’équipe est de moins en moins important. De plus, ses blessures risquent à tous moments de ressurgir.

Elton Brand sera coupé avec la fameuse Amnesty Clause.

– Cette clause permettait de licencier un joueur qui ne convient plus à une équipe et qui a été signé avant la saison 2011-2012 –

Elton Brand se retrouve donc sans club. Un énorme coup de massue, même si les rumeurs présager une telle issue depuis plusieurs jours.

Néanmoins, son expérience et ses qualités ne passent pas inaperçues sur le marché des free agents. Un peu plus d’une semaine plus tard, les Dallas Mavericks le recrute pour une saison et 2,1 millions de dollars.

La fin d’une aventure

Pour la première fois de sa carrière, Elton Brand ne sera pas titulaire à son poste. Les postes 4 et 5 des Mavericks sont bien remplis et il est difficile de gagner des minutes. Néanmoins, Brand jouera tout de même 21 minutes en moyenne, en back-up de Chris Kaman, Shawn Marion ou la légende des Mavericks Dirk Nowitzki.

A la fin de sa 14e saison dans la ligue (saison 2012-2013), Elton Brand présente une ligne statistique de 7,3 points à 47 % et 6 rebonds.

Alors que les Mavericks n’arrivent pas à se qualifier en playoffs, du côté de Brand la fin de son contrat approche à grands pas.

La free-agency est là, Elton Brand reçoit diverses offres, mais une seule retient réellement son attention, celle des Atlanta Hawks. Ils sont prêts à lui donner un temps de jeu correct et une compensation financière plus qu’intéressante. Le 15 juillet 2013, Elton Brand signe son contrat d’un an et 4 millions de dollars avec les Atlanta Hawks.

Son rôle ressemble fortement à celui qu’il lui était dévolu du côté de Dallas, il sera le back-up de Paul Millsap et Al Horford respectivement poste 4 et 5.

A la fin de la saison, Brand finit la saison avec 5,7 points et 5 rebonds en 20 minutes de jeu. Malgré la qualification en playoffs des Hawks, Brand ne foulera le parquet que quelques minutes durant les phases finales de la ligue.

Une nouvelle campagne NBA vient de se conclure, la 15e de Elton Brand. Les doutes sur son avenir et l’éventualité d’une possible retraite sportive commencent à émerger dans l’esprit de Brand. Malgré tout le 23 septembre 2014, les Hawks lui propose une année de plus à leurs côtés, il accepte.

La saison 2014-2015, est LA saison des Atlanta Hawks, sous le signe d’une magnifique dynamique de groupe menée par le coach Mike Budenholzer. Les Hawks survolent la saison et finissent premiers de la conférence Est avec 60 victoires.

Du côté d’Elton Brand, changement de numéro, fini le 42 place au numéro 7.

Durant cet exercice, Brand ne participa qu’à une trentaine de matchs. Le coach Mike Bundenholzer l’utilisait principalement dans des situations défensives, c’est pourquoi au final il se retrouva avec un temps de jeu de seulement 14 minutes où il marqua que 2,7 points et prit pratiquement 3 rebonds.

Alors que les Hawks se battaient en playoffs pour atteindre une finale NBA tant convoitée, Elton Brand fut écarté du groupe, le coach resserra la rotation pour recentrer ses forces. Avec seulement une petite minute durant les playoffs 2015, Elton Brand décida de ranger les baskets et annonça à la planète basket-ball sa retraite sportive le 11 août 2015.

Néanmoins, Elton Brand n’avait pas dit son dernier mot et nous réserve encore quelques surprises.

Le 4 janvier 2016 avec le soutien de son ancien coach de Duke, Mike Kryzewski, son ancienne équipe les 76ers le signe pour une dernière danse. Sur cette 2015-2016, il jouera un total de 17 matchs. Le 1er avril, il affiche une impressionnante feuille de matchs avec 13 points et 11 rebonds. Pour un joueur sorti récemment de la retraite c’est plutôt impressionnant !

Cependant, Elton Brand avait un double rôle dans l’équipe. Il devait évidemment participer aux matchs de l’équipe mais aussi encadrer et conseiller les jeunes joueurs de Philadelphie. Pour rappel, les Sixers de 2015-2016 avaient l’une des moyennes d’âge les plus faible de la ligue et comptaient dans leurs rangs quelques élèves susceptibles de profiter des leçons du vétéran comme Nerlens Noel, Joel Embiid ou encore Jahlil Okafor.

Après cette nouvelle saison chez les 76ers, le natif de l’État de New York présenta une ligne de statistiques de 4,1 points et 3,7 rebonds en 13 minutes de jeu.

Alors que les 76ers se préparent pour une nouvelle saison avec l’arrivée de nouveaux joueurs, dont le first pick de la draft, Ben Simmons, Elton Brand semble être définitivement prêt à raccrocher les baskets et ranger le ballon orange dans le placard.

C’est ainsi que le 20 octobre 2016, Elton Brand annonça pour la seconde fois sa retraite sportive.

Pour conclure…

Si souvent oublié dans la liste des grands intérieurs des années 2000, Elton Brand aura tout de même marqué son époque. Sa domination et son style de jeu sous les raquettes NBA durant la première décennie auront indéniablement ancré les esprits de sa génération de joueur. Il a su montrer comme d’autres personnes avant lui que la taille ne fait pas tout, un ailier fort de 2 mètres et 6 centimètres avec une puissance naturelle et une envergure inévitable peut difficilement passer inaperçu et être évité. Malheureusement, comme de nombreux joueurs, le corps n’a pas su suivre les exigences quotidiennes. Il y a eu un avant et un après sa terrible blessure au tendon d’Achille de 2007. Le risque et l’appréhension de tomber de nouveau et de subir encore une fois une intervention chirurgicale lourde ne le quitta plus. Cependant le plaisir de jouer ne s’envola pas comme cela et Elton Brand l’a bien montré durant plusieurs années…

Elton Brand en quelques chiffres ou quelques mots…

  • Années en NBA : 17 saisons 
  • Poste : Ailier Fort et Pivot
  • Draft : 1er choix de la draft de 1999 par les Chicago Bulls

Équipes :

  • Chicago Bulls (1999-2001)
  • Los Angeles Clippers (2001-2008)
  • Philadelphie 76ers (2008-2012)
  • Dallas Mavericks (2012-2013)
  • Atlanta Hawks (2013-2015)
  • Philadelphie 76ers (2016)

 

Palmarès :

  • Rookie of the Year (2000)
  • All-Rookie First Team (2000)
  • All-NBA Second Team 2006)
  • Sportmanship Award (2006)
  • Deux participations aux All-Stars Game (2002, 2006)

Statistiques en carrière :

  • 15,9 points par match à 50%
  • (16 827 points au total)
  • 8,5 rebonds par match
  • (9 040 rebonds au total)
  • 2,1 passes décisives par match
  • (2 184 passes décisives au total)
  • 1,7 contres par match
  • (1 828 contres au total)
  • 0,9 interception par match
  • (940 interceptions au total)
  • 1058 matchs joués dont 868 comme titulaire
  • 94 910 minutes joués et 33 minutes de jeu en moyenne

 

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