Draft 2016

La crise en Californie, les dividendes en Pennsylvanie

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A 15 rencontres du terme de la saison, et à l’orée de l’ouverture du tournoi de la March Madness, les regards se détournent, de manière salvatrice, des performances des ouailles de Brett Brown, au profit de celles des joueurs universitaires.

Les pépins physiques de bon nombre de pièces d’avenir et/ou présentant la plus forte valeur marchande (Jerami Grant, Robert Covington, Richaun Holmes, Jahlil Okafor) amenuisent encore un peu plus l’intérêt des parties restant à disputer.

Par ailleurs, le tankathon a livré l’essentiel de son verdict. Les Philadelphia 76ers vont, selon toute vraisemblance, réussir à sécuriser le plus mauvais bilan de la Ligue pour la première fois depuis 1972-1973, année où Fred Carter a conduit Philadelphie à une saison historique (9-73).

Rang
Choix
EquipeBilan  Choix échangéConditions de l'échange
1Philadelphia 76ers9-58Possibilité de l'échanger contre le choix des Sacramento Kings
2Los Angeles Lakers14-54
55.8%

44.2%
Philadelphia 76ers (4-30)
3Phoenix Suns18-49
4Brooklyn Nets19-48Boston Celtics
(choix non protégé)
5Minnesota Timberwolves22-46Boston Celtics
(14-30)
6NOLA Pelicans25-42
7Sacramento Kings26-41Chicago Bulls
(choix protégé top 10)
8New York Knicks28-41Possibilité de l'échanger contre le choix des Knicks
9Denver Nuggets28-40Toronto Raptors
(choix le moins favorable entre celui des Knicks et celui des Nuggets)
10Milwaukee Bucks29-39
11Orlando Magic29-37
12Washington Wizards32-35Phoenix Suns (choix protégé top 9)
13UTAH Jazz32-35
14Chicago Bulls33-33
Fin de la loterie
15Houston Rockets34-34Denver Nuggets
(15-30)
16Dallas Mavericks34-34Boston Celtics
(8-30)
17Detroit Pistons34-34
18Portland Trailblazers35-33Denver Nuggets
(15-30)
19Indiana Pacers36-31
20Charlotte Hornets38-29
21Atlanta Hawks39-29
23Boston Celtics39-29
24Memphis Grizzlies39-29
24Miami Heat39-28Philadelphia 76ers
(11-30)
25Los Angeles Clippers43-24logo Clippers
26Oklahoma City Thunder46-22Philadelphia 76ers
(16-30)
27Toronto Raptors45-21
28Cleveland Cavaliers48-19Phoenix Suns
(11-30)
29San Antonio Spurs57-10
30Golden State Warriors61-6Droits de swap accordés aux Sixers contre le choix le moins favorable entre celui du Heat et celui du Thunder

Leurs principaux concurrents, les Los Angeles Lakers, évoluent à 5 victoires au-dessus (ou en dessous, c’est selon). Propriétaires d’un choix de draft qui reviendra aux Sixers s’il s’établir en dehors du top 3 à l’issue de la loterie, les hommes de Byron Scott semblent avoir fait le nécessaire pour obtenir le second plus mauvais bilan de la Ligue, bien que la double confrontation face aux Phoenix Suns laisse planer le spectre d’une rude bataille pour les balles de ping pong.

Sauf cataclysme, les Sixers termineront à la dernière place. La meilleure pour maximiser leurs chances d’obtenir ce qu’ils recherchent depuis mai 2013 : une star autour de laquelle construire les ambitions de titres.

Les Los Angeles Lakers termineront à ce qui s’apparente à la position idoine afin de maximiser la valeur du choix que la franchise californienne enverra en Pennsylvanie, l’avant-dernière.

Aux craintes d’assister à une saison 2015-2016 trop reluisante des Lakers pour que le choix de draft transmis aux Sixers produise une valeur suffisante à légitimer le départ de Michael Carter-Williams, ont succédé celles de voir les Lakers être suffisamment mauvais pour conserver l’usufruit de leur sélection.

En clôturant le dernier exercice de Kobe avec le second plus mauvais bilan de la Ligue, les Lakers parviendront à livrer une saison de « tanking » alors qu’ils ne disposent pas de la garantie de bénéficier du fruit de leurs insuccès.

Dans une cuvée où les positions 4 à 14 se projettent comme peu susceptibles de produire la valeur escomptée à ce niveau de l’ordre de sélection, disposer de 44,2% de chances de récupérer un choix 4 ou 5 est une issue enviable pour les 76ers. Si le choix des Lakers doit être livré dans une cuvée qui manque de densité, autant qu’il le soit en son sommet.

