Que faire du cap space?

Les Sixers doivent-ils proposer un contrat maximum à Harrison Barnes ?

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L’ouverture de la free agency marque l’entrée en scène de Bryan Colangelo sur un marché, où ses habiletés relationnelles et sa réputation sont censées produire leurs effets les plus saillants.

Conscient qu’en dépit de son pedigree, il ne serait pas en situation d’attirer dans ses filets les plus gros poissons de cette classe d’agents libres, le nouveau décisionnaire a, selon les indiscrétions des insiders, jeté son dévolu sur des prospects qui assistent à l’expiration de leur contrat rookie.

Parmi les cibles identifiées, Harrison Barnes est indubitablement un candidat au contrat maximum. L’an dernier, l’ailier des Golden State Warriors avait décliné une proposition de contrat de 64 millions de dollars sur quatre ans pour tester, à l’été 2016, un marché soudainement abreuvé par les deniers du nouveau contrat télé.

Agent libre restreint, Harrison Barnes ne dispose pas de la pleine liberté de déterminer sa nouvelle domiciliation mais bénéficie de la possibilité de choisir les émoluments pour lesquels il escompte pratiquer le basketball lors des quatre prochains exercices.

Si les Golden State Warriors conservent la possibilité d’égaler l’offre de contrat que viendrait à parapher le joueur qu’ils ont sélectionné en septième position lors de la draft 2012, ils se sont lancés dans la quête de Kevin Durant et pourraient rechigner à accorder un contrat maximum au cinquième meilleur joueur de leur cinq de départ.

La fenêtre de tir est étroite mais l’acquisition d’un Harrison Barnes cet été n’est pas totalement exclue. Possible donc, mais l’arrivée du Warrior pour un contrat maximum est-elle souhaitable ?

Précisons d’emblée que le contrat maximum semble être la condition sine qua non pour exfilter l’ancien de North Carolina, de la baie d’Oakland. Non seulement les Warriors peuvent s’aligner sur toute offre mais face à l’afflux de dollars dans les coffres-forts des différents bureaux exécutifs, la concurrence sera âpre.

Avec un salary cap projeté à 94 millions avant la levée du moratoire, Harrison Barnes est éligible à un contrat de 4 années (seuls les Warriors peuvent lui proposer un contrat de 5 ans) qui débutera à 22 millions de dollars lors de la prochaine saison.

Par ailleurs, en jouant le jeu de la restrited free agency, les bureaux exécutifs désirant recruter Harrison Barnes s’exposent au risque d’immobilier pendant 48 heures leur cap space, en attendant la décision des Warriors.

La free agency ouvre ses portes ce vendredi à minuit (6 heures en France). Pour autant les signatures ne seront effectives qu’à compter de la levée du moratoire. A ce moment les agents libres pourront s’engager officiellement avec leur nouvelle franchise et parapher leur contrat. Pour un restricted free agent qui aurait apposé sa signature sur une offer sheet, un délai de 48 heures supplémentaires devra être respecté, période au terme de laquelle l’équipe du RFA pourra égaler l’offre ou le laisser s’engager avec l’émettrice de l’offer sheet. Pendant cet intermède, le montant de l’offer sheet est comptabilisé le salary cap, restreignant la marge de manœuvre de la franchise durant les premières heures de la free agency, là où l’essentiel des accords se nouent.

Pour les 76ers qui bénéficient d’une colossale marge de manœuvre, il s’agit d’un risque mesuré mais dont l’impact sera d’autant moins anodin que les Sixers chasseront plusieurs proies.

Ces considérations tactiques mises à part, Harrison Barnes doit-il être ciblé par Bryan Colangelo ?

Principal prospect lycéen à son arrivée en Caroline du Nord, septième choix de sa promotion lors de la draft 2012, Harrison Barnes a été cantonné au statut de role player au sein d’une équipe des Golden State Warriors qui a remporté le titre l’an passé et établi le meilleur bilan de l’histoire cette saison.

Pour sa quatrième année dans la Ligue, Harrison Barnes affiche une ligne statistique correspondant à son statut dans la chaîne alimentaire des responsabilités offensives, cannibalisées par Steph Curry, Klay Thompson et Draymond Green ; 11,7 points (avec un appréciable 38,3% de réussite derrière la ligne à trois points), 4,9 rebonds et 1,8 passes.

Ailier de 6’8 pieds, Harrison Barnes est doté de remarquables qualités athlétiques qu’il mobilise avec efficacité en défense pour tenir ses vis-à-vis et en attaque pour proposer des solutions sur catch and finish.


