Rumeurathon 2017

De Mo Williams à Festus Ezeli, la ruée vers le salary floor ?

A l’orée de la trade deadline, l’actualité des Philadelphia 76ers semble se résumer au départ imminent mais sans cesse différé de Jahlil Okafor. Pour autant, une autre des priorités fixées à l’agenda de Bryan Colangelo est également en stand-by : la ruée entreprise par le décisionnaire vers le salary floor.

Les Philadelphia 76ers évoluent à 7,6 millions en deçà du salary floor et disposent de quelques 17 millions de dollars sous le salary cap.

Les enjeux connexes au salary floor sont bien connus des fans de la franchise pennsylvanienne. La gestion atypique de Sam Hinkie, rétif à l’idée de dilapider son cap space sur le marché des agents libres de second rang a placé les 76ers bien en deçà du salary floor lors des deux derniers exercices.

Jusqu’à la trade deadline, l’ancien décisionnaire n’avait cure d’évoluer à bonne distance du seuil du salary floor fixé à 90% du salary cap. Et pour cause, l’obligation faite aux franchises d’atteindre le salary floor est toute relative. Les GM qui transgresseraient la règle se voient contraints d’appliquer a posteriori ladite règle, en reversant la différence entre leur masse salariale et le salary floor aux joueurs sous contrat. A cet égard, s’ils étaient amenés à demeurer à 77,1 millions de dollars, les 76ers devraient reverser 7,6 millions de dollars aux joueurs sous contrat.

Pis encore, tout incite les décisionnaires soucieux du pouvoir d’achat de leurs propriétaires à atteindre le salary floor le plus tardivement possible. Les salaires ajoutés en cours de saison sont intégralement comptabilisés dans le salary cap de la franchise mais cette dernière n’est redevable à l’égard du joueur recruté en cours d’exercice que du prorata de ses émoluments correspondant à la partie de la saison qui reste à disputer. Ainsi, en ajoutant 8 millions de dollars de salaires en février, les 76ers n’auraient pas à s’acquitter de l’amende de 7,6 millions de dollars (s’ils restaient à ce niveau de salaires) mais seulement de la partie correspondant aux émoluments des joueurs acquis entre février et la fin de saison.

Ainsi, Bryan Colangelo aurait pu faire réaliser une économie de plus d’un million de dollars (1,1 million) aux actionnaires de la franchise en intégrant le contrat de Mo Williams de 2,2 millions de dollars à son salary cap. En l’acquérant, le 20 janvier dernier, les 76ers n’auraient été tributaires que de 1,1 million de dollars à l’égard du journeyman.

Tel était le but de la ridicule bataille pour le contrat de Mo Williams qui mis aux prises les Nuggets et les 76ers dans le contexte singulier de l’abondance de cap space disponible consécutive à l’explosion du salary cap. Avec un salary cap établi à 94,143 millions de dollars en 2016-2017, les franchises NBA doivent donc dépenser 84,73 millions de dollars. Contrairement aux exercices précédents, à ce stade de la saison, les 76ers sont loin d’être la seule franchise à évoluer en dessous du salary floor.

 

L’épisode Mo Williams

Le 26 septembre dernier, Mo Williams annonce sa retraite au GM des Cavaliers, deux jours après avoir expliqué à la presse qu’il y renoncé. Blessé au genou, le combo guard avait connu un exercice 2015-2016 émaillé par les blessures. Le 7 janvier, David Griffin parvient à envoyer son contrat qui arrive à échéance en fin d’exercice, en compagnie de Mike Dunleavy et du choix du premier tour 2019 des Cavaliers à Atlanta en échange de Kyle Korver.

Le 18 janvier, les Hawks parviennent à s’en débarrasser en l’envoyant chez les Denver Nuggets qui escomptaient se rapprocher du salary floor, contre les droits sur Cenk Akyol et une trade exception de 2,2 millions de dollars. Coupé le 20 janvier, les émoluments de Mo Williams disparaissaient 48 heures plus tard du cap space de la franchise du Colorado.

