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Joel Embiid change d’agent, les Sixers de stratégie?

Moins de deux ans après sa sélection en troisième position de la draft 2014 et l’obtention d’un contrat majoré de 20% par rapport au standard de l’échelle salariale des rookies, Joel Embiid a décidé de quitter l’agence Wasserman Media Group qui le représentait depuis la fin de son cursus universitaire pour rejoindre l’écurie Leon Rose.

Alors qu’il n’a pas encore disputé le moindre match et qu’il ne sera pas éligible à une extension de contrat avant 2017 et qu’il est amené à devenir restricted free agent en 2018, le camerounais a décidé de se passer des services d’une agence dont la réputation pâtit du départ de son plus éminent représentant, Arn Tellem qui officie désormais au sein du bureau exécutif des Detroit Pistons.

La cessation des activités de représentant des intérêts individuels des joueurs de celui qui était considéré comme un des agents les plus influents de la Ligue a entraîné une vague de départs de l’agence californienne. Tour à tour, Al Horford, Danilo Gallinari, Marc et Pau Gasol, Jabari Parker, Joe Johnson et LaMarcus Aldridge ont confié la défense de leurs intérêts à d’autres agences.

En rejoignant Leon Rose, Joel Embiid confie son destin à un agent qui gère les intérêts de Kevin Durant, Carmelo Anthony, Chris Paul, Karl-Anthony Towns, Michael Kidd-Gilchrist, Devin Booker et les frères Morris. Implanté dans le New Jersey, Leon Rose est bien connu de l’institution pennsylvanienne puisqu’il a été le représentant d’Allen Iverson.

Conséquence de la restructuration de Wasserman Media Group depuis le départ de Tellem, le changement d’agents de Joel Embiid offre l’opportunité de dresser un état des lieux des engagements des joueurs des Philadelphia 76ers.

Trente mois de gestion hinkienne, de salary dump trades, d’agressivité à la table des négociations et de dédain pour les agents libres de second plan auraient, d’après les insiders dont les sources sont largement alimentées par les indiscrétions…des agents, durablement détérioré les relations de la franchise avec les représentants de joueurs.

Consubstantielle du processus de reconstruction, la gestion draconienne du salary cap des Sixers a privé bon nombre d’agents de transactions et des commissions afférentes, tout en limitant les débouchés pour leurs clients aux pedigrees les moins reluisants, ceux-là mêmes dont la défense des intérêt illustre l’étendue de l’influence des agences sur la gestion du personnel des franchises NBA.

A l’orée d’une free agency 2016 où la franchise disposera d’une marge de manoeuvre exceptionnelle sous le cap et aspira à se positionner sur certains candidats à un changement de domiciliation, l’adjonction de Jerry Colangelo, figure hautement respectée, est dépeinte comme l’artefact susceptible de restaurer des relations de confiance avec les représentants de joueurs.

Si le réseau et la respectabilité de Jerry Colangelo sont des atouts idoines pour fluidifier ces relations, les premiers mouvements entrepris par la franchise depuis son intronisation dans ses fonctions de conseiller du prince ne semblent pas avoir été initiés dans cet objectif.

Ainsi, Ish Smith, qui avait quitté la franchise en excellents termes, a confié la défense de ses intérêts à une petite structure Dutts Sports dont les principaux clients sont Brandon Bass et Marcus Thornton.

L’agent du vétéran Elton Brand est une figure bien plus reconnue dans l’environnement de la NBA. Représentant les intérêts de Michael Jordan, David B.Falk fut un des principaux artisans d’une nouvelle répartition des revenus de la Ligue en faveur des joueurs mais son portefeuille de client s’amenuise à mesure que les années s’égrènent. A ce jour, les principales figures de proue sous contrat avec son agence, Otto Porter, Jared Sullinger, Greg Monroe, Evan Turner Jeff Green ou Roy Hibbert, n’apparaissent pas comme les cibles préférentielles des 76ers.

Les 15 joueurs actuellement sous contrat avec les 76ers sont liés à 11 agences différentes.

JoueursAgence / Agents
Elton BrandF.A.M.E.
David B. Falk
Isaiah CanaanPriority Sports & Entertainment
Mark Bartelstein
Robert CovingtonRelativity Sports
Chris Patrick
Joel EmbiidCAA Sports
Leon Rose
Jerami GrantWasserman Media Group
B.J Armstrong
Steve McCaskill (agent secondaire)
Richaun HolmesEdge Sports International
Keith Kreiter
Carl LandryPriority Sports & Entertainment
Dario Santori, Mark Bartelstein
Kendall MarshallCAA Sports
Steve Heumann, Alexandros Saratsis
T.J McConnellOctagon
Omar Wilkes, Chris Emens
Jahlil OkaforBDA Sports Management
Bill Duffy
Nerlens NoelASM Sports
Frank Cataparo, Andrew Miller
JaKarr SampsonVerus Management Team
Seth Cohen
Dario SaricMisko Raznatovic
Ish SmithDutts Sports
Tony Dutt
Nik StauskasPriority Sports & Entertainment
Mark Bartelstein
Hollis ThompsonASM Sports
Andrew Miller, Andrew Vye

Depuis mai 2013, les méthodes de négociations salariales et l’empathie de Sam Hinkie à l’égard des joueurs qu’il échangeait frénétiquement sur le marché ont fait l’objet de critiques acerbes. Appréhendés comme des assets, les joueurs auraient été déshumanisés et réduits à l’expression d’une valeur à monnayer.

