L'interview d'en face

L’interview d’en face – Indiana Pacers

Lors de la première saison des 76ers sous l’égide de Sam Hinkie et de Brett Brown, les confrontations face aux Pacers offraient d’authentiques oppositions de style entre l’équipe qui évoluait sur le rythme le plus élevé de la Ligue et la défense la plus efficiente du pays. Depuis, la blessure de Paul George a conduit les Pacers à initier une mue de leur style de jeu et les 76ers ont jeté leur dévolu sur un pivot d’un autre temps en la personne de Jahlil Okafor.

Si la partie de ce soir devrait largement déroger au modèle des confrontations de ces deux dernières saisons, nous maintenons nos bonnes habitudes en vous livrant une interview d’en face de haut vol. Quentin de @PacersFrance a accepté de répondre à nos questions, ne vous reste plus qu’à les lire.

La blessure de Paul George avec Team USA a porté un coup létal aux ambitions des Pacers pour la saison 2014-2015, finalement conclue aux portes de la post-season et a certainement accéléré le processus de rénovation de l’effectif qu’a entrepris Larry Bird cet été. Quel bilan portez-vous sur le dernier exercice et sur la gestion de l’intersaison ?

Quentin : Comme tu le dis, la blessure de Paul George a tué toute aspiration la saison passée. Non seulement ça, mais les Pacers n’ont que très rarement eu tout leur effectif, outre Paul George, à 100%. A tour de rôle, tous les joueurs ont été blessés. Et pourtant, les Pacers ont pu rester relativement compétitifs, souvent grâce à une défense de fer, bien que privée de son meilleur élément défensif. Rarement les Pacers ont pris des branlées et, avec un petit peu plus de réussite, les playoffs étaient dans la poche. Néanmoins, on peut se poser la question de l’intérêt de faire les playoffs dans un tel cas de figure. On y reviendra avec Myles Turner, mais il est très probable que l’ami à la coiffure étrange n’aurait pas été disponible au 15e rang de la draft. Et cela aura peut-être son importance dans quatre ou cinq ans.

Et puis vint l’intersaison et le changement de style. Larry Bird voulait six points en plus de moyenne, une accélération du rythme, Paul George au poste 4. De ce fait, exit Roy Hibbert qui énervait les fans des Pacers et n’entrait plus dans ce projet de jeu, David West, la légende, s’en va dans le plus grand respect de tout le monde. C’était une intersaison bien plus mouvementée et intéressante que d’habitude. Les priorités ont changé. C’est un vrai changement de cap. On passe d’un style de jeu Memphis à Atlanta en un été quand même. Le début de saison montre qu’elle a plutôt était bien gérée, mais il est très probable qu’on verra le vrai Indiana, rapide et small ball, uniquement la saison prochaine.

Après avoir libéré du cap space en envoyant Roy Hibbert à Los Angeles, Larry Bird a jeté son dévolu sur Monta Ellis qui restait sur une appréciable expérience à Dallas et un Jordan Hill, laissé libre par les…Lakers.

Des questionnements pouvaient émerger quant aux incidences de l’intégration d’un arrière du profil de Monta Ellis dans une équipe reconnue pour sa solidité défensive. A ce stade de la saison, le joueur passé par les Warriors et les Bucks peine à régler la mire. Que pensez-vous de l’association entre George Hill et Monta Ellis dans le backcourt ?

