Chroniques

Jordan McRae et J.P Tokoto, sur les traces de K.J McDaniels ?

Exfiltré du roster lors de la trade deadline contre Isaiah Canaan et ce qui deviendra Richaun Holmes, K.J McDaniels et son pari sur lui-même ont néanmoins créé un précédent qui pourrait bien tendre à une inflexion de la politique salariale conduite en Pennsylvanie à l’égard des joueurs issus du second tour.

A l’instar de l’ancien de Clemson, Jordan McRae et J.P Tokoto, les 58ème choix des deux dernières drafts semblent enclins à imposer leurs vues aux 76ers et à s’extraire des contraintes induites par la structuration des contrats « hinkiens ».

La marge de manœuvre des choix du second tour afin d’accroître leurs émoluments et/ou réduire la durée de leur contrat sont des plus restreintes, et assurément des plus risquées eu égard au statut précaire des joueurs issus du second tour, pour la plupart bien heureux de pouvoir s’offrir l’espoir d’une carrière dans la Grande Ligue.

Rappelons par ailleurs, que si les franchises disposent d’une exception afin de signer leurs joueurs issus du premier tour quand bien même elles évolueraient au-dessus du salary cap, nul dispositif de ce type n’existe en ce qui concerne les joueurs dont le patronyme a été égrené par Mark Tatum en seconde partie de cérémonie. Les franchises doivent alors mobiliser une des exceptions disponibles (mid level exception, minimum salary exception, etc…).

Tant d’équipes évoluant au-delà du seuil du salary cap, les joueurs issus du second tour sont généralement signés par le biais de la minimum salary exception. Ce qui place les émoluments dus au rookie au seuil du contrat minimum, soit pour la saison 2014-2015, un montant de 507 336 dollars tout en limitant la durée dudit contrat à deux années.

Ténue, la marge de manœuvre existe pour les joueurs et les agents les plus téméraires ou les plus convaincus de leurs propres qualités.

Afin de conserver les droits sur un joueur issu du second tour, les franchises NBA se doivent de leur soumettre une required tender. Cette dernière repose sur un contrat d’un an. Il s’agit de la seule contrainte dont la franchise ne peut se départir. La soumission de cette offre suffit à maintenir les droits de la franchise sur le joueur à qui elle a été adressée, qu’il l’accepte ou qu’il la refuse afin d’évoluer à l’étranger ou de négocier un contrat à plus long terme.

Ainsi, les choix du second tour disposent d’une authentique marge de manœuvre à l’égard de l’équipe qui vient de les drafter : accepter cette required tender, s’en contenter et parier sur leurs propres aptitudes à obtenir un contrat plus rémunérateur à l’issue de leur saison rookie. La voie choisie par K.J McDaniels.

Afin de réduire à sa plus simple expression cette source de risque, les franchises tendent à structurer la required tender sur le fondement d’un contrat minimum, qui plus est non garanti, plaçant le prospect en danger au moment où le roster de 20 joueurs pour le training camp doit être ramené à 15 prétendants pour l’effectif de la saison régulière ou à chaque instant de la saison où une blessure viendrait briser les rêves de NBA de l’impétrant.

Si une franchise ne parvient pas à s’accorder avec son joueur sur un contrat pluriannuel, le prospect peut toujours opter pour cette required tender et se retrouver agent libre à l’orée de sa saison sophomore, au risque de disparaître à jamais des radars des franchises NBA.

Le choix de K.J

K.J McDaniels a opté pour cette stratégie dans un contexte aussi spécifique que favorable.

L’ancien étudiant de Clemson était attendu comme un choix du premier tour et a finalement chuté jusqu’à atteindre les Philadelphia 76ers au 32ème rang. A l’inverse d’un J.P Tokoto ou d’un Jordan McRae, tous deux sélectionnés avec l’antépénultième choix de leur cuvée respective, K.J McDaniels aurait été drafté par une autre franchise si les 76ers n’avait pas jeté leur dévolu sur lui.

Dans la seconde année de leur processus de reconstruction, les Philadelphia 76ers disposaient de suffisamment de marge de manœuvre sous le salary cap afin de couper les joueurs disposant d’un contrat garanti avant un joueur de la trempe de McDaniels à l’issue du training camp.

Mieux encore, dans leur stratégie d’évaluation et de développement de talents, Sam Hinkie et le coaching staff conservaient tout intérêt à laisser de larges minutes de temps de jeu à leur « protégé » en dépit de son statut à venir d’agent libre restreint. Si le joueur venait à exploser aux yeux des observateurs, l’organisation conservait la possibilité de s’aligner sur les offres émises par les bureaux exécutifs concurrents.