Bryan Colangelo profitait de la période des waivers où il dispose de la priorité en raison du bilan des 76ers l’an passé, pour « subtiliser » le contrat de l’ancien Cavalier à Tim Connelly. Aussitôt coupé par les 76ers, Mo Williams redevenait un Nugget au jeu des waivers le 23 janvier, avant d’être de nouveau coupé le lendemain sans que le stratège le mieux habillé de la Ligue ne juge pertinent de prolonger cette absurde bataille.

En tentant de duper un homologue qui venait de céder un asset marginal et de créer un trade exception pour les Hawks, Bryan Colangelo mettait à mal sa réputation d’expert en relations publiques tout en exposant avec fracas ses velléités d’atteindre le plus rapidement possible le salary floor.

Contestable en soit, cet objectif ne semble plus figurer à l’agenda de l’homme d’action.

 

De la quête d’économies à la sécurisation d’assets

Anderson Varejao, coupé par les Warriors pour faire de la place au Briante Weber, pas plus que Derrick Williams ou Chris Andersen cédé par les Cavaliers n’ont été l’objet de telles manœuvres du stratège. Pourtant, le second choix de la draft 2011, coupé par le Heat, le 6 février dernier, apparaissait comme une cible plus séduisante encore pour un GM soucieux de la situation des comptes épargne de ses actionnaires.

Intégrer le contrat de 4,598 millions de dollars en 2016-2017 de Derrick Williams aurait permis aux 76ers de se rapprocher à la lisière du salary floor tout en n’étant comptables que d’1,75 million de dollars.

Prioritaire sur les waivers, Bryan Colangelo aurait pu atteindre avec Derrick Williams ou le pivot brésilien le même objectif que ce à quoi il aspirait avec celui de Mo Williams, sans contrevenir aux règles élémentaires de bienséance à l’endroit de Tim Connelly.

Atteindre le salary floor avant la trade deadline ne présente absolument aucun intérêt. Plus un GM attend pour l’atteindre plus les économies réalisées sont substantielles, ce qui rend l’épisode « Mo Williams » d’autant moins intelligible.

Sam Hinkie était passé maître dans l’art de maximiser les deniers de ses employeurs, sans perdre de vue le primat de la captation d’assets sur les économies monétaires. En début d’exercice, Bryan Colangelo est parvenu à concilier les deux objectifs. Il a d’ores et déjà acquis le maximum de cash autorisé sur un exercice comptable lors des trades pour Sasha Kaun et Tibor Pleiss. Dans la seconde transaction, il a en profité pour acquérir deux choix du second tour.

Si Sam Hinkie a mobilisé avec brio son cap space comme un moyen d’attirer des assets, cette gestion a aussi largement alimenté les critiques. Or en débarquant en Pennsylvanie Bryan Colangelo a hérité d’une flexibilité salariale colossale que les signatures estivales ont tout juste étiolée.

L’irrationalité de l’entreprise vis-à-vis du contrat de Mo Williams peut être perçue comme la réponse à une situation jugée anormale. En se montrant raisonnable cet été, Bryan Colangelo a conservé sa flexibilité à long terme, quitte à évoluer à bonne distance du salary floor. Il a désormais la possibilité de la mobiliser sur le marché et de sécuriser des assets que ne semble pas être en mesure de faire converger vers les rives du Delaware la cession de Jahlil Okafor.

A cet égard, les Portland Trailblazers, qui disposent de trois choix du premier tour pour la draft 2017, chercheraient à se délester du contrat de Festus Ezeli, forfait pour la saison et détenteur d’un contrat de deux années pour 15 millions dollars dont seul un million est garanti pour le prochain exercice. Seules trois équipes peuvent se le permettre, les Nets, les 76ers et les…Denver Nuggets.

 

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