Si les positions au classement semblent figées, la volatilité des choix dont hériteront les Sixers demeure. La loterie peut encore leur réserver une large amplitude de scenarii – de l’obtention des choix 1 et 4 à la livraison de l’unique choix 4 – que les difficultés sportives des Sacramento Kings peuvent tendre à lisser au profit de Sam Hinkie.

Le ROI des droits de swap

La position des Sacramento Kings à l’orée de la loterie est la dernière inconnue de cette fin d’exercice. Une certitude s’est en revanche, irrémédiablement établie, les Kings ne disputeront pas les playoffs cette saison et étendront à une décennie leur absence en post-season. De fait, les Sixers bénéficieront des balles de ping pong dévolues à la franchise californienne.

Actuellement détentrice du 7ème plus mauvais bilan de la Ligue, l’équipe « dirigée » par George Karl a un calendrier plutôt clément devant elle mais n’a plus rien à gagner de cette fin de saison.

 A domicileA l'extérieurRésultat
16/03Pelicans123-108
18/03Pistons
20/03Knicks
21/03Bulls
23/03Wolves
25/03Suns
27/03Mavs
28/03Blazers
30/03Wizards
01/04Heat
02/04Nuggets
05/04Blazers
07/04Wolves
09/04Thunder
11/04Suns
13/04Rockets

Les jours du coach dont le message ne passe pas auprès des joueurs sont comptés et quelques succès superflus mettraient en danger la conservation de leur choix du premier tour dévolu aux Bulls s’il ne se hisse pas dans le top 10.

En cédant, le 1er juillet les droits de swap pour les millésimes 2016 et 2017 ainsi que leur choix du premier tour 2018, protégé top 10, totalement non protégé en 2019, le bureau exécutif des Kings, conduit par Vlade Divac, a exposé sa méconnaissance des subtilités du CBA et posé les jalons d’une nouvelle crise institutionnelle.

Afin de libérer du cap space, le décisionnaire fraîchement nommé s’était délesté d’un choix de draft lointain et de droits de swap avec une des plus mauvaise équipe de la Ligue. Des concessions, a priori mineures et nécessaires pour contenter une superstar qui n’avait toujours pas connu la moindre saison à plus de 30 victoires.

A lire : L’interview d’en face des Sacramento Kings

La nécessité de cette opération était contestable dans la mesure où le cap space libéré aurait pu être dégagé pour l’essentiel par d’autres biais (in fine le trade conclu avec les Sixers a permis aux Kings de signer…Marco Bellineli), elle est, désormais battue en brèche, par les résultats collectifs et l’agacement de DeMarcus Cousins. Pis encore, elle restreint considérablement la marge de manœuvre à venir des Kings.

Le cap space dégagé a largement été mis à contribution pour sécuriser le recrutement de Rajon Rondo pour…un an. Les Kings doivent désormais resigner le meneur de jeu alors que l’intégralité des franchises disposeront d’une ample flexibilité salariale du fait de l’augmentation du salary cap. Les Kings sont, dès lors, dépourvus de l’avantage comparatif qu’était censé leur octroyer l’échange conclu avec les Sixers.

Pis encore, comme nous l’avons vu lors des dernières heures précédant la clôture du marché des transferts, les droits de swap, loin de se limiter à quelques balles de loterie dont les destinées produisent des incidences toutes sauf marginales – en l’occurrence, le droit de swap cédé en 2016 peut potentiellement faire passer les Kings de Ben Simmons / Brandon Ingram à Henry Ellenson / Kris Dunn – restreignent drastiquement la marge de manœuvre du bureau exécutif afin de renforcer l’équipe autour de DeMarcus Cousins. Et pour cause, elle astreint Vlade Divac à obtenir l’accord des Sixers afin d’échanger ses propres choix de draft. Autrement dit, les Sixers qui bénéficieront des déboires sportifs des Kings disposent d’un droit de veto sur les transactions impliquant leurs premiers tours de draft (2016 et 2017) que pourrait envisager le front office des Kings afin d’améliorer l’équipe.

A lire : Les droits de swap, le piège tendu par Sam Hinkie aux Sacramento Kings

En se portant acquéreur de ces assets, Sam Hinkie faisait le pari qu’une nouvelle crise affecterait la franchise californienne et que cette dernière adviendrait d’ici à 2019. En se présentant plus tôt que prévue, elle fait peser ses bénéfices potentiels sur une durée plus étendue.

Dès le 17 mai, le droit de swap produira des incidences notoires en lissant les risques inhérents à la loterie.

