Chroniques

Vers une nouvelle vague de salary dump trades mineurs ?

La phase de préparation des deadlines constitue depuis deux ans la fenêtre d’opportunité privilégiée par Sam Hinkie pour déployer sa stratégie de captation d’assets. Toujours prompt à mettre à disposition de ses homologues, sa flexibilité salariale savamment préservée, le décisionnaire a, depuis deux ans, sécurisé une collection de choix de draft à faire pâlir d’envie 28 de ses confrères.

Le stratège a notamment laissé entrevoir ses visées monopolistiques dans la seconde partie des drafts 2014 et 2015 en utilisant pas moins de 11 choix. L’essentiel de ces derniers ont été acquis dans le cadre de salary dump trade, autrement dit, via la valorisation du cap space disponible.

Si les soirées de la trade deadline et de la cérémonie de la draft sont ses principaux théâtres d’opération, la préparation de la date limite à compter de laquelle les effectifs des franchises NBA doivent être ramenés à 15 unités a, ces deux dernières années, donné lieu à de récurrents mouvements mineurs et ainsi grandement contribué à l’accumulation de choix du second tour.

Or, s’il dispose potentiellement de 4 choix dans le premier tour de la cuvée 2016, le décisionnaire n’a su se porter acquéreur que d’un seul choix du second tour. Il s’agit du choix des Denver Nuggets, obtenu, lors de la trade deadline de février 2013 dans le cadre du salary dump trade du meneur de jeu Eric Maynor qui évoluait alors avec…les Washington Wizards.

Fort d’une marge de manœuvre de plus de 12 millions de dollars sous le cap et disposant de joueurs au contrat non-garanti, Sam Hinkie détient les artefacts nécessaires à une nouvelle phase de captation de choix du second tour via des salary dump trades mineurs.

Ainsi, en dépit d’une large collection de sélections dans la seconde partie de la draft 2015, Sam Hinkie avait su profiter, en octobre 2014, des gestions financières douteuses des franchises New-Yorkaises pour transformer les contrats de Casper Ware, Arnett Moultrie en deux sélections dans la cuvée 2019 ainsi que les droits de swap de deux autres choix dans le millésime 2018.

Comme chaque année, les franchises contraintes d’expurger leurs finances ne manqueront pas de faire sonner les combinés pennsylvaniens. Cette année, ils trouveront un interlocuteur probablement moins enthousiaste.

L’hypothèse d’une reproduction des schémas hinkiens semble se dissiper devant l’analyse des intérêts en jeu. Après deux saisons complètes consacrées à l’identification, l’acquisition et au développement de talents, l’effectif des Philadelphia 76ers propose des contours de plus en plus conformes aux standards de la Grande Ligue. De fait, les places disponibles afin d’étendre ce processus d’évaluation aux joueurs issus du second tour se restreignent à mesure que les certitudes quant aux potentialités de certains se dessinent.

Acquérir en masse des choix du second tour en contrepartie de portions congrues de sa flexibilité salariale faisait sens lors de l’impulsion du processus de reconstruction. Ces acquisitions offraient des opportunités d’alimenter le pipeline de talents en Pennsylvanie, de tester des joueurs à moindres frais, de constituer une armée de réserve à l’international et d’obtenir des pièces destinées à faciliter des transactions futures.

A cet égard après trois cérémonies conduites par Sam Hinkie, un premier bilan de l’utilisation des choix du second tour peut être formulé.

Qu’as-tu fait de tes choix du second tour, Sam ?

Intronisé dans les fonctions de GM et de Vice-président des opérations basketball en mai 2013, Sam Hinkie héritait des choix 35 et 42 en sus du choix n°11 pour sa première draft dans son nouveau costume de tête pensante des Philadelphia 76ers.

Si le choix n°42 (Pierre Jackson) a accompagné Jrue Holiday en Louisiane, le choix 35 donna lieu à un enchevêtrement plus complexe de transactions. Utilisé pour sélectionner Glen Rice Jr, il fut aussitôt envoyé à Washington en échange des choix 38 et 54. Nate Wolters, sélectionné avec ce choix 38 était envoyé à Milwaukee en échange du choix n°43 et du choix du second tour de la draft 2014 des Houston Rockets. Ricky Ledo sélectionné avec le choix 43 fut envoyé à Dallas en échange du choix du second tour des Brooklyn Nets du millésime suivant que les Mavericks venaient d’acquérir quelques heures auparavant auprès des Celtics.