Le dunk d’Harrison Barnes sur Nikola Pekovic… par sixersfrance

Prototype du 3&D, Harrison Barnes présente les atours d’un complément idoine à Ben Simmons. Son tir extérieur est suffisamment efficient pour étirer les défenses au profit du point-forward, ses habiletés sur catch and shoot et catch and finish procureront des cibles pour les passes de l’australien. Durant ses quatre années à Oakland, Harrison Barnes a démontré sa capacité à contribuer au spacing et au scoring sans vampiriser la gonfle.

Assurément, Harrison Barnes a réalisé de piètres playoffs eu égards à ses exigences salariales. Sa post-season tend à raviver les doutes émis, lors de sa carrière universitaires, quant à sa capacité à se sublimer lorsque le niveau d’adversité s’accroit. Doutes que ses excellentes prestations en post-season dès son exercice rookie avaient contribué à dissiper.

Pour autant, l’ailier ne saurait être réduit à ses performances en post-season tant l’agenda des Philadelphia 76ers ne les prédestine pas à disputer les rencontres du mois de juin.

Membre d’une équipe historique, Harrison Barnes pourrait par ailleurs contribuer à emmener avec lui en Pennsylvanie des bribes d’une culture de la gagne tant valorisée par le nouveau bureau exécutif.

Sa principale contribution résidera toutefois dans sa capacité à créer du spacing par son efficacité à longue distance.

Harrison Barnes, le shooteur d’élite recherché ?

Avec un taux de réussite à 38,3% derrière la ligne à trois points, Harrison Barnes s’érige en partenaire de jeu convoité par un playmaker de l’acabit de Ben Simmons. Pour autant, son apport en la matière risque de s’avérer plus nuancé que ne le laissent augurer ses pourcentages.

 3P%3PA3PM3P% (C&S)3P% (ouverts)3PA (ouverts)3PM (ouverts)Vol (%) 3P ouverts tentés / 3PA
Harrison Barnes38,32148238,842,61365863,5%
Robert Covington35,348217037,342,7964119,9%
Hollis Thompson3839214938,745,61255731,8%

Harrison Barnes a converti deux fois moins de paniers primés que Robert Covington, et 65 de moins qu’un Hollis Thompson qui présente de meilleurs taux de réussite en carrière. Plus inquiétant encore, là où Hollis Thompson et Robert Covington étaient les principaux shooteurs longue distance des Sixers, Harrison Barnes bénéficiait de la présence des splash brothers et de Draymond Green.

Les tirs à trois points tentés par Harrison Barnes étaient des tirs bien plus simples que ceux qui s’échappaient des mains de Thompson et Covington. Près des deux tiers de ses tentatives à longue distance furent prises alors que le défenseur le plus proche évoluait au-delà de 6 pieds. A titre de comparaison, Robert Covington ne profitait de tirs ouverts qu’une fois sur cinq.

En s’effondrant lors de la série face aux Cavaliers, Harrison Barnes n’a pas levé les interrogations quant à sa capacité à maintenir son efficacité sous une pression plus soutenue des défenses adverses.

Harrison Barnes, le lockdown defender recherché ?

Capable de défendre dans le périmètre comme de tenir les ailiers au poste, Harrison Barnes s’est montré efficient dans les schémas défensifs des Warriors où la capacité à switcher sur les écrans était particulièrement valorisée. S’il dispose des prérequis d’un défenseur polyvalent, Harrison Barnes n’était pas mobilisé comme le lockdown defender chargé de mettre sous l’éteignoir les principaux attaquants adverses, cette tâche étant dévolu à Draymond Green et Andre Iguodala avec un Andrew Bogut opérant sous l’arceau.

De fait, les statistiques défensives d’Harrison Barnes ne sont pas aussi reluisantes que sa réputation. Son DBPM de -0,6 n’est que la onzième meilleure marque d’un Warrior cette saison.

De manière générale, la défense des doubles finalistes s’est avérée plus efficiente lorsque Harrison Barnes siégeait sur le banc plutôt que lorsqu’il arpentait le parquet.

 Harrison Barnes sur le parquetHarrison Barnes sur le banc
eFG%48,847
REB%49,847,6
AST%58,455,7
ORTG104,2103,4

Ailier shooteur de formation, Harrison Barnes s’est par ailleurs montré plus efficient quand il était utilisé en tant que poste 4 dans des configurations small ball. Or, il s’agit probablement du rôle dont les 76ers ont le moins besoin tant Ben Simmons, Dario Saric, Robert Covington et Jerami Grant sont appelés, dans des registres différents, à remplir cette fonction.

