un joueur un destin

Un Joueur, un Destin : Clarence Weatherspoon

Pour ce second épisode d’un Joueur, un Destin. Je vous propose de retracer la carrière de Clarence Weatherspoon.

Clarence Weatherspoon, un ailier de petite taille (pratiquement deux mètres), a connu et disputé les années les plus dérisoires des 76ers. Malgré tous ses efforts et sa détermination légendaire rien ne changea, le front-office ne l’aida pas non plus dans sa conquête de l’Est…

L’Avant NBA

Né le 8 septembre 1970 dans l’Etat de Mississippi, Weatherspoon se dirige assez rapidement vers le basket et commence à découvrir la grandeur de son potentiel. Quelques années plus tard, c’est tout naturellement que le jeune Weatherspoon se dirige vers l’université de Mississippi du Sud. Cette université, au programme basket peu reconnu est témoin des premières performances du jeune joueur. Il reste dans le cursus universitaire durant quatre années et dispute 117 matchs. Quatre années bien remplies puisque à la sortie de l’université Weatherspoon accumule de très jolies moyennes : 18.2 points, 11.3 rebonds et 1.9 contres. Mais ses différents résultats sont à mettre en regard du calendrier offert à sa modeste université qui participe à des tournois au niveau peu relevé. Les différentes franchises NBA intéressées par Clarence Weatherspoon expriment donc des doutes malgré une appréciable palette technique et une capacité vraiment séduisante pour s’imposer sous les panneaux.
Très vite, les fans de basket remarquent les similitudes entre Barkley et le jeune Weatherspoon, que ce soit dans le jeu, le physique ou même l’apparence, ils commencent donc tous à le surnommer « Baby Barkley ».

L’Arrivée et la mise en route

Clarence Weatherspoon arrive en NBA lors de la draft de 1992. Cette draft introduit dans la Grande Ligue de grands noms : Shaquille O’Neal et Alonzo Mourning.
Juste après sa sélection par les Sixers, Weatherspoon déclare :

« Je vais essayer de combler l’espace laissé par Barkley, même si ceci sera un grand défi pour moi »

Cela montre la détermination et l’envie du jeune homme…

Jim Lynam, le directeur général des 76ers durant cette période explique son choix aux journalistes :

« Ce que nous aimons tout particulièrement chez ce joueur, c’est sa très grande polyvalence. Il a des bras extrêmement longs et c’est un sacré contreur de tir. En dépit de sa petite taille, il peut tout de même évoluer contre de plus adversaires plus grands. Il court, il saute, il est très fort physiquement et extrêmement explosif ; tout ça l’aide à se créer de l’espace sur le terrain. Jusqu’à sa dernière année universitaire, il était un joueur intérieur. Il a développé son tir extérieur l’été dernier, ceci lui a permis de tirer à 45 % à 3 points lors de son année senior. Physiquement, il ressemble à Charles et il a des qualités similaires à celui-ci dans son jeu sous le panier »

Pour son premier match, le rookie Weatherspoon sort une performance plus que correcte : 17 points, 6 rebonds, 2 interceptions et 2 contres. C’est plus qu’encourageant. Cela se confirme lors de plusieurs autres rencontres durant la saison, avec des pointes jusqu’à 27, 28 et 30 points !
Oui, 30 points. Pour un rookie c’est plutôt impressionnant mais cela est bien réel car le 12 février 1993 face aux Nuggets, Baby Barkley sort le grand jeu, 30 points et 6 rebonds dans un match complètement fou en attaque pour les deux équipes (248 points au total) mais cela n’empêche malheureusement pas la défaite.
Sa saison rookie 1992-1993 se termine par un bilan plus que satisfaisant : 15.6 points, 7.2 rebonds pour 32.4 minutes de jeu. Ses 15.6 points par match permettent même d’effacer des tablettes Lee Shaffer, qui détient alors le record de points pour un rookie chez les 76ers. Il est également sélectionné dans la All-Rookie second team et fait même une apparition dans le week-end All-Star pour participer au Slam Dunk Contest.

