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La trilogie des pivots: l’imbroglio, pour quelques semaines de plus

En ce jour de Noël, il est évident que les fêtes sont plus mouvementées que prévu pour les Sixers. D’abord parce que le bilan collectif, s’il laisse entrevoir quelques beaux espoirs, n’est pas aussi brillant qu’escompté, l’équipe squattant toujours les bas fonds de la Ligue. Surtout parce que la situation du bien nommé Nerlens Noel relève du vaudeville (NDLR: sans Gérard Holtz).

Pour les comateux ou ceux subissant les affres du salariat, rapide détour sur les événements. Nerlens a une nouvelle fois été blessé, ce qui l’a fait manquer la préparation et le début de saison. À son retour il a dû faire face à l’éclosion/explosion de Joel Embiid, et à la nécessité sportivo-crédibilo-financière de trouver une place à Big Jah.

 

Les Bons

 

Ce ménage à trois digne des pires comédies de Boulevard (du genre de celles en direct sur France 2 avec Gérard Holtz) a le don de parasiter l’équipe et le développement des trois joueurs.

Embiid en premier lieu parce qu’il se voit trimballer au poste 4, du seul fait qu’il dispose d’un shoot (extérieur) contrairement aux deux autres.

Jahlil parce qu’il souffre de la comparaison avec le rookie Embiid, qui lui est supérieur en tout point, et qui en plus est pointé du doigt comme étant le nuisible puisqu’il empêche la maximisation du potentiel de l’équipe.

Nerlens parce que du fait de ses déclarations (« je suis un joueur qui mérite plus de 8 minutes par match »), et des décisions du staff / management tout au long de l’année, est placardisé alors qu’il a été le meilleur élément de l’équipe de l’ère hinkienne.

On pourrait même rajouter à ce bilan, la situation de Dario Saric (ainsi que Richaun Holmes), qui malgré sa dégaine à faire des massacres à Srebrenica, est l’autre grand espoir de l’équipe et qui, alors qu’il découvre le jeu américain fait déjà des misères mais qui voit son temps de jeu diminuer et ses talents brimés.

 

La (situation) Brute:

 

Avant de tenter d’envisager une résolution, il s’agit de mieux cerner ce qui a amené un tel imbroglio.

Cette situation résulte d’une erreur majeure : la draft de Okafor l’an dernier. Dès le départ, cette sélection a suscité l’incompréhension des fans (lucides) des Sixers. Pourquoi lui ? Pourquoi prendre un joueur alors qu’il ne matche pas du tout avec le reste de l’effectif, et surtout avec ses éléments forts actuels (Noel) comme futurs (Saric et alors peut-être Embiid) ?

Pour ma part, si je pense qu’il s’agit de la seule erreur de Sam Hinkie, je pense qu’elle peut s’expliquer malheureusement très facilement. Il s’agit d’une série de conjonctures défavorables. D’abord les Lakers qui nous passent devant à la draft et nous piquent D’Angelo Russell, ensuite la situation de l’équipe assez minable qui oblige Hinkie au choix du BPA (ce qui en NBA correspond forcément à un joueur américain, d’autant plus quand celui ci a joué la finale NCAA et que quelques semaines auparavant il était annoncé comme le first pick), et enfin les pressions qu’il a dû recevoir de la part du board pour ne pas sélectionner un européen (Porzingis, qui n’a pas suscité l’enthousiasme immédiat des fans des Knicks à la draft).

Tous ces facteurs ont “obligé “ les Sixers à sélectionner Jahlil Okafor, alors que même un type comme votre serviteur qui ne l’avait vu jouer que lors de la finale NCAA et s’était enfilé quelques rapports de scouting écrits et quelques vidéos de lui pour le juger, était certain que c’était une erreur (cf. Mon #JoueLaCommeDiLeo).

 

Ça n’a pas manqué ! Les résultats de l’année dernière ont flirté avec les plus pitoyables de l’histoire des Sixers et de la Ligue. Okafor s’il a un talent offensif indéniable et  un jeu appréciable est inapte au très haut niveau, en tant que leader tant ses faiblesses sont criantes et pénalisantes pour l’équipe.

L’explosion plus ou moins annoncée de Jojo Embiid a été l’élément déclencheur de la semi-crise actuelle, il est trop fort pour les autres mais on l’oblige à se brider pour faire de la place aux autres, alors que ça nuit à la réussite de l’équipe que ce soit en terme de jeu ou de victoires.

De plus, les trois éléments sont profondément incompatibles, ce sont tous de purs postes 5, et la disparité de niveau est telle qu’il ne peut y avoir une saine émulation entre les 3 pour gratter une place dans la hiérarchie (sportive): Embiid est une futur superstar, Noel un 5 moderne et utile dans n’importe quelle équipe qui cherche à se renforcer en défense afin de viser le titre, Okafor est voué à être un Al Jefferson (dans sa situation actuelle).