Par ailleurs, K.J McDaniels s’est offert la qualité d’agent libre à l’orée de l’explosion du salary cap, ce qui tendait à accroître de manière exponentielle sa force de négociation.

N’escomptant pas se lier les mains avec un contrat « hinkien », K.J McDaniels avait accepté la required tender (contrat minimum de 507 336 dollars, totalement non garanti) plutôt que de négocier un contrat avec les 76ers.

Dans le même temps, Jerami Grant, sélectionné au 39ème rang, profitait de la flexibilité salariale des 76ers pour apposer sa signature sur un contrat dont les émoluments pour les deux premiers exercices excédaient le salaire minimum auquel les joueurs issus du second tour sont généralement astreints.

Ainsi, le frère de Jerian et le neveu d’Horace s’est vu offrir un contrat de 4 années, avec les deux premières années garanties à 885 000 dollars, la troisième saison non garantie et l’ultime en team option. Une structuration similaire à celle des contrats des choix du premier tour. Les émoluments de l’ancien protégé de Jim Boeheim à Syracuse percevant légèrement moins que le montant dévolu au 30ème choix de la draft 2014 (911 000 dollars).

Pour le joueur, un tel contrat présente de substantiels avantages qui peuvent se décliner en deux points.

Il s’agit d’une augmentation eu égard au minimum salarial qui est loin d’être négligeable. Jerami Grant s’offrait ainsi l’opportunité de percevoir quelques 377 000 dollars de plus que K.J McDaniels lors de sa saison rookie. Le même constat prévalant pour la saison sophomore.

Par ailleurs, les deux premières années du contrat de Jerami Grant sont garanties, ce qui n’est rarement le cas pour les choix du second tour. Ainsi, à la sortie de sa formation universitaire, Jerami Grant a sécurisé des émoluments de 1,7 million de dollars.

Ces avantages octroyés au joueur à court terme quand bien même le décisionnaire disposerait de toute latitude pour signer ses nouvelles recrues au contrat minimum ont une contrepartie à plus longue échéance, à savoir les troisième et quatrième années du contrat « hinkien » où les Sixers bénéficieront du contrôle total sur less destinées du prospect.

K.J McDaniels - Jerami Grant - Jordan McRae - Pierre Jackson

Si le joueur démontre son potentiel sur le parquet, la franchise détiendra ses droits à un niveau de rémunération défiant toute concurrence, s’il venait à ne pas l’exploiter alors la franchise disposerait de la possibilité de ne pas conserver le joueur.

C’est cette absence de maîtrise de son avenir dans la Grande Ligue qui a conduit K.J McDaniels à rejeter le contrat « hinkien » pour tenter un pari sur lui-même dans un contexte au surplus favorable.

Un pari réussi

Profitant des opportunités offertes par le coaching staff des 76ers, K.J McDaniels a mis en exergue ses qualités athlétiques, trusté les top 10 et magnifié sa valorisation sur le marché en un temps record. Transféré à la trade deadline chez un contender, il a vu son temps de jeu s’effondrer sans que sa cote ne s’étiole.


Les highlights de K.J. McDaniels chez les 76ers par sixersfrance

A l’issue de sa saison rookie, K.J McDaniels a apposé sa signature sur un contrat de 3 ans pour près de 10 millions de dollars chez les Houston Rockets.

S’il n’a pas eu le loisir de fouler le parquet et d’exhiber dans le Texas, les talents esquissés en Pennsylvanie, K.J McDaniels et son entourage ont, indubitablement, réussi leur pari sur eux-mêmes et encaissé le chèque que Sam Hinkie s’était refusé à leur adresser.

Cas le plus proverbial, McDaniels ne fut pas le seul joueur de sa promotion à tenter une telle opération. Glenn Robinson III en fit de même avec les Minnesota Timberwolves avant que ces derniers ne le coupe, profitant de son contrat partiellement garanti, puis que les Sixers ne le récupèrent avant l’expiration de la période des waivers.

A l’instar de K.J McDaniels, Glenn Robinson III a été en mesure de sécuriser un nouveau contrat à l’issue de sa saison rookie. Les Indiana Pacers lui ont ainsi offert un contrat de 3 ans pour 3,2 millions de dollars, des émoluments pour l’heure supérieurs à ceux que percevront ses homologues de cuvée toujours présents dans la Grande Ligue.

