Rookies 2015-2016

Jahlil Okafor et la nouvelle ère NBA

Jahlil-Okafor-bilan

Dans une saison complètement dominée par des Golden State Warriors révolutionnant le jeu avec leur adresse à 3 points et un jeu small-ball composé de 5 joueurs capables de shooter longue distance et tenir le ballon, comment un joueur dominant par son jeu au poste comme Jahlil Okafor pourra se créer une place de choix dans le futur de la Ligue ?
Tentative de réponse en analysant la première saison dans la Ligue du dernier numéro 3 de Draft.

  • Joueurs au profil similaire, quel impact sur leur équipe ?

Sur ce qu’il a montré jusque-là en NBA, on peut déjà le décrire comme un joueur au fort potentiel offensif mais qui présente de grosses lacunes de l’autre côté du parquet, incapable de protéger son cercle. Faible rebondeur, il a surtout apporté cette saison par sa capacité à scorer poste bas, et un avec un shoot qui s’est développé au cours de la saison.
Il est toujours intéressant de comparer les jeunes joueurs avec des profils similaires qui ont plusieurs années d’expérience au sein de la Ligue. Et ce n’est pas rassurant lorsque l’on s’attarde sur les big men qui ont un excellent jeu dos au cercle, mais qui n’ont pas le shoot longue distance ni les qualités physiques (que ce soit dans la verticalité ou au sol) pour défendre sa raquette :

Brook Lopez : Post moves, tir à mi-distance, faible rebondeur et défenseur tout juste moyen, la description semble correspondre à Jahlil Okafor. Les Nets essaient de construire une équipe autour de Lopez depuis ses premières saisons dans la Ligue. Résultat : deux apparitions en Playoffs pour un total de 13 matchs joués, malgré des saisons autour des 20 points et 8 rebonds pour l’intérieur.

Greg Monroe : Depuis son départ de Detroit qui ne décollait plus des places de loterie depuis l’arrivée de Monroe dans l’équipe, on a vu les Pistons se mêler à la course au Playoffs avec l’éclosion de Andre Drummond, libéré de la cohabitation difficile avec Monroe. Il devait en être de même pour les Bucks avec la signature de l’ex Piston l’été dernier et une saison 2014-2015 prometteuse mais l’effet fut inverse. Contraint de ralentir le tempo des deux côtés du parquet pour intégrer leur big man, la situation semble maintenant compromise pour Milwaukee qui aura des décisions à prendre pour repartir de l’avant.

Al Jefferson : Souvent un des leaders dans les équipes où il est passé (Minnesota, Utah ou Charlotte), les stats façon All-Star qu’il aura alignées ne se seront que trop peu souvent accompagnées par des bilans positifs pour ses équipes. Deux apparitions en Playoffs seulement, aucun tour passé et une défense qui se comporte en général mieux lorsqu’il est sur le banc.

La colonne « victoire » est donc très peu remplie pour ces 3 joueurs, et alors que nous pouvons souligner le manque de talents les entourant à travers les saisons pour justifier – en partie – ce faible total, il est intéressant d’observer la situation d’Enes Kanter au Thunder. Un des rares big men avec ce type de profil ayant pour coéquipiers deux superstars de la Ligue, il était arrivé à Oklahoma pour être enfin cette troisième option offensive capable de scorer avec régularité derrière le duo Westbrook-Durant. Résultat ? Il atteint tout juste la barre des 20 minutes par match, utilisé comme role player. Très faible au contre et sur le pick and roll, sa défense ne lui permet pas d’être présent sur le parquet lorsque le Thunder doit défendre face aux tops attaques de la NBA pour rester dans le match.

  • Destiné à la même carrière ?

La question peut donc se poser. Jahlil Okafor peut-il devenir une pièce centrale d’une équipe candidate aux premières places dans la NBA moderne ?
Capable de poser des stats qui restent imposantes pour un rookie (17 points et 7 rebonds), il n’a pas réussi à peser en match dans l’impact, au-delà de sa production chiffrée, pour son équipe.