Finalement, le choix 54 était mobilisé pour sélectionner le premier iranien à être drafté en NBA, Arsalan Kazemi. Présent à trois reprises lors des Summer Leagues, stashé en Iran puis en Chine, Kazemi n’a jamais été invité au training camp par les Sixers. Ces derniers ont renoncé à ses droits à la veille de l’officialisation de leur effectif de 20 joueurs pour le training camp.

Lors de la draft 2014, Sam Hinkie se présentait avec 5 choix du second tour (32, 39, 47, 52 et 54). Les deux premiers furent utilisés afin de drafter deux joueurs attendus dans le premier tour, K.J McDaniels et Jerami Grant. Le choix 47 fut envoyé en Lousiane en échange des droits sur…Pierre Jackson. Avec le choix 52, le décisionnaire jeta son dévolu sur le meneur de jeu Serbe, Vasilije Micic, stashé au Bayern de Munich. Le décisionnaire décidait alors de céder le choix 54 aux Spurs en échange de leurs sélections 58 et 60. Le choix 58 fut utilisé pour sécuriser le recrutement de Jordan McRae quand le 60ème fut vendu à prix d’or à Billy Kings, le GM des Nets.

Enfin lors de la dernière cérémonie, le stratège n’hésita pas à transférer une partie substantielle de sa collection. Ainsi le choix 35 (Hernangomez) fut cédé aux New York Knicks en échange de leurs sélections dans les millésimes 2020 et 2021. Les choix 47 (Arturas Gudaitis) et 60 (Luka Mitrovic) furent envoyés à Sacramento dès le 1er juillet.

Seuls les choix 37 (Richaun Holmes) et 58 (J.P Tokoto) furent mobilisés afin sélectionner des joueurs qui ont été invités au training camp.

Des 13 choix avec lesquels le décisionnaire s’est présenté lors des trois cérémonies qu’il a orchestrées en tant que GM des 76ers, seuls Jerami Grant et Richaun Holmes ont obtenu un contrat garanti sur plusieurs saisons et demeurent, à ce jour, dans l’effectif.

Les autres choix du second tour ont servi à acquérir de…nouveaux choix du second tour, plus nombreux mais plus tardifs, à faciliter des échanges et à accroître une armée de réserve dont les contours s’amenuisent sous l’effet des stratégies contractuelles initiées par K.J McDaniels.

Développer des jeunes talents passés outre les radars des franchises disposant d’une sélection plus précoce nécessite des ressources (temps de jeu disponible, places disponibles dans le roster, personnel affecté au développement des jeunes pousses, encadrement, etc…) qui se raréfient à mesure que le processus de reconstruction entrepris par Sam Hinkie trouve ses fondations.

Le timing n’est pas à l’extension de la collection de choix de draft pour le prochain millésime mais davantage à l’accroissement de leur valeur nominative, comme le montrent les droits de swap acquis avec les Sacramento Kings et les Golden State Warriors cet été.

En juin 2016, les Sixers disposeront, selon toute vraisemblance, de 4 choix dans le top 29, 5 dans le top 35. Dario Saric aura alors l’occasion de confirmer ses déclarations d’intention et de consentir à de réels sacrifices financiers pour rejoindre la Pennsylvanie sans plus attendre. Dans un tel contexte, les Philadelphia 76ers et Sam Hinkie n’ont qu’un intérêt marginal à accumuler les choix du second tour.

Au cœur de l’été, le décisionnaire a laissé à d’autres franchises (Celtics, Blazers) le soin d’absorber les contrats de Perry Jones III ou de Brendan Haywood contre des choix du second tour.

En février avec Javale McGee puis en juillet avec Carl Landry, Sam Hinke s’est montré enclin à prendre en charge des contrats qui s’étendaient au-delà du présent exercice comptable afin de sécuriser l’acquisition d’assets d’une valeur supérieure (choix du premier tour, droits de swap, Nik Stauskas) à ses standards.

Au regard des brides d’inflexions dans la gestion de l’instabilité du roster esquissées lors des derniers mois de l’ère hinkienne, les franchises désireuses d’assainir leurs finances à l’orée du season opener devront certainement payer le prix fort ou s’orienter vers d’autres partenaires.

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