Draft 2016

Draft 2016 – L’interview d’en face du Miami Heat

A l’orée du tip-off de la troisième saison de l’ère hinkienne, les observateurs et fans de la franchise doivent se préparer à jeter leurs regards avisés sur le développement des jeunes joueurs assemblés en Pennsylvanie mais également sur les pérégrinations de plusieurs équipes dont les résultats sportifs viendront déterminer la nature de la flexibilité qui sera celle du décisionnaire lors de la prochaine draft.

Afin d’appréhender les enjeux inhérents à chacune des franchises débitrices et tempérer l’enthousiasme d’ESPN, nous sommes allés interroger un de leurs plus éminents supporters. Pour le troisième épisode, c’est Youmni, auteur des « Heat me up » sur debats-sports.com qui a accepté de répondre à nos questions. 

Miami Heat, choix du premier tour, protégé top 10.

A l’instar des Los Angeles Lakers et du Thunder d’Oklahoma City, le Miami Heat figure dans cette chronique par l’entremise de tierces franchises. La dette de la franchise floridienne à l’égard des 76ers trouve son fondement dans un sign-and-trade de l’été…2010 et un agencement complexe de transactions de grande envergure.

Afin de constituer son Big Three à Miami et sécuriser le recrutement de Lebron James, Pat Riley a réalisé un sign-and-trade avec les Cleveland Cavaliers à qui, ils cédaient : deux choix du premier tour, la possibilité de swaper les choix des deux franchises en 2012, deux choix du second tour, et une trade exception de 15 millions de dollars.

A l’été 2014, la dette du Heat à l’égard des Cavaliers n’avait pas encore été liquidée et ce, alors même que Lebron James mettait un terme à son aventure floridienne pour rejoindre l’équipe qui l’avait drafté en 2003.

Les Cavaliers disposaient encore du choix du premier tour, protégé top 10 en 2015 du Heat. Ce dernier fut transféré aux Minnesota Timberwolves, en sus des premiers choix des millésimes 2014 (Anthony Bennett) et 2015 (Andrew Wiggins) dans le cadre du trade de Kevin Love.

L’enchevêtrement d’échanges n’était pas clos. Flip Saunders se décidait à jeter son dévolu sur un Thaddeus Young en fin de contrat et envoyait ce choix de draft aux Philadelphia 76ers en août dernier en sus d’Alexey Shved et de Luc Richard Mbah a Moute. Aucun des trois joueurs mentionnés ne figurent encore dans la franchise qui les avait accueillis l’été dernier.

A lire : Départ de Thaddeus Young, le côté obscur de la reconstruction 

Questions :

Pas trop de regrets d’avoir cédé l’usufruit de ce choix de draft en juillet 2010 ?

Heat-champions

Acquis en août 2014, le choix de draft du Miami Heat figure toujours dans l’escarcelle de Sam Hinkie. Comment une franchise qui sortait de 4 finales NBA consécutives est-elle parvenue à défendre un choix de draft, protégé top 10?

Youmni : La saison dernière a été très particulière à suivre. Sur le papier, l’après Lebron a été plutôt bien géré. On imaginait Miami tourner la page plutôt facilement, sans passer par une longue phase de reconstruction. Les arrivées de Deng et McRoberts semblaient de bons coups. Le problème, c’est que lorsque  lebron James joue pendant 4 saison dans votre équipe, il transforme son jeu. Et son départ, malgré la présence de joueurs de qualité, a laissé le jeu de l’équipe complètement chamboulé. Il a donc fallu (ré)apprendre à jouer ensemble, avec un effectif bien remanié. Malgré tout, j’étais (comme beaucoup) plutôt optimiste quant à la capacité du Heat d’accrocher les playoffs l’an dernier.

Deux caractéristiques principales à la saison de Miami : L’inconstance et les blessures. Jamais l’équipe n’a gagné 3 matchs de suite, excepté les 3 premiers de la saison. Ensuite, les montagnes russes. Les blessures ont bien évidemment joué leur rôle. Si Chris Bosh n’avait pas arrêté sa saison le 15 février, Miami aurait sans doute fait les playoffs. D’autant que le coup de Pat Riley d’aller chercher Goran Dragic redonnait de l’espoir. Dwyane Wade a fait son âge, mais surtout il n’avait personne pour prendre le relai pendant ces absences. Luol Deng a lui déçu. L’éclair dans la nuit s’appelle Hassan Whiteside, et c’est lui qui a permis de rendre la saison du Heat un peu moins frustrante à suivre.

Au vu des difficultés de l’équipe à trouver une constance, et de la santé de celle-ci (on arrivait en avril sur les rotules), c’était un mal pour un bien de ne pas faire les Playoffs. On peut toujours trouver quelque chose d’intéressant à la draft. Même si je te l’avoue, j’ai eu peur qu’il nous échappe à la dernière journée de championnat.

Si le choix a échappé au contrôle des Philadelphia 76ers en mai dernier, quelle en fut votre utilisation ? Vous convient-elle ? Fut-elle optimale ?

