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Entre deux forfaits, Joel Embiid domine

Face aux Houston Rockets de Mike d’Antoni, il convient de choisir son poison. Multiplier les prises à deux et maintenir une pression constante sur James Harden vous expose aux tirs extérieurs de la cohorte de shooteurs qui composent l’escouade texane. Défendre sur les shooteurs extérieurs en leur offrant le moins de tirs ouverts possibles octroie davantage de latitude à James Harden pour opérer sur pick and roll. Ce soir, Brett Brown avait décidé de défendre sur les shooteurs extérieurs et de laisser James Harden assumer ses responsabilités à la création et au scoring.

Auteur de 50 points, 13 passes et 13 rebonds, on peut affirmer sans ambages que le meneur de jeu a aisément relevé le défi et mis à jour des failles structurelles dans la composition actuelle du roster des Philadelphia 76ers. Ersan Ilyasova comme Dario Saric s’ils peuvent prétendre au statut de poste 4 qui s’écarte n’ont pas la vitesse de déplacement latérale pour switcher sur un James Harden. L’un comme l’autre ont été largement ciblés par le prochain MVP. Au point qu’il eût été intéressant de voir à l’œuvre un cinq composé de T.J McConnell, Timothé Luwawu-Cabarrot, Gerald Henderson, Robert Covington et Joel Embiid.

Si le second passage du français avait été aussi convaincant que le premier où il égala son record au scoring en carrière en 7 minutes (12 points à 5/5) Brett Brown aurait probablement testé cette combinaison. Il privilégia la fluidité offensive en laissant sur le parquet le shooteur canadien au risque, là encore, que James Harden ne le cible, tant, en dépit de significatifs progrès dans sa défense en un contre un, Nik Stauskas n’est pas encore ce qu’on pourrait qualifier comme un stoppeur défensif.

Nik Stauskas, Ersan Ilyasova et Robert Covington ont terminé la rencontre avec un piteux 1/10 à longue distance et encore, il fallu attendre les deux dernières secondes de la rencontre pour que Nik Stauskas règle la mire.

Avec des shooteurs en manque d’adresse et face à un James Harden auteur d’une performance historique, les Philadelphia 76ers n’ont pourtant échoué qu’à cinq unités de Houston. S’ils n’auront pas de représentants au All-Star Game, les 76ers ont, avec Joel Embiid, plus qu’une star en devenir. Ils ont la (super)star tant recherchée. En 28 minutes de jeu, le pivot camerounais a signé sa seconde partie à plus de 30 points : 32 points à 11/20, 4/6 à longue distance et 6/6 depuis la ligne des lancers-francs, 7 rebonds, 4 passes, 3 interceptions et 2 contres. Le héros de la soirée ne manquait pas de vanter les mérites du rookie des 76ers en le présentant comme un si ce n’est le big man le plus doué de la Ligue.

Interrogé par Zach Lowe peu avant son éviction sur les chances de Joel Embiid de devenir un multiple all-star, Sam Hinkie avait livré une réponse qui résonnera longtemps dans les travées du Wells Fargo Center.

« Nous ne savons pas. Quels joueurs actuellement dans la Ligue qui n’ont jamais été all-star sont-ils le plus susceptible de devenir de multiples all-star ? Quelle est la probabilité qu’ils le deviennent ? Moins de 50%. Est-ce 20% ? Est-ce 10% ?

Joel Embiid a X pourcent de chances de devenir un très bon joueur, mais il a peut-être Y pourcent de chances d’être en situation de joueur. Le résultat final est le produit de ces deux considérations. Je pense que c’est là que se situent ses chances. Il sera soit un joueur extrêmement intéressant, soit indisponible ».

Sam Hinkie

Les évènements de la soirée lui donnent encore davantage d’écho. Il s’en est fallu de peu pour que Joel Embiid ne parvienne à accrocher sa première étoile dès sa saison rookie. Les éventuelles incertitudes sur sa capacité à transposer les promesses exposées en NCAA en impact concret en NBA sont désormais dissipées. Si Joel Embiid demeure en bonne santé il sera dominant. A maints égards, il l’est déjà.

En revanche, la seconde alternative soumise par l’ancien General Manager de la franchise aux trois bannières pèsera telle l’épée de Damoclès sur les aspirations de l’organisation tout au long de la carrière du camerounais.

Après avoir manqué les deux derniers matchs, le rookie ne réalisera pas le déplacement à Chicago ce dimanche puisque le lendemain les 76ers accueillent les Sacramento Kings pour un pick swap game hautement stratégique.

Pis encore, la nature des pépins physiques qui l’ont contraint à déclarer forfait pour la réception des Clippers ne semble plus aussi claire que ce qu’affirmait Bryan Colangelo. Ce qui était annoncé comme une hyper extension du genou, serait de l’aveu de Joel Embiid une contusion osseuse.

« Mon genou est un peu douloureux. C’était prévu. C’est une contusion osseuse, c’est censé prendre au moins 2 à 3 semaines pour guérir ».

Joel Embiid

Les esprits chafouins s’étonneront de l’imprécision de communication des strates dirigeantes sur un sujet aussi structurant pour les ambitions de la franchise, les plus optimistes s’en tiendront au constat qu’un Joel Embiid souffrant est déjà bien plus qu’un joueur extrêmement intéressant.

 

 

 

Le résumé du match

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