 

Le Truand:

 

À cette situation déjà difficile ce sont rajoutées les multiples bévues communicationnelles de la part du board et de Nerlens Noel (notons que Okafor a lui été exemplaire).

Ça avait commencé au début de la présaison avec les déclarations de Bryan Colangelo sur la nécessité de réaliser un trade autour de Okafor et/ou Noël, sur la non viabilité de la situation actuelle, et sur la personne de Nerlens Noel alors que c’était jusqu’ici un joueur essentiel et (quasi-)exemplaire. Ce qui n’a eu pour conséquence que de déprécier la valeur des deux joueurs, d’affaiblir leur envie/motivation mais surtout de fragiliser la situation de l’équipe dans les futures négociations. C’est l’autre grosse erreur du board des Sixers depuis un an.

Si la blessure de Noël en début de saison a été salvatrice au sens où elle a permis un lancement de l’équipe dans des conditions apaisées, son retour a tout chamboulé.

D’abord par ses déclarations maladroites/inappropriées même si elles ne sont pas dénuées de fondement, autour de la non admissibilité pour lui de ne jouer que 8 minutes par match en raison de son talent. Ces déclarations remarquées ont mis en difficulté le staff et ont décrédibilisé le board qui jouissait alors auprès des médias locaux comme nationaux d’une bonne côte, (largement due à des éléments qui n’étaient pas de son fait à savoir la draft de Simmons et l’explosion de Jojo).

La décision a été sans appel, et a abouti a une mise au banc publique, littéralement, de Nerlens Noel, jugé coupable de trahison.

À l’heure où sont écrites ces lignes et après une nouvelle défaite face aux Suns, et au nouvel échec de l’association Okafor-Embiid, il convient d’envisager la résolution de la situation.

 

Pour une poignée de dollars (et quelques second tours de draft)

 

La seule possibilité aujourd’hui est le trade d’un (voire) des deux éléments problématiques (non je ne parle pas des deux Colangelo ici). De l’avis général (des gens lucides) il est éminemment souhaitable que le choix de l’homme à trader soit Okafor, tant ce dernier ne semble pas adapté à la NBA actuelle, et surtout à l’équipe.

Je vais sans doute en surprendre plus d’un -on passera ça sur l’ivresse post Réveillon et sur mon amour inconditionnel envers Nerlens- mais je pense que le board l’a compris et cherche avant tout à le trader lui.

Bryan (Jerry?) s’il est doté d’un minimum de lucidité, et pour arriver à un tel poste il doit l’être, a bien compris qu’il avait fait une erreur en pré-saison, et qu’il avait fragilisé toute l’équipe. Je pense que la discussion entre coach Brown et Nerlens Noël, qui a abouti à la mise à l’écart de Noël, et la récente déclaration de Joel Embiid soutenant son “meilleur ami Nerlens Noel” vise à augmenter artificiellement la valeur de Okafor, tant il me paraît débile (pour ne pas dire autre chose) de bencher un joueur qu’on souhaite trader, alors qu’il a une valeur sportive et financière dans la NBA actuelle, et que l’équipe de négociation est déjà fragilisée par les déclarations antérieures. Pourquoi encore se mettre des bâtons dans les roues alors que t’as facile 10 équipes en NBA qui sont prêtes à accueillir Noël, si le seul objectif est de s’en débarrasser coûte que coûte ? Cela n’a pas de sens.

Pour les observateurs neutres, la situation semble réglée Nerlens Noel n’est plus un joueur des Sixers, Embiid est la grosse star, qui va tel KAT jouer en 4-5 et Okafor sera son lieutenant amené à être titulaire au poste 5 dans le cinq de départ tout du moins.

Cette stratégie qui ne peut être viable qu’à court terme de part l’incompatibilité du duo Jojo-Big Jah, permet potentiellement de redonner une vraie valeur à Okafor et de refaire monter sa côte (il n’est plus la cinquième roue du carrosse, d’où son temps de jeu important et son association avec Embiid), tout redonnant une hiérarchie et donc une crédibilité à la table des négociations au cas où une équipe viendrait toquer à la porte.

Ainsi une équipe en mal de solutions à l’intérieur ne viendrait plus voir des Sixers en position de faiblesse, puisque que confrontée à un ménage à trois insolvable, mais face à une équipe qui marche mieux et qui a résolu la situation, et qui donc n’a plus besoin qu’on la débarrasse d’un élément gênant. Désormais pour avoir un des deux intérieurs il faudra avancer quelques dollars/tours de draft de plus.

#TrustTheBryan

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