Draft 2016

Pourquoi les 76ers doivent-ils sélectionner Ben Simmons ?

BenSimmons-NorthFlorida

L’objectif pour toute équipe ayant le premier choix de la Draft est le même chaque année : trouver le joueur qui sera la tête d’affiche de la franchise pour les années à venir, celui autour de qui elle pourra articuler une équipe capable de prétendre au titre. La pression est donc maintenant sur Bryan Colangelo et son staff qui devront choisir entre les deux prospects qui dominent cette cuvée : Ben Simmons ou Brandon Ingram.

Voici pourquoi l’australien me semble posséder le potentiel pour devenir le Franchise Player que Philadelphie attend depuis le départ du dernier 1st pick des Sixers : Allen Iverson.

Offensivement, les critiques portent principalement sur son tir extérieur. Auteur de seulement trois tentatives à 3 points au cours de la saison NCAA, il a aussi rencontré peu de réussite sur son tir mi-distance. Parfois, l’australien s’est même montré hésitant à prendre sa chance quand la défense le laissait ouvert. Ce manque de confiance en son shoot est la raison des doutes concernant son potentiel en tant que Franchise Player.
Mais dans une Ligue où l’on cherche en permanence le mismatch, comme on peut le voir avec les Golden State Warriors qui n’hésitent pas à mettre Draymond Green au poste 5, Ben Simmons est lui naturellement un mismatch sur son (probable) futur poste, celui d’ailier fort.

C’est à cette place sur le terrain que l’imagine le nouveau GM, Bryan Colangelo :

[pullquote align= »full » cite= » » link= » » color= » » class= » » size= »17″] »Je le vois comme un 4 capable de tenir le ballon et organiser l’attaque de son équipe »[/pullquote]

Historiquement, il est presque impossible de trouver un joueur sur le poste 4 avec les qualités de Ben Simmons. Il devient donc très difficile à stopper pour les intérieurs adverses au haut niveau, peu habitués à défendre sur ce profil de joueurs. A 2.08 mètres, il possède une vision de jeu similaire à un meneur, une étonnante vitesse balle en main sur ses déplacements et changements de direction ainsi qu’un dribble lui permettant de déborder son adversaire. Un poste 4 avec les qualités physiques et techniques des postes arrières.

Une fois dans la Ligue, où il ne rencontrera plus de défenses en zone, une ligne à 3 points plus éloignée et donc naturellement plus d’espaces, il deviendra plus difficile à stopper s’il est entouré de shooteurs capables de lui laisser l’accès au cercle. Voir une attaque où le poste 4 joue le pick and roll avec son intérieur, avec les postes d’arrières et d’ailiers sans ballon au large serait pour le moins inédit puisque même si Draymond Green est capable de le faire à Golden State, il n’a pas la vitesse ni la vision d’un Ben Simmons pour attaquer le cercle si on lui  en laisse l’espace.
En ce sens, il devient un mismatch permanent pour l’équipe d’en face, forcée de faire défendre ses deux intérieurs sur le pick and roll, obligeant ainsi les joueurs plus petits à venir en aide pour protéger la raquette plutôt qu’un traditionnel « shot blocker ».

Pour peu qu’il soit capable de suffisamment progresser sur son tir mi-distance afin de ne pas hésiter à le prendre pour forcer la défense à sortir plus sur lui, sans que l’adjonction à son arsenal d’un shoot fiable au-delà de la ligne à 3 points ne soit indispensable, il aurait alors toutes les qualités pour être le créateur offensif numéro un d’une équipe capable de jouer les premiers rôles, tant il pourrait créer des tirs pour lui même que pour ses coéquipiers. Shootant à 68% sur la ligne des lancers francs, c’est une bonne base quant à ses capacités à progresser sur le tir à mi-distance.

Ben Simmons, rare poste 4 capable de diriger une attaque

Comme l’a prononcé plusieurs fois Brett Brown ces dernières saisons, le basket NBA est aujourd’hui tourné vers le « pace, space and ball movement« . Autrement dit, « pace » pour le tempo imposé par l’équipe, caractérisé par le nombre de possessions disputées. « Space » pour la capacité à écarter le jeu en attaque avec des menaces à 3 points pour laisser l’accès à la raquette plus libre, le tout avec un ballon qui circule en permanence pour créer des décalages dans la défense et avoir l’avantage sur son vis-à-vis.

Alors que Brandon Ingram est souvent désigné comme le joueur parfait pour ce type de jeu, Ben Simmons l’est pourtant tout autant. Sa capacité à prendre un rebond (12 rebonds par match en NCAA) et à accélérer le tempo balle en main pour finir lui-même ou servir les shooteurs pour des 3 points en transition permet à son équipe de scorer des points faciles en évitant le repli de la défense adverse et le jeu placé. Et il s’inscrit parfaitement dans le « spacing » s’il est entouré de shooteurs par sa capacité à créer balle en main, et ainsi augmenter le pourcentage de ses coéquipiers en offrant des ballons près du cercle à l’intérieur (dont bénéficierait grandement un joueur comme Nerlens Noel) ou sur les ailes pour des tirs extérieurs.

Défensivement, il possède également le profil adéquat pour les défenses NBA d’aujourd’hui qui ont tendance à « switcher » sur les pick and roll afin d’empêcher les tireurs adverses de dégainer depuis l’extérieur en sortie d’écran. Sa vitesse de jambes pour les déplacements latéraux malgré ses 2,08 mètres en font un défenseur capable de sortir sur un écran pour bloquer le shooteur, et de le contester s’il attaque le cercle plus facilement que les 4 plus traditionnels qui ont plus de difficultés en 1 contre 1. Il est donc tout à fait capable de rester à son poste lorsque l’équipe adverse passe en mode « small ball » et de défendre sur les ailiers adverses.

Très bon dans l’anticipation, il est un remarquable intercepteur pour un joueur de sa taille. Ses deux steals par match en NCAA constituaient autant d’opportunités d’initier les contre-attaques.

L’analyse du profil de Ben Simmons ne peut se réaliser sans considérer le contexte dans lequel il a été amené à évoluer cette saison à LSU. L’an passé, Myles Turner qui était dans un programme universitaire (Texas) en difficulté au niveau sportif, qui plus est dans un roster pas nécessairement adapté à ses qualités puisque composé de nombreux intérieurs, obligeant le coach à jouer avec un poste 4 sur l’aile et annulant tout « spacing », avait vu sa cote redescendre avant le processus pré-draft. Ce n’est qu’une fois en NBA qu’il a pu devenir une des sensations chez les rookies en cette fin de saison chez les Pacers dans un contexte plus conforme à ses capacités.

Il en va de même pour Ben Simmons qui représentait ainsi clairement l’équipe de LSU à lui seul : augmentant le rendement de ses coéquipiers lorsqu’il était sur le terrain, l’équipe était incapable de battre son adversaire s’il passait au travers.

Entouré d’un seul joueur shootant à plus de 34% à longue distance, il n’était clairement pas dans la position idéale face à des défenses pouvant jouer compact dans la raquette. Cela n’a toute fois pas empêcher l’australien de montrer ses qualités, réalisant ainsi une saison très convaincante statistiquement. Nul doute qu’une fois en NBA et placé en dans des conditions favorables, il pourra à l’image d’un Myles Turner élever son rendement, pour atteindre le statut de « top player » qui lui était initialement attribué avant la saison NCAA.

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