L'interview d'en face

Les Philadelphia Suns s’invitent à Phoenix. L’interview d’en face

Une nouvelle ère débute dans l’histoire des Philadelphia 76ers. Intronisé dans les fonctions de président des opérations basket de l’institution, le 7 décembre dernier, Jerry Colangelo reçoit à domicile la franchise à qui, il prodigue désormais ses précieux conseils. Du haut de ses 76 ans, il apporte une vague de fraîcheur dans un Front Office « manquant terriblement de basketball guys ».

Mike D’Antoni, le monsieur Jourdain des Basketball Analytics, est venu le rejoindre et étrennera pour la première fois de la saison ses galons d’assistant de Brett Brown. Avec un peu de chance, ce dernier pourra compter sur la nouvelle recrue de la franchise, Ish Smith, lui aussi, passé par l’Arizona au cours de sa carrière.

Les anciens Suns se déplacent chez les Suns d’aujourd’hui. De fait, l’interview d’en face est un l’interview des deux camps, sans que l’on sache réellement qui défend qui. Quoi qu’il en soit, après avoir paraphrasé la Bible, le 24 décembre, nous accueillons les Dieux des Internets, nos camarades de @SunsFr. Lucas, ayant eu les honneurs des deux premières éditions, ses acolytes, Sébastien et Jérémy se sont livrés à l’exercice. Chez Sixers-France, c’est Noël, tous les jours.

Mai 2013. Une semaine après l’intronisation de Ryan McDonough dans les fonctions de GM des Phoenix Suns, Sam Hinkie héritait des pleins pouvoirs en Pennsylvanie pour mettre en œuvre un vaste plan de reconstruction.

Juin 2013, les deux franchises jetaient leur dévolu respectif sur les deux meilleurs pivots évoluant en NCAA, Alex Len, 5ème choix rejoignait l’Arizona juste avant que Nerlens Noel ne soit appelé au pupitre par David Stern.

En dépit du renfort d’un nouveau pivot prometteur et de la présence d’un nouveau stratège aux commandes, les deux franchises étaient présentées comme les plus sérieux candidats au statut de cancre de la Ligue à l’orée de l’exercice 2013-2014. Depuis, les 76ers sont restés fidèles à leur feuille de route, trustant les records de nullité et les choix de draft haut placés, tandis que les Suns s’autorisèrent des échappées et s’aventurèrent au-delà des sentiers battus de la reconstruction par la draft.

Grâce au pick and pop Dragic/Frye et au pick and roll Bledsoe/Plumlee, les Suns se hissèrent, à la surprise générale, à la lisière d’une qualification en post-season, tout en ayant consolidé leur collection de choix de draft.

Décembre 2015, les Suns de McDonough n’ont pas disputé la moindre rencontre de playoffs, ont utilité trois choix du premier tour lors de la cuvée 2014 et Eric Bledsoe a assisté aux départs de Frye, Dragic et Plumlee. Pis encore, à l’heure d’affronter les Sixers, les hommes de Jeff Hornacek émargent à la 11ème place de leur conférence, certes toujours à la lutte pour le 8ème spot mais sous la menace des Pelicans d’Anthony Davis, avant-derniers à l’Ouest.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

Sébastien : Il parait déjà lointain le temps où Phoenix ratait les Playoffs à un doigt (de Gerald Green) lors de l’an I du règne de Ryan McDonough. Malgré un exercice 2014-2015 compliqué car marqué par le départ de notre emblématique meneur slovène Goran Dragic, il semblerait que les efforts consentis l’été dernier commencent à porter leurs fruits. La franchise a confirmé son statut d’éternel loser en manquant d’un doigt (de Gerald Green) la signature d’un des agents libres les plus convoités de l’intersaison en la personne de LaMarcus Aldridge. Le plan était pourtant parfait.

Nous avions échangé Le Marcus aux Pistons, à la grande joie de son jumeau de frère Markieff. Mais Aldridge n’était que le dernier étage de notre croc-en-bouche. Nous avons réussi à arracher un Tyson Chandler dont quasi personne ne voulait à coups de 13 millions de $ par an et avons sécurisé Brandon Knight en le prolongeant de 5 ans. Ajoutés à cela un trade envoyant notre 2e TDD contre Jon Leuer des Grizzlies, des signatures inspirés de Teletovic et d’un Sonny Weems à l’apport essentiel dans notre équipe.

Force est de constater que les Suns se présentaient pour l’exercice 2015-2016 avec un statut de gros bras (de Bledsoe) de la conférence ouest. Malheureusement, la mayonnaise a du mal à prendre. Il semblerait que jouer au basket soit un obstacle un peu trop compliqué à franchir pour notre équipe actuellement. Mais l’optimisme est de rigueur, comme dirait Markieff, notre leader incontestable sur et en dehors des parquets.

Thématique à la mode, popularisée par la mise en regard des déboires des 76ers et de la « réussite » des Timberwolves, la nécessité de vétérans, figures tutélaires au sein du vestiaire semble s’être érigée en remède à tous les maux dont peuvent pâtir les franchises en reconstruction.

