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Que faire du cap space ? Le cas Jared Dudley

JaredDudley-76ers

Au sortir d’une saison 2015-2016 où les Sixers ont flirté avec le plus mauvais bilan de l’histoire de la franchise (10-72) et procédé à une vaste refonte de leur Front Office, le bureau exécutif pennsylvanien disposera du premier choix de la prochaine draft, de deux choix du premier tour supplémentaires, et d’une marge de manœuvre exceptionnelle sous le salary cap.

L’arrivée de Bryan Colangelo en lieu et place de Sam Hinkie, concomitante de la hausse du salary cap, confère une acuité nouvelle à la chronique « que faire du cap space ? », plus que jamais au centre de la gestion de l’intersaison.

A lire : Les différentes contributions de la chronique : « Que faire du salary cap ? »

Avec un salary cap projeté à 92 millions de dollars pour la saison 2016-2017, et un salary floor qui flirtera avec les 83 millions de dollars, les nouveaux décisionnaires devront dépenser a minima 35 millions de dollars pour se conformer aux dispositions du CBA et ne pas s’aliéner les représentants de joueurs. Afin de les séduire, Bryan Colangelo et Marc Eversley pourront offrir jusqu’à 57,4 millions aux agents libres cet été.

A lire : La situation salariale des 76ers au sortir de la saison 2015-2016

Alors plus que jamais : que faire de ce cap space ?

Recrutés pour leur prétendue aptitude à redorer l’image de la franchise auprès des fans, des médias, et surtout des agents libres et de leurs représentants, les Colangelos trouveront en cette intersaison 2016-2017, un contexte a priori optimal à la mise en œuvre leurs habiletés en matière de chasse à l’agent libre.

En dépit, de ses velléités, Bryan Colangelo se heurtera irrémédiablement aux contraintes de la réalité du marché. Les agents libres ne signent pas dans des franchises en raison de la réputation des membres composant leur front office, ils s’engagent là où ils perçoivent les meilleures chances de soulever un Larry O’Brian Trophy ou là où on leur propose les émoluments les plus conséquents et les conditions de vie les plus agréables. En l’espèce, Philadelphie ne peut agir que sur le seul levier financier.

BryanColangelo-seductionagentslibres

Bryan Colangelo, Marc Eversely, Ned Cohen et Brandon Williams tentant de vanter les mérites du climat pennsylvanien aux principaux agents libres.

Or, lors d’une intersaison où la hausse du salary cap offrira mécaniquement 22 millions de dollars de marge de manœuvre aux 30 franchises, l’avantage comparatif issu d’une gestion salariale draconienne sera dilué dans le flot de dollars qui irradiera la Ligue.

De fait, les Philadelphia 76ers ne seront pas les seuls en mesure de surpayer des candidats au déménagement. La chasse à l’éléphant, pour reprendre la sémantique de Scott O’Neil risque de voir les 76ers rentrer une nouvelle fois bredouille.

Bryan Colangelo, lui-même, a cru bon de modérer les attentes de ses plus farouches partisans.

[pullquote align= »full » cite= »Bryan Colangelo » link= » » color= » » class= » » size= »17″]« Je ne sais pas si nous aurons l’histoire idoine à vendre aux principaux agents libres cette année en ce qui concerne nos intentions pour l’avenir. Mais dans un an, après une saison à franchir de nouvelles étapes, je pense que nous disposerons des arguments pour convaincre non pas un seul agent libre mais peut-être deux voire même trois. Nous pourrons alors offrir à ces derniers la perspective de venir dans une franchise en situation d’offrir deux contrats maximum. Trois contrats max ».[/pullquote]

Dès lors les 76ers devront se concentrer sur des solutions de repli. Dans le champ des possibles, la piste la plus séduisante réside dans la tentative de subtiliser des jeunes talents via la restricted free agency qu’il s’agisse d’agrémenter l’effectif avec Evan Fournier, Harrison Barnes, Kent Bazemore ou Jordan Clarkson.

