Interviews / Conférences de presse

Ish Smith: Je suis passé par vents et marées

A l’approche d’une deadline qui pourrait le voir supplanté dans les rotations des Sixers par un nouvel arrivant, malgré un bilan intéressant de l’équipe depuis son retour, le meneur Ish Smith s’est confié au journaliste de Hoopshype Marc Narducci.

L’occasion idéale pour le commis-voyageur de 27 ans de brasser un large éventail de sujets.

Marc Narducci : Qu’est-ce que cela vous a fait d’avoir une influence si positive sur cette jeune escouade?

Ish Smith: Honnêtement, je crois qu’ils ont eu autant d’influence positive sur moi que j’en ai eu, aux dires des gens, sur eux. Nous nous amusons beaucoup en pratiquant un bon jeu. Nous sommes à un bilan victoires-défaites de 7-14 (l’interview a été publiée le 9 février ndlr) et nous en avons perdus trois ou quatre de peu. La prochaine étape de notre progression consiste à remporter ces parties serrées.

Nous partageons une forte confiance mutuelle et notre collaboration est des plus saines.

Marc Narducci : Les gens oublient que vous avez été l’auteur de grosses performances en début de saison à New Orleans: six matchs à dix passes décisives ou plus et sept à dix-sept points ou plus.

A quel point était-ce déterminant pour vous de jouer aussi bien quand vous avez pu jouir de ces minutes?

Ish Smith: Extrêmement. M’est avis que j’ai acquis une notoriété de dimension nationale. Personne ne savait qui j’étais puisque je n’avais pas beaucoup pu m’exprimer dans mes huit ou neuf formations précédentes. Nous passions beaucoup à la télévision, sur les canaux nationaux, avec les Pelicans et les spectateurs se disaient « Mais qui est ce gars? ». J’ai pris les gens par surprise en quelque sorte.

A ce titre, New Orleans fut un des endroits les plus importants où j’ai roulé ma bosse.

Marc Narducci : Avez-vous été étonné de ne pas être reconduit par les 76ers après votre fin de saison passée.

Ish Smith: Je ne le suis jamais de quoique ce soit dans ma carrière. J’ai pensé parfois que j’avais vocation à rester à un endroit mais les dirigeants se sont séparés de moi. C’est ainsi. Je n’étais donc pas étonné.

Sans New Orleans, je pense que personne ne saurait à quel point j’ai progressé.

Marc Narducci : Quel degré d’opiniâtreté vous fut nécessaire pour continuer à aller de l’avant?

Ish Smith: Chaque personne a son histoire. Je me sens reconnaissant que la mienne soit ainsi puisque je peux aider les autres. Je sais bien que je joue au basket-ball et que je ne sauve pas des vies. Néanmoins, beaucoup d’hommes et de femmes en grande difficulté découvrent mon histoire et constatent que voilà un homme qui a tenu, qui a persévéré au point de se sentir encouragé.

Fut-ce ardu de passer par vents et marées? Certainement. Malgré tout, je fus en mesure de m’accrocher (à cette ligue).

Marc Narducci : Je sais que vous préférez rester concentré sur une chose à la fois mais vous serez agent libre l’été prochain et des offres risquent de se présenter.

Dans cette équipe, vous passeriez pour un vieux bougre mais, à 27 ans, vous n’êtes pas si vieux.

Ish Smith: Je ne le suis pas. J’ai été dans la ligue pendant environ six années. C’est ce que j’appelle la configuration Steve Nash. Il n’a pas beaucoup joué ses trois ou quatre premières seasons mais accumulé tous ces kilomètres dans les jambes. J’espère ne pas être inquiété par les blessures.

Je ne songe même pas au marché des agents libres. Je ne me préoccupe que de devenir meilleur et apprendre à tuer les rencontres en fin de partie. Les grands, comme Chris Paul et Stephen Curry ont atteint ce niveau. Je dois être un peu plus efficace et c’est mon prochain objectif.

Marc Narducci : A propos de Curry, vous étiez coéquipiers aux Charlotte Stars en AAU. Comment évoluait ce backcourt?

