Chroniques

Noël, Joel, Samuel et les saintes écritures

Joel Embiid en décembre 2015

Privés de rencontre des Philadelphia Sixers le soir de Noël et des formidables tuniques prévues à cet effet, les fans des Sixers, pourront s’adonner librement aux festivités afférentes à la commémoration de la naissance de Jésus de Nazareth et profiter de larges banquets où, entre deux plats, seront âprement discutés les termes, les méthodes et les finalités du processus qui feront d’eux la risée des convives.

Instants privilégiés de sociabilité, le repas du réveillon et la journée du 25 mettront irrémédiablement à l’épreuve ceux qu’on soupçonnera d’être comptables du bilan de 30 défaites pour un seul succès de leur équipe fétiche.

Pas de répit pour les braves.

Lors des sempiternelles débats relatifs aux lacunes défensives de Jahlil Okafor, à l’étendue de l’arsenal offensif de Nerlens Noel, au mépris du facteur humain et face aux prospectives quant à l’aptitude des Sixers 2015-2016 à effacer des tablettes de l’histoire de la Ligue, leurs prédécesseurs de 1972-1973, les partisans du processus devront étayer leur profession de foi afin d’éviter les quolibets.

Pour se faire, il s’agira de sélectionner convenablement ses textes de références.

Mobiliser les formules mathématiques les plus pointues issues de Basketball Analytics de Stephen M. Shea et Christopher E. Baker conférera les apparats de la scientificité à vos propos mais vous exposera aux critiques des « basketball guys » qui ne craindront pas de prendre position en affirmant, sans ambages que ce ne sont pas les mathématiques qui coachent ou rentrent les tirs. Avant d’ajouter que jusqu’à présent les tirs ne rentrent pas et les résultats des algorithmes de Sam Hinkie s’expriment dans une équation où la victoire est l’unique inconnue.

Les nostalgiques gloseront sur la récidive d’une franchise, auréolée de trois bannières, mais néanmoins détentrice du record du nombre de défaites subies lors d’une même saison (73 en 1972-1973). Arguer d’un contexte très différent sur le fondement du texte de Charley Rosen, Perfectly awful, The Philadelphia 76ers’ horrendous and hilarious 1972-1973 season et exposer les succès qui suivirent ce piteux exercice ne vous sera d’aucun secours. L’évocation de cet épisode passé ne vous absoudra pas de fautes dont vous serez tenus pour co-responsables mais vous placera dans le statut d’incorrigible récidiviste.

Acculés par l’introduction des pérégrinations de Fred Carter et ses coéquipiers, vous pourrez jouer la montre en exhibant les inflexions que vous pensez lire dans les derniers mouvements au sein du Front Office et du coaching staff.

Mobiliser le reportage en immersion de Jack MacCallum, 7 seconds or less auprès de Phoenix Suns de Mike D’Antoni et Jerry Colangelo vous fera gagner plus de 7 secondes mais certainement pas les suffrages d’un auditoire qui ne manquera pas de soulever l’inadéquation des pièces qui composent l’effectif et les principes de jeu du coach de l’année 2005.

Si leur mobilisation risque de s’avérer inefficiente face aux représentations tenaces des pourfendeurs dudit processus ou tout simplement face à l’incompréhension des profanes pour qui la défaite ne semble pas être le chemin le plus court vers le succès durable, chacun des textes référencés seront des présents des plus pertinents à laisser traîner sous le sapin.

Incapable de convaincre vos convives insensibles à vos prescriptions et à la collection de choix de draft et à la flexibilité financière accumulées par Sam Hinkie, vous devrez vous résoudre à fonder votre argumentation sur un éventuel retour à la compétition de Joel Embiid.

Entre le réveillon de Noël et celui du nouvel an, vous serez fondé à exprimer des voeux sur lesquels vous n’avez guère de prise.

 

 

Les dévots se mueront alors en alliés quand, opportuniste vous saurez mobiliser à votre avantage les tweets du camerounais et un authentique succès de librairie.

Bible

Sur le chemin de la messe de minuit, vous donnerez la lecture suivante de certains versets du livre de Daniel* (les patronymes et les toponymes ont été modifiés, les faits légèrement amendés).

Joel, Samuel et le pied d’argile

Après deux années où il bénéficia des pleins pouvoirs pour édifier une équipe championne en Pennsylvanie, Samuel avait, sur les injonctions de Joshua, perdu de sa superbe et son immuable tranquillité lui fit subitement défaut. A l’approche de la trade deadline, le décisionnaire demeurait en alerte et était perturbé par des images fugaces dont il peinait à se remémorer.

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L’esprit agité et ne pouvant dormir, Samuel avait, de longue date, consulté les meilleurs spécialistes pour interpréter une situation cauchemardesque dont il ne pouvait, seul, appréhender la portée.

L’équipe de spécialistes, parmi les plus réputés, réunie par l’organisation tenta d’exposer la situation et de procéder à son interprétation quant à la suite des évènements.

« Ô, GM, tu regardais, et tu voyais un grand joueur ; ce joueur était immense, et d’une splendeur extraordinaire ; il était debout devant toi, et son aspect était terrible. La tête de ce joueur était d’or pur, son apprentissage du jeu d’une rapidité déconcertante ; sa poitrine et ses bras étaient d’argent, la longueur de ses segments supérieurs et sa puissance du haut du corps lui permettaient d’être un excellent rebondeur, un redoutable protecteur de cercle et une cible idoine sur catch and finish ; son ventre et ses cuisses étaient d’airain, ses jambes, de fer : encore frêle à sa sortie de l’université, il devait gagner en consistance physique pour laisser exprimer son plein potentiel athlétique ; ses pieds, en partie de fer et en partie d’argile. Tu regardais, lorsqu’un os se fractura sans le secours d’aucune sorte, brisa le pied de fer et d’argile du prospect, et le mit en pièces. Alors le fer, l’argile, l’airain, l’argent et l’or, furent brisés ensemble, le joueur sur le flanc pour un exercice entier devint comme la balle qui s’échappe d’une aire en été ; le vent l’emporta, et nulle trace n’en fut retrouvée »

Le colosse, sélectionné en troisième position de la draft 2014, présentait tous les apparats d’une domination sans partage mais était soutenu par un pied fragile, un os naviculaire fracturé qui l’avait, jusqu’alors tenu éloigné des parquets. Son indisponibilité menaçait la pérennité de l’édifice et du maintien du personnel au sein de l’institution.

Mais l’interprétation de la situation n’était toutefois pas exempte d’enseignements ni d’espoirs pour le futur. Une fois, restructurées les bases fragiles de ce colosse aux pieds d’argile, « le processus accouchera d’une équipe qui ne sera jamais battue, et qui ne passera point sous la domination d’un autre décisionnaire ; elle brisera et anéantira toutes ces équipes-là, et elle-même triomphera éternellement ». 

Joyeux Noël.

Longue vie à Joel, à Samuel. #Trusttheprocess.

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