En attaque, les qualités de playmaking de Ben Simmons et Dario Saric autoriseraient une telle combinaison. En défense la coexistence de deux des trois joueurs sur le parquet imposerait de placer Harrison Barnes sur les ailiers les plus mobiles, ce qui n’est pas forcément l’utilisation qui semble la plus indiquée pour le natif d’Ames.

Harrison Barnes, une potentielle seconde option offensive dissimulée dans un collectif trop performant ?

Bien que Ben Simmons et Dario Saric soient de remarquables playmakers, il sera probablement attendu d’un joueur au contrat maximum qu’il assume des responsabilités à la création et notamment pour lui-même au scoring, au surplus si l’adjonction d’un jeune talent déjà établi dans la Grande Ligue vise à délester Ben Simmons d’une charge trop lourde pour un rookie.

Or Harrison Barnes demeure un piètre créateur. Sa qualité de dribble suspecte et une vision du jeu limitée inhibent ses drives vers le cercle, le contraignant trop régulièrement à prendre des tirs à mi-distance peu rentables. Il se montre tout aussi en difficultés sur pick and roll. Ses lacunes, couplées à une faible mobilisation en attaque l’ont trop souvent amené à prendre des mauvaises décisions et à tenter sa chance quand des options plus efficaces s’offraient à lui.

Plus inquiétant encore, Barnes peinait à se créer ses propres opportunités alors que ses partenaires monopolisaient l’attention des meilleurs défenseurs adverses.

A 24 ans, Harrison Barnes n’est pas encore entré dans ses meilleures années de basketteur. Les franchises qui lui soumettront un contrat maximum tableront sur une explosion au plus haut niveau consécutive à l’accroissement de ses responsabilités. Sous les ordres de Steve Kerr, Harrison Barnes ne jouait que 15% des possessions, et il est possible d’escompter une plus probante production s’il venait à être bien plus sollicité.

Pour autant, il est permis de douter d’une telle évolution. Son PER (12.32), 236ème meilleure marque de la Ligue, tout autant que son WS48 (WinShares par 48 minutes) qui le place au 114ème rang des joueurs qui ont disputé à minima 500 minutes, entre une demi-saison d’Eric Bledsoe et Solomon Hill, l’érige en solide role player mais ne laisse transparaître aucune efficacité cachée.

Depuis ses débuts dans la Grande Ligue, Harrison Barnes n’a pas semblé progresser sur les secteurs les plus lacunaires de son jeu : son habileté sur pick and roll, son dribble, ses changements de directions, sa capacité de création pour lui et ses partenaires. Et sa production sur 36 minutes n’a peu évolué.

Capture d’écran 2016-06-30 à 17.09.19

A Golden State, Harrison Barnes était le role player parfait. Par sa faculté à régler la mire derrière la ligne à trois points, il contribuait au spacing en contraignant la défense à ne pas le laisser libre ou à payer ce choix.


Le Game Winner d’Harrison Barnes face aux… par sixersfrance

Dans un collectif où évoluent les deux shooteurs à longue distance les plus prolifiques de la Ligue, Harrison Barnes se montrait suffisamment adroit pour que la défense le respecte. Ses qualités athlétiques lui permettaient également de couper ligne de fond et de conclure au cercle.

En défense, Harrison Barnes faisait bon usage de ses outils physiques, en apportant son énergie sur le meilleur ailier adverse par séquences. L’essentiel du temps, il était assigné sur des seconds couteaux – les adversaires les plus menaçants étant défendus par Draymond Green ou Andre Iguodala – et se distinguait pas son aptitude à réaliser les bonnes rotations et à tenir les grands au poste.

En Californie, Harrison Barnes n’avait à exceller dans aucun secteur du jeu pour se fondre dans le collectif des Warriors. A Philadelphie, titulaire d’un contrat maximum, il aura l’obligation de s’établir comme un joueur d’élite, a minima dans un registre, et si possible, là où Brett Brown en aura la plus impérieuse nécessité.

Au sortir d’une saison à 10 victoires, les Philadelphia 76ers ont assurément besoin de talent. Aux côtés de Ben Simmons, Dario Saric, Joel Embiid, Timothé Luwawu, Furkan Korkmaz, Robert Covington, Nerlens Noel et Jahlil Okafor (rayez les mentions inutiles), les jeunes Sixers bénéficieraient de la présence d’un joueur expérimenté, capable de défendre dans le périmètre et d’étirer les défenses par sa fiabilité à longue distance.

