Chroniques

Que faire du cap space ? Le cas Anthony Bennett

Juin 2013, Août 2014, Septembre 2015.

La sempiternelle rumeur d’un intérêt des Philadelphia 76ers pour Anthony Bennett reprend son cours et confère un écho toujours plus tonitruant aux déclarations de Sam Hinkie le concernant.

Ainsi, peu après sa première draft dans les habits du GM des Sixers, le décisionnaire saisissait une question concernant son intérêt supposé pour Anthony Bennett afin d’esquisser sa manière d’appréhender les rumeurs et de fonder le mutisme dans lequel il se mure à l’approche de la cérémonie annuelle de recrutement des néo-professionnels.

« Lors du processus de la draft, il y a une série de joueurs que vous sélectionnez et un groupe bien plus large de joueurs pour lesquels vous avez de l’intérêt mais que vous ne pouvez prendre. Cet intérêt ne s’estompe pas. Les raisons pour lesquelles, ces joueurs vous intéressaient sont toujours valides. Même si cela ne se concrétise pas dans les 24, 48 ou 60 mois, il demeure des éléments justifiant cet intérêt ».

Sans qu’elle ne vienne confirmer ou infirmer la validité des précédentes, la nouvelle association de l’ancien Rebel à la franchise aux trois bannières s’érige dans un contexte radicalement différent.

Les 76ers, a contrario des deux étés précédents, sont désormais les seuls décisionnaires des destinées de l’ailier canadien.

Incapables de sécuriser une contrepartie pour le premier choix de la draft 2013, les Minnesota Timberwolves ont finalement décidé de le couper plutôt que de réaliser un salary dump trade.

Tout au long de son séjour dans les cités jumelles, la valeur d’usage d’Anthony Bennett s’est drastiquement amoindrie sur le fondement de performances irrégulières et des recrutements successifs d’Adreian Payne, Karl-Anthony Towns et de Nemanja Bjelica.

La communication estivale de l’institution sur ses prétendues velléités de conserver un jeune homme qui semblait reprendre confiance avec sa sélection nationale face à une opposition moins consistante n’a pas suffit à dissiper l’évidence. Dans l’esprit de sa direction, Anthony Bennett n’était plus un jeune loup.

Dès lors, l’effondrement de sa valeur d’usage chez les Wolves ne pouvait, eu égard aux difficultés rencontrées par le jeune homme, avoir comme corollaire qu’une évolution analogue de sa valeur d’échange.

Si la situation contractuelle du prospect a évolué, sa situation personnelle et sportive n’a été amendée qu’à la marge au cours de son passage chez les Timberwolves. De telle sorte, que le portrait dressé en août 2014 sert toujours de fondement aux réflexions subséquentes.

A lire : Que faire de Thaddeus Young : le cas Anthony Bennett ? 

Officiellement coupé par les Minnesota Timberwolves Anthony Bennett est désormais sur « les waivers » pour 48 heures. Durant ces deux jours, trois équipes se disputeront les destinées de l’ancien d’UNLV.

Les Cleveland Cavaliers disposent depuis la cession du contrat de Brendan Haywood d’une Trade Player Exception largement suffisante, tandis que les Blazers et les Sixers jouissent de la marge de manœuvre adéquate sous le salary cap pour assumer le contrat de 5,8 millions de dollars d’Anthony Bennett. Dès lors, toutes sont associées au patronyme heureusement anglosaxon dans les colonnes des sites spécialisés.

 

Néanmoins, en raison de leur statut de troisième plus mauvais bilan de la Ligue la saison écoulée, les Sixers seront prioritaires si d’aventure plusieurs équipes s’étaient engagées à assumer l’intégralité des émoluments de l’ailier fort.

Concrètement, pour peu que Sam Hinkie le désire, Anthony Bennett sera, jeudi à 19h, un membre des Sixers.

Buy low, sell high. Telle est la devise du trader moyen, et c’est sans ambages que le GM de la franchise de la cité de l’amour fraternel l’applique. Or, le cas, Anthony Bennett pourrait lui offrir un nouveau champ d’expérimentation.

Acquérir Anthony Bennett sans céder une once de la collection d’assets accumulée jusqu’à présent fait sens au regard de la philosophie du processus de reconstruction entrepris. Parmi le flot continu de joueurs au talent incertain qui ont exhumé les veilles pratiques du contrat journalier, certains se sont aujourd’hui établis comme des joueurs NBA on ne peut plus légitimes, à commencer par Hollis Thompson et Robert Covington.

Avec une dynamique de carrière inverse, Anthony Bennett revêt aujourd’hui tous les apparats du jeune prospect au potentiel partiellement exploité disponible pour une portion de la flexibilité salariale de la franchise.

L’an passé, au-delà des incidences financières salvatrices pour les actionnaires, les Sixers avaient ainsi profité de cette période des waivers pour se porter acquéreurs de Thomas Robinson et de Glenn Robinson III. Le décisionnaire s’était offert une période d’essai afin d’évaluer les deux joueurs.

De la même manière, la franchise a sécurisé le recrutement d’un autre canadien drafté très haut mais dont les premiers pas dans la Ligue furent décevants.

En assumant le contrat d’Anthony Bennett, les Sixers formuleraient le même pari que celui engagé avec le recrutement de Nik Stauskas : celui de leur aptitude à proposer l’environnement idoine au développement de leurs protégés et celui de leur capacité à réussir là où d’autres organisations ont échoué.

