JoueLaCommeDiLéo (2017)

JouelacommeDiLéo 2017 – Le projet d’Antoine Pimmel

Comme lors des quatre derniers mois de juin, le #JoueLaCommeDiLéo va animer le processus pré-draft. La publication des différentes contributions rédigées dans le cadre de cette vaste consultation va désormais rythmer cette bien trop longue attente. Sixième contribution pour cette cinquième édition, le projet d’Antoine Pimmel. 

Cela fait maintenant quatre ans que Sam Hinkie, mon glorieux prédécesseur, a bouleversé la planète basket en posant les premières pierres du « Process » lors de la draft 2013. Son plan quinquennal a pris du retard mais peu importe : hors de question de se fixer des objectifs trop hâtifs, même avec des fans qui attendent impatiemment les playoffs. Chercher à brûler les étapes est le meilleur moyen de se retrouver avec des vétérans surpayés sans être vraiment performants, des jeunes joueurs frustrés car cloués sur le banc et des choix de draft sacrifiés trop précipitamment. Nous ne sommes pas à Orlando ou à New Orleans.

Grâce à ce bon vieux Hinkie, je possède déjà les deux pièces maîtresses de mon effectif : Ben Simmons et Joel Embiid. Mais ils ont tous les deux connus des problèmes de santé « majeurs ». La précaution est donc de mise.

Mon but est de continuer à progresser et de faire mieux que les 28 victoires de la saison précédente. C’était déjà un premier pas en avant. Je ne veux simplement pas faire l’erreur de mettre trop de pression sur mon staff et sur mon groupe. Je veux bien que les coaches comprennent que l’objectif est de gagner des matches mais, si possible, sans nuire au développement des jeunes joueurs. Les Timberwolves doivent me servir d’exemples, ou plutôt de contre-exemples. Karl-Anthony Towns et Andrew Wiggins sont très talentueux mais ils sont bien la preuve qu’il est extrêmement difficile de mener une équipe en playoffs à 21-22 ans. Patience, donc.

Mais je reste conscient que j’évolue au sein de la Conférence Est. La concurrence est moins rude. Il n’y a pas de stabilité chez les candidats au top 8. Ce n’est pas inatteignable. Juste pas l’objectif officiel affiché. Je suis plus sur du match après match, même si le terme peut sembler hypocrite. Je veux que mes gars puissent faire des erreurs et apprendre tout en cherchant à se montrer compétitifs. Les encourager à se dépasser et à progresser en gardant cet été d’esprit.

Et de cet objectif découle finalement ma stratégie pour l’intersaison. Autrement dit, ne comptez pas sur moi pour filer 30 millions annuels à des All-Stars déjà trentenaires comme Kyle Lowry ou Paul Millsap.

La Draft : Ball or not Ball ?

La draft est la première étape clé de mon intersaison. J’ai déjà mes deux superstars potentielles. Il y a donc moins d’urgence. Je peux commencer à penser en termes de complémentarités, même s’il est généralement préférable de sélectionner le meilleur joueur disponible avec le troisième choix. Je vais donc me pencher sur la tâche délicate de mixer les deux : « fit » et prospect talentueux.

Une précision importante au sujet de ma stratégie : s’il y a bien un point que j’ai retenu du sacre des Golden State Warriors, c’est l’importance capitale des « 2-way player ». J’accorde bien plus de valeur aux joueurs capables d’impacter mon équipe des deux côtés du parquet. La plupart de mes choix en découleront. Ceci étant dit, voici donc mon tableau pour la draft. Un peu différent des prévisions habituelles.

Markelle Fultz
Lonzo Ball
Jonathan Isaac
Josh Jackson
Frank Ntilikina
Malik Monk
Jayson Tatum
Dennis Smith Jr
De’Aaron Fox
Donovan Mitchell

Sauf gigantesque surprise, les Boston Celtics vont miser sur Markelle Fultz. Je le considère moi-même comme la seule vraie superstar de cette cuvée pourtant chargée en talents. Mon choix dépendra donc plus de celui des Los Angeles Lakers, titulaires du deuxième pick.

Première hypothèse : les Lakers zappent Ball et prennent Fox ou Jackson

Ou peu importe qui ils choisissent, si Lonzo Ball est disponible, je saute immédiatement sur l’opportunité. Je sais que j’ai indiqué plus haut que je voulais d’abord privilégier les « 2 way player ». Le meneur passé par UCLA n’est certainement pas un stoppeur sur son poste. Mais il a, selon moi, le potentiel pour s’affirmer comme un excellent distributeur capable de sublimer son équipe. Un pur leader en devenir. Et ce serait trop beau de laisser passer l’occasion s’il venait à être disponible avec le troisième choix.