Quentin : C’est un backcourt qui s’avère être très complémentaire, comme on pouvait le prévoir. C’est une sorte de double combo guard où les rôles peuvent s’inverser. Sur le début de saison, George Hill excelle dans le catch and shoot, notamment à trois points et dans les corners. Hill n’a pas nécessairement besoin du ballon pour évoluer, alors que Monta, lui, un peu plus. C’est vrai que le shoot de Monta n’est pas encore au point, notamment à mi-distance. Il gagnerait à couper un peu sur son mid-range et plus driver pour finir au cercle ou ressortir. Néanmoins, tout le reste est très satisfaisant. Il est ce créateur qu’il nous manquait la saison dernière, il arrive à faire quelque chose à partir de rien. Mais surtout, c’est défensivement qu’il impressionne et surprend ! Il est vraiment très bon, très actif. Si les Pacers provoquent beaucoup de turnovers aux adversaires, c’est notamment grâce à Monta Ellis. Une vraie bonne surprise. George Hill, lui, reste très sobre et joue à un niveau All-Star. Il est l’un des joueurs les plus sous-cotés dans la ligue. Notre premier défenseur qui conditionne beaucoup de choses. Pour résumer, c’est pour le moment satisfaisant. Ce sont deux joueurs intelligents.

Parmi les ajustements qui ont alimenté les colonnes spécialisées cet été, la volonté de Larry Bird d’utiliser Paul George au poste 4 et de céder aux sirènes du small ball, est assurément la thématique qui interpelle le plus les fans des Sixers que nous sommes. Qu’en est-il en ce début de saison ? Approuvez-vous ces ajustements ?

Quentin : Le small ball n’est pas encore au point. Frank Vogel est toujours en train d’adapter le système. La dernière preuve, c’est que c’est CJ Miles qui occupe le poste 4 alors que Paul George restera visiblement au 3, que ce soit en small ball ou en tall ball. En mid ball aussi d’ailleurs. Le small ball avait pour objectif de jouer plus vite et marquer plus de points. Or, il s’avère que pour le moment, ça ne fonctionne pas. On gagne les matchs grâce à notre défense, les Pacers sont très bas dans les statistiques offensives et sont plus efficaces offensivement lorsque deux grands sont sur le parquet. Frank Vogel est (pour une fois) assez pragmatique et c’est agréable. Ceci étant dit, c’est beaucoup plus fun à regarder et quand il est 2 heures du matin, on apprécie. L’an passé, c’était vraiment dégueulasse à voir, les Pacers.

Après 11 matchs, Paul George affiche des statistiques à faire pâlir bien des candidats aux distinctions individuelles de fin de saison. Il est en passe d’établir ses meilleures marques en carrière au scoring, au rebond, à la passe tout en affichant son meilleur pourcentage de réussite derrière l’arc.

Paul George joue t-il à un niveau de MVP ?

Quentin : Clairement. Paul George fait gagner des matchs. Il est très impressionnant. Quand il disait qu’il reviendrait plus fort, il ne mentait pas, mais surtout il est revenu beaucoup plus rapidement que prévu. Comme il le disait lui-même lors du media day, c’était important de rejouer en fin de saison dernière pour enlever la poussière. Aucun doute qu’il n’aurait pas été aussi fort sans ces matchs-là. Sa défense est exceptionnelle. Il faudra néanmoins qu’il arrive à garder ce niveau de jeu sur un an. C’est la seule chose qui lui manque pour le moment, la régularité.

Face aux Celtics, Myles Turner s’est fracturé le pouce gauche et sera tenu éloigné des parquets lors des 4 prochaines semaines. Issu de Texas, cet intérieur mobile et athlétique était présenté comme un projet et non un joueur prêt à affronter la densité physique de la Grande Ligue. Lors des compétitions estivales, il avait su se mettre en exergue. Qu’en est-il en ce début de saison ?

Quentin : C’est la très bonne surprise de ce début de saison. Ne suivant pas la NCAA à part la Big East, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. Je savais juste qu’il avait des longs bras. Il s’avère que, sur le peu qu’il a joué, il a bien impressionné et c’était difficile de ne pas être tout excité devant ses moves offensifs. Il a vraiment tout fait, des turnaround jumpers, des fadeaways… Il a un super shoot, très rapide. Il est intelligent. Il a un impact défensif, il court même si ses petits appuis demandent encore du travail, comme ses écrans. Il n’a que 19 ans, c’est fou. Sa blessure est vraiment dommage car je pense qu’une bonne saison passe par une explosion de Turner. C’est peut-être un peu tôt pour le dire, mais de ce qu’il a montré, je suis vraiment confiant. Notre force intérieure est légère. Avoir un seven footer là-dedans n’aurait pas fait de mal.

