Chroniques

Shane Battier contacté? L’hégémonie culturelle du hinkisme entérinée?

Des révélations de TMZ sur les écarts de conduite de Jahlil Okafor au recrutement de Jerry Colangelo, nul autre sujet n’a autant structuré les discussions relatives au processus de reconstruction entrepris par les 76ers que celui de la fonction et de la nécessité supposée de la présence d’une figure tutélaire au sein de ce si jeune vestiaire.

Avant même que Josh Harris, sur les recommandations des exécutifs de la Ligue (?), ne se décide à adjoindre à ses têtes pensantes, l’expérience du manager de Team USA, la fonction des vétérans avait été copieusement débattue dans ces colonnes.

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Fondamentale pour maximiser l’efficience du dispositif de développement des jeunes prospects, la présence de vétérans au sein du vestiaire nécessite la mobilisation de ressources que le décisionnaire a affecté, à l’orée de son troisième exercice en Pennsylvanie, à la satisfaction d’autres objectifs.

Les critiques quant à l’absence d’une telle figure tutélaire ont reçu un écho particulier dans le contexte de la gestion des incartades répétées de Jahlil Okafor. Pour autant cette dernière n’épuise pas les maux qui affectent les jeunes Sixers, pas plus qu’elle ne saurait être érigée en cause des déboires du troisième choix de la dernière draft ou du record historique de défaites accumulées en ce début de saison.

Ces critiques dénotent néanmoins un revirement dans la stratégie collective de dénonciation de la méthodologie du stratège. Les assets obtenus lors des multiples échanges réalisés depuis mais 2013 se matérialisant peu à peu, il devient ardu de vilipender le décisionnaire pour ses mouvements sur le marché.

Sam Hinkie n’est plus sommé de se présenter à un procès en incompétence mais est soumis à un jugement en excessive radicalité. Ce n’est plus tant la philosophie sous-jacente qui est contestée mais sa mise en application dogmatique. Il est vrai que les critiques quant à la méthodologie étaient vaines tant l’échéancier du projet était annoncé de longue date.

A cet égard, Zach Lowe, à qui Sam Hinkie a accordé un entretien, se risquait à livrer aux lecteurs d’ESPN qu’il était plus qu’aisé d’arguer que le GM des Sixers était ressorti « vainqueur » de chacun des échanges qu’il avait initiés mais que sa gestion trop rigoureuse des deniers publics risquait de condamner ses ambitions à moyen terme.

En flouant ses partenaires, en se montrant peu enclin à choyer les agents, Sam Hinkie se serait construit une réputation qui annihilerait sa marge de manœuvre sur le marché des agents libres.

Dans ce contexte, la conférence de presse du 7 décembre dernier où Josh Harris intronisait Jerry Colangelo dans les fonctions de président des opérations basket de la franchise et conseiller spécial du General Manager, a largement nourri les interprétations quant aux inclinaisons à venir d’un processus qui, devait de toute façon, changer de direction à compter de la livraison du nouveau centre d’entraînement ultra-moderne à l’été 2016.

Diligentée par Adam Silver(?), facilitée par David Stern (?), fondée par l’exaspération des différents bureaux exécutifs de ne pas voir le 5ème marché des Etats-Unis apporter son écot aux finances de chacun (?), la venue du directeur sportif de Team USA en Pennsylvanie interroge autant quant à ses fondements qu’en raison de sa temporalité.

Si l’adjonction de personnel de réputation d’élite dans leur domaine d’expertise est une constante depuis la prise de contrôle de la franchise par le consortium conduit par Josh Harris, le timing de la venue de Jerry Colangelo apparaît comme une réaction à un état de fait qui ne satisfaisait pas les actionnaires. A l’instar de Mike D’Antoni, Jerry Colangelo était disponible cet été, son recrutement en cours d’exercice, à l’orée de l’ouverture complète du marché des transferts, sonne comme une réaction si ce n’est comme un mouvement de panique des décideurs ultimes.

Quoi qu’il en soit, son recrutement confère aux Sixers une nouvelle figure médiatique au côté du taiseux Sam Hinkie. Toujours prompt à répondre aux sollicitations médiatiques, quitte à adapter son discours à son auditoire, Jerry Colangelo apportera par ailleurs, son expertise, sa vision de l’état d’avancement du processus et son carnet d’adresse.

Si les contours de sa fonction et sa position dans le processus de décision restent à définir, le recrutement de Mike D’Antoni comme associate head coach et l’addition de nouveaux vétérans au côté de Carl Landry seront les principaux révélateurs de l’étendue de son champ d’action.