Sans le droit de swap négocié avec les Kings, les Sixers se présenteraient à la loterie avec les probabilités afférentes au statut de plus mauvais bilan de la Ligue, à savoir 25% de chances de récupérer le premier choix, 46,5% de chances de pouvoir sélectionner Ben Simmons ou Brandon Ingram et 35,7% de n’échoir qu’avec le seul 4ème choix.

Avec le droit de swap, et si les Kings conservaient le 7ème plus mauvais bilan, ces pourcentages seraient sensiblement appréciés en faveur des Sixers : 29,3% de chances de récupérer le premier choix, 53,2% de disposer d’un des deux premiers. Plus significatif, encore, les probabilités d’occurrence du pire scenario possible seraient diminuées de moitié : de 35,7% à 17,8%.

Probabilités si les Kings terminent...    
6èmes7èmes8èmes9èmes
114.91413.412.9
1 & 414.914.213.713.3
1 & 51.51.10.70.5
212.812.211.811.5
2 & 410.410.510.510.6
2 & 51.61.50.80.5
310.310.19.89.6
3 & 46.57.17.68.0
3 & 51.61.20.90.5
417.819.520.821.8
4 & 57.68.89.910.8
1er choix31.329.327.826.7
Un des deux premiers choix56.153.250.949.2
4ème choix49.751.452.753.7

Si les Lakers et les Kings sont idéalement positionnés pour offrir aux Sixers, la meilleure contrepartie possible, le Heat et le Thunder se montrent nettement moins coopératifs.

Le choix du Miami Heat, protégé top 10

Au retour du All-Star Break, le Heat a renoué avec sa compétitivité et fait preuve de davantage de constance, et ce en dépit de l’absence pour une durée indéterminée de Chris Bosh.

Au sein d’une conférence Est où les écarts sont infimes, la nature du choix que cèdera la franchise floridienne à Sam Hinkie peut fluctuer. Troisième à l’Est avec un bilan de 39 victoires pour 28 défaites, le Heat évolue à 5,5 matchs au-dessus des Bulls, neuvièmes (33-33) et seulement à un match des Charlotte Hornets, détenteurs théoriques du 20ème choix.

Néanmoins, la dynamique des hommes de Spoelstra ne laisse pas augurer une appréciation substantielle de leur créance.

Les Sixers devront, a priori, se contenter d’un choix dans le second tiers de l’ordre de sélection dans le millésime 2016 après n’être passés qu’à un succès du 11ème dans la cuvée 2015 et alors que la protection du pick disparaissait l’an prochain.

Le choix du Thunder, protégé top 15

Indépendamment des résultats de la loterie, les Sixers mobiliseront Adam Silver tout au long de sa présence au pupitre. S’ils peuvent espérer être amenés à dicter leurs consignes au commisioner à deux reprises lors des 20 premières minutes, les décisionnaires de Philadelphie seront conviés à transmettre leurs directives à deux reprises peu avant que Mark Tatum n’entre en scène.

Après celui du Heat, les Sixers disposeront d’un autre choix dans cette zone de l’ordre de sélection, celui du Thunder, dépositaire d’un bilan de 46 victoires pour 22 défaites. Actuellement 26ème, ce choix peut encore s’établir entre la 25ème position, actuellement détenue par les Clippers (43-24) et la 28ème, propriété des Cleveland Cavaliers (48-19).

Le droit de swap négocié avec les Golden State Warriors cet été ne sera pas mobilisé. L’échange estival ne restera pas dans les annales. Gerald Wallace n’est jamais venu en Pennsylvanie, Jason Thomspon, utilisé avec parcimonie par Luke Walton puis Steve Kerr a finalement été coupé pour faire de la place à Anderson Varejao.

Les 15 dernières rencontres des Sacramento Kings, plus que celles des 76ers ou des Lakers, détermineront les probabilités d’occurrences des différents scenarii lors de la loterie du 17 mai. Les questions qui animeront les débats jusqu’au 23 juin sont, en revanche, déjà connues.

  • Qui est le premier choix de cette cuvée : Ben Simmons ou Brandon Ingram?
  • Qui sélectionner si le choix des 76ers échoit en dehors du top 2 ?
  • Quel est le quatrième meilleur prospect de cette promotion, puisque les Sixers auront environ une chance sur deux de récupérer le choix 4 via leur sélection ou celle des Lakers ?
  • Quelles cibles en fin de premier tour ?

Premiers éléments de réponse avec le premier volume du big board 2016 de Sixers-France, à paraître dans les prochaines heures.

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