Draft 2016

Draft 2016: Marcus Lee

Si un trophée venait récompenser annuellement l’inconnu le plus célèbre de la ligue universitaire de basket-ball américain, le patronyme de Marcus Lee compterait à n’en pas douter au rang des prétendants.

L’ailier fort débarque sur le campus de Lexington en 2013 au sein d’un recrutement de John Calipari considéré alors comme le meilleur de l’histoire. Annoncé invaincue avant le coup d’envoi de la saison, l’armada enregistre ainsi l’arrivée de Julius Randle, 3e meilleur lycéen de la promotion dans les classements, et de Andrew Harrison, Dakari Johnson, Aaron Harrison, James Young, tous membres du top 10.

Pourtant situé aux alentours de la position 25 dans ces mêmes classements, le renfort de Marcus Lee passe logiquement inaperçu. La saison régulière NCAA du freshman n’y changera rien, en dépit d’une entrée en matière tonitruante couronnée de 17 points lors de la première rencontre de la saison. Abonné au banc de touche, l’intérieur subit mécaniquement la concurrence de ses camarades de promotion et surtout de la révélation de la saison précédente côté Wildcats : Willie Cauley-Stein.

De révélation, il en sera également question à l’occasion de l’Elite Eight, les quarts de finale du tournoi d’après-saison universitaire. Le géant blessé, Marcus Lee gagne en responsabilités. Opposé à l’université de Michigan menée par Glen Robinson III suite au départ en NBA de Trey Burke à l’intersaison précédente, Kentucky lance dans le bain son bondissant bencher.

10 points à 5 sur 7 au tir, 8 rebonds dont 7 offensifs et 2 contres en 15 minutes.

Si la performance ne rivalise pas avec les standards statistiques de la vedette Julius Randle, l’énergie insufflée à son équipe par les quelques actions d’éclat de Marcus Lee a marqué les esprits.

Echouant à conquérir le titre sur le plan collectif, le grand gaillard se pourlèche les babines de la magnifique conclusion de sa campagne et aborde le prochain exercice avec gourmandise.

Bis repetita placent. L’été 2014 accouche une nouvelle fois d’un recrutement exceptionnel à Lexington. Un prospect de coach Cal’ se sait soumis à une sélection drastique, donc à une concurrence toujours renouvelée.

A Julius Randle, sélectionné à la 7ème position de la Draft 2014 succède ainsi celui qui deviendra le dernier 1st pick en date, j’ai nommé Karl-Anthony Towns.

Un malheur n’arrivant jamais seul, l’original Willie Cauley-Stein décide à la surprise générale de rempiler, au même titre que Dakari Johnson, autre spectateur privilégié des matchs auprès de Lee. Le paysage intérieur de l’athlète maudit demeurerait incompris si l’on excluait l’arrivée du Canadien Trey Lyles évoluant traditionnellement au poste d’ailier-fort. Fort de dix prospects NBA, la rotation de l’entraineur s’organisera en ‘platoons’, soient deux pelotons qui se relaient imparfaitement sur le terrain.

Le bât blesse ici pour Marcus dont les qualités se révèlent les plus dispensables dans la raquette au regard de la concurrence.

Il achèvera piteusement sa deuxième année avec le plus faible temps de jeu des dix (jeunes) hommes.

A l’orée de sa saison junior, l’intérieur longiligne entend inscrire ses pas dans ceux de WCS, choix 6 de la Draft 2016 et semble en mesure de réaliser son ambition pour la première fois.

En effet, outre la principale attraction et figure de proue Skal Labissiere, l’effectif ne compte sous les panneaux que des internationaux dont l’échéancier de la mise à contribution se conjugue au futur, à l’image du grand échalas lorsqu’il défit son paquetage sur le campus. Seul un Alex Poythress susceptible par ailleurs de jouer au poste d’ailier shooteur devrait pouvoir lui faire de l’ombre.

Candidat évident à un poste de titulaire, ses sorties seront scrutées avec attention.

Que sait-on, au juste, du garçon qui légitime les attentes?

Tout d’abord, Marcus Lee a séduit par son indéniable potentiel. Le fondement de son classement si flatteur parmi ses camarades lycéens tient à une taille mesurée à environ 6 pieds 9 qui s’accompagne d’une envergure ptérodactylesque. Alliée à une détente plus que respectable et à une énergie jamais démentie sur le parquet, le prospect intriguait naturellement les scouts de la NBA à son entrée en NCAA.

Dans le même temps, ces derniers s’attendaient à surveiller sur le long cours les progrès du produit brut de décoffrage dans la mesure où sa formation devait s’échelonner sur plus d’une année au niveau universitaire en accord avec sa faculté.

Les doutes s’accumulent désormais.

En effet, comment reconnaître à l’espoir une hausse véritablement significative de son intelligence de jeu à l’appui d’échantillons si marginaux ?

Pourquoi un étudiant, qui n’est plus si jeune dans le milieu de la détection après plus de deux campagnes, ne semble toujours pas s’être renforcé physiquement, dans la partie supérieure de son corps notamment ?

A-t-il seulement développé un embryon d’outil offensif autre que son opportunisme de renard des parquets en attaque qui puisse lui éviter la stérilité en NBA ?

Une certitude semble pourtant se dessiner : son état d’esprit ne saurait être pris à défaut.

Alors que d’autres se morfondaient sur leur temps de jeu, Marcus Lee s’est toujours montré positif d’après divers rapports soulignant la gestion intelligente de ses ambitions contrariées. L’athlète associe ainsi primauté accordée à la victoire et volonté de prouver sa valeur.

En ce sens et sans entamer pour autant la santé du collectif, 2014-2015 vit le prospect demander activement le ballon au poste bas lors de ses brefs passages.

Compte-tenu de sa fonction essentiellement défensive dans un dispositif comprenant autour de lui des armes plus établies, l’attitude apparaît de bon augure eu égard aux attentes précédemment mentionnées. Notons que lors d’une rarissime occasion survenue l’an passé, l’intérieur avait converti un tir en bras roulé inattendu… qui pourrait tout à fait relever de la chance du débutant au regard de l’étendue de ‘l’échantillon’.

Décollage à prévoir ou simple rhétorique narrative habituelle des médias en cette période ?

Quoi qu’il en soit, les articles laudatifs commencent à pleuvoir sur le Marcus Lee nouveau, confortés par les récents propos de Karl-Anthony Towns, 1st pick 2015, ex-coéquipier et spectateur privilégié de ses entrainements durant la période estivale :

« C’est incroyable de le regarder. (…) Il réalise des mouvements d’arrière. (…) Je ne l’ai jamais vu aussi tranchant. Son potentiel est sans limites. »

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