Votre effectif comporte deux joueurs passés par les Sixers. Lavoy Allen et Glen Robinson III. Le premier vous apporte t-il toujours satisfaction et comment se passe l’intégration du second ?

Quentin : J’adore Lavoy Allen. Vraiment. Néanmoins, son style nonchalant me pose un problème. Il donne l’impression qu’il n’est jamais motivé. Il rate vraiment beaucoup de petites choses faciles, des lay-ups donnés (Jordan Hill a le même souci). C’est très rageant parce qu’il a une palette intéressante. Il n’est pas mauvais défensivement, est un rebondeur – notamment offensif – élite et peut mettre 6-8 points par match en sortie de banc.

Pour Trey Dawg, son nouveau surnom, il a visiblement attiré l’attention de Larry Bird. Et on n’attire pas l’attention de Larry par hasard. Ses premières minutes sous le maillot de son enfance sont très intéressantes. Il semble avoir un vrai talent, notamment offensif, et a les outils pour devenir un défenseur correct (même si pour le moment c’est pas la joie à ce niveau). Je suis déjà dans le bandwagon. Je suis très étonné qu’il ne soit pas resté chez vous. Il y a un gros potentiel.

Vous disposez de votre choix du premier tour pour la prochaine draft. Les Sixers n’en compte que 4 dans leur escarcelle. Que coûterait à la franchise pennsylvanienne l’acquisition de votre sélection ?

 

Quentin : Haha. Je nous vois dans le top 5 à l’Est, donc vers la 20e place à la draft. On n’a pas vraiment de contrat dérangeant et l’effectif semble être assez complet. Ça va être compliqué pour vous, je le crains.

Si vous pouviez prendre un joueur des Sixers pour l’intégrer à votre effectif. Quel serait-il et pourquoi ?

Quentin : Ce n’est sûrement pas très original, mais Jahlil Okafor semble être le monstre qu’on nous promet depuis plusieurs années. Tout le monde aime Ian Mahinmi et son jeu offensif a incroyablement progressé en seulement un été (?!?!?!). Mais Jahlil dans une équipe pareille, ce serait du bonheur en barre chocolatée.

Les Sixers restent sur une série de 21 revers consécutifs, dont les 11 rencontres disputées cette saison. Décimé par les blessures, le groupe de Brett Brown retrouve peu à peu ses hommes, à commencer par Robert Covington qui a pu fouler le parquet face aux Mavericks. Toutes les séries ayant une fin, craignez-vous la rencontre de ce soir ?

Quentin : Évidemment, personne n’a envie d’être la risée de la NBA en étant la première équipe à perdre contre les Sixers. On l’avait fait l’an passé, sans être les premiers néanmoins. Il suffit d’un match. Tout est possible dans le basketball.

Un pronostic pour ce soir ?

Quentin : 102-88 Pacers.

Un pronostic sur la date à laquelle adviendra la première victoire des Sixers ?

Quentin : Avant la fin du mois de novembre.

Un pronostic sur le bilan des Sixers en fin de saison ?

Quentin : 10-72 (yikes)

Mercredi 18 novembre (1h00) :Indiana Pacers @ Philadelphia 76ers

 
Bilan6-5
2-3 à l'extérieur
0-11
0-6 à domicile
Starting Five probablePG : George Hill
SG : Monta Ellis
SF : Paul George
PF : C.J Miles
C : Ian Mahinmi
PG : T.J McConnell
SG : Nik Stauskas
SF : Jerami Grant
PF : Nerlens Noel
C : Jahlil Okafor
AbsentsRodney Stuckey (day-to-day)
George Hill (day-to-day)
Myles Turner
Kendall Marshall
Tony Wroten
Carl Landry
Joel Embiid

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