La soudaine littérature sur la nécessité de vétérans dans un vestiaire composé de jeunes joueurs ne doit pas dissimuler les enjeux de pouvoirs sous-jacents.

Derrière l’absence de vétérans au sein de l’effectif, c’est la gestion de la masse salariale du décisionnaire qui est mise en accusation tant dans les médias que dans les arcanes des strates décisionnelles de la Ligue. Ainsi, omettant que les Sixers n’ont jamais été la plus mauvaise équipe de la Ligue depuis la saison 1973-1974, les bureaux exécutifs se seraient empressés de dénoncer une méthodologie qui les prive de précieuses recettes.

Derrière la nouvelle vulgate des thuriféraires des transmetteurs de savoirs et d’expérience se dissimule le terreau d’une contestation des choix opérationnels de Sam Hinkie dont celui de la priorisation de la captation de valeur sur tout autre type de considération.

Dans ce contexte, la focale placée sur le recrutement de vétérans alimente les rumeurs autant qu’elle offre un premier champ d’étude au jeu de pouvoirs auquel vont irrémédiablement se prêter Sam Hinkie et Jerry Colangelo.

En mettant en exergue, le manque de leadership et d’expérience dans le vestiaire, Jerry Colangelo s’est de fait assigné le recrutement de tels joueurs comme la valeur étalon de sa contribution auprès de Sam Hinkie.


La conférence de presse d’intronisation de… par sixersfrance

Carl Landry n’étant, de facto, pas perçu comme un vétéran au leadership suffisamment acéré pour que lui soit dévolue cette fonction, le profil des joueurs qui seront ciblés devrait permettre de palper l’aura dont bénéficie Colangelo dans la Ligue.

Les premiers signes de son influence au sein de l’organisation se sont fait ressentir avant même l’officialisation du recrutement de Mike D’Antoni. Adrian Wojnarowski, si démuni ces deux dernières années quand il s’agissait de révéler les velléités des Sixers sur le marché, au point de se tromper dans les grandes largeurs lors du premier mouvement d’ampleur du stratège, est soudainement parvenu à annoncer deux décisions stratégiques en moins de 24 heures : la prolongation du contrat de Brett Brown et les négociations en cours avec Mike D’Antoni.

 

 

Pour autant, ce n’est pas de Yahoo Sports qu’ont émané les premières rumeurs faisant état de contact noués avec des vétérans susceptibles de venir renforcer le dispositif de développement des jeunes joueurs au PCOM.

Elton Brand et Shane Battier contactés

Ainsi, c’est David Aldridge pour NBA.com qui a laissé fuiter les premiers patronymes des « joueurs » avec qui la franchise aurait pris contact afin de sonder leur disponibilité à assumer le rôle de mentor et de tuteur aux jeunes ouailles qui compose l’effectif de Brett Brown, à savoir Elton Brand et Shane Battier.

Leur expérience respective les érige en figure tutélaire susceptible de retenir l’attention des plus jeunes joueurs.

Ancien de la franchise, Elton Brand présente de sérieux arguments. Son pedigree parle pour lui : champion NCAA avec Duke, premier choix de sa draft en 1999, auréolé du titre de rookie de l’année dont il dut toutefois partager les honneurs avec Steve Francis, All-Star à deux reprises (2002-2006), franchise player des Los Angeles Clippers qu’il a conduit en post-season.

Son expérience personnelle des bas-fonds de la Ligue pour ses premières années dans la Ligue (Bulls), son appréhension des responsabilités afférentes au statut de première option offensive et leader d’une franchise (Clippers), sa gestion des blessures et de la frustration subséquente qui ont terni son passage en Pennsylvanie (Sixers) seront autant d’anecdotes personnelles qu’il pourra mobiliser auprès de Nerlens Noel, Jahlil Okafor et Joel Embiid.

Si son passage en Pennsylvanie ne saurait lui conférer une légitimité à la Kevin Garnett chez les Wolves, ses dernières expériences aux Mavericks puis chez les Hawks, dans ce rôle de joueur de complément expérimenté viennent étayer sa candidature.

Pour autant, il ne semble plus en mesure d’offrir de précieuses minutes sur le parquet et après avoir annoncé sa retraite au terme de son contrat avec les Hawks, un retour à la compétition semble utopique, y compris au sein d’une équipe aussi peu compétitive que les 76ers.

Que dire de l’autre joueur, supposément contacté par la franchise, Shane Battier, retraité depuis le coup de sifflet final du cinquième match de la finale NBA 2014 ?

