Rumeurathon 2016

Jamal Crawford reste en Californie, Bryan reste inactif

NBA: Los Angeles Clippers at Detroit Pistons

Soixante douze heures après l’ouverture de la free agency, Bryan Colangelo est parvenu à sécuriser le recrutement de Jerryd Bayless pour un contrat de 3 ans et 27 millions de dollars.

L’essentiel des agents libres, susceptibles de rejoindre les 76ers, ont opté pour une nouvelle domiciliation loin des rives du fleuve Delaware.

Si Sam Hinkie se refusait à signer des agents libres de second plan, préférant mobiliser sa flexibilité financière afin de collecter de futurs assets dans des salary dump trades, ce sont les agents libres qui se refusent à Bryan Colangelo.

Lors des trois années où Sam Hinkie opérait comme GM, les 76ers ont tenté leur chance auprès des candidats les plus convoités, de Jimmy Butler à Kahwi Leonard mais n’aspiraient pas à signer des agents libres qui ne se prédestinaient pas à devenir des pierres angulaires d’un effectif compétitif.

Ce refus systématique de dilapider sa flexibilité salariale sur l’autel d’une quête de respectabilité a jeté le discrédit sur le stratège, altéré ses relations avec les représentants de joueurs et largement courroucé les cadres dirigeants de la NBA.

Nouvellement introduit dans ses fonctions de président des opérations basketball de la franchise, Bryan Colangelo n’avait pas fait mystère de ses velléités de rompre avec cette politique et de se positionner sur des agents libres de second plan susceptibles de contribuer au redressement du bilan comptable d’une franchise qui affichait le second plus mauvais bilan sur trois exercices.

Après les signatures de Jerryd Bayless, Ben Simmons et Timothé Luwawu, les Philadelphia 76ers ne comptent que 42,3 millions de dollars de salaires garantis pour le prochain exercice où le salary cap est fixé à 94,1 millions de dollars, et le salary floor à 84,7 millions de dollars.

L’obligation d’atteindre le salary floor est toute relative. Les franchises ne l’ayant pas atteint étant seulement contraintes de verser la différence à leurs joueurs sous contrat. La seule sanction à la transgression de cette règle réside dans l’application de la norme.

La contrainte technique n’est rien face à l’obligation morale que ses multiples interventions médiatiques et les articles dithyrambiques d’une frange de la presse locale à son égard ont contribué à imposer. L’homme d’action qui ne craint pas de réaliser des mouvements astucieux ne peut se contenter de rester inactif et de jouir des pièces assemblées par son prédécesseur. Lui, le « basketball guy » qui faisait, d’après le constat de Jerry Colangelo, tant défaut aux Philadelphia 76ers avant son intronisation, ne peut se satisfaire d’opérer des sélections aux positions léguées par Sam Hinkie.

Pis encore, quel décisionnaire pourrait se satisfaire de voir des agents libres refuser l’argent qu’on escompte leur donner ?

Incapable de séduire, en dépit de son réseau tant vanté à son arrivée en Pennsylvanie, les candidats les plus convoités, Bryan Colangelo s’est orienté vers des joueurs moins courtisés.

C’est dans cette optique que les Philadelphia 76ers auraient soumis une offre de contrat à Jamal Crawford, un joueur qu’ils ont contacté dès l’ouverture de la free agency

 

Une offre importante.

Une offre considérable.

Les spéculations pouvaient aller bon train concernant le montant et la structure du contrat que les 76ers auraient soumis à l’arrière de 36 ans. Au vu de la situation salariale de la franchise, un contrat largement surévalué sur une voire deux années aurait été une proposition acceptable, tant elle ne produisait pas de conséquences sur la flexibilité de l’organisation.

La candidature de Jamal Crawford au statut de vétéran dans un effectif largement inexpérimenté ne manquait pas d’arguments mais son âge avancé interdisait aux 76ers d’étendre son contrat au-delà de la saison 2017-2018.

Courtisé par sa propre franchise et quelques écuries rutilantes mais dénuées de flexibilité, le triple lauréat du trophée de meilleur sixième homme se montrait exigeant. Selon Sam Amick, il aurait été vexé d’avoir reçu une première proposition des Clippers, en deçà de celle soumise à Austin Rivers. Afin de l’extraire de Californie, les 76ers étaient contraints, mais enclins, à le surpayer.

On ne saura probablement jamais le montant de l’offre que la franchise aux trois bannières avait transmise à Jamal Crawford ni si Bryan Colangelo avait pu intégrer une team option sur une seconde année d’un contrat mirobolant.

Jamal Crawford a finalement accepté de poursuivre l’aventure sous les ordres de Doc Rivers moyennant un contrat de 42 millions de dollars sur trois ans.

A l’instar des propositions de transferts dont il a été à l’initiative lors de la draft, Bryan Colangelo n’a pas obtenu le résultat escompté mais il convient de mettre à son crédit qu’il n’a pas cherché impérativement à réaliser ses plans initiaux. Quand le prix à payer est trop élevé, Bryan Colangelo sait être un homme d’inaction.

En l’espèce, il pouvait être redouté que le décisionnaire accepte de proposer un contrat analogue à celui que le vétéran a paraphé. Bryan Colangelo n’a pas rapatrié Jamal Crawford en Pennsylvanie mais il n’a pas altéré la flexibilité de la franchise sur l’autel d’une quête personnelle de respectabilité. Les offres qu’on lui prêtait ont par ailleurs probablement contribué à mettre Doc Rivers face à l’alternative de perdre Jamal Crawford sans disposer de la latitude pour le remplacer ou de le surpayer afin de le conserver.

A ce stade de l’intersaison, Bryan Colangelo a manqué à sa réputation et dérogé à l’agenda qu’il avait esquissé lors de son intronisation et que les médias locaux n’ont cessaient d’amplifier.

Sans éclat, il a pour l’heure réalisé une intersaison hautement compatible avec le « Process ».

Au vu de la composition de cette classe d’agents libres, le décisionnaire aurait été inspiré de chercher à sécuriser l’acquisition de joueurs sous-évalués qui dans le contexte pennsylvanien auraient pu accroître leur cote sur le marché et être mobilisés afin d’attirer en Pennsylvanie une troisième tête d’affiche aux côtés de Ben Simmons et Joel Embiid.

Une telle opportunité pourrait se présenter si Bryan Colangelo parvient à liquider l’excédent de talents sur le poste de pivot.

Il peut encore profiter du marché pour se créer de nouveaux assets en paraphant des contrats surévalués sur une saison assortie d’une seconde année tout aussi déconnectée des prix du marché mais en team option.

En opérant aux antipodes de sa communication et de sa réputation, Bryan Colangelo n’a pas commis d’impair. Il est toutefois trop tôt pour s’en satisfaire.

Avec 40 millions de dollars à dépenser pour atteindre le salary floor, le nouveau décisionnaire est capable de sécuriser le recrutement d’un Dion Waiters, qu’il souhaite rencontrer, à prix d’or.

A mesure que les heures s’égrènent, le profil des joueurs qui restent disponibles rendrait un impair encore plus préjudiciable pour les 76ers. Sans compter que sur le marché des transferts, Bryan Colangelo ne trouvera pas systématiquement un décisionnaire pour le sauver de lui-même.

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