Youmni : La soirée de la draft a été très satisfaisante côté Miami. A mon avis, le Heat a réussi à combiner les deux grandes stratégies de draft qui s’opposent traditionnellement, à savoir drafter selon ses besoins OU drafter le meilleur joueur disponible. Dans le cas de Justise Winslow, il remplit selon moi les deux catégories. L’équipe avait clairement besoin de se renforcer aux postes 2-3, vu les déboires physiques de Dwyane Wade et Luol Deng. A partir du moment où Stanley Johnson était choisi par Detroit, Justise Winslow devenait la cible prioritaire. Le refus de Charlotte d’envoyer son choix à Boston nous a donc permis de récupérer un bon défenseur, physiquement mature et avec un gros potentiel à un 10e choix de draft assez inespéré. Avec ce choix et à posteriori, il est clair que je préfère rater les PO et obtenir Winslow plutôt que de sortir au premier tour en 4 matchs. (Cela est aussi du à la composition de l’équipe : une équipe de petits jeunes comme Boston peut trouver un intérêt à un passage éclair en playoffs pour emmagasiner de l’expérience.) Rappelons, pour l’anecdote et par pur plaisir, que la dernière fois que Miami avait sélectionné un joueur aussi haut, c’était en 2008. C’était Michael Beasley.

Le scenario idéal pour les Sixers (onzième position pour la sélection du Heat à l’issue de la loterie 2015) impensable pour nombre d’observateurs lors de la conclusion de l’échange entre Flip et Sam n’a été évité qu’au prix d’une victoire de débours des floridiens par rapport aux Pacers et aux Nets.

Dégager de la valeur du choix du Heat semble de nouveau illusoire. Et pour cause, la franchise floridienne s’est, en sus de la draft de Justise Winslow, distinguée par son activité sur le marché et pourra enfin compter sur les pick-and-pop entre Goran Dragic et Chris Bosh.
A l’aune des mouvements entrepris cet été, quels sont les objectifs du Heat pour leur second exercice post-Lebron ?  

Youmni : Les objectifs pour moi sont simples : aller le plus haut possible. L’effectif est sur le papier très complets, et la question principale va être celle de la santé. Un 5 majeur Dragic-Wade-Deng-Bosh-Whiteside avec un banc Chalmers (oui oui)-Wislow-Green-McRoberts-Stoudemire, ça fait peur et ça peut aller haut. Le pick&pop Dragic-Bosh me fait saliver d’avance, je pense Whiteside capable de continuer à tourner à un double double de moyenne et l’arrivée de Winslow devrait soulager les genoux de Wade. On l’aura compris, j’ai hâte que ça démarre. Je suis aussi très impatient d’observer ce banc qui me semble très consistant. On se moque de Mario Chalmers mais il est un backup solide. Gerald Green est complètement fêlé et Spoelstra ne fera rien pour le brider, on peut donc s’attendre à voir des shoots de partout sur des séquences courtes. Enfin à l’intérieur, la doublette McRoberts-Stoudemire me semble apporter de nouvelles menaces dans un secteur faible à Miami ces dernières années. A titre personnel je pense qu’on peut viser une 3e place à l’Est, derrière Cleveland et Chicago. Ensuite, tout est possible. L’équipe est expérimentée, avec des joueurs qui savent ce que c’est que de gagner des joutes de playoffs et des titres, donc pourquoi pas aller loin. Si on fait du pronostic pur, je dirais minimum 4e place à l’Est et demi-finale de conférence, pour que la saison soit satisfaisante. C’est la vraie saison post-Lebron, l’exercice précédent ayant été grandement biaisé par la blessure de Bosh. On va enfin voir si la volonté de Pat Riley de ne pas passer par une phase de reconstruction pure, c’est à dire de rester compétitif en 2014 et 2015 afin d’attirer un gros poisson (Il s’appelle Kevin Durant) en 2016, va payer.

Le choix du Miami Heat est protégé top 10 lors du prochain millésime mais sera non protégé en 2017. Si, les Sixers escomptaient lever la protection de ce choix, quelle compensation exigeriez-vous ?

Ndlr : Aucune réponse n’a été apportée à cette question. En Floride, on n’insulte pas l’avenir. 

Dans la même veine, si vous deviez prendre un joueur des Philadelphia 76ers, quel serait-il et pourquoi ?

Youmni : J’avoue un gros faible pour Nerlens Noel. Je ne sais pas ce qu’il adviendra d’Hassan Whiteside dans les années à venir, mais si l’équipe était amenée à le laisser partir, un retour de Chris Bosh au poste 5 associé à Noël en 4 serait magnifique. J’aime bien le nom de JP Tokoto (ndlr : ce dernier évolue désormais en NBDL chez le Blue d’OKC) sinon.

Un pronostic sur la destinée du pick ?

Youmni : Quand la santé va, tout va. Miami s’est encore renforcé cet été (Gerald Green, Stoudemire…) en plus de l’arrivée de Justise Winslow. Chris Bosh et Goran Dragic jouent enfin ensemble. J’imagine bien l’équipe accrocher un bilan de 50-32 pour une 3e ou 4e place à l’est. Vous aurez donc droit à votre pick, promis. Il sera surement mieux placé que celui du Thunder qui doit aussi tomber dans votre escarcelle il me semble.

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