Loin d’être un vœux pieux, celui de l’explosion soudaine d’Anthony Bennett n’est pas totalement illusoire tant le jeune homme de 22 ans est l’archétype du joueur pour lequel un changement d’environnement pourrait provoquer un électrochoc et servir de déclic.

Pour autant, la prise de décision concernant le recrutement de l’ancien Rebel ne sera pas aussi limpide. Outre la prégnance des difficultés récurrentes du joueur et les interrogations légitimes quant à son aptitude mentale à s’en extraire, la situation contractuelle de l’ancien wolf n’est pas exempte d’éléments tendant à justifier la décision des Wolves et par voie de conséquence à modérer l’enthousiasme quant à un futur pennsylvanien de Bennett.

Le contrat rookie d’Anthony Bennett contient une quatrième année en Team Option pour quelques 7,3 millions de dollars qu’il conviendra de lever ou d’abandonner au plus tard le 31 octobre 2015. Autrement dit, les Sixers devraient se prononcer sur le quatrième exercice de Bennett avant même d’avoir pu l’évaluer en situation.

Afférents au statut de premier choix de sa cuvée, les émoluments d’Anthony Bennett en 2016-2017 ne laisseraient alors guère d’alternative au joueur qui deviendrait de facto, le Sixer le plus largement rémunéré. S’il n’exploite pas son potentiel au cours du présent exercice, de tels revenus grèveraient sensiblement la marge de manœuvre de son employeur et alourdiraient encore davantage l’énorme pression qui pèse sur ses épaules.

Décliner l’option pour la quatrième année diluerait les risques pris en accordant une nouvelle chance à Anthony Bennett tout en limitant l’étendue du contrôle de la franchise sur son avenir puisque ce dernier serait alors libre de tester le marché en fin de saison.

Les Sixers prendraient alors un autre type de risque, celui de mobiliser une place dans l’effectif et des ressources afin de maximiser son développement sans obtenir la garantie de bénéficier des produits de cet investissement à moyen terme.

Pour autant, les 48 heures qui suivent l’officialisation de son licenciement des Wolves pourraient bien entériner définitivement la validité des rumeurs arguant d’un intérêt de Sam Hinkie pour Anthony Bennett.

Souffler n’est pas jouer

Prioritaires pendant la période des waivers, les Sixers ne seront plus qu’un candidat parmi une colonie bien plus conséquente, une fois cette dernière révolue. Devenu agent libre, le canadien sera libre de choisir ses nouveaux coéquipiers.

Une fois la période des waivers close, la soumission d’un contrat hinkien à la Kendall Marshall, soit avec des émoluments substantiels lors de la première saison deviendra légale mais assurément peu adaptée au « prestige » du prospect.

L’hypothèse d’un Anthony Bennett contraint de changer de numéro semble corrélée à une décision imminente des 76ers.

L’impossible développement ?

Si l’acquisition de jeunes talents au potentiel partiellement exploité correspond à la ligne directrice du stratège, il n’en demeure pas moins que la pertinence de saisir une telle opportunité ne s’apprécie pas à son unique prisme mais à l’aune de ses incidences sur l’intégralité du processus qu’il s’agisse de la réduction de la marge de manœuvre sous le salary cap, de la gestion des places disponibles dans l’effectif ou de l’affectation des ressources mobilisables afin de maximiser le développement des jeunes pousses déjà en place.

A l’orée du training camp, l’effectif des Philadelphia 76ers est encore sujet à amendements. Néanmoins, le secteur intérieur semble bien fourni : Jahlil Okafor, Nerlens Noel, Furkan Aldemir, Richaun Holmes, Christian Wood, Joel Embiid, les deux vétérans de l’effectif, Carl Landry et Gerald Wallace, sans compter un Jerami Grant susceptible d’être utilisé par séquences sur le poste 4.

Intelligible sur le plan théorique, l’acquisition effective d’un Anthony Bennett doit être considérée, au choix, comme plus appréciable que l’intégration d’un Christian Wood au roster, la conservation d’un vétéran de la trempe de Gerald Wallace dans le vestiaire, ou le maintien des droits sur J.P Tokoto…

Par ailleurs, l’aptitude des Sixers à réussir là où le duo Chris Grant / Mike Brown et les Wolves ont échoué est sujette à caution. Les pièces maîtresses de l’effectif des Sixers évoluent précisément à l’intérieur et le temps de jeu alloué à Anthony Bennett se glanera au détriment de Nerlens Noel, Richaun Holmes voire son ancien coéquipier Christian Wood.

Pis encore, si son profil de stretch forward semble à même de combler une lacune dans l’effectif, son association avec le pivot titulaire de la franchise annihilerait les progrès de l’équipe en défense. Originalité du processus de reconstruction des Sixers tel qu’entrepris par Sam Hinkie, Anthony Bennett retrouverait en Pennsylvanie, un contexte analogue à celui en vigueur l’an passé sous les ordres de Flip Saunders à savoir un effectif excessivement concurrentiel à son poste sans pour autant être compétitif.

Après juin 2013 et août 2014, où il fut tributaire des velléités de ses homologues, Sam Hinkie dispose enfin de toute latitude pour confirmer que son intérêt supposé pour Anthony Bennett ne s’est pas estompé.

La fenêtre d’opportunité sera close dans 24 heures.

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