Son parcours chez les 76ers

Pour son second exercice sous les couleurs des Sixers, Weatherspoon veut confirmer et continuer à évoluer. A ses côtés le nouveau rookie de l’équipe, Shawn Bradley, vient d’arriver en Pennsylvanie. Le vétéran Moses Malone revient également chez les 76ers, il sera en quelque sorte son mentor durant cette année où ils évolueront ensemble. Durant cette saison, Weatherspoon réussit à réaliser un triple double (15 points, 15 rebonds et 13 passes décisives) contre les Charlottes Hornets.

Il réussit également à maintenir un excellent niveau de jeu tout au long de l’exercice, réalisant 46 doubles-doubles. C’est donc tout naturellement que Baby Barkley termine la saison avec ses meilleures statistiques en carrière : 18.4 points, 10.1 rebonds, 1.4 contres et 1.2 interceptions. Ces différentes statistiques lui permettent même de rejoindre un club plutôt fermé où se trouvent déjà Hakeem Olajuwon, Shawn Kemp ou encore David Robinson. Ces joueurs réussirent à atteindre durant une saison un minimum d’une unité de moyenne dans les cinq catégories majeures. Les 76ers, eux, finiront avec un bilan de (25-57).

Pour la saison suivante, Philadelphie accueille un nouvel entraineur et général manager, John Lucas qui est connu pour être un grand meneur d’hommes. D’emblée, Lucas déplace Weatherspoon sur le poste 3 car l’arrivée d’un nouveau chamboule toute l’organisation : il s’agit de Sharone Wright. Durant toute la saison, Baby Barkley ne réussira pas à s’habituer à son nouveau poste et à son nouveau rôle. Il déclare après une nouvelle défaite contre le Magic :

« J’ai beaucoup plus de responsabilités cette saison que sur mes deux premières. Parfois, je me surprends à trop me prendre la tête, alors qu’avant je venais et je jouais tout simplement.»
« En attaque, ils veulent que je mène le jeu et fasse circuler la balle, mais il est difficile de le faire quand les adversaires envoient sur moi un autre joueur pour faire une prise à deux. Mais je me doutais que cela allait se passer comme ça. »

Il a plutôt raison… Malgré un temps de jeu augmenté (plus 1 minute) ses statistiques sont en baisse : 18.1 points et 6.9 rebonds et l’équipe ne gagne pas plus de matchs (24-58).

La saison 1995-96 se profile à l’horizon et les Sixers reviennent pour cette saison avec un nouveau rookie sélectionné à la troisième position : Jerry Stackhouse. A noter également le transfert de Shawn Bradley contre Derrick Coleman.

Weatherspoon est déterminé pour cette saison à découvrir les joies et l’ambiance des playoffs. Coach Lucas a totalement confiance en lui et n’hésite pas à lui attribuer pratiquement 40 minutes. Encore une fois cette saison Baby Barkley se donne à 100 % pour porter son équipe, il réussit à réaliser encore 30 doubles-doubles et atteint à plus de 30 reprises la barre des 20 points. Mais tous ses efforts sont encore vains car cette saison est encore plus désastreuse en termes de résultats sportifs (18-64).

Cette saison est encore une fois à oublier pour les Sixers, les fans et Weatherspoon…

La saison suivante, 1996-97, les Sixers présentent leur premier choix de draft : Allen Iverson. L’équipe commence à avoir un backcourt extrêmement séduisant avec l’association Iverson – Stackhouse.

La direction a également profité de l’été pour changer de coach, Johnny Davis remplace John Lucas.

Mais toutes ces nouvelles têtes ne sont pas une si une bonne nouvelle pour Weatherspoon. Il se doute que ces jeunes joueurs vont vouloir prouver leurs capacités durant la saison… Et ses craintes s’avéreront exactes : son rôle diminuera très fortement en attaque (16.7 points en 95-96 à 12.2 points en 96-97). Alors que les deux prodiges des Sixers se disputent pour savoir qui prendra les rênes de l’équipe… Rien de bien heureux en Pennsylvanie. La saison se finit comme les anciennes : avec plein d’espoirs pour l’exercice suivant (22-60).

L’exercice suivant voit à nouveau un changement de coach. Au revoir Davis, bonjour Larry Brown.