A Phoenix, Tyson Chandler a notamment été recruté pour assumer cette fonction auprès de l’étudiant du jeu qu’est Alex Len et du talentueux mais perturbateur (si ce n’est perturbé) Markieff Morris. Comment cela se passe t-il ?

Sébastien : A merveille comme les résultats peuvent le confirmer. Tyson est venue apporter cette touche d’expérience et de leadership faisant cruellement défaut dans notre jeune équipe. Bledsoe est certes un patron qui s’affirme dans le jeu mais reste assez avare en paroles. Il nous fallait un guide pour emmener nos jeunes brebis vers l’abattoir. Chandler remplit ce rôle à merveille dans la mesure où les Suns ont l’air encore plus perdus que l’année dernière.

Le terme « grand frère » est approprié également puisque on bénéficie totalement de son apport de cadre du vestiaire. Cela a été suffisamment relayé par tous les médias américains, le groupe vit extrêmement bien cette période faste. Keef est totalement épanoui. Concernant la relation Tyson/Alex au poste de pivot, c’est un succès absolu. Chandler s’effaçant totalement afin de laisser Len se démerder tout seul et mener une des plus mauvaises défenses de la ligue.

Avertissement : Ceci n’est pas un message du gouvernement Slovène

 

 

Entre ses démêlés avec l’institution judiciaire, ses déclarations médiatiques et son récent jet de serviette, Markieff Morris semble mettre tout ce qui est en son pouvoir afin d’annihiler chez ses éventuels courtisans l’attrait de son contrat. Au point où Zach Lowe vient à se demander si nous n’avons pas franchi le rubicon et atteint le stade où les interlocuteurs susceptibles d’être intéressés par les services du natif de Philadelphie n’exigeraient pas désormais la cession d’un asset (Archie es-tu là ?) en contrepartie de la prise en charge du contrat de Morris.

A ce stade de la saison et suite aux dernières pérégrinations de Markieff envisagez-vous encore son avenir à Phoenix ? Et si non, quel serait le tarif minimum pour entériner son départ ?

Sébastien : Markieff est un maillon essentiel des Suns. On parle tout de même d’un poste 4 pouvant s’écarter au point de sortir complètement de l’équipe. C’est un joueur capable de shooter régulièrement sous la barre des 40% de réussite. Il est 3e dans la rotation à son poste, devant Cory Jefferson, excusez du peu. Devant tant de qualités, il semble réaliste d’affirmer que Keef a une valeur non négligeable sur le marché. On peut presque parler ici d’un statut d’intransférable.

Restons sur la thématique des transferts. La trade deadline 2015 a largement structuré l’effectif actuel des Phoenix Suns et servit de cadre à la première rencontre à la table des négociations entre McDonough et Sam Hinkie. Lequel des deux décisionnaires s’en est le mieux sorti? En contrepartie du choix de Los Angeles Lakers, cédé aux Sixers, aurait-il été préférable d’exiger Michael Carter-Williams, plutôt que Brandon Knight ?

Dans une vulgate plus hinkienne, quel joueur/asset présente le plus de chances de se muer en une superstar dans cette Ligue ?

Jérémy : D’un côté, Michael Carter-Williams était dans sa deuxième saison. Il avait conquis la Ligue par des belles lignes de statistiques et des promesses dans le jeu. De l’autre, Brandon Knight connaissait avec Milwaukee, sa deuxième franchise en quatre ans. De plus, il disposait d’une image largement écornée par les actions subies au fil des années (le alley-oop de DeAndre Jordan ou encore le crossover de Kyrie Irving au Rising Stars Challenge). Cependant, à y regarder de plus près, les deux joueurs ont le même âge. Knight est un basketteur bien plus abouti que son compère. Il n’y a donc aucun regret à voir le Buck débarquer dans l’Arizona. Le plus gros regret reste la contrepartie cédée dans cet échange. Entre Michael Carter-Williams et Brandon Knight, il aurait été préférable de conserver le tour de draft des Lakers. Et le bilan de cet échange vient le confirmer.

Si Knight est capable de performances de haut niveau, il ne parvient à être suffisamment constant pour devenir un leader. Et cela, sans parler de son association avec Eric Bledsoe qui est bien loin d’être parfaite sur le terrain.

Ndlr : Mécanisme d’autodéfense évident, Jérémy a préféré poser la focale sur le réservoir de jeunes talents des Phoenix Suns plutôt que de répondre à la question qui lui était posée quant à la valorisation du choix des Lakers dont jouiront un jour, les 76ers.

En se concentrant sur le vivier de jeunes joueurs à disposition de Jeff Hornacek, trois noms se dégagent assez facilement : Alex Len, TJ Warren et Devin Booker.

