Draft 2016

Et si la loterie se tenait ce soir?

Champ d’action privilégié de Sam Hinkie depuis sa prise de fonction à Philadelphie, la draft est la soirée où il s’érige en co-animateur d’une cérémonie orchestrée par Adam Silver et Mark Tatum.

Le millésime 2016 ne devrait pas déroger à cette immixtion des Sixers dans les affaires de la Grande Ligue.

L’appréhension de cette draft répondra cependant à une double singularité.

Jamais le stratège n’a semblé être en mesure de disposer d’une telle marge de manœuvre et de choix aussi profitables.

Jamais Sam Hinkie n’a eu autant de concurrents parmi les collectionneurs de choix de draft.

Potentiellement titulaire de quatre sélections dans le premier tour, le stratège devra partager l’animation de la soirée avec deux collègues qui pourrait bénéficier d’une collection de choix analogue à celle des 76ers.

La loterie 2016, comme la draft subséquente, sera donc le théâtre d’opération de trois bureaux exécutifs qui ont accumulé les munitions afin de lancer des hostilités de grande envergure.

Ainsi, Sam Hinkie (Philadelphia 76ers), Danny Ainge (Boston Celtics) et Tim Connelly (Denver Nuggets) se sont mis en situation de truster 12 des 30 choix dans le premier tour, soit 40% des sélections, dont potentiellement 8 choix dans la loterie.

Boston Celtics :

4 choix du premier tour, 5 choix du second tour

Après une saison 2014-2015 où ils profitèrent de l’état de délabrement de la conférence Est pour se hisser en post-season, les Celtics jouissent de la possibilité d’évoluer sur tous les fronts.

Sous la houlette de Brad Stevens, les C’s peuvent mettre à profit un effectif dépourvu de superstar mais exceptionnellement dense afin de se mêler à la lutte pour les accessits en post-season tout en capitalisant sur leur collection d’assets et les déboires de leurs anciens partenaires de trades pour s’ériger en tant qu’acteur majeur de la prochaine draft.

3 ans après le transfert de Paul Pierce et de Kevin Garnett, 3 ans après leur dernière victoire en post-season (défaite 4-2 lors du premier tour face aux New York Knicks en 2012), les Celtics s’apprêtent à percevoir les premiers dividendes du blockbuster trade conclu avec Billy King via le choix du premier tour des Nets, dépourvu de toute protection.

Théoriquement, les Celtics peuvent espérer quitter la loterie avec les choix 1 (Brooklyn Nets), 2 (Boston Celtics), 8 (Dallas Mavericks) et 14 (Minnesota Timberwolves).

Néanmoins, leur scenario idéal serait assurément à rechercher dans l’agencement suivant : 1, 8, 14, et leur propre choix en dehors de la loterie, conséquence d’une nouvelle participation aux playoffs.

Denver Nuggets :

4 choix et un droit de swap

Moins documentée, la collection de choix de draft rassemblée par Tim Connelly n’en demeure pas moins appréciable. En sus de leur propre sélection, les Nuggets se sont arrogés les droits de l’échanger avec celui des Knicks (vestige du transfert de Carmelo Anthony à New York), et portés acquéreurs des choix des Rockets, Blazers et Grizzlies, actuellement tous situés dans la zone de protection.

On rappellera que le choix du Thunder dont disposent les Philadelphia 76ers appartenait aux Nuggets avant que ces derniers ne le mobilisent afin de s’extraire de la charge du contrat offert par Masaï Ujiri à l’actuel pivot des Mavericks.

A consulter : Les propriétaires des 60 choix de la draft 2016

Rang/choixEquipeBilan Choix échangéConditions de l'échange
1Philadelphia 76ers0-15Possibilité de l'échanger contre le choix des Sacramento Kings
2Los Angeles Lakers2-12
55.8%

44.2%
Philadelphia 76ers (4-30)
3Brooklyn Nets3-11Boston Celtics
(choix non protégé)
4NOLA Pelicans3-11
5Sacramento Kings5-10Chicago Bulls
(choix protégé top 10)
Droits de swap accordés aux 76ers (1-10)
6Houston Rockets5-9Denver Nuggets
(15-30)
7Portland Trailblazers6-10Denver Nuggets
(15-30)
8Denver Nuggets6-9Possibilité de l'échanger contre le choix des Knicks
9Milwaukee Bucks6-8
10Orlando Magic6-8
11Minnesota Timberwolves6-8
~ 0.00%
Boston Celtics
(14-30)
12Detroit Pistons7-7
13Boston Celtics7-7
14New York Knicks8-7Toronto Raptors
(choix le moins favorable entre celui des Knicks et celui des Nuggets)
Fin de la loterie
15UTAH Jazz6-7
16Los Angeles Clippers7-7logo Clippers
17Phoenix Suns7-7
18Memphis Grizzlies8-7Denver Nuggets
(6-14)
19Washington Wizards6-5
20Charlotte Hornets8-6
21Toronto Raptors9-6
22Dallas Mavericks9-6Boston Celtics
(8-30)
22Oklahoma City Thunder9-6Philadelphia 76ers
(16-30)
24Indiana Pacers9-5
25Atlanta Hawks10-6
26Chicago Bulls9-4
27Miami Heat9-4Philadelphia 76ers
(11-30)
28San Antonio Spurs11-3
29Cleveland Cavaliers11-3Phoenix Suns
(11-30)
30Golden State Warriors16-0Droits de swap accordés aux Sixers contre le choix le moins favorable entre celui du Heat et celui du Thunder

Particulièrement précaires, les projections subséquentes ne visent aucunement à entériner des rapports de force qui demeurent conjoncturels. Néanmoins, après 15 rencontres, des lignes de forces se dégagent : la faiblesse collective des Los Angeles Lakers et des Brooklyn Nets et l’irrégularité des Sacramento Kings.

