Chroniques

Que faire du cap space? Une dernière salve de salary dump trades

Avec la draft, la trade deadline est le théâtre d’opération privilégié de Sam Hinkie. Lors des deux dernières éditions, le décisionnaire s’est distingué par son inclinaison à céder les joueurs les plus utilisés par Brett Brown et par son appétence pour les salary dump trades, vecteur de l’acquisition de choix de draft en contrepartie de la location de sa flexibilité salariale à ses homologues soucieux d’expurger leurs finances de contrats indésirables.

Après le retour en Pennsylvanie d’Ish Smith, monnayé contre deux choix du second tour, l’adjonction du vétéran Elton Brand à l’effectif et celle de Brandon Williams au Front Office, la trade deadline offrira un nouveau champ d’investigation des rapports de force au sein de l’organigramme de la franchise.

A cet égard, la gestion de la marge de manœuvre sous le salary cap, agira comme un des marqueurs les plus explicites d’une éventuelle inflexion de la politique hinkienne.

[pullquote align= »full » cite= »Sam Hinkie » link= » » color= » » class= » » size= » »] « Je pense que le noyau de notre effectif est désormais plus stable que ce que nous avons connu par le passé. Néanmoins, notre travail consiste à rechercher et à saisir toutes les opportunités d’améliorer l’équipe. Nous devons rester ouverts.

Nous resterons très sympathiques avec de nombreuses équipes de la Ligue qui pourraient évoluer au-dessus du seuil de la luxury tax et ainsi avoir besoin de notre aide. Nous avons été utiles aux équipes dans cette situation par le passé. Je pense que nous pourrions encore l’être.

Nous essaierons ensuite de nous mettre en situation de réussir notre intersaison. Si des opportunités importantes se présentent, je pense que nous avons démontré que nous ne craignons pas de les saisir, y compris si cela peut surprendre.

Personne n’apprécie voir de récurrents mouvements de personnel mais dans le même temps nous devons construire une équipe qui sera compétitive en mai et en juin. Un tel objectif nous contraindra à prendre des décisions difficiles. 

Au final, je pense que nous allons continuer à faire ce que nous avons réalisé jusqu’à présent, et voir quelles seront les opportunités qui se présenteront à nous ».   [/pullquote]

Le processus de reconstruction hinkien n’est pas exempt d’inflexions endogènes notamment en ce qui concerne la valorisation de sa flexibilité salariale. Ainsi, le stratège a progressivement relevé son niveau d’exigence. Des salary dump trades mineurs destinés à sécuriser l’acquisition de choix du second tour et à atteindre le salary floor à la spoliation estivale des Sacramento Kings, Sam Hinkie a systématiquement créé de la valeur à partir de la mise sur le marché du cap space savamment économisé.

Afin de sécuriser des atouts, toujours plus précieux, il s’est montré enclin à absorber des contrats plus lourds dans leur volume et dans le temps.

DateEquipeJoueurSalaire pris en chargeContrepartieLien
6/07/13RocketsRoyce White1,7 millions $ (2013-2014)Droits sur Furkan AldemirL'analyse de l'échange
20/02/14Wizards / NuggetsEric Maynor2,1 millions $ (2013-2014) puis une player option en 2014-2015Choix du second tour 2015 des Pelicans
Choix du second tour 2016 des Nuggets
L'analyse de l'échange
20/02/14ClippersByron Mullens950 000 $ en 2013-2014 et une PO en 2014-2015 qu'il a déclinéeChoix du second tour 2018 des ClippersL'analyse de l'échange
27/09/14CavaliersKeith Bogans5,3 millions $ (2014-2015), non garantisChoix du second tour 2018 des CavaliersL'analyse de l'échange
25/10/14NetsMarquis Teague1,12 millions $ (2014-2015)Choix du second tour 2018 le plus favorable entre celui des Kings et celui des BucksL'analyse de l'échange
28/10/14KnicksTravis Outlaw3 millions $ (2014-2015) - le contrat de Moultrie (1,13 millions$)Choix du second tour 2019 des Knicks
Droit d'échanger le choix du second tour 2018 des Clippers contre celui des Knicks
L'analyse de l'échange
11/12/14NetsJorge Gutierrez
Andrei Kirilenko
916 000$
3,4 millions $ (2014-2015)
Choix du second tour 2020 des Nets
Droit d'échanger le choix du second tour 2018 des Cavaliers contre celui des Nets
- Brandon Davies
L'analyse de l'échange
20/12/14Wolves / RocketsRonny Turiaf1,5 millions $ (2014-2015)Choix du second tour 2015 des Rockets
Les droits de Sergeï Lishouk
- Alexey Shved
L'analyse de l'échange
19/02/14NuggetsJaVale McGee11,25 millions $ (2014-2015)
12 millions $ (2015-2016)
Choix du premier tour 2015 du Thunder, protégé top 18 puis top 15 en 2016
Les droits sur Chu Chu Maduabum
- les droits sur Cent Akyol
L'analyse de l'échange
01/07/15KingsCarl Landry
Jason Thompson
6,5 millions $ en (2015-2016 et 2016-2017)
6,65 millions $ en 2015-2016 puis 2,65 millions $ garantis en 2016-2017
Nik Stauskas
Droits de swap 2016 et 2017
Choix du premier tour des Sacramento Kings 2018, protégé top 10, non protégé en 2019
L'analyse de l'échange