Incapables de s’offrir une des principales têtes d’affiche de cette classe d’agents libres, les 76ers pourraient profiter du risque que constituerait, pour une organisation souhaitant acquérir plusieurs renforts de poids, un positionnement sur un agent libre restreint. En effet, si la free agency ouvrira ses portes le 1er juillet, les signatures ne pourront être officialisées qu’à compter de la levée du moratoire, programmée le 6 juillet. Les franchises des agents libres restreints disposant de 48 heures pour égaler les offer sheets que leurs joueurs auraient signées, ce n’est que le 8 juillet qu’ils ne pourront s’engager avec leur nouvelle franchise ou prolonger là où ils étaient sous contrat. Durant ces 48 heures de latence, le cap space sera grevé du montant de l’offer sheet paraphée par l’agent libre restreint convoité. Or l’essentiel des signatures advenant durant les premières heures de la free agency, en immobilisant du cap space sur un joueur, sans en contrôler les destinées, les franchises concernées s’exposeront au risque de se faire devancer sur d’autres dossiers. Le risque sera d’autant plus prégnant que rares sont les RFA convoités à quitter la franchise avec qui ils étaient sous contrat.

Dans ce contexte, les 76ers pourraient être tentés de leur faire la cour, en les surpayant autrement dit en leur offrant un contrat maximum. Serait-ce judicieux à ce tarif-là ? La question mériterait d’être discutée, elle le sera par ailleurs, mais on se contentera ici de relever que la réussite d’une telle entreprise demeure contingente des décisions d’autres bureaux exécutifs.

Durant le mandat hinkien, le salary cap disponible a été mobilisé afin de sécuriser la myriade d’assets dont dispose désormais Bryan Colangelo. En l’occurrence, les opportunités de salary dump trades seront limitées et peu lucratives. Sous l’effet de la hausse du salary cap, les franchises désirant s’extraire du joug de la luxury tax se raréfieront quand celles disposant de la latitude sous le cap pour louer une portion de leur flexibilité salariale seront légion.

Reste la piste de l’adjonction à un roster inexpérimenté de vétérans moins sollicités sur le marché. Il s’agira alors d’identifier quels seraient les joueurs susceptibles d’accepter d’évoluer au sein d’une franchise où les principales têtes d’affiches seront des jeunes talents de moins de 23 ans et de leur transmettre leur expérience. Idéalement, le décisionnaire jettera son dévolu sur un joueur expérimenté, reconnu pour son leadership et ses habiletés de pédagogue, tout en étant en mesure d’apporter sur le parquet une menace extérieure et des fondamentaux défensifs.

Emerge alors la candidature de…Jared Dudley.

Dans une classe d’agents libres renforcée par les joueurs qui renoncent à leur player option ou activent leur ETO (early termination option), Jared Dudley évolue en deçà des radars des principaux médias spécialisés.
Il n’émarge qu’à la 63ème position du top 100 de Tom Ziller (SBN Nation) et est absent de celui de Matt Moore (CBS) qui ne hiérarchise que les 50 proies les plus affriolantes pour les bureaux exécutifs. Plus favorable, Hoopshype, le place en 38ème position.

A 31 ans en juillet prochain, Jared Dudley présente les prérequis en termes d’expérience, de polyvalence défensif, de tir extérieur et de leadership et les tous atours d’une piste crédible pour peu qu’elle soit jugée comme prioritaire.

Issu de Boston College où il a réalisé un cursus universitaire complet, glanant au passage la distinction de ACC Player lors de sa saison senior, Jared Dudley a débuté sa carrière de basketteur professionnel en Caroline du Nord sous les couleurs des Charlotte Bobcats qui l’ont drafté avec le 22ème choix de la cuvée 2007. Depuis, il a disputé 676 rencontres dans la Grande Ligue et en a débuté 253, pour le compte de cinq équipes différentes.

En 9 années passées dans la Grande Ligue, Jared Dudley affiche des moyennes de 8,4 points, 3,4 rebonds, 1,6 passes et 1 interception par matchs. Il frôle les 40% de réussite derrière l’arc en carrière, ce qu’il ne manque pas de relever à chaque interview, exercice dans lequel il excelle.

