Draft 2016

Draft 2016 – Interview d’en face – Les Sacramento Kings

A l’orée du tip-off de la troisième saison de l’ère hinkienne, les observateurs et fans de la franchise doivent se préparer à jeter leurs regards avisés sur le développement des jeunes joueurs assemblés en Pennsylvanie mais également sur les pérégrinations de plusieurs équipes dont les résultats sportifs viendront déterminer la nature de la flexibilité qui sera celle du décisionnaire lors de la prochaine draft.

Afin d’appréhender les enjeux inhérents à chacune des franchises débitrices et tempérer l’enthousiasme d’ESPN, nous sommes allés interroger un de leurs plus éminents supporters. Pour ce second épisode, c’est Deidara, auteur de l’éphémère mais non moins géniale chronique : le Sacto Hebdo qui a accepté de répondre à nos questions.

Les Sacramento Kings, droits d’échanger le choix des Sixers contre le choix des Kings.

 

A l’instar des Warriors, les Kings s’ingèrent dans cette chronique en raison d’un transfert estival et de la concession d’un droit de swap et non de la cession brute d’un choix du premier tour 2016.

Le contenu et les fondements de la transaction ont largement été documentés dans ces colonnes. A cet égard, lire notamment : Le ROI du cap space

En résumé, les Sixers ont mis à disposition de la nouvelle direction de la franchise californienne leur marge de manœuvre sous le cap afin que cette dernière puisse acquérir une flexibilité nouvelle sur le marché des agents libres. Afin de dégager 15,3 millions de dollars (soit le montant cumulé des émoluments de Jason Thompson, Carl Landry et de Nik Stauskas), Vlade Divac a envoyé en Pennsylvanie, le choix du premier tour 2018 des Kings, protégé top 10, le joueur sélectionné avec le 8ème choix de la draft 2014, ainsi que la possibilité pour les 76ers d’échanger leurs choix du premier tour lors des millésimes 2016 et 2017 contre ceux des Kings.

C’est à ce titre que les Kings peuvent contribuer à magnifier la collection de choix de draft de Sam Hinkie pour la draft 2016. Pour peu que les coéquipiers de DeMarcus Cousins ne parviennent pas à se hisser en post-season, les Sixers bénéficieront, peu ou prou des billes dévolues aux Kings lors des deux prochaines loteries.

On rappellera que le choix de draft 2016 des Kings sera dévolu aux Chicago Bulls s’il ne s’établit pas dans les dix premières positions de l’ordre de sélection.

Questions :

La conclusion du salary dump trade de Jason Thompson, Carl Landry et Nik Stauskas avec les Philadelphia 76ers a marqué le point de départ du déploiement d’un vaste projet de reconstruction et de nouvelles ambitions des Sacramento Kings via la free agency. Pouvez-vous nous dépeindre les mouvements entrepris par Vlade Divac avec la marge de manœuvre salariale acquise auprès de Sam Hinkie ?

Deidara : Dès le crépuscule de la saison 2014-2015 qui restera gravée dans les mémoires des fans comme une saison à rebondissements, le staff était, après à peine deux ans, en plein renouvellement. Pete D’Alessandro plus en odeur de sainteté a été prié gentiment (à tel point que même les médias locaux ne s’emparaient que peu de l’affaire) de faire ses valises. Les Kings se retrouvaient sans GM et c’est Divac, proche des projets sportifs des Kings depuis ce fameux été 2013 et du président Vivek Ranadivé qui a été désigné en charge des opérations basket (avant d’être nommé GM au cours de l’été).

A l’issue de la draft, et alors que des tensions apparaissaient clairement entre Cousins et George Karl (cette fois largement couvertes par les médias, évidemment), Divac et le staff en friche des Kings ont décidé de jouer la carte de la FA et du « gagner au plus vite ».

Le trade a été longuement analysé, outre les tours de draft et le salaire dégagé par le transfert du couple de postes 4 Carl Landry-Jason Thompson, c’est Nik Stauskas, projet long terme, qui faisait les frais de cette opération.

Divac avait ainsi pour objectif de renforcer l’équipe de Sacramento, d’abord convaincante en Novembre dernier puis complètement perdue sans son franchise player, cette situation ayant menée au remerciement de Mike Malone, en comblant logiquement ses points faibles : le shoot à 3 points, de la densité à la mène et sur le banc, du ball movement, et de la taille à l’intérieur.