Le premier est en passe de devenir un solide pivot. Le deuxième est déjà un scoreur fabuleux. Mais c’est bien le troisième qui présente le plus de dispositions. Shooteur soyeux, Booker est encore très jeune mais il est déjà un élément incontournable de la rotation pour son année de débutant. Son comportement détonne également dans le paysage actuel de Phoenix. Loin de la froideur et l’absence de réaction d’un Archie Goodwin, le 13ème choix de la dernière draft fait preuve d’un investissement total sur et en dehors du parquet. Ses prédispositions basketballistiques et ses premiers pas convaincants laissent entrevoir de très belles perspectives pour son avenir. Et puis, les shooteurs avec un visage enfantin ont l’air d’être à la mode en NBA en ce moment, paraît-il.

Une corrélation évidente existe entre le rythme de publication des Suns of Anarchy et le taux de succès des Phoenix Suns. Avouez-vous, Ben Simmons vous attire et un projet structuré autour de Devin Booker, T.J Warren, Alex Len est votre véritable leitmotiv.

Jérémy : Vouloir attirer Ben Simmons quand Markieff Morris fait (encore) partie de l’effectif ? Ce serait une bien belle erreur mais pas la première de la part de McDonough. Il est vrai que ce dernier doit être plus que déstabilisé par l’absence de son ex-chronique préférée. Une situation qui pourrait l’amener à réaliser une trade deadline 2016 au moins aussi impressionnante que sa trade deadline 2015 avec l’idée de se positionner pour la prochaine draft. Et voilà, on va se mettre à faire des rêves avec un cinq majeur Bledsoe-Booker-Warren-Simmons-Len pour débuter la saison 2016-2017.

Ndlr : Vous pouvez consulter les Suns of Anarchy ici. Vous en aurez pour votre argent.

Ce soir se présente à Phoenix, l’équipe détentrice du plus mauvais début de saison de l’histoire. Pour autant, depuis le 7 décembre 2015, les Sixers comptent au sein d’un enchevêtrement complexe de strates décisionnelles des anciennes figures ayant marqué l’histoire du sport en Arizona, Jerry Colangelo, Mike D’Antoni et Ish Smith.

Cette version des Phoenix Suns de l’Est avec Jerami Grant dans le rôle de Shawn Marion, Joel Embiid dans celui d’un Amar’e Stoudemire bodybuildé, Dario Saric dans celui de Boris Diaw et un Nik Stauskas dans celui de l’obscur arrière canadien, vous convainc-t-elle ?

Après tout « It’s always sunny in Philadelphia », non ?

Jérémy : Nul doute que l’influence d’Ish Smith suffira à ramener le soleil sur Philly et dans le cœur des fans. Son début de saison fabuleux avec les Pelicans n’aurait été possible sans son passage remarqué à feu l’US Airways Center. Et puis, après tout, avoir Mr & Ms Smith en ville ne peut qu’avoir du bon.

Pour ce qui est de la comparaison, cela se tient, à peu quelques détails près. Grant a l’auriculaire bien trop droit, Embiid est trop court d’un pied et Saric n’est pas assez tourné vers le vin de Bordeaux et puis, qui se charge du rôle de Raja Bell ? Cependant, le rôle de l’arrière canadien est bien tenu par Stauskas, rien à dire de ce côté.

Cette influence en provenance du désert sera d’autant plus bénéfique qu’elle vient contrebalancer avec celle que Gregg Popovich et les Spurs ont tenté d’étendre en vous imposant Brett Brown à l’un des postes les plus courtisés de la Ligue.

Si vous pouviez prendre un joueur des Philadelphia 76ers pour l’intégrer à votre effectif. Quel serait-il ? Et pourquoi ?

Jérémy : Jahlil Okafor sans aucun doute. Le talent du garçon n’est plus à démontrer mais surtout, c’est sa récente capacité à se surpasser en dehors des parquets qui serait la plus intéressante à Phoenix.

Markieff a l’air de se sentir bien seul depuis le début de la saison et le départ de son frère jumeau vers Detroit. Faire venir Okafor lui permettrait d’avoir une compagnie plus intéressante lors de ses nuits dans l’Arizona. Ou bien, Christian Wood. Enfin, vous avez saisi l’idée.

Un pronostic pour ce soir ?

Sébastien : Une victoire des Suns mais de justesse, l’absence de Markieff Morris va nous faire cruellement défaut. D’ailleurs on en profite pour dénoncer cette suspension pour le moins ridicule. Infliger deux matchs de suspension à un joueur désireux de rendre service à son coach en lui tendant sa serviette afin qu’il puisse éponger son front est un crime apparemment…C’est frustrant ce managérat qui met des bâtons dans les roues des joueurs réalisant un début de saison quasi historique.

Jérémy : 99-97 Sixers

Un pronostic sur la date à laquelle adviendra la seconde victoire des Sixers ?

Sébastien : La deuxième victoire des Sixers est programmée pour le 30 janvier. Date de la deuxième défaite des Warriors.

Jérémy : Ce soir.

Un pronostic sur le bilan des Sixers en fin de saison ?

Sébastien : Un 8-74 semble dans les cordes de la franchise. C’est tout le mal qu’on vous souhaite en tout cas.

Jérémy : 13-69 (Parce que le numéro 13, c’est que du bonheur, non ?)

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