L’évolution des situations contractuelles des camarades de draft de K.J 

ChoixEquipeJoueurSalaire
2014-2015
Total garantiMatchs jouésSituation
2015-2016
31Milwaukee BucksDamien Inglis820 0001 675 0000Sophomore chez les Bucks : 885 000 dollars
32Philadelphia 76ersK.J McDaniels507 336062Transféré aux Houston Rockets.
Nouveau contrat signé à l'issue de sa saison rookie de 10 millions de dollars sur 3 ans dont 6 523 126 dollars garantis.
3 189 793 dollars pour sa saison sophomore.
33Cleveland CavaliersJoe Harris884 8791 729 93851Sophomore chez les Cavaliers : 884 879 dollars.
34New York KnicksCleanthony Early507 3361 352 39539Sophomore chez les Knicks : 845 059 dollars
35Memphis Grizzlies via UTAH JazzJarnell Stokes725 0001 570 05919Sophomore chez les Grizzlies : 845 059 dollars.
36Milwaukee BucksJohnny O'Bryant III600 0001 445 05935Sophomore chez les Bucks : 845 059 dollars
38Detroit PistonsSpencer Dinwiddie700 0001 545 04934Sophomore chez les Pistons : 845 059 dollars
39Philadelphia 76ersJerami Grant884 8791 729 93865Sophomore chez les 76ers.
40Minnesota TimberwolvesGlenn Robinson III507 336250 00035Coupé par les Wolves, puis laissé libre par les Sixers.
Signé par les Pacers pour un contrat de 3 241 000 dollars sur 3 ans.
Sophomore chez les Pacers : 1 080 333 dollars.
42Houston RocketsNick Johnson507 3362 332 82637Transféré aux Denver Nuggets.
Sophomore chez les Nuggets : 845 059 dollars.
44Brooklyn NetsMarkel Brown507 336507 33649Sophomore chez les Nets : 845 059 dollars
45Boston CelticsDwight Powell507 336507 33631Transféré à Dallas.
Sophomore chez les Mavericks : 845 059 dollars.
46Los Angeles LakersJordan Clarkson507 336507 33659Sophomore chez les Lakers : 845 059 dollars.
47NOLA PelicansRuss Smith507 336507 33614Transféré à Memphis
Sophomore chez les Grizzlies : 845 059 dollars
49Chicago BullsCameron Bairstow507 336932 33618Sophomore chez les Bulls : 845 059 dollars
56Orlando MagicDevyn Marble884 879884 87916Sophomore chez le Magic : 845 059 dollars
60Brooklyn NetsCory Jefferson507 33675 00050Coupé par les Nets.
Sans contrat.

L’efficience de la stratégie initiée par K.J McDaniels et son entourage, corroborée par le succès, certes moins probant de l’entreprise analogue de Glenn Robinson III, tous deux passés par la Pennsylvanie, semblent de nature à générer de nouvelles vocations chez les membres de l’armée de réserve constituée par Sam Hinkie.

Ainsi, la voie tracée par K.J McDaniels pourrait être suivie par deux joueurs draftés bien plus bas dans l’ordre de sélection lors des deux dernières cérémonies.

PHILADELPHIA, PA - JUNE 28:  Jordan McRae #52 of the Philadelphia 76ers poses for a photo after being drafted by the Philadelphia 76ers at the Wells Fargo Center on June 28, 2014 in the Philadelphia, Pennsylvania. NOTE TO USER: User expressly acknowledges and agrees that, by downloading and/or using this photograph, user is consenting to the terms and conditions of the Getty Images License Agreement. Mandatory Copyright Notice: Copyright 2014 NBAE (Photo by Jennifer Pottheiser/NBAE via Getty Images)

Jordan McRae prêt à troquer la chemise pour un jersey des 76ers?

Et maintenant Jordan et J.P ?

Selon les informations de Keith Pompey et de Jake Pavorsky, qui semblent être contestées par le joueur lui-même, Jordan McRae et J.P Tokoto seront présents au training camp des Sixers qui débutera le 29 septembre prochain au sein des installations de la Stockton University à Galloway Township dans le New Jersey. A ce jour, aucun contrat n’aurait toutefois été signé par les deux prospects.

Ces derniers pourraient bien avoir forcé la main du décisionnaire en laissant planer l’hypothèse où ils saisiraient la required tender afin de décliner la structuration des contrats « hinkiens », privilégiant le pari sur lui-même d’un K.J McDaniels à la sécurité offerte par le contrat de Jerami Grant.

En effet, s’ils escomptent conserver les droits sur les 58ème choix des deux dernières drafts, les Sixers doivent soumettre une required tender à J.P Tokoto avant le 5 septembre et à Jordan McRae avant le 10 septembre. Faute de quoi les joueurs seront libres de rejoindre l’équipe de leur choix.