A l’ouverture de la free agency 2015, Sam Hinkie a réalisé un coup de maître. En absorbant les contrats de Jason Thompson et de Carl Landry, il a récupéré le huitième choix de la draft 2014, Nik Stauskas, le choix du premier tour 2018, protégé top 10 puis non protégé en 2019 et les droits de swap en 2016 et 2017.

L’inconsistance du bureau exécutif californien et la maîtrise relative des subtilités du CBA par son nouvel homme fort, Vlade Divac, ont permis aux Sixers de largement consolider leur collection de billes de loterie.

La récurrence de ces salary dump trades a néanmoins largement épuisé la marge de manœuvre salariale de la franchise qui est essentiellement destinée à des joueurs qui n’arboreront pas la tunique des 76ers (JaVale McGee, Gerald Wallace).

Sam Hinkie se présente à l’orée de la clôture du marché des transferts dans une configuration inédite où, bien qu’il évolue en dessous du salary floor, il n’est pas le stratège disposant du matelas le plus large.

EquipeMarge sous le salary cap (en millions de dollars)Marge sous le salary floor (en millions de dollars)
Denver Nuggets1,73
Orlando Magic0,6
Philadelphia 76ers9,62,6
Portland Trailblazers20,613,6
UTAH Jazz7,60,6

Devancés cet été sur le dossier Brendan Haywood par les Portland Trailblazers et sur celui de Perry Jones III par les Celtics, les 76ers ont dû composer avec la concurrence sur le secteur mais ont également montré une inclinaison moins prégnante en matière d’acquisition de choix du second tour.

Le recrutement d’Ish Smith constitue, à cet égard, le premier mouvement au terme duquel les 76ers cèdent davantage de choix de draft qu’ils n’en récupèrent depuis la prise de fonction de Sam Hinkie.

Préalable à l’arrivée de Jerry Colangelo au sein de l’organigramme de la franchise, l’érosion de leur appétence pour les salary dump trades mineurs mise en exergue par l’absence de salary dump trades mineurs en octobre/novembre résulte de l’effondrement de la valeur individuelle des choix de draft au sein d’une collection qui s’étend.

 Premier tourSecond tour
2016- Choix des 76ers
- Choix du Thunder, protégé top 15
- Choix des Lakers protégé top 3
- Choix du Miami Heat, protégé top 10
- Possibilité de swaper le choix des 76ers avec celui des Kings, si ce dernier échoue dans le top 10
- Possibilité d'échanger le moins favorable des choix du Heat (11-30) et du Thunder (16-30) contre le choix des Golden State Warriors
- Le choix des Sixers est dû aux Celtics

2017- Choix des 76ers
- Possibilité de swaper le choix des 76ers avec celui des Kings, si ce dernier échoue dans le top 10
- Choix des Nuggets
2018- Choix des 76ers
- Choix des Sacramento Kings, protégé top 10.
- Choix des 76ers
- Choix le plus favorable entre celui des Clippers et des Knicks
- Choix le plus favorable entre celui des Cavs et celui des Nets
2019- Choix des 76ers
- Choix des 76ers
- Choix des Knicks
- Choix le plus favorable entre celui des Kings et celui des Bucks (via Nets)
2020- Choix des 76ers- Choix des 76ers
- Choix des Nets
- Choix des Knicks
2021- Choix des 76ers- Choix des 76ers
- Choix des Knicks

A l’été 2016, les Philadelphia 76ers devraient accueillir Dario Saric en dépit des forts incitatifs financiers à reporter son arrivée d’une saison, et bénéficier des qualités de basketteur de Joel Embiid, et de potentiellement quatre choix dans le premier tour. La limite de 15 places au sein d’un roster NBA restreint les ressources disponibles pour développer des joueurs issus du second tour au surplus quand des places sont occupées par des vétérans. Richaun Holmes peut en témoigner.