La présence d’un joueur qui a partagé les aventures des Warriors lors des quatre dernières années contribuerait à esquisser une culture de la gagne tant vantée par le nouveau bureau exécutif au sein d’un vestiaire usé par les séries de revers.

Cette équipe a besoin de talent et d’expérience pour initier un regain de compétitivité. A cet égard, Harison Barnes serait un contributeur utile. L’institution n’est en revanche pas contrainte de surpayer un joueur dont la capacité à dépasser son statut de super role player est largement sujette à caution.

Si les finances et l’attractivité des 76ers cet été autorisent le décisionnaire à consacrer 25% de son salary cap sur un tel profil, la présence de ce contrat dans un cap qui ne progressera plus de la sorte lors des prochaines années, restreindra drastiquement sa marge de manœuvre en 2018 et 2019 quand les principales têtes d’affiche du roster arriveront à maturité et auront exigé des contrats lucratifs.

Il pourrait être défendu que la présence de Barnes dans l’effectif contribuera à envoyer des signaux positifs à la pléthore de joueurs talentueux qui seront disponibles lors des prochaines free agency. Si les 76ers doivent être amenés à se montrer suffisamment attractifs pour un agent libre de standing, ce ne sera pas par l’entremise des exploits d’Harrison Barnes mais en fonction de ceux de Ben Simmons et Joel Embiid.

Titulaire d’un contrat maximum, Harrison Barnes sera t-il capable de supporter la pression et les responsabilités qu’il n’avait su assumer à l’Université ? Récipiendaire tous les quinze jours des émoluments annuels d’un Robert Covington, Harrison Barnes saura t-il se montrer 23 fois plus efficient que l’ancien Viper ?

 AgePositionTaille3P%3P% (C&S)2P%FT%REB%DREB%STL%AST%TOV%BLK%PERDBPMWS/48VORP
Harrison Barnes24SF/PF6'838,338,850,876,112,48,617,87,60,412,3-0,60,1160,9
Robert Covington25SF/PF6'835,337,345,279,120,4122,78,415,31,613,200,050,9

Plus athlétique que Robert Covington, Harrison Barnes évoluait, dans un environnement autrement plus compétitif, à un niveau analogue au signataire d’un contrat hinkien. Son pourcentage à trois points et son plus faible taux de pertes de balles sont les seuls indicateurs où le Warrior se montre plus performant que RoCo.

A longue distance, il a copieusement bénéficier des espaces ouverts par ses coéquipiers All-Star quand Covington devait créer pour lui-même et composer avec un spacing d’autant plus réduit qu’il en était le principal instigateur.

A 24 ans, fort d’une expérience de quatre années passées auprès de certains des meilleurs joueurs de la Ligue, Harison Barnes est à l’aube des années les plus importantes de sa carrière.

Idéalement, délesté des présences de Steph Curry, Klay Thompson et Draymond Green, Harrison Barnes s’émanciperait dans un nouvel environnement pour s’offrir un destin à la James Harden (d’OKC à Houston) ou à la Devin Booker (de Kentucky à Phoenix).

Une autre projection flatteuse dont les Philadelphia 76ers se contenteraient aisément, serait celle d’une trajectoire analogue à celle suivie par Rashard Lewis à Orlando. Signé à prix d’or, le All-Star avait contribué au spacing du Magic, aidé au développement de Dwight Howard, et conduit les hommes de Stan Van Gundy en finale de conférence. Mais avant de débarquer en Floride, Rashard Lewis présentait des états de service autrement plus conséquents que ceux dont peut se targuer Harrison Barnes.

A ce jour, Harrison Barnes est plus proche de Robert Covington que de Rashard Lewis et a fortiori de James Harden. Les émoluments auxquels il prétend sont eux bien plus proches de ce qu’ont perçu les deux derniers nommés que du million de dollars que glanera RoCo pour ses 82 prochaines représentations.

En Pennsylvanie, Harrison Barnes débarquerait avec une qualité d’élite, sa capacité à switcher en défense et de défendre dans le périmètre comme au poste. Au côté de Ben Simmons, cette mobilité et cette polyvalence confèrerait une flexibilité probante aux systèmes défensifs de Brett Brown.

Une telle valorisation de la capacité à défendre le périmètre comme le cercle et de l’efficience offensive sur catch and finish devrait conduire à proposer un contrat maximum à…Nerlens Noel !

Les Sixers doivent-ils proposer un contrat maximum à Harrison Barnes?

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