L’une des cibles privilégiées était Wesley Matthews qui a préféré signer aux Mavericks de Dallas pour moins cher (Sacramento n’a pas une réputation qui attire les foules de FA). Les profils de 4 fuyants et de grands 5 capables de défendre ont été ciblés : Mirza Teletovic, Andrea Bargnani et Bismak Biyombo, sans succès.

Ce sont finalement 4 signatures en 4 jours qui se sont succédées : James Anderson au minimum, Marco Bellineli à 19m/3ans, Rajon Rondo à 10m/1an et Kosta Koufos à 33m/4ans.

Plus anecdotiques mais afin d’étoffer le banc, ce sont Quincy Acy, Seth Cury et Duje Dukan qui signeront chez les Kings alors que dans le même temps, Omri Casspi, légende locale, rempila pour 2 ans et 6 millions.

Divac et Sacramento réalisaient ainsi leurs objectifs, du moins en grande partie, à savoir monter une équipe assez compétitive pour espérer se mêler à la lutte en playoffs, chose que les Kings n’ont plus connu depuis 10 saisons, et qui aurait été impossible sans ce salary dump trade conclu avec les Sixers.

Dans la mesure où d’autres artifices (stretch provision, transfert brut de Nik Stauskas, etc…) pouvaient être mobilisés afin de dégager de la marge de manœuvre sous le cap, quel jugement portez-vous sur ce transfert conclu entre les deux organisations ?

Deidara : L’objectif principal était de se débarrasser des lourds contrats de deux joueurs qui n’auraient plus rien apportés de bon à Sacramento. En effet Carl Landry a une propension à se blesser ces dernières années qui ferait pâlir Derrick Rose et Jason Thompson avait plus que jamais besoin d’un nouveau départ, lui dont la carrière s’étala littéralement pendant les pires années de la franchise (2008-2015).

Stauskas était donc un asset lâché afin d’appâter le GM prêt à porter le fardeau des contrats dont se délestait Sacramento. A cela s’ajoute le fait que Divac et le FO des Kings étaient déjà en contacts avec plusieurs postes 2 : Wesley Matthews, Monta Ellis et Marco Bellineli. Sachant que Ben McLemore avait montré d’encourageants signes de progression lors de sa saison sophomore, il était certain que le back court deviendrait très vite embouteillé et que l’avenir de Stauskas s’écrirait en dehors des portes de la capitale californienne.

Le trade de Stauskas n’était pas le but en soi, mais il commençait à devenir inévitable. La majorité des rédacteurs en charge des médias Kings : Sacramento Bee, Cowbell Kingdom, Sacramento Observer, Bleach Report Kings, ont salué ce mouvement qui ouvrait une nouvelle ère, ou du moins de nouvelles ambitions clairement affichées. L’idée que le risque pris était immense, et que ce trade se ressentait comme une « action dans l’urgence » a nuancé les critiques majoritairement positives, on pouvait lire ici et là « salary dumb trade ».

Cependant, personnellement et parmi les fans, nous savions que le destin ces dernières années dépendait beaucoup trop de choix de drafts qui n’apportaient ni garanties ni satisfactions, et que sans sagesse la fougue n’est rien. C’est ainsi que vivre l’opportunité de rajouter l’expérience et le talent à ce roster (disons 6 joueurs : Cousins, Gay, Collison, McLemore, Casspi et Moreland) apportait des promesses plus promptes à se réaliser mais nécessitait des sacrifices.

A l’aune des mouvements entrepris cet été par la nouvelle direction sportive, quels seront les objectifs et les ambitions des Sacramento Kings cette année ?

Deidara : Les playoffs clairement.

Ranadivé, Divac et les Kings auraient complètement réussi leur pari si les Kings atteignaient les playoffs à l’issue de l’exercice 2016.

Il faut garder à l’esprit le côté marketing et médiatique en plus du sportif. Les Sacramento Kings espèrent à nouveau rayonner, pour la  troisième saison ils tentent d’exporter leur image médiatique en Inde. Le nouveau stadium : le Golden One Center ouvrira ses portes pour la saison prochaine.

Il est important que lors de l’opening night 2016 dans la nouvelle salle, les Kings représentent une image forte sportivement, qui puisse générer un engouement, des abonnements et donc des revenus ainsi qu’une dynamique positive.