Ancien coéquipier d’Elton Brand à Duke, Shane Battier correspond à l’idéal-type du vétéran capable de transmettre aux jeunes joueurs son expérience. Champion au Lycée, à l’Université, en NBA, Shane Battier possède un palmarès exceptionnel qui n’égale toutefois pas son pedigree en tant que vétéran.

Double champion NBA avec le Heat pour clore une carrière dans la Grande Ligue débutée en 2011 chez les Grizzlies, Shane Battier fut un contributeur majeur des Rockets lorsque Sam Hinkie était l’adjoint de Darryl Morey.

Figure appréciée dans la Ligue et homme à l’intelligence et à l’éloquence reconnues par ses pairs et les observateurs, Shane Battier est l’archétype du joueur « hinkien ».

En octobre 2008, lors d’une interview accordée, au site internet des Rockets, Sam Hinkie, alors adjoint de Darryl Morey livrait son analyse sur le rôle de Shane Battier en lien avec le recrutement de Ron Artest. Sans surprise le portrait est dithyrambique et place la focale sur la tête bien faite du joueur.

« Je pense que Shane est un des meilleurs défenseurs de la Ligue, un des tout meilleurs en défense collective. Mais je pense également que Shane et Ron nous apportent des choses différentes et nous offrent bien plus d’amplitude et de flexibilité en défense. Un des grands avantages de Shane réside dans sa capacité à défendre les postes 2, à défendre les postes 3 et parfois même à défendre sur les meneurs. Il peut également switcher et défendre sur les ailiers-forts. Ses forces trouvent leur source dans son exceptionnel QI basketball, dans sa capacité à rester en face de son vis-à-vis sans commettre la faute, à contester les tirs sans commettre la faute, à lutter à travers les écrans. Il démontre une intelligence redoutable quand il s’agit de lire les schémas de jeu adverses et d’utiliser ses connaissances et cette capacité d’analyse immédiate à son avantage. C’est ce qui le rend si spécial ».

Sam Hinkie

 

Apprécié par Sam Hinkie qu’il a côtoyé au Texas, Shane Battier est un élève de l’analyse de données, un étudiant discipliné de l’exégèse des statistiques avancées, un adepte de leur mobilisation sur le parquet.


Comment l’analyse des données a fait de moi un… par sixersfrance

Loin d’être une manifestation de désaveu à l’égard du stratège en place, la prise de contact avec Battier, si tant est qu’elle venait à se confirmer, vient entériner la prévalence du hinkisme sur la conduite des opérations.

Tel que préconisé par Antonio Gramsci, Sam Hinkie serait parvenu à instiller au sein des strates décisionnelles de la franchise une telle hégémonie culturelle qu’elle conduirait les pourfendeurs du « process » à formuler leurs revendications dans le cadre même des valeurs de référence dudit processus.

L’intégration de Shane Battier au sein de l’organigramme de la franchise demeurerait un mouvement purement hinkien, son recrutement en tant que joueur de basketball constituerait un amendement aux choix opérationnels jusqu’alors entérinés.

Au-delà des conjectures, quelques enseignements quant aux enjeux de pouvoir en coulisses et à l’influence qui pourrait être celle de Jerry Colangelo quant à une inflexion ou à une accélération prochaine du processus peuvent être esquissés à l’aune des révélations de ces prises de contact.

L’inextricable quête du vétéran idéal

En réagissant aux errements de Jahlil Okafor dans les ruelles de Boston et à ceux de ses coéquipiers sur le parquet, par le recrutement de Jerry Colangelo, Josh Harris a peu ou prou contraint les Sixers à recruter dans les plus brefs délais des cadres d’expérience destinés à encadrer le groupe constitué par Sam Hinkie. Il en va de la crédibilité de Jerry Colangelo et de la pertinence de s’être porté acquéreur de son carnet d’adresse.

Reste que mettre la main sur un vétéran d’un autre acabit que Carl Landry semble être une tâche des plus complexes tant le vivier est maigre et la marge de manœuvre étroite.

Les relations cordiales qu’entretient Jerry Colangelo avec les agents dont les intérêts de certains clients sont plus ou moins directement liés à ceux de Team USA sont-elles susceptibles d’offrir une nouvelle attractivité à la fonction de précepteur basketballistique en Pennsylvanie ?

A l’aune des joueurs contactés, il est permis de s’interroger.

Aussi appréciable soit leur pedigree respectif, Shane Battier comme Elton Brand, sont à ce jour des retraités de la gonfle estampillée Spalding.