Ish Smith: Steph pouvait toujours shooter comme il l’entendait. Je ne pouvais en croire mes yeux. C’est amusant: il courait autour de la ligne afin d’être servi à trois-points pour devenir actuellement un manieur de ballon d’une rare dextérité. De mon côté, je conduisais le cuir en utilisant ma vitesse de point pour rentrer mes tirs à mi-distance désormais. L’expérience fut agréable. Il avait déjà son shoot et moi ma pointe de vitesse. De plus, notre équipe était très performante.

Steph était toujours le plus adroit, et moi le plus véloce, mais beaucoup de membres de l’équipe était talentueux.

Marc Narducci : Qui jouait meneur de jeu?

Ish Smith: Notre titulaire au poste a fini par choisir le football américain. Je sortais du banc tandis que Steph occupait le rôle d’artilleur pour nous. Dell, le frère de Steph, intégra le cinq par la suite. Nous prenions beaucoup de plaisir. Ce fut une expérience mémorable.

Marc Narducci : J’ai lu récemment que vous aviez songé quitter l’université de Wake Forest lors de votre première campagne. Pourriez-vous développer?

Ish Smith: C’est on ne peut plus exact. Je me suis abimé un ligament du pouce, nous avons perdu un match décisif contre Boston College, et mes mauvaises performances m’accablaient. Période très difficile, assurément. Toutefois, ma mère m’a encouragé à persévérer dans la voie que je voulais suivre. J’ai fini par mieux jouer et la situation a bien tourné pour moi.

Marc Narducci : Quel est votre état d’esprit actuel comparé à celui que vous aviez lorsque vous avez rejoint l’équipe pour une vingtaine de rencontres l’année passée?

Ish Smith: Mon état d’esprit a changé. Le jeu se ralentit, selon ma perception, ce qui signifie que je suis devenu meilleur. Je veux m’améliorer dans tous les compartiments du jeu – j’ai un long chemin à parcourir – mais je dispose d’un peu plus de confiance en moi désormais. L’année passée, j’étais enthousiaste à l’idée d’avoir pour la première fois une grande opportunité de m’exprimer. Je n’avais pas eu l’occasion de jouer 20 à 25 minutes par soir à Phoenix. Je voulais profiter de cette chance qui m’était offerte et maintenant je m’emploie à construire la suite de ma carrière sur le fondement de cette première expérience enrichissante.

Marc Narducci : Parlons maintenant du sujet que tout le monde attend: Joel Embiid a manqué sa seconde saison pour cause de blessure. Néanmoins, ceux qui l’ont vu s’extasient sur ses talents. Quelle fut votre impression personnelle sur ce jeune basketteur?

Ish Smith: Il a quelque chose, c’est indéniable. Je l’ai un peu vu l’an dernier. Embiid est grand, fort, sait un peu shooter, peut jouer au poste bas. Il n’y avait rien qu’il ne puisse faire sur le parquet quand je le regardais. Il dribblait également. Joel avait vraiment l’air exceptionnel quand il s’entrainait.

Marc Narducci : Depuis que vous êtes revenu, vous tournez à presque seize points et plus de sept passes décisives par match en moyenne. Attirez-vous beaucoup plus l’attention des défenses?

Ish Smith: Plus tôt, je n’avais pas le droit à tant de sollicitude. A présent, ils font montre de plus d’agressivité. Ils cherchent à m’attraper, me tenir, m’égratigner. J’avais l’habitude d’utiliser le pick-and-roll aisément pour prendre mes appuis et tirer. A présent, ils passent par-dessus l’écran et me poussent donc il faut s’adapter à cette nouvelle donnée de l’équation. On m’envoie de plus grands défenseurs pour me gêner également. Je parle tout le temps avec le coach de cet ajustement et la prochaine étape consiste à gagner en efficacité en dépit de ces entraves.

Marc Narducci : Diriez-vous que l’incertitude de conserver votre place dans une équipe d’une semaine sur l’autre vous a tanné le cuir?

Ish Smith: Assurément. Chacun suit sa route, et j’ai tracé la mienne à force de persévérance. En restant toujours optimiste en l’avenir, malgré un temps de jeu faible, j’ai réussi.

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