Après une saison rookie et 20 rencontres lors de sa saison sophomore, les Bobcats le transfèrent aux Phoenix Suns où il réalisa la majorité de sa carrière sous les ordres d’Alvin Gentry.
Dans l’Arizona, Jared Dudley se distingue par son exemplarité sur le parquet, son adresse extérieure et sa polyvalence en défense. Il fut ainsi un contributeur majeur du parcours des Suns en post-season en 2009-2010. Prototype du 3&D, il s’illustre également au sein du vestiaire par sa bonhommie et son leadership. Au sein d’un effectif où figuraient Steve Nash et Amar’e Stoudemire, il mobilise ses aptitudes de communicant et sa maîtrise des réseaux sociaux pour réaliser des interviews virales de ses coéquipiers. Ses parodies de TMZ et ESPN, où Jared Dudley passe ses coéquipiers sur le grill sur « JMZ » et « JSPN » lui valent une attention médiatique qui se traduira plus tard par l’obtention du « Big Award » 2011-2012 récompensant la meilleure utilisation des réseaux sociaux.

A l’orée de la saison 2012-2013, sa sixième dans la Grande Ligue, après les départs de Steve Nash et de Grant Hill, Jared Dudley se montrait prêt à assumer un nouveau rôle de leader.

[pullquote align= »full » cite= »Jared Dudley » link= » » color= » » class= » » size= »17″]« Pour moi c’est naturel. Je sens que j’ai toujours été un leader naturel. La différence, c’est que maintenant que Grant n’est plus là, je ne peux plus me reposer sur lui, je dois assumer ce rôle sur le parquet, dans la salle de musculation, en dehors de la salle. Je vais être un leader pour ces gars, 100% du temps et non plus à seulement 80% ».[/pullquote]

Le bureau exécutif de Phoenix ne lui en laissa toutefois que peu l’opportunité. Le 10 juillet 2013, il fut transféré aux Los Angeles Clippers dans le cadre de l’acquisition d’Eric Bledsoe.

En Californie, il débute la saison dans la peau du titulaire au poste 3 jusqu’à ce qu’il soit remplacé par Matt Barnes sur fond de relations tendues avec Doc Rivers. Moins performant qu’il ne l’était en Arizona, Jared Dudley affirme avoir joué, tout au long de son année passée en Californie, en dépit d’une blessure au genou, et ce, sur les injonctions de l’ancien coach des Celtics qui devait alors composer avec les indisponibilités de J.J Redick et de Matt Barnes.

[pullquote align= »full » cite= »Jared Dudley » link= » » color= » » class= » » size= »17″]« Voilà ce qui s’est passé avec les Clippers. Je me suis blessé au dos à Las Vegas et dès septembre je tentais de me rétablir avec les préparateurs physiques, mais parfois quand vous êtes blessé quelque part, vous tendez à compenser par ailleurs et cela conduit à une nouvelle blessure. Concrètement, en tentant de me rétablir de ma blessure au dos, je développais dans le même temps ce que je pensais être une tendinite au genou. Je ne pouvais plus plier mon genou à 90 degrés et j’ai dû composer avec cette gêne pendant le premier mois de compétition. Je suis allé voir Doc Rivers en lui indiquant que je n’avais jamais rencontré une telle situation et que j’étais incapable de plier mon genou, que mes tirs étaient trop courts, que je ne parvenais à me déplacer latéralement et que par conséquent j’avais besoin de repos. A cette époque, Matt Barnes était sur le flanc en raison d’une blessure au mollet et J.J Redick souffrait d’une hernie discale, le coach m’a alors répondu qu’il avait besoin de moi pendant 10-15 matchs et qu’il m’accorderait du repos quand ces joueurs seront de retour. Pendant ce temps, j’étais incapable de défendre sur qui que ce soit, je ne rentrais pas le moindre tir, toutes mes tentatives étaient trop courtes et j’ai perdu confiance. A la mi-saison, j’ai passé des rayons X qui ont révélé que je souffrais d’une petite fracture dans le genou et non seulement de ce que je pensais être une tendinite. A ce moment-là, Rivers a ramené Danny Granger et j’ai été laissé de côté. Le trade à Milwaukee fut la meilleure chose qui pouvait se produire pour ma carrière, j’y ai rencontré un staff médical qui m’a remis sur pied, puis une fois en bonne santé, je suis redevenu le joueur que vous voyez actuellement et que vous aviez l’habitude de voir à Phoenix »[/pullquote]

Passé, l’intermède californien, Jared Dudley s’est mué en un joueur aussi efficace qu’il ne l’était à Phoenix mais dans un rôle sensiblement différent. Utilisé essentiellement sur les postes 2 et 3 lors de ses sept premières années dans la Ligue, Jared Dudley a mis à profit sa polyvalence défensive pour se muer progressivement en un face-up power forward, redoutable d’efficacité, dans des configurations small ball.