Les intégrer au sein de l’effectif reviendrait à condamner un spot alors que Joel Embiid est d’ores et déjà indisponible pour la saison et que Brett Brown a été contraint à ajuster ces rotations et à pratiquer un turnover qui, pour une fois, n’était pas prescrit par des mouvements de joueurs sur le marché.

L’un comme l’autre ne seront pas en situation de produire quelconque impact sur le parquet. Hors de forme, il semble difficile de les voir corriger en live, les erreurs résultant de l’inexpérience de leurs futurs coéquipiers.

A 37 ans et après plusieurs mois d’inactivité, les deux hommes ne seront, en tout état de cause, pas prompts à offrir quelques minutes de haute intensité en match, pas plus que susceptibles d’opposer une adversité suffisante lors des entraînements. A cet égard, leur fonction de transmetteurs de savoirs en serait copieusement réduite.

Ils seraient toujours capables de conseiller les jeunes joueurs en dépit d’un physique loin d’être optimal tant les deux hommes jouissent d’une grande expérience du jeu et des aléas d’une carrière dans la Grande Ligue. Leur rôle serait alors totalement analogue à celui que peut tenir actuellement un Carl Landry dont la question de l’utilité et du maintien au sein de l’effectif se poserait irrémédiablement.

Si sa présence n’est pas suffisante, est-elle pour autant inutile ? Si tant est qu’elle est utile vaut-elle le prix d’une place disponible dans le roster. Assigné chez les 87ers pour poursuivre sa rééducation, l’ancien King, passé par les Rockets quand Sam Hinkie y officiait dans le giron de Darryl Morey, pourrait renouer avec la compétition dès le mois prochain.

Son retour à la compétition de ce dernier ouvrira t-il la place à un vétéran de banc ?

Si Landry est aussi inefficient dans le rôle du vétéran, que le recrutement de personnel chargé d’assumer son rôle soit devenue la priorité de l’organisation, sa présence peut être perçue comme dispensable.

Econduire Carl Landry de l’équation permettrait de concilier le recrutement d’un nouveau vétéran avec la stratégie de captation de valeur via la flexibilité offerte par une utilisation hinkienne des places disponibles dans l’effectif.

Une telle éviction ne serait pas indolore pour les finances de la franchise puisque son contrat s’étend jusqu’au terme du prochain exercice. Si, les Sixers n’ont pas hésité l’année passée à couper un Javale McGee dont les émoluments de 12 millions de dollars annuels dépassaient le cadre de l’exercice en cours, il n’est pas certain que payer un joueur sans qu’il ne porte la tunique des Sixers soit l’idéal type des ajustements auxquels escomptait procéder le nouveau conseiller du prince.

Une autre possibilité consisterait en l’inclusion de ces vétérans au sein du staff de Brett Brown. Là encore, la compréhension du jeu et l’intellect de Shane Battier étaient sa candidature au rang de pédagogue en chef, de relais du coach.

Néanmoins, membre du staff, il serait alors dépourvu de son statut de semblable avec les étudiants du jeu à qui, il chercherait, comme chacun des autres membres du staff à dispenser des consignes autant qu’à prodiguer des conseils. La portée de son message serait alors totalement altérée par son statut de messager du coach et non plus de celui de porte-parole des joueurs.

Quoiqu’il en soit, le recrutement de vétérans aura comme corolaire des mouvements au sein d’un effectif, demeuré stable jusqu’à présent.

Mark Cuban et les contrats en or des rookies

La date retenue pour l’intronisation de Jerry Colangelo ne relève certainement pas du hasard de calendrier. En effet, depuis le 15 décembre et jusqu’au 18 février, l’ensemble des 450 joueurs sous contrat sont susceptibles d’être placés sur le marché.

Or, depuis le tip-off du troisième exercice de l’ère hinkienne, seul Phil Pressey a été éconduit de l’effectif après l’expiration de la hardship exception consécutive aux retours de blessure de Tony Wroten et de Kendall Marshall. Les Philadelphia 76ers n’ont coupé aucun des 15 joueurs qui ont débuté cette saison.

 

Un amendement au processus passé inaperçu mais ô combien significatif. Afin de recruter un nouveau vétéran, susceptible de venir encadrer les jeunes pousses, une place au sein de l’effectif devrait être libérée via le limogeage d’un des 15 joueurs sous contrat soit via le marché des transferts.

Parmi les joueurs devenus disponibles à compter du 15 décembre, Caron Butler présente à la fois le profil type du vétéran et les velléités d’assumer ces fonctions.

 

 

En l’espèce, les Sixers disposent d’atouts de choix avec les contrats « hinkiens » dont la valeur en tant que telle sera décuplée à l’approche de la mise en œuvre du nouveau salary cap.

