Draft

Draft 2016: 1ère mock d’ESPN

Peu après qu’ESPN ait diffusé ses prévisions quant aux bilans sportifs à venir des franchises de la NBA, Chad Ford, son insider le plus référencé, a publié sa première Mock Draft.

L’intérêt du document doit être circonscrit en préambule.

En effet, l’ordre des équipes en possession des choix se fonde sur le classement anticipé par l’équipe d’experts déjà relayé dans ces colonnes. Or, plusieurs cas seraient matière à débat, à commencer par l’intégralité de la hiérarchie de la conférence Est ou la position identique des Portland Trail Blazers et des Sacramento Kings.

De plus, la mock repose sur une meute de candidats, dont les saisons, qui conditionneront leur cote le jour J, n’ont pas débuté. De même, rien ne garantit l’inscription à la cérémonie des intéressés.

Ces quelques prolégomènes posées, l’exercice du scout hawaïen fournit tout de même une photographie, certes personnelle, des prospects à l’heure présente sur lesquels les projecteurs seront braqués. Outre la familiarisation avec de nouveaux patronymes pour les néophytes, le sujet permet d’appréhender la question de l’approche de la Draft à adopter après trois années de process.

En vertu des projections du comité de sages ESPNien, les Sixers reçoivent dans leurs escarcelles les sélections de trois organisations qui n’ont pu faire valoir leurs protections respectives.

Outre son choix n°1, dû à son bilan le moins reluisant, Philadelphie marche donc sur les prébendes des Lakers de Los Angeles (choix n°4), du Heat de Miami (choix n°20), et du Thunder d’Oklahoma City (choix n°25).

Le premier constat de la lecture réside dans l’attribution par le journaliste des services du phénomène australien Ben Simmons (à gauche sur la photo) aux Sixers de Sam Hinkie.

Ailier polyvalent qui exprime le mieux ses qualités en tant que point forward, il s’est logiquement vu comparé à Magic Johnson ou LeBron James… Dans un registre plus européen, son profil pourrait rappeler Boris Diaw, Nemanja Bjelica ou encore… Dario Saric!

Cependant, la rapidité du jeune homme, couplé à d’augustes qualités physico-athlétiques, lui confère une dimension toute autre dans le contexte NBA. En effet, force est de constater que les prétentions du produit de Down Under à évoluer aisément au poste 3 au plus haut niveau outre-Atlantique sont légitimes, à la différence des trois transfuges du Vieux Continent.

Si la décision de Chad Ford se justifie, l’enthousiasme qui suinte de son texte explicatif interpelle. Tout d’abord, il établit confortablement Ben Simmons dans le fauteuil de major de la promotion.

Or, son confrère, et autre référence notable du milieu du scouting, Jonathan Givony de DraftExpress, dévoue le siège à Skal Labissière, pivot haïtien qui évoluera à Kentucky (à droite sur la photo), preuve que le consensus n’est pas atteint.

Surtout, le spécialiste d’ESPN affirme que l’étudiant de l’université de Louisiana State, ancienne faculté de Shaquille O’Neal, a plus de potentiel que chacun des joueurs choisis par Sam Hinkie au cours des trois dernières éditions de la cérémonie. En dépit des espoirs tout à fait compréhensibles que le futur athlète de NCAA génèrent, le situer au-dessus du prospect Joel Embiid peut paraître extravagant… ou susciter les passions!

Compte-tenu de la perspective de voir Simmons évoluer en qualité d’ailier shooteur, le dilemme cornélien entre la stratégie du meilleur joueur disponible (BPA pour Best Player Available) et celle du besoin à combler n’est pas posé. La position préférentielle de son principal concurrent, tel que perçu par les analystes à ce jour en tout cas, aurait donné lieu à une discussion autrement plus incandescente…

Héritier de la quatrième sélection, consécutive aux déboires de la cité des Anges, Philadelphie porterait ses faveurs sur le meneur Jamal Murray. Auréolé d’une superbe campagne aux Pan Am Games avec la délégation canadienne, le futur élève de John Calipari à l’université de Kentucky a beaucoup progressé ces deux dernières années, comme le prouvent ses prestations au Nike Hoop Summit.