A Milwaukee, dans une équipe en cruel manque de spacing, Jared Dudley contribuait à huiler l’attaque des Bucks qui scoraient lors de la saison régulière 4,9 points par 100 possessions de plus avec Dudley sur le parquet. Total qui s’éleva à 20,1 points lors de la série de playoffs face aux Bulls !

Dans un effectif où les joueurs étaient capables de switcher, la polyvalence défensive et le QI basket de Jared Dudley l’autorisait à défendre trois voire quatre positions sans altérer l’efficacité collective en la matière.

Tout au long de sa carrière, Jared Dudley a contribué, grâce à son son shoot extérieur, au spacing de ses équipes. A l’exception de son passage chez les Clippers où il était diminué physiquement, il a, par son application et un appréciable sens du jeu, également contribué à l’efficacité de la défense.

SaisonEquipeBilan Saison RégulièrePlayoffsDRtg avec Jared DudleyDrtg sans Jared Dudley
2007-2008Charlotte Bobcats32-50Non
2008-2009Charlotte Bobcats
Phoenix Suns
46-36Non
2009-2010Phoenix Suns52-28Oui
Elimination en finale de conférence (4-2 Lakers).
106,1107,7
2010-2011Phoenix Suns40-42Non106,3108,6
2011-2012Phoenix Suns33-33Non103,3104,6
2012-2013Phoenix Suns25-57Non103,4108,4
2013-2014Los Angeles Clippers57-25Oui
Elimination en demi-finale (4-2 OKC)
2014-2015Milwaukee Bucks41-41Oui
Elimination au 1er tour (4-2 Bulls).
96,8101,1
2015-2016Washington Wizards41-41Non103104,2

Défenseur appliqué, efficace et polyvalent, Jared Dudley est également un spot-up shooteur d’élite.

Flirtant avec les 40% de réussite derrière l’arc en carrière, Jared Dudley qui jouit par ailleurs d’une belle lecture du jeu s’est particulièrement distingué sur catch and shoot à longue distance chez les Wizards. Ses 42,7% de réussite constituent la 13ème meilleure marque de la Ligue.

 Joueur% catch and shoot à 3 pointsVolume de tirs
1Stepen Curry48,7378
2J.J Redick48,3323
3Jerryd Bayless47,3181
4Kyle Lowry46289
5Kawhi Leonard45,9229
6George Hill44,6231
7Klay Thompson43,9542
8Chandler Parsons43,7197
9Kemba Walker43,4219
10C.J McCollum43,4290
11Doug McDermott43,2241
12Kris Middleton42,9280
13Jared Dudley42,7227
14Damian Lillard42,7248
15J.R Smith42,3404
16Patty Mills42238
17Allen Crabbe41,9258
18Patrick Beverley41,4237
19Evan Fournier41,4285
20Nikola Mirotic41,1316
Sixers
26Isaiah Canaan39,6308
36Hollis Thompson38,7375
46Robert Covington37,3429
53Nik Stauskas36,4239

Il se montrait encore plus létal quand il se trouvait complètement ouvert (47,8%). Au sein de l’effectif des Philadelphia 76ers, que Brett Brown se repose sur le playmaking de Ben Simmons et/ou Dario Saric, sur la capacité de Joel Embiid et/ou Jahlil Okafor à générer des prises à deux, ou sur les facultés au scoring de Brandon Ingram, l’aptitude de Jared Dudley à sanctionner les défenses à longue distance s’avérera utile à l’environnement de travail des principaux prospects.

Sa présence pourrait toutefois s’avérer surnuméraire si les Philadelphia 76ers venaient à sélectionner Ben Simmons avec le premier choix, à ramener Dario Saric en Pennsylvanie, tout en conservant Robert Covington et Jerami Grant. Il s’agira alors de trancher entre les bénéficies de la présence d’un vétéran, complément a priori idéal des principales pièces en place et ceux induits par le temps de jeu offert à un Jerami Grant.