Elles offrent par ailleurs le prétexte idoine à une explication concrète du fonctionnement des droits de swap acquis cet été par le GM (Sacramento Kings, Golden State Warriors).

Le choix des Philadelphia 76ers

Forts d’une série de 15 revers consécutifs pour inaugurer le troisième exercice de l’ère hinkienne, les Sixers sont en situation d’échoir avec le plus mauvais bilan de la Ligue et donc de bénéficier du stock de billes le plus conséquent à l’orée de la loterie.

Déjà l’an passé, les ouailles de Brett Brown, décimées par les blessures avaient affiché une sinistre série de 17 revers consécutifs sans pour autant parvenir à conserver cet avantage initial dans la tanking race puisque les Wolves et les Knicks ont finalement présenté un bilan moins reluisant au terme de l’exercice.

Les Lakers (2-12) et les Nets (3-11) seront, à cet égard, à surveiller. La situation des deux équipes est singulière. Aucune des deux franchises n’a d’impérieux intérêt à saborder leur bilan comptable puisque le choix des Nets appartient désormais à Danny Ainge et que celui des Lakers reviendra aux 76ers s’il ne s’établit pas dans le top 3 à l’issue de la loterie. Or, le plus mauvais bilan de la Ligue ne garantit qu’un top 4 et laisse 35,7% de chances de chuter au quatrième rang de l’ordre de sélection.

Avec le plus mauvais bilan de la Ligue, les Sixers hériteraient de 25% de chances d’obtenir le premier choix, 21,5% le second, 17,8% le troisième et 35,7% le quatrième.

Disposer de la plus grande probabilité de bénéficier du premier choix lors de la draft serait une première sous le mandat de Sam Hinkie. Pour autant, les mouvements entrepris les derniers mois pourraient lui offrir encore davantage.

Le choix des Los Angeles Lakers

Titulaires du second choix de la draft 2015, d’une marge de manœuvre substantielle sous le salary cap, les Los Angeles Lakers bénéficiaient d’une authentique flexibilité pour renouer avec un plus haut degré de compétitivité d’autant plus que Byron Scott pouvait compter sur les retours à la compétition de Kobe Bryant et Julius Randle.

Un tel panorama avait conduit bon nombre d’observateurs à relativiser la valeur qui pouvait être dégagée du choix de draft acquis en échange d’un Michael Carter-Williams, auréolé du titre de Rookie de l’année.

Après 15 matchs, seuls des 76ers accablés par les blessures affichent un bilan moins reluisant. Les craintes qui avaient émergées au lendemain de la trade deadline d’une équipe des Lakers redevenue si compétitive que le choix de draft ne serait qu’une énième sélection en fin de loterie semblent désormais se dissiper face à celles, antagonistes, d’un nouveau report de la cession du choix tant ces Lakers semblent indigents.

Second plus mauvais bilan de la Ligue, les Lakers bénéficieraient de 55,8% de chances de conserver leur sélection lors du millésime 2016 mais 44,2% de chances d’en céder l’usufruit aux 76ers.

L’acquisition d’une star dans la Ligue demeurant le fil conducteur de l’action de Sam Hinkie disposer de 44,8% de chances d’hériter d’un second choix dans le top 5 de cette cuvée est une aubaine.

Différer la livraison d’un choix de draft en février 2014 en échange du rookie de l’année précédente affaiblirait la position de force du décisionnaire à l’orée de son quatrième exercice en Pennsylvanie, le premier à compter de la livraison du nouveau centre d’entraînement et entacherait un peu plus son crédit auprès des observateurs les plus impatients.

Elle n’annihilerait point sa flexibilité, le choix des Lakers demeurant protégé top 3 en 2017 puis non protégé en 2018. Par ailleurs, un tel scenario avaliserait son évaluation de la valeur supposée du choix. La sélection des Lakers était concrètement le support d’acquisition d’une potentielle star.

A ce stade de l’exercice 2015-2016, les Sixers disposeraient de 44,8% de récupérer un second choix dans le top 5 de la draft 2016, 31,9% de chances de récupérer le choix n°4 ce qui aurait comme corollaire la présence des Sixers dans le top 3 et 12,3% de chances de bénéficier du 5ème choix en sus d’un autre choix dans le top 4.