Il ne fait aucun doute que les Sixers leur soumettront une telle proposition. Restera alors à chacun des joueurs à apprécier la pertinence ou non d’une stratégie à la K.J McDaniels, sans en avoir le standing.

Si l’appétence de J.P Tokoto à réaliser des paris sur sa propre progression n’est plus à démontrer, l’ancien Tar Heel semblait avoir passé un accord avec la franchise aux termes duquel il serait drafté par Philadelphie à condition de poursuivre sa carrière en dehors de la NBA.

Jake Fisher du Boston Globe et de Libertyballers, relayé par John Finger de CSN Philly faisait état de cet engagement du joueur à évoluer a minima une saison en dehors de la NBA qu’il s’agisse d’une expérience à l’étranger ou en NBDL. Il semblerait avoir changé d’avis et travaillerait désormais avec ses représentants autour d’un contrat pour le training camp.

Une présence au training camp de l’arrière haïtien ouvrirait la voie à une expérience en NBDL chez les Delaware 87ers, avec le statut de joueur affilié mais condamnerait son affiliation avec les 76ers. En effet, afin d’assister au training camp, il est impératif de signer un contrat NBA. Dès lors, le joueur perd son statut de « draftee » et l’équipe qui l’a drafté ne peut plus maintenir ses droits sur le prospect une fois ce dernier coupé. Autrement dit, si J.P Tokoto parvient à obtenir une invitation pour le training camp, il intégrera le roster de 15 joueurs le soir du season opener ou n’aura plus d’obligations à l’égard des 76ers.

L’an passé, Jordan McRae avait, en accord avec les 76ers, refusé la required tender et s’en était allé fourbir ses armes en Australie avant de revenir dans le Delaware chez les 87ers, une fois la saison australienne révolue. Ainsi, le joueur a rendu un appréciable service aux Sixers, déclinant un contrat NBA, libérant un spot dans le roster et poursuivant sa progression dans un environnement bien connu de Brett Brown. Des services rendus, dont il escompte peut-être désormais percevoir les dividendes.

A 24 ans, l’arrière issu de Tennessee joue certainement sa dernière carte afin de s’offrir une carrière en NBA. Le moment opportun pour tenter un coup de bluff?

De l’optimisme de la volonté au pessimisme de l’intelligence? 

Si l’expérience réussie de K.J McDaniels renforce l’optimisme des plus impétueux, les plus sages parmi les joueurs draftés par le décisionnaire s’orientent vers les garanties offertes par le contrat hinkien. Ainsi, à contre-courant des négociations alambiquées qui s’annoncent avec les représentants de Jordan McRae et de J.P Tokoto, Pierre Jackson et Richaun Holmes se sont empressés d’apposer leur signature respective sur un contrat pluriannuel avec une partie garantie.

Ainsi, le meneur de poche a signé un contrat de 4 années selon la structure suivante : première saison garantie de 750 000 dollars, les seconde (874 636 dollars) et troisième (1 014 746 dollars) non garanties et la dernière en team option (1 088 038 dollars).

Le 37ème choix de la dernière draft a quant à lui obtenu un contrat de 4 ans pour un montant total de 4,2 millions de dollars. Si les détails exacts de la répartition des dollars sur les différents exercices n’ont pas encore été dévoilés, Richaun Holmes percevra 2,1 millions de dollars au titre de ses deux premières années garanties. La troisième année de son contrat ne le sera pas tandis que la quatrième sera une team option.

Chacun des deux joueurs sera présent lors du training camp pour lequel, les Sixers comptent dès à présent 18 joueurs sur les 20 autorisés : Tony Wroten, Isaiah Canaan, Pierre Jackson, T.J McConnell, Scottie Wilbekin, Nik Satuskas, Hollis Thompson, Robert Covington, JaKarr Sampson, Jerami Grant, Gerald Wallace, Carl Landry, Richaun Holmes, Nerlens Noel, Jahlil Okafor, Furkan Aldemir, Joel Embiid.

Marginale eu égard à leurs talents respectifs pour les ambitions sportives de la franchise, l’issue des négociations contractuelles avec les deux derniers 58ème choix de draft pourrait bien restreindre le spectre des possibles pour Sam Hinkie.

Si J.P Tokoto et Jordan McRae venaient à suivre la voie des éphémères Sixers (McDaniels, GRIII), la flexibilité du décisionnaire sera largement entravée.

Dans la quête du nouveau Chandler Parsons, K.J McDaniels a certainement jeté plus qu’un grain de sable dans les engrenages de la mécanique hinkienne.

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