Sans la place nécessaire au sein de l’effectif, ces choix ne pourront se matérialiser que par des joueurs draftés puis stashés à l’étranger et ou être mobilisés sur le marché afin de faciliter des échanges. Acquérir des choix du second tour présente toujours de l’intérêt mais la valeur nominale de ces derniers décroît à mesure que l’effectif des 76ers se consolide et que leur collection du choix du premier tour se densifie. A cet égard, la situation des Celtics sera à étudiée avec acuité.

A quelques encablures de la trade deadline, les Sixers évolue à 2,6 millions de dollars en-deçà du salary floor. L’atteindre permettrait à Josh Harris d’économiser prêt de 2 millions de dollars.

Sur un marché du salary dump trade qui ne comptera que peu de « vendeurs » en raison de l’augmentation à venir du salary cap, les 76ers devront composer avec une franchise qui dispose de plus de 13 millions de dollars sous le salary floor.

EquipeAu-delà de la luxury tax
(en millions de dollars)
Chicago Bulls4,3
Cleveland Cavaliers24,5
Golden State Warriors10,7
Houston Rockets3,4
Los Angeles Clippers10,8
Miami Heat3,35
Oklahoma City Thunder12,4
San Antonio Spurs1,6

Afin de réaliser des salary dump trades, le cap space est une condition nécessaire mais pas suffisante. Encore convient-il de disposer de la flexibilité nécessaire au sein de l’effectif.

Le turnover permanent du personnel restreint l’efficience du processus d’évaluation de ceux qui demeurent au sein de l’effectif et du travail du coach tant dans sa composante tactique que dans sa capacité à maximiser le développement des joueurs.

Les Blazers comptent dans leur effectif 4 joueurs qui ont joué moins de 65 minutes cette saison : le vétéran, Chris Kaman et les jeunes Pat Connaughton, Cliff Alexander et Luis Montero. Ils disposent donc de toute latitude pour agir sur le marché du salary dump trades sans entraver leur compétitivité sportive et leurs ambitions d’accession en post-season.

Atteindre le salary floor est une obligation singulière dans la mesure où la transgression de la règle n’induit comme sanction que sa stricte application a posteriori. Dans la situation des Blazers, elle permettrait à Paul Allen d’économiser prêt de 10 millions de dollars.

Par ailleurs, les mouvements entrepris à la trade deadline ne sont pas l’ultime issue afin de satisfaire à cette « obligation ». Il demeure toujours possible de signer des joueurs une fois le date limite révolue qu’il s’agisse d’agents libres ou de joueurs placés sur les waivers.

L’an passé, les 76ers avaient atteint puis dépassé le salary floor en réalisant un salary dump tarde d’envergure et en se portant acquéreurs de Thomas Robinson et de Glenn Robinson III, coupés par leur franchise.

En l’espèce, les Blazers, pas plus que les Sixers ne semblent enclins à sauter sur toutes les opportunités. Mardi, le salary dump trade le plus évident, le transfert de Chris Andersen et son contrat de 5 millions de dollars n’a mis en scène aucune des deux franchises.

« Repeat offender », le Miami Heat n’a cessé de réaliser des petits mouvements destinés à s’extraire du joug de ce statut (Shabazz Napier, Mario Chalmer, Chris Andersen) mais demeure en proie à une taxe de 8,8 millions de dollars.

 

En envoyant Chris Andersen à Memphis et en récupérant Brian Roberts pour compenser la défection de Tyler Johnson, le Heat s’est délesté de 2,15 millions de dollars de masse salariale et donc de 5,5 millions de dollars de taxe. Pour ce faire, Pat Riley a cédé deux choix du second tour : le choix 2017 des floridiens, protégé 41-60 puis non protégé en 2018 et celui de Boston 2019, protégé 31-55.

Un vil prix eu égard aux standards pratiqués par Sam Hinkie.

A lire : Le salary dump trade d’Anderson Varejao proposé dans le cadre de la trade deadline

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