Jared Dudley, valeur étalon de la plus value induite par l’éviction de Sam Hinkie ?

Lors de l’épisode du 24 juillet 2015 du Lowe Post, Jared Dudley a esquissé auprès de Zach Lowe une critique récurrente du mandat hinkien. La gestion des joueurs comme des actifs et une appétence limitée pour la signature d’agents libres susceptibles de magnifier le bilan comptable de la franchise fondaient, à ses yeux, le désintérêt de ces mêmes agents libres pour rejoindre la Pennsylvanie et la méfiance de leurs représentants à l’égard du stratège désormais remplacé par un Bryan Colangelo, bien décidé à renouer avec le marché des agents libres et à satisfaire les agents de joueurs.

—————————

Lowe: J’ai une question pour vous, prêt ?

Dudley: Oui.

Lowe: J’ai entendu ta réaction quand j’ai évoqué les Sixers. Si tu as le choix : souhaiterais-tu jouer en ce moment pour les Sixers ou les Kings ?

Dudley: Les Kings.

Lowe: Pourquoi ?

Dudley: Je pense que quand vous être le propriétaire d’une franchise et que vous la gérez, vous avez le droit de faire ce que vous voulez mais je n’apprécie pas ce qu’ils font. J’entends la stratégie qui consiste à attendre, à drafter et essayer de mettre la main sur une superstar. Je n’aime simplement pas ça.

Lowe: Tu fais référence à Philly ?

Dudley: Oui Philly. Je n’aime pas la façon dont ils ont signé ces gars choisis dans le second pour des contrats de quatre ans et ont essayé de contrôler leurs destinées pour une si longue période. En revanche, j’ai adoré la manière dont K.J McDaniels a opéré : parier sur lui-même, signer cette required tender et le contrat non garanti d’un an. Cela a payé. J’aime voir ce genre de chose et j’aimerais que plus de joueurs procèdent de la sorte quand les équipes proposent de tels contrats. Les Rockets ont aussi fait ça et je comprends les gars qui pensent « hey, j’ai un contrat à long terme» mais ils ne le sont pas réellement puisque avec ces team options, les équipes peuvent se débarrasser d’eux s’ils ne performent pas. Je n’aime pas ça.

Par ailleurs, ces gars sont juste de passage. Ils signent des contrats de 10 jours puis signent ce genre de contrat. A mon sens, ils donnent l’impression qu’ils ne cherchent pas à gagner des matchs. Cela peut-être différent quand il ne s’agit d’une d’une seule saison. J’ai connu ça à Phoenix, nous n’avions pas réussi à être là où nous espérions être, et passé le All-Star Game on a laissé tombé. Mais cela ne peut être réalisé aussi systématiquement et aussi longtemps.

———————–

Au delà d’un profil de vétéran qui semble répondre à chacune des exigences du nouveau bureau exécutif et à celles de la maximisation de l’environnement dans lequel évolueront les principaux prospects, Jared Dudley serait la parfaite valeur étalon de la « plus value » du changement de direction en matière de chasse à l’agent libre.

Si Jared Dudley ne souhaitait pas rejoindre les Philadelphia 76ers l’an passé quand Sam Hinkie présidait à leurs destinées du seul fait de l’absence de volonté du décisionnaire d’offrir sa flexibilité salariale à des agents libres, alors il ne devrait désormais être enclin à se lier avec la nouvelle direction pour peu qu’on lui offre les émoluments auxquels il aspire.

Quel contrat offrir à Jared Dudley ?

Eu égard aux remarques liminaires et à l’état d’avancement du processus de reconstruction, les 76ers seront fortement incités, si ce n’est contraints, d’offrir une part substantielle de leur marge de manœuvre salariale cet été tout en évitant de rogner sur leur flexibilité à l’orée du prochain.

5 millions de dollars sur un an ne semblant pas être une proposition suffisante, il est probable que le joueur cherche à sécuriser un contrat à long terme ou des émoluments substantiels sur les deux prochains exercices.

Interrogé par CLNS radio à ce sujet, Jared Dudley a livré les arguments qu’il exposera aux décisionnaires désireux de s’offrir ses services.