Habilité à scorer, mais également, de plus en plus, à organiser le jeu, Jamal Murray, après une édition 2014 timide, a éclaboussé la mouture 2015 de tout son talent tandis qu’il partageait le haut de l’affiche de l’équipe internationale avec… Ben Simmons.

 

 

Là encore, le scénario envisagé oblitère le dilemme susmentionné. Quid d’une chute du prospect annoncé par beaucoup comme dernier membre du trio de tête et ailier shooteur au même titre que Simmons, j’ai nommé Jaylen Brown (au centre de l’image)? Que faire si Brandon Ingram ou Malik Pope crèvent l’écran dans cette Draft décidément fournie en postes 3 aux premières places selon Chad Ford?

De même, Dragan Bender, ailier fort, est-il nécessairement un prospect inférieur à Jamal Murray?

Enfin, l’analyste prévoit fort logiquement la possibilité pour Sam Hinkie de monter dans la hiérarchie avec ses sélections 20 et 25 mais les impératifs de l’exercice le prémunissent de mettre effectivement en oeuvre un transfert pour en briser la linéarité.

Par conséquent, Chad Ford ménage la chèvre et le chou aux deux positions puisqu’il alloue à Philadelphie deux sophomores inaboutis aux postes 2 et 3 qui n’ont pas endossé les plus grandes responsabilités lors de leurs uniques saisons. Le potentiel estimé se marie ainsi au colmatage des brèches de l’effectif.

Auteur d’une finale NCAA éblouissante, Grayson Allen n’a pas pu faire montre de ses facultés athlétiques et de l’efficacité de son tir extérieur alors qu’il se murmurait que le Blue Devil pourrait assumer la mène par séquence cette année et ainsi valoir une sélection n°20, voire mieux.

Comme un pied de nez à l’histoire du basket universitaire, Sam Hinkie ferait coïncider l’arrivée de l’arrière avec un Tar Heel, c’est-à-dire un transfuge de North Carolina, rival héréditaire de Duke. Justin Jackson comptait au rang des meilleurs lycéens à son entrée à l’université. Sa frêle carrure laissait prévoir des difficultés physiques du jeune homme à l’aile. Alors annoncé point forward en raison de ses atouts en termes de création de jeu, Chad Ford persiste à le qualifier de « sweet-shoot(er) ».

Cette décision du spécialiste s’impose certainement comme la moins cohérente. D’une part, le ‘sniper’ Justin Jackson culminait à un maigre 30% de réussite à trois-points malgré un échantillon de deux tirs et demi par rencontre à cette distance. Toutefois, dans la perspective hinkienne, le tir mi-distance est méprisable relativement au tir derrière la ligne, dont la maitrîse constitue le véritable prisme d’évaluation de ce type de prospects pour le General Manager.

D’autre part, l’athlète-étudiant semble un Ben Simmons du famélique, de l’indigent, de l’âme en peine perdue dans l’immensité du désert, sans vivres, au désespoir de se procurer les nutriments indispensables à sa subsistance. Bref, l’élève de Roy Williams ne présente pas la plus évidente des complémentarités avec Ben Simmons qui s’imposerait pourtant de facto comme une pierre d’achoppement du projet de Sam Hinkie et entraverait la progression de ce choix n°25.

La première édition de la mock Draft ESPN de Chad Ford garde cependant le mérite d’offrir un premier éclairage sur les candidats à la prochaine cérémonie, forcément scrutés par les fans des 76ers, et demeure une lecture cruciale pour saisir, derrière les « paris » de l’expert, ses préférences personnelles qui conditionnent et conditionneront sa vision des évènements.

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