Rares sont les joueurs passés par la Pennsylvanie à s’être plaints de la manière dont le décisionnaire avait organisé leur départ, conscients, que l’adage « la NBA est un business » n’est pas seulement une formule de communicants. Lors de la réalisation de salary dump trades, Sam Hinkie a pu justifier l’image de stratège froid qu’on lui accole régulièrement. A cet égard, Keith Bogans n’a jamais été contacté par le GM qui venait d’acquérir son contrat non-garanti de 5,3 millions de dollars dans le cadre d’un échange qui créait une trade exception pour les Cavs et offrait un choix du second tour aux Sixers. L’entourage du vétéran a légitimement pu se formaliser de ce manque d’amabilité. Joel Bell, son agent, aura alors tout le loisir de tenir ses principaux clients (Steve Blake et Dante Cunningham) loin du Wells Fargo Center.

Autre élément de friction avec les représentants de joueurs, notamment ceux que le décisionnaire a sélectionné avec un choix du second tour, la structuration des contrats hinkiens nous offrira un bien meilleur cadre d’analyse d’une éventuelle dégradation durable des relations avec des agences influentes.

Ainsi, K.J McDaniels, premier joueur à avoir rejeté l’offre de contrat pluriannuel de Sam Hinkie pour privilégier la required tinder offer, comme Glenn Robinson III, sont des clients de Mark Bartelstein. Or ce dernier compte dans son portefeuille trois joueurs que les Sixers ont acquis sur le marché des transferts (Isaiah Canaan, Nik Stauskas et Carl Landry) et des cibles potentielles à l’instar de Bradley Beal, restricted free agent cet été et deux jeunes joueurs qui ont signé un juteux contrat avant l’explosion du salary cap,  Gordon Hayward et DeMarre Carroll.

Suite à sa signature d’un contrat de 10 millions de dollars avec les Houston Rockets, McDaniels a été suivi dans sa stratégie payante par Jordan McRae et J.P Tokoto. Le premier, auteur du record de points en NBADL s’est vu offrir un contrat de 10 jours par les Phoenix Suns, le second évolue désormais dans la Ligue de développement sous les couleurs du Oklahoma City Blue.

J.P Tokoto est représenté par Steve McCaskill qui conseille également Jerami Grant, titulaire d’un contrat hinkien paraphé un an avant que l’ancien Tar Heel n’en refuse un analogue. Jordan McRae a, quant à lui, confié la défense de ses intérêts à Jim Tanner, l’agent entre autre de Thaddeus Young et Shane Battier.

Les agents, les agents libres, les agents libres restreints et les 76ers

Avec un salary cap projeté à 89 millions de dollars pour le prochain exercice, les Philadelphia 76ers disposeront de plus de 50 millions de dollars pour se positionner sur le marché des agents libres et contenter leurs représentants.

Si elle leur confère une flexibilité exceptionnelle, la hausse du salary cap tend à lisser l’avantage comparatif dont bénéficiaient les Sixers en raison de leur gestion atypique de leur masse salariale.

Une telle marge de manœuvre attisera la convoitise des représentants des joueurs qui escompteront mettre à profit la concomitance de leur statut d’agent libre restreint et de ce soudain afflux d’argent, afin de sécuriser un juteux contrat. A cet égard, les Philadelphia 76ers, peu attractifs sur le marché des agents libres de haut standing, seront un partenaire idoine pour certains jeunes joueurs.