Assez rapidement Brown veut faire un grand ménage dans cet effectif. Il décide donc de contacter les Celtics pour monter un transfert, Clarence Weatherspoon et Michael Cage partent vers Boston en échange de Dino Radja, mais ce transfert tombe à l’eau quand Radja échoue lors de son test physique. Weatherspoon est sauvé pour l’instant mais Brown trouvera une autre solution.
En attentant, Baby Barkley est déterminé à prouver son niveau actuel. Dès les premiers jours du training camp, il montre toute sa ténacité, sa détermination pendant les différents entrainements. Son message est clair :

« Vous avez besoin de moi ! »

Larry Brown s’exprima sur Weatherspoon lors du training camp :

« Il est vraiment meilleur que je ne le croyais. Il est blessé maintenant et il n’est pas en grande forme. »

La saison commence et Weatherspoon se retrouve sur le banc avec un temps de jeu diminué, et pour compléter le tout il est constamment cité dans les rumeurs de transferts des Sixers.

Cela s’avère exact le 17 février 1998 : Larry Brown envoie Weatherspoon et Jim Jackson chez les Warriors contre Joe Smith et Brian Shaw. S’en est terminé de l’histoire commune entre Baby Barkley et les 76ers, 6 années de loyaux services durant l’une des périodes les plus attristantes de Philadelphie.

Le recommencement

Arrivé sur la côte Ouest, Weatherspoon retrouve un rôle de titulaire dans une équipe de fond de tableau (19-63). Il termine la saison avec des statistiques plutôt moyennes : 10.7 points 8.3 rebonds. Il ne reste que quelques mois dans la Western Conference car en juillet il se retrouve free-agent. Contacté par le Miami Heat, il signe un contrat sur plusieurs années.
Les deux saisons suivantes, Weatherspoon sera un remplaçant de luxe pour le Heat. Il joue en moyenne sur ces deux saisons du côté de la Floride, 20.9 minutes, marque 7.6 points et prend 5.4 rebonds.
Mais encore une fois, Baby Barkley sera transféré. Cette fois il prend la direction de Cleveland, qui est une équipe de fond de tableau.
Durant cette saison (2000-01), sous les couleurs des Cavs, Weatherspoon se retrouve de nouveau titulaire aux côtés du jeune Zydrunas Ilgauskas et Chris Mihm. Cette saison se termine tristement, les Cavs réalisent un résultat moyen (30-52) et terminent à la 11ème place, quant à Baby Barkley, il termine la saison avec un solide 11.3 points et 9.7 rebonds. A la fin de cet exercice, il se retrouve de nouveau free agent.

Pour sa dixième saison dans la grande ligue, Weatherspoon s’engage chez les Knicks, pour un contrat de 5 ans pour un peu plus de 26 000 000 $. Durant sa première saison sous ses nouvelles couleurs, il se blesse début janvier et loupe une vingtaine de matchs. Ses statistiques continuent à diminuer comme son rôle offensif, 8.8 points, 8.2 rebonds.
La saison suivante confirmera que Weatherspoon est sur le déclin. Il est encore une fois décalé sur le banc et ses statistiques continuent encore à maigrir : 6.6 points, 7.6 rebonds.
Mais encore une fois Baby Barkley sera transféré durant ce nouvel exercice 2003-04 vers les Rockets (qui sera sa dernière équipe en NBA) Dans cette franchises, il reste 2 saisons, joue 77 matchs, pour 15.3 minutes de jeu, 4.3 pts, 3.6 rbs.

Aujourd’hui, Weatherspoon travail dans l’industrie de la musique et il a créé son propre label : 35*35 Entertainment.

Clarence Weatherspoon aura connu et aura participé à la reconstruction des Sixers avant l’ère Iverson, toujours déterminé, toujours prêt au combat, ce monstre psychique impressionna par son agressivité en attaque, en défense et dans les duels pour les rebonds. Sa ressemblance avec Charles Barkley lui valut le surnom de Baby Barkley, cela a peut être été difficile à supporter mais cela ne l’a pas empêché de progresser et de forger son propre style.

Les playoffs ne voulaient pas de lui alors que lui en a tant rêvé…

Statistiques en carrière :

  • 13 saisons
  • 915 matchs disputés
  • 10483 points marqués – 11.5 points par match
  • 6846 rebonds – 7.5 rebonds par match
  • 1346 assists – 1.5 assists par match
  • 6 équipes (76ers, Warriors, Heat, Cavaliers, Knicks et Rockets)

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