Huitième choix de draft en 2014, Nik Stauskas a vécu un exercice rookie délicat en Californie, jalonné par les changements de coachs. Il oeuvrera sous les couleurs des 76ers pour son exercice sophomore. Quel type de production, sommes-nous en droit d’attendre du canadien ?

Deidara : Nik Stauskas, avant d’être un basketteur, est un jeune homme particulièrement sympathique, qui a la tête sur les épaules, et qui a su s’attirer la sympathie de l’ensemble de l’équipe et de la communauté de fans à Sacramento.

C’est un shooteur, qui comme beaucoup de shooteurs fonctionne à la confiance, et dont la qualité de l’environnement sportif dans lequel il se trouve impactera directement ses performances. Dans l’objectif affiché des Sixers, qui est de pérenniser une base de jeunes capables de prouver qu’ils peuvent évoluer au plus haut niveau afin d’entourer une possible jeune superstar prochainement sélectionnée, Stauskas est un excellent pari long terme, qui saura profiter du jeu de Brett Brown comme Robert Covington a pu le faire.

Attaquant racé, Stauskas est capable d’étirer les défenses mais possède également un premier pas intéressant et une qualité de passe non négligeable. Il n’a rien d’un Fredette et est même dans l’absolu plus créateur que JJ Redick ou Danny Green. Si l’attention défensive des adversaires est suffisamment concentrée sur la paire d’intérieurs Noel-Okafor, Stauskas peut tirer son épingle du jeu par sa polyvalence associée à son shoot sans réel défaut.

Mais attention, tout cela reste du potentiel, et Stauskas va devoir retrouver la confiance qui était la sienne à l’université. En outre, sa défense est très friable, des déplacements latéraux douteux, systématiquement pris de vitesse et trop court sur les aides, voire complètement absent sur les aides de l’aide, la défense dans sa globalité est à revoir. Mais c’est en forgeant qu’on devient forgeron et Stauskas aura la chance d’avoir un temps de jeu conséquent à Phildalephie

Une ligne de stats de 8 pts à 41% aux tirs 38% à 3 points, 2 rebonds, 2.5 passes est envisageable et pourrait être une base intéressante pour l’avenir.

Le choix du premier tour 2018 des Sacramento Kings est protégé top 10 et non protégé en 2019. Si, les Sixers escomptaient lever la protection de ce choix, quelle compensation exigeriez-vous ?

Deidara : Je ne m’étais pas posé la question sur la possibilité d’une lever de protection de choix. C’est difficile de se projeter, mais les droits sur un jeune joueur européen et talentueux (Dario Saric style) pourrait être une possibilité.

Dans la même veine, si vous deviez prendre un joueur des Philadelphia 76ers, quel serait-il et pourquoi ?

Deidara : Sans hésiter je prendrais Nerlens Noel, car c’est le type de joueur qui manque aux Kings en attendant que Willie Cauley-Stein exploite à terme pleinement son potentiel.

Les Kings ont besoin d’un poste 4 et bientôt les regards se tourneront vers la free agency et deux joueurs non prolongés par les Rockets m’attirent tout particulièrement : Terrence Jones et Donatas Motjejunas.

Sinon pour le fun Scottie Wilbekin (ndlr : lors de l’envoi des questions, Scottie Wilbekin était encore un Sixer) que j’aime à surnommer le chef Saxon en référence à Widukind.

Un pronostic sur la destinée des choix de draft des Sacramento Kings pour les prochaines années ? 

Deidara : Les Kings joueront les playoffs en 2017 (moins sûr pour 2016) au Golden One Center de Sacramento et par conséquent le droit de swap ne les affectera que peu. Dans le même temps la protection top 10 du pick sera évidemment perdue car les Kings ne seront plus une lottery team. Indéniablement, les Kings devront devenir une équipe qui joue son avenir à la FA et sur le terrain. Le tanking sera naturellement éradiqué par l’impossibilité de se tailler une part du gâteau « rookies ».

Ce n’est pas qu’une espérance, j’y crois vraiment, le noyau dur : Cousins-Gay-Collison-Bellineli-Koufos-CauleyStein aura appris de ses erreurs et ne pèsera pas si lourd dans le salary cap avec la hausse prévue pour l’intersaison prochaine.

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