JoueurStatutAgence / Agent
Kevin DurantUnrestrictedRoc Nation Sports (Rich Kleiman) / CAA (Leon Rose)
Lebron JamesPlayer OptionKlutch Sports Group
Rich Paul
Andre DrummondRestrictedExcel Sports Management
Jeff Schwartz
Dwight HowardPlayer OptionRelativity Sports
Dan Fegan
DeMar DeRozanETOGoodwin Sports Management
Aaron Goodwin
Bradley BealRestrictedMark Bartelstein
Al HorfordUnrestrictedJason Glushon
Nicolas BatumUnrestrictedBouna Ndiaye
Hassan WhitesideUnrestrictedExcel Sports Management
Sean Kennedy
Mike ConleyUnrestrictedMike Conley Sr
Harrison BarnesRestrictedExcel Sports Management
Jeff Schwartz
Jeff Schwartz
Rajon RondoUnrestrictedBDA Sports Management
Bill Duffy
Chandler ParsonsPlayer OptionRelativity Sports
Dan Fegan
Jordan ClarksonRestrictedOctagon
Jeff Austin
Deron WilliamsPlayer OptionExcel Sports Management
Jeff Schwartz
Ryan AndersonUnrestrictedOctagon
Jeff Austin
Terence JonesRestrictedWasserman Media Group
Thaddeus Foucher
Brandon JenningsUnrestrictedExcel Sports Management
Jeff Schwartz
Jeff GreenUnrestrictedF.A.M.E.
David B. Falk
Arron AfflaloPlayer OptionExcel Sports Management
Sam Goldfeder
Jeremy LinPlayer OptionRoger Montgomery
Donatas MotiejunasRestrictedWasserman Media Group
BJ Armstrong
Evan FournierRestrictedBouna Ndiaye
Mirza TeletovicUnrestrictedExcel Sports Management
Jeff Schwartz
Courtney LeeUnrestritedRelativity Sports
Daniel Frank
Eric GordonUnrestrictedLandmark Sports Agency
Rob Pelinka
Dwight PowellRestrictedExcel Sports Management
Mike George
Lance StephensonTeam OptionEbanks & Sattler LLP
Alberto Ebanks
Mario ChalmersUnrestrictedExcel Sports Management
Sam Goldfeder
Greivis VasquezUnrestrictedCAA
Alex Saratsis
O.J MayoUnrestrictedLandmark Sports Agency
Rob Pelinka
Dion WaitersRestrictedLandmark Sports Agency
Rob Pelinka
Kent BazemoreUnrestrictedWalton Sports Management Group
Austin Walton
Tyler JohnsonRestrictedLandmark Sports Agency
Rob Pelinka
Ish SmithUnrestrictedDutts Sports
Tony Dutt
Isaiah CanaanRestrictedPriority Sports & Entertainment
Mark Bartelstein
Elton BrandUnrestrictedF.A.M.E.
David B. Falk

Comme l’an passé, les Sixers partiront à la chasse à l’éléphant avec leur modeste arsenal.

La présence de Jerry Colangelo dans l’organigramme, pas plus que celle de Todd Wright dans le coaching staff, ni le changement d’agent de Joel Embiid ne suffiront à faire de la Pennsylvanie, la destination privilégiée du MVP 2014.

Incapables de sécuriser le recrutement des plus gros noms d’une free agency qui en comporte peu, le bureau exécutif des 76ers pourrait se monter enclin à convier des éléphanteaux à étrenner leur nouveau centre d’entraînement. A cet égard, les Bradley Beal, Harrison Barnes, Evan Fournier, Kent Bazemore, sont, avant la tenue de la draft 2016, autant de cibles que les 76ers pourraient consentir à surpayer afin de les subtiliser à leur franchise actuelle.

Mobiliser le cap space jusqu’alors précieusement économisé afin d’acquérir à vil prix de jeunes talents à l’orée de leur prime constituerait un mouvement purement « hinkien » et une évolution logique, si ce n’est attendue du processus de reconstruction.

Néanmoins, une telle chasse exposera Sam Hinkie et Jerry Colangelo aux stratégies des agents, soucieux de négocier avec la franchise actuelle de leur client, forts d’une offer sheet d’une tierce partie.

Il s’agira alors de composer avec ces stratégies et les subtilités d’un calendrier peu favorable aux franchises aspirant à se positionner sur les agents libres restreints.

Comme chaque année, les franchises seront autorisées à s’entretenir avec les agents libres à compter du 1er juillet. L’expiration du moratoire est en revanche fixée au 12 juillet. Autrement dit, les joueurs et leurs représentants pourront s’entendre avec une franchise dès le 1er juillet mais ne seront habilités à signer officiellement leur contrat que le 12. Une éternité dans une Ligue qui a connu l’épisode DeAndre Jordan l’été dernier.

Dans un tel contexte les 48 heures dont dispose la franchise, à qui appartient l’agent libre restreint, pour égaler l’offre soumise par un bureau exécutif rival et signée par le joueur, risque de condamner la quête d’autres agents libres. Au surplus si, les 76ers décident de tenter leur chance avec plusieurs joueurs.

L’été dernier, l’essentiel des agents libres avaient apposé leur signature sur un nouveau contrat lors des premières heures suivant la levée du moratoire.

A chasser l’éléphanteau, les 76ers prendraient le risque de ne plus être en mesure de faire la cour à des joueurs plus « accessibles », bien plus que celui de voir un agent refuser que son client encaisse les deniers de Josh Harris au prétexte que Sam Hinkie l’aurait vexé.

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