Offensivement, l’équipe a forcément ralenti le tempo pour l’inclure dans les actions demi-terrain et le servir au poste. Le problème est qu’il opère en grande partie en isolation, jouant son adversaire en 1 contre 1 pour scorer. Statistiquement, seulement 41.3% de ses paniers ont été « assistés » par un coéquipier. En comparaison avec ses compères de la dernière Draft, le pourcentage pour Karl-Anthony Towns s’élève lui à 67%, et un similaire 67.9% pour Kristaps Porzingis. En abusant de l’isolation poste bas, il empêche tout mouvement de ses coéquipiers qui doivent rester au large pour le laisser opérer, rendant le fameux « ball movement » si populaire des Spurs ou Warriors impossible car empêchant l’attaque de trouver un rythme.

Il reste cependant des motifs d’espoir de ce côté du terrain pour devenir un joueur plus efficient capable de rendre ses coéquipiers (et donc l’attaque de son équipe) meilleurs, tant il était un excellent passeur à Duke qui impliquait ses coéquipiers et créait de l’espace en fixant la défense avant de ressortir pour les joueurs au large. Une fois entouré d’une meilleure équipe, il pourra également développer son jeu en mouvement avec une meilleure utilisation du pick and roll/pop et des joueurs qui seront capables de créer pour lui aussi. La progression de son shoot extérieur permet aussi de jouer plus dans le « spacing » et diversifier son jeu.
Il possède – ou a déjà montré pour son jeu de passe – les éléments de ce côté du terrain pour devenir un top player offensif dans cette ligue s’il réussit à faire les ajustements nécessaires dans la Grande Ligue.

Son apport défensif est lui plus suspect, comme on pouvait s’en douter après sa saison à Duke et des défauts déjà bien présents. Sans qualité athlétique au dessus de la moyenne pour protéger le cercle, le problème est qu’il ne montre pas non plus l’envie de ce côté du parquet pour compenser cela. Comme beaucoup de gros scoreurs sortant du lycée, il n’est que peu intéressé par les tâches défensives et ne possède pas l’intelligence de placement dans les rotations pour combler son manque de mobilité.

Mais là où il est possible de masquer les lacunes défensives d’un scoreur poste 2 ou 3 avec un intérieur qui protège la raquette, un poste 5 est lui la dernière ligne et se doit d’apporter défensivement pour son équipe. La position est aujourd’hui plus défensive avant d’être un poste d’attaquant, comme on peut le constater historiquement : sur les 15 dernières années, seuls deux joueurs sur les postes d’ailier (Kawhi Leonard et Ron Artest) ont remporté le titre de meilleur défenseur de l’année, le reste étant 12 titres pour des postes 5 et un pour le 4 Kevin Garnett.

Bien qu’il s’agisse en grande partie de joueurs aux qualités athlétiques (Mutombo, Ben Wallace, Dwight Howard…), Jahlil Okafor peut s’inspirer d’un joueur comme Marc Gasol, remportant le trophé récemment par sa capacité à être placé et à se déplacer au bon moment pour contester les tirs adverses. Défendre dans l’espace est la plus grande lacune de Jahlil aujourd’hui, mais ce n’est pas une qualité qui peut s’apprendre facilement une fois dans la Ligue si le joueur n’a que trop peu eu l’habitude de le faire jusqu’à présent. Il lui faudra surement plusieurs années avant d’atteindre, au moins, un niveau acceptable défensivement, sans être une valeur négative pour son équipe.

Sa capacité à devenir un meilleur passeur et créateur d’espaces pour ses coéquipiers et d’attendre un niveau dans la moyenne défensivement est ce qui l’aidera à devenir une pièce importante dans une équipe qui gagne, plutôt qu’un joueur qui empile les stats dans une équipe qui enchaîne les saisons au bilan négatif.

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