[pullquote align= »full » cite= »Jared Dudley » link= » » color= » » class= » » size= »17″]« J’ai répondu ça parce qu’avec l’énorme hausse du salary cap lors des deux prochaines années, les joueurs qui shootent à plus de 40% à trois points vont présenter une certaine valeur. Certains shootent à 40% une saison, j’atteins ce seuil en carrière. Puis la valeur que vous avez dans l’équipe entre en jeu, il y a le leadership et le fait d’aider à développer les jeunes joueurs, c’est une valeur ajoutée dans le vestiaire à laquelle vous ne pouvez pas donner un prix en dollars. C’est pour cela que vous voyez des gars comme Elton Brand, Juwan Howard qui reviennent aider des équipes en playoffs qui ont connu des difficultés par le passé en postseason ».[/pullquote]

S’il se montre enclin à assumer les fonctions de pédagogues auprès des plus jeunes joueurs, Jared Dudley semble déterminé à profiter de l’explosion du cap space et de son pedigree pour décrocher un contrat lucratif, lui qui n’a perçu « que » 27 millions de dollars en carrière.

Incapables de convaincre les agents libres de rejoindre la Pennsylvanie, sans les surpayer, les 76ers auraient tout intérêt à profiter de leur ample marge de manœuvre sous le cap cet été pour asseoir leur flexibilité lors des prochaines années quand leur attractivité se sera appréciée du fait des performances du noyau en place.

Ainsi, il s’agirait de structurer les offres de contrat sur le modèle de celui paraphé par Amir Johnson l’été dernier : une première année, largement surévaluée, et une seconde tout aussi hors-marché mais non garantie.

La soumission d’une telle offre de contrat vise à remplir un triple objectif immédiat, à savoir, compenser la faible attractivité des 76ers par des émoluments « hors marché », se rapprocher du salary floor sans entraver la marge de manœuvre salariale lors de la prochaine free agency et attirer un vétéran compétitif qui conservera l’intérêt de se mettre en exergue sur le parquet et/ou à se distinguer par son influence positive sur l’ensemble du groupe et notamment par sa contribution au développement des principaux prospects composant l’effectif puisqu’il peut espérer percevoir ces émoluments « hors marché » une année supplémentaire s’il venait à se montrer indispensable.

Parallèlement, la signature d’un tel contrat permettrait à la franchise de s’offrir une nouvelle opportunité, en jouant sur la hausse du salary cap, de disposer des ressources idoines pour réparer les erreurs commises par d’autres GM, grâce à la partie non garantie (la concession de quelques millions de dollars garantis pourrait s’avérer nécessaire à convaincre certains candidats) de la seconde année du contrat gonflera artificiellement la marge de manœuvre financière des 76ers dans la perspective d’un salary dump trade.

A cet égard, la limite du montant proposé sera celle des exigences de Jared Dudley. Plus il percevra lors de sa première année, plus l’asset que constituerait sa seconde année non garantie sera appréciable. Concrètement, rien ne s’oppose à ce qu’on lui soumette un contrat de 32 millions sur deux ans, avec la année seconde non garantie.

 

Contraints de dépenser des sommes substantielles sur le marché afin, si ce n’est d’atteindre, a minima de se rapprocher du salary floor, les Philadelphia 76ers seraient bien inspirés de se mettre en situation de profiter des erreurs qui seront irrémédiablement commises par des bureaux exécutifs éblouis par le flux de dollars consécutif à l’explosion des droits TV.

Prototype du 3&D, spot-up shooteur remarquablement efficient derrière la ligne à 3 points, défenseur polyvalent, Jared Dudley est, à 31 ans (il les fêtera le 10 juillet prochain), l’idéal type de la figure du vétéran que devrait convoiter Bryan Colangelo.

Après avoir vilipendé Sam Hinkie pour ne pas avoir offert sa flexibilité financière à des agents libres qu’il ne souhaitait pas recruter à ce stade du processus de reconstruction, Jared Dudley pourrait alors préciser sa pensée. A offres sensiblement différentes, Jared Dudley souhaiterait-il toujours signer aux Kings plutôt que de rejoindre Philadelphie ?

Jared Dudley, voyant tout, nous ne devrions pas tarder à avoir une réponse.

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