Je sais que son jugement est parfois obscurci par les propos controversés de son père mais j’imagine Ball comme le joueur idéal pour les Sixers et Philadelphie comme la destination parfaite pour le joueur. Je m’explique.

L’éloigner complètement de Los Angeles serait le meilleur moyen de le pousser à légèrement se distancer – ne serait-ce que juste physiquement – de LaVar Ball. Ce dernier a encore les carrières de LaMelo et LiAngelo à gérer. Il restera donc en Californie. Lonzo sera dans un nouvel environnement, avec moins de pression. Moins d’attentes qu’à L.A., c’est certain. Et aussi un rôle plus adapté, en soutien d’Embiid et Simmons. Il n’est pas un scoreur et je pense qu’il est préférable pour lui de se retrouver au sein d’un effectif qui a déjà d’autres stars, histoire d’éviter que certaines lacunes (sa mécanique de tir peut-elle l’empêcher de s’imposer en NBA ?) offensives soient trop exposées dès sa première saison dans la ligue.

Certains noteront qu’il a besoin de la balle pour exister. Oui et non. Je trouve que Lonzo a justement cette capacité à vite lâcher la balle. Avec lui, ça circule. Il y a du mouvement et c’est fluide. C’est exactement ce qu’il me faut. Si Embiid flirtait déjà avec les 20 points par match avec T.J. McConnell à la mène, je salive déjà du résultat une fois que Ball sera en place.

Sa présence ne fait pas double-emploi avec Simmons. Au contraire. Une partie du public fait une fixette sur la notion de « meneur de jeu ». L’Australien ne va pas soudainement se retrouver au poste un avec toute la création à gérer. Même les Milwaukee Bucks ne mettent pas réellement Giannis Antetokounmpo en meneur. Il est de toute façon toujours avantageux de compter plusieurs playmakers sur le terrain. Ball peut servir de deuxième dynamiteur offensif après Simmons et il a aussi l’habilité à jouer sans le ballon. Autant son tir en sortie de dribbles peut m’inquiéter en raison de sa mécanique complètement unique, autant je pense qu’il peut rapidement devenir une menace en « spot-up ».

Tout ceci étant dit, je pense que les Lakers prendront Lonzo. Tout ce qui se dit autour de sa méforme ou d’une possible sélection de Fox, ce ne sont que des rumeurs. Voire même du bluff.

Deuxième hypothèse : Ball non disponible, deux nouvelles options 

Si je respecte mon tableau, Jonathan Isaac serait le joueur idéal avec mon troisième choix. C’est un reach. L’ailier n’est pas annoncé aussi haut, même s’il serait sans doute un prospect plus convoité au sein d’une cuvée un peu moins forte. Le sélectionner ne me fait pas peur. Il est peut-être moins côté que Jackson ou Tatum mais je l’imagine bien contribuer plus rapidement – et de manière plus efficace – au succès futur de ma franchise.

Pour moi, après Fultz, l’écart est minime entre la deuxième et la septième ou huitième place. Je ne vois pas les autres prospects comme des potentiels multiples All-Stars. Ou alors, au sein d’organisations moins ambitieuses.

Un autre plan consiste à éventuellement « trade down ». Il se murmure que les Kings sont à fond sur Fox. Déjà, ça ne m’étonne pas. Et s’il y a bien des dirigeants faciles à extorquer, ce sont ceux de Sacramento. Je peux donc proposer le simple échange de picks : le numéro 3 contre les 5 et 10. D’une cuvée chargée, rappelons-le encore une fois.

Si le transfert est accepté, j’envisageais d’abord de miser sur Malik Monk. Son adresse extérieure offrirait une dose de spacing bien utile, surtout avec les débuts de Ben Simmons. Mais j’ai une vision semi-flatteuse d’un J.R. Smith du riche. Autrement dit, je le vois bien faire des cartons mais j’ai peur qu’il ne m’aide pas tant que ça à passer un cap d’ici deux ou trois ans.

Surtout, il est de toute façon fort probable qu’Isaac, mon choix initial, soit toujours disponible en cinq. Fultz en 1, Ball en 2, Fox en 3, Jackson en 4, Isaac pour moi en 5, Monk en 6, Tatum en 7, Smith Jr en 8 et… Ntilikina en 9 ? Salauds de Mavericks. Si je peux leur refourguer le choix numéro 10 et Nik Stauskas pour les pousser à prendre Lauri Markkanen et prendre le Français… ce serait avec plaisir. En plus, de ma capacité à drafter un meneur dépendra aussi mon intersaison. A moins que le Magic prenne Tatum en 6 (ce qui ferait sacrément doublon avec leurs joueurs déjà présents mais sait-on jamais), Markkanen en 7, Monk en 8 et Smith Jr en 9. Dans ce cas, Ntilikina me reviendrait sans sacrifier Stauskas et un éventuel futur pick.