Dans la perspective de l’explosion du salary cap, et comme le suggère Mark Cuban, toujours prompt à céder ses choix de draft et à se délester de ses débutants, les contrats rookies et par extension tous les contrats « hinkiens » sont une aubaine, porteurs d’une valeur intrinsèque.

De fait, si une place doit être libérée au sein de l’effectif, tous les détenteurs de cette forme de contrat sont dès lors susceptibles d’être mobilisés dans un échange.

Parmi les Kendall Marshall, T.J McConnell, JaKarr Sampson, Hollis Thompson, Robert Covington, Jerami Grant, Richaun Holmes, Christian Wood, comparse de mauvaise fortune de Jahlil Okafor, un soir de festivités dans les rues de Boston, semble présenter le profil de la victime expiatoire.

D’une part, il est susceptible de payer le prix de sa présence ce soir là, d’autant plus que ces incidents venaient corroborer une réputation peu reluisante, et d’autre part, il est le joueur valide le moins mobilisé par Brett Brown en ce début de saison.

Assigné en NBDL où il a exhibé l’étendue de son répertoire, il ne joue avec les Sixers que des bouts de rencontres, et seule, sa prestation face au Thunder ne suffit pas à étayer sa candidature dans le projet à moyen terme d’une franchise pourvue de talents à l’intérieur.

Pour autant, Christian Wood possède un potentiel conséquent, un arsenal en lien avec l’idéal-type du 4 fuyant, complément idoine de chacun des trois intérieurs de standing de la franchise.

De l’identité des joueurs qui seront sacrifiés sur l’autel de la quête de vétérans découlera l’interprétation des rapports de force internes au front office de la franchise.

Fluidifier les relations avec les agents

Parmi les griefs formulés à l’égard de la gestion hinkienne, la détérioration des relations avec les agents est assurément l’élément qui justifie le plus le recrutement de Jerry Colangelo. Le réseau de ce dernier et les relations cordiales qu’il entretien depuis plusieurs décennies avec bon nombre de représentants de joueurs sera l’antidote à l‘âpreté du négociateur en chef.

A cet égard, la prise de contact avec Elton Brand et Shane Battier peut être appréhendée comme une première tentative de fluidifier les relations entre la franchise et les agents. Il n’est, ainsi pas inutile de préciser que l’ancien Sixers Elton Brand fut représenté tout au long de sa carrière par David Falk, l’agent de Michael Jordan mais aussi celui d’un certain Evan Turner. Shane Battier, quant à lui, appartenait à l’écurie de Jim Tanner qui compte notamment dans son portefeuille, Jason Richardson et un Jordan McRae qui a tenté, cet été, de forcer la main au décisionnaire.

Lors de ses années passées dans la Grande Ligue, Shane Battier a glané quelques 56 millions de dollars, quand Elton Brand a amassé pas moins de 164 millions de dollars lors de ses 16 années de basketteur professionnel.

Difficile de concevoir qu’un contrat au minimum vétéran et la commission afférente permettent de fluidifier des relations qui seraient si exécrables que l’arrivée d’un Jerry Colangelo fut considérée comme nécessaire.

Conclusion :

N’en déplaise aux pourfendeurs du processus, aux fans les plus impatients d’assister à un changement de nature du processus de reconstruction entrepris depuis mai 2013, aux observateurs les plus enthousiastes à l’idée de voir Sam Hinkie être désavoué par les propriétaires de la franchise, le revirement à 180 degrés annoncé n’est pas pour demain.

N’en déplaise aux partisans du processus, aux fans les plus impatients de voir Jerry Colangelo apporter son expertise et mettre son réseau au service du « process », la présence de ce dernier au sein de l’organigramme de la franchise n’extirpera pas l’équipe des profondeurs du classement avant le timing annoncé de longue date.

Dix jours après son intronisation, l’influence de Jerry Colangelo n’est pas à minorer. Mike D’Antoni, le monsieur Jourdain des statistiques avancées, coach de l’année en 2005, tête pensante du run and gun, a rejoint le coaching staff de Brett Brown, et l’idéal-type du joueur hinkien aurait été contacté afin de venir densifier le dispositif mis en place pour assurer le développement des prospects.

La seule rupture perceptible réside dans les relations avec la presse. Adrian Wojnarowski a retrouvé un point d’accès aux informations les plus stratégiques concernant la franchise et Sam Hinkie a accordé un entretien à ESPN.

A ce stade de la collaboration entre Jerry Colangelo et Sam Hinkie, la victoire culturelle du second semble totale.

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