Les choix du Heat, du Thunder et le droit de swap concédé par les Golden State Warriors

Acquises la saison passées, les sélections du Heat et du Thunder étaient tombées in extremis sous l’égide de la zone de protection et ont été mobilisées par leur propriétaire pour drafter Justise Winslow (11ème choix) et Cameron Payne (14ème choix). Force est de constater que cette saison, les choix du Heat et du Thunder ne semblent pas prendre la direction d’une telle valorisation.

Après une quinzaine de rencontres, ces deux choix s’établissent entre la 21ème et la 23ème position pour le choix du Thunder et entre la 26ème et la 27ème pour celui du Heat.

Pis encore, le début de saison historique des Golden State Warriors (16-0) condamne l’utilité potentielle du droit de swap acquis par les Sixers lors du trade de Jason Thompson vers la baie d’Oakland.

Sauf litanie de blessures, les Warriors présenteront un meilleur bilan que le Thunder et le Heat, les 76ers n’auront alors aucun intérêt à activer le droit de swap, laissant au crédit de la transaction estivale la seule maximisation de la marge de manœuvre sous le cap lors de l’été 2016.

Le droit de swap concédé par les Sacramento Kings

Là encore, la pertinence de l’acquisition d’un droit de swap avec les Kings, le 1er juillet dernier mérite d’être questionnée dans la mesure où les Sixers semblent partis pour truster les bas-fonds de la Ligue.

Si la loterie n’existait pas, à ce stade de la saison, et en dépit des difficultés des Kings à trouver leur rythme de croisière, le droit de swap acquis pour le millésime 2016 (les 76ers disposeront également de la même possibilité en 2017) n’aurait aucune utilité.

En revanche, dans le contexte de la loterie pondérée, l’acquisition de ce droit de swap équivaut à celle de balles de loterie supplémentaires.

Cinquième plus mauvais bilan de la Ligue, le choix des Sacramento Kings pourrait s’établir à un large spectre de position, de la 1ère à la 8ème selon (1er : 8,8%, 2nd : 9,7%, 3ème : 10,7%, 5ème : 26,1%, 6ème : 36%, 7ème : 8,4% et 8ème : 0,4%). Rappelons, que le choix de la franchise californienne reviendra aux Chicago Bulls s’il sort du top 10.

En l’état, les Kings seraient assurés de bénéficier d’un choix de draft dans ce millésime. En revanche, ils ne peuvent plus espérer obtenir le 1er choix en raison des droits de swap concédés aux 76ers.

Concrètement, les Sixers disposent de 25% de chances d’obtenir le 1er choix avec leur propre tour de draft et de 8,8% de chances de l’obtenir via le choix des Sacramento Kings. Autrement dit, si la loterie se tenait ce soir, les Sixers disposeraient de 33,8% de chances de récupérer le 1er choix de draft.

Il s’agirait d’une première depuis 1996 où l’histoire semble s’être jouée sur un canevas analogue.

«Hegel fait remarquer quelque part que, dans l’histoire universelle, les grands faits et les grands personnages se produisent, pour ainsi dire, deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde comme farce. », Karl Marx, le 18 brumaire de Louis Bonaparte.

Déjà, lors de la loterie 1996, les Sixers disposaient de probabilités bien plus favorables que les 25% dévolus au cancre de la Ligue. Ces dernières se chiffraient à 33,73% de chances d’obtenir le 1er à l’issue de la loterie.

Les Sixers s’étaient offert une telle opportunité en dépit d’un bilan qui n’était pas le plus infamant de la Ligue. En effet, les Grizzlies, encore installés à Vancouver, ne pouvaient bénéficier du premier choix de draft en raison de leur statut de nouveaux venus dans la Ligue.

Par ailleurs, les Sixers avaient amenuisés les risques d’échoir en dehors du podium en négociant des droits de swap pour les millésimes 1996 et 1997 avec les Toronto Raptors dans le cadre du transfert de Sharone Wright au Canada.

Ces 33,8% de chances d’obtenir le premier choix de la draft ne seraient pas la probabilité la plus importante de l’histoire de la loterie. En effet, en 1997, les Celtics qui disposaient de deux choix de draft (le leur et celui des Mavericks) s’étaient présentés à la loterie avec 36,31% de chances de récolter le gros lot (Tim Duncan) et avaient dû se contenter de la troisième position dans l’ordre de sélection derrière les…76ers.

Si la loterie se tenait ce soir :

Sam Hinkie disposerait de 33,8% de chances d’obtenir le 1er choix, de 44,2% de récupérer une seconde sélection dans le top 5, de deux choix situés dans le dernier tiers de l’ordre de sélection et du choix 38.

Danny Ainge disposerait de 14,4% de chances de récupérer le 1er choix, de l’assurance de bénéficier de deux choix dans la loterie dont celui des C’s éconduits de la post-season, d’une sélection dans le dernier tiers de l’ordre de sélection et de quelques 5 choix du second tour dont celui des Sixers.

Tim Connelly disposerait de 3,3% de récolter le premier choix.

En passe d’établir de nouveaux records de nullité, les strates décisionnelles de la franchise peuvent contempler un premier draft pick tracker où 3 des 5 plus mauvaises équipes de la Ligue apparaissent au bilan de leur collection de choix de draft pour le prochain millésime.

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