Pour les choix au second tour, quelques noms qui ont retenu mon attention : Frank Jackson, Caleb Swanigan, Jonah Bolden, Frank Mason III et Jaron Blossomgame. Si l’un d’entre eux fait très forte impression pendant l’été, autant essayer de l’intégrer à l’effectif.

La Free Agency 

La Free Agency, deuxième étape, moins croustillante. Mon équipe n’est pas prête à attirer les plus gros poissons. Patience. Mais cela ne m’empêche pas de faire des bonnes affaires. J’en profite pour rappeler que j’ai en tête de recruter des joueurs capables de faire la différence en attaque comme en défense.

Un joueur capte particulièrement mon attention : Kentavious Caldwell-Pope. Il est « Restricted Free Agent » et les Pistons ne l’ont pas prolongé à l’automne dernier. C’est clairement ma priorité de l’été : réussir à l’attirer en dehors du Michigan. Sa dernière saison avec Detroit n’était pas forcément très emballante (13,8 points à 40% aux tirs) mais son potentiel m’intrigue. Je suis prêt à payer au-dessus de la valeur du marché, donc même proche du maximum, quitte à faire un contrat « piège ». Le but serait de mettre suffisamment le doute aux Pistons pour les pousser à ne pas s’aligner. Voire même à négocier in sign&trade, scénario dans lequel je serais prêt à inclure Nik Stauskas, si jamais je ne l’ai pas déjà cédé, et un pick protégé.

Dans le même ordre d’idée, Otto Porter est une cible vraiment intéressante. Mais je pense que la concurrence sera forte sur le dossier. Surtout, j’imagine que les Wizards vont s’aligner peu importe l’offre. Je peux toujours me renseigner, parce qu’il correspond à mes recherches, mais je crains que ce dossier soit nettement plus compliqué.

Si j’ai réussi à drafter Lonzo Ball (hypothèse 1) ou même Frank Ntilikina (hypothèse 2), je ferai l’impasse sur les meilleurs meneurs disponibles. Je sais que la NBA actuelle appartient aux arrières et à tous ceux capables de porter la balle sur le pick-and-roll. Mais Kyle Lowry, originaire de Philadelphie, ne m’emballe pas. Je ne le vois pas comme un leader adéquat pour mon jeune groupe, et ce malgré des qualités indéniables.

Idem pour Jrue Holiday, dont la personnalité me rassure un peu plus mais que je ne suis pas prêt à payer au prix fort. De toute façon, les équipes avec un meneur de jeu comme première option offensive ne m’inspirent pas tellement. L’histoire prouve qu’il n’y a pas besoin de payer un meneur au maximum pour remporter un titre NBA. Je préfère faire confiance à l’un de mes rookies tout en lui signant un bon back-up.

Je pense surtout à Patty Mills. Il a déjà une connexion avec Brett Brown – ils se sont côtoyés aux Spurs avec la sélection australienne – il est en quête d’un temps de jeu plus important et il est de toute façon petit à petit poussé vers la sortie avec l’éclosion de Dejounte Murray à San Antonio. C’est le moment idéal pour le signer. Quitte même à effectivement lui laisser une place dans le cinq tout en le laissant partager ses minutes avec Ntilikina.

Quitte à jouer sur la filière australienne, je suis fortement intéressé par Joe Ingles. Le Jazz a le droit de s’aligner sur toutes les offres (il est donc Restricted Free Agent) mais les dirigeants vont déjà avoir du pain sur la planche avec les cas Gordon Hayward et George Hill. L’idéal serait donc de formuler une offre très rapidement, à hauteur de la dizaine de millions (12, 13 ?) annuels. Si possible sur une durée de trois ans. Histoire de pouvoir le refourguer plus facilement en cas d’échec.

Ingles a le profil pour souder les jeunes stars entre elle. Il joue intelligemment, c’est un bon shooteur et un joueur un peu vicieux. Aussi un bon passeur. Exactement ce qu’il me faut pour passer doucement un cap au sein de la Conférence Est.

Andre Iguodala était une autre option à l’aile mais il est plus vieux et je ne l’imagine pas revenir à Philly.

A ce moment-là, mon effectif serait quasiment au complet. Je sais que les noms ne feront peut-être pas bondir mes supporteurs mais je ne pense pas que ce marché estival soit aussi important pour ma franchise que le suivant. Il est temps de progresser avant de pouvoir faire un coup en 2018 ou 2019. Autant ne pas céder à la panique en gaspillant l’espace sous le Cap inutilement.

Je ne prolonge aucun des joueurs sont le contrat à expirer. Sergio Rodriguez, Tiago Splitter et compagnie ne s’intègrent pas à mon projet. Autant qu’ils aillent se trouver un nouveau point de chute sans même passer par la case négociation.

Vous l’avez peut-être compris, Nik Stauskas est l’un des joueurs que je suis prêt à inclure dans de nombreux scénarios de trade. Je n’ai donc pas l’intention de le prolonger cet été (il sera Restricted Free Agent en 2018). Je suis prêt à prendre le risque de le voir partir sans contrepartie ou même de le signer plus cher lors de la prochaine intersaison s’il venait à exploser (il y a en réalité peu de chances que je le conserve d’ici là). C’est un asset intéressant donc je ne vais pas le brader mais plutôt essayer d’adoucir un échange en l’incluant dans un deal (le soir de la draft ou ensuite avec KCP).

En parlant de prolongation, je donne évidemment ses sous à Joel Embiid. En espérant le convaincre de prendre légèrement moins que le maximum – sécurité santé oblige.

Pour en revenir aux transferts, je ne sais pas vraiment quoi penser du cas Jahlil Okafor. Si une belle offre se présente, autant la saisir mais que signifie vraiment une « belle offre » à ce stade ? Un tour de draft au premier tour ? Disons que si l’on me propose un autre prospect qui m’intéresse, je prends aussi. Mais je ne suis pas absolument contre l’idée de le garder encore quelques mois. Quitte à l’avoir en scoreur en sortie de banc. Après tout, il a un talent indéniable. Greg Monroe a su se réinventer légèrement à Milwaukee. Une évolution similaire serait la bienvenue même si les deux joueurs ne sont pas tout à fait pareils.

Si jamais Okafor venait à être transféré avant la fin du marché, j’essayerai de mettre la main sur un pivot comme Aaron Baynes (toujours cette fameuse connexion australienne) par exemple pour un contrat court (un an ou deux) à un montant supérieur au marché en cas de concurrence. Willie Reed est un plan B.

Peut-être plus surprenant : je suis aussi enclin à me séparer de Dario Saric. Mais pas à n’importe quel prix. Il faudrait que j’obtienne, au choix, un pick potentiellement bien placé, un jeune prometteur à un poste qui me convient plus ou un vétéran confirmé avec un contrat abordable pour que je me déleste du Croate.

Ce n’est absolument pas lié à son niveau de jeu. C’est un joueur que j’apprécie et je pense qu’il a un potentiel vraiment intéressant. J’ai juste peur que lui et Simmons se marchent un peu sur les pieds. Avec son talent, Saric sera de toute façon bien payé un jour ou l’autre. Alors si je ne suis pas prêt à mettre le prix fort, autant essayer de le céder quand sa valeur est encore assez haute.

Mais je ne me mets pas d’urgence non plus. J’ai tout de même l’intention de le tester au sein de cette rotation, en sixième homme, et même avec l’Australien sur quelques séquences, pour voir ce que ça donne. J’aviserai ensuite.

Par rapport aux joueurs dont les contrats ne sont pas pleinement garantis, je me sépare de Gerald Henderson et je conserve en revanche Robert Covington.

Ce qui me donnerait donc les effectifs suivants :

Avec Lonzo Ball

Meneurs : T.J. McConnell, Lonzo Ball, Jerryd Bayless, Patty Mills
Arrières : Kentavious Caldwell-Pope, Timothé Luwawu-Cabarrot (Nik Stauskas)
Ailiers : Ben Simmons, Joe Ingles, Justin Anderson, Dario Saric, Robert Covington
Pivots : Joel Embiid, Jahlil Okafor, Richaun Holmes

Avec Jonathan Isaac

Meneurs : Frank Ntilikina, Patty Mills, Jerryd Bayless, T.J. McConnell
Arrières : Kentavious Caldwell-Pope, Timothé Luwawu-Cabarrot (Nik Stauskas)
Ailiers : Jonathan Isaac, Ben Simmons, Joe Ingles, Justin Anderson, Dario Saric, Robert Covington
Pivots : Joel Embiid, Jahlil Okafor, Richaun Holmes

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