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Que faire du cap space ? Le cas Mario Chalmers

Mario-Chalmers-Sixers

Toujours prompt à saisir les opportunités offertes par sa marge de manœuvre sous le cap afin d’accroître sa collection de choix de draft, Sam Hinkie s’est montré peu réactif ces derniers jours sur le marché des sélections du second tour.

Dans les négociations autour du contrat pour Brendan Haywood, le décisionnaire s’est fait devancer par le moins disant Neil Olshey qui, pour un effort de 2,85 millions de dollars, à savoir le montant du contrat de Mike Miller, s’est offert deux choix du second tour : le plus favorable entre celui des Los Angeles Lakers et celui des Minnesota Timberwolves en 2019 et celui des Cleveland Cavaliers dans le millésime suivant. Un tarif dans la lignée de ce qui avait prévalu en octobre dernier lors des salary dump trades de Travis Outlaw et Marquis Teague en octobre dernier fomentés par Sam Hinkie avec ses homologues newyorkais.

Shabazz Napier, 24ème choix de la draft 2014, champion universitaire avec UCONN, MOP du Final Four a changé de destination, quittant Miami pour l’autre franchise de Floride en échange d’un choix du second tour 2016, protégé top 55. Une contrepartie hinkienne. Celle-là même soumise aux Memphis Grizzlies lorsque ces derniers escomptèrent se défaire du contrat rookie de Tony Wroten.

A un poste de meneur de jeu ou en sus de l’ancien Huskie et d’Isaiah Canaan, il a offert une opportunité à Pierre Jackson, T.J McConnell et Scottie Wilbekin, l’acquisition d’un Shabazz Napier aurait pu faire sens aux yeux de nombre d’observateurs.

Là encore, il ne fit rien.

Quand vint le tour de Zoran Dragic et de son contrat de 1,7 million de dollars, c’est Danny Ainge, autre collectionneur boulimique qui su saisir l’opportunité d’adjoindre à ses actifs le choix du second tour 2020 du Miami Heat.

Habitué à détenir une myriade de choix dans la seconde partie de l’ordre de sélection des néo-professionnels, Sam Hinkie ne peut compter jusqu’à présent que sur le modique choix des Nuggets dans le second tour de la draft 2016 et le seul choix des 76ers en 2017.

Le fait de détenir potentiellement 4 choix dans le premier tour de la prochaine cuvée et un effectif qui peu à peu se garnit de valeurs sûres restreint assurément l’incitatif à accumuler des choix du second tour, a minima à brève échéance.

Une accumulation excessive de choix du second tour à qui, une perspective d’intégration au sein du roster à court terme ne saurait être offerte, tendrait irrémédiablement à réduire la valeur marchande intrinsèque de chacun des picks. Les partenaires à la table des négociations, conscients de l’incapacité du décisionnaire à muer ces picks d’une valeur comptable à une production sur le parquet, en monnayeront le tarif à la baisse.

Si à ce stade du processus et eu égard au nombre de choix du premier tour dont disposera la franchise dans le premier tour de la cuvée 2016, l’accumulation de choix du second tour ne peut être mobilisée afin d’alimenter le pipeline de talents en direction du roster NBA, elle est toujours fondée en ce qui concerne l’extension de la flexibilité du stratège.

Dès lors, la passivité du GM à la tête d’une marge de manœuvre sous le cap proche des 21 millions de dollars et de quelques 13 millions de dollars en deçà du salary floor interpelle. Assiste t-on, à une inflexion dans la stratégie de Sam Hinkie lorsque vient le moment d’aborder un salary dump trade ?

Affirmer que le décisionnaire délaisserait désormais la consolidation de sa collection de choix du second tour pour se consacrer à la sécurisation de choix mieux placés ou de talents plus probants à l’instar de ce qui a été obtenu lors du trade pour Nik Stauskas serait tenant. Une telle assertion viendrait corroborer la translation du « together we build » au « this starts now ».

Néanmoins, il convient de ne pas occulter qu’il n’est pas le seul sur le marché, susceptible de saisir les opportunités offertes par les différences de temporalité des projets des 29 autres franchises.

Déjà, l’été dernier, Danny Ainge avait profité du mois de juillet pour le devancer et mettre en œuvre, entre autres, un salary dump trade en triangle avec les Nets et les Cavaliers aux termes duquel, il récupéra Tyler Zeller, Marcus Thornton et le choix du premier tour 2016 des Cavs, protégé top 10 en 2016, 2017 et 2018.

Sam Hinkie s’est jusqu’à présent montré réticent à réaliser de tels mouvements tôt dans la saison, préférant conserver sa marge de manœuvre sous le cap afin d’en tirer les bénéfices lorsque ses concurrents ont sacrifié leur flexibilité. Ainsi, ses fenêtres d’action préférentielles demeurent l’orée du season opener et la réduction des rosters à 15 unités, et la trade deadline. Nulle altération dans la ligne de conduite du décisionnaire ne peut être formulée sur le fondement de son inactivité relative au coeur de l’été.

Par ailleurs, l’évaluation du talent et du potentiel de Shabazz Napier est assurément plus déterminante dans l’absence d’intérêt des Sixers pour le meneur issu d’UCONN qu’une hypothétique inflexion de la méthodologie du stratège depuis l’acquisition de Tony Wroten.

N’en demeure pas moins que l’explosion du salary cap à venir restreindra considérablement les opportunités de salary dump trade. Dans cette optique, les discussions entre le Heat et les Sixers pourraient bien reprendre autour du cap d’un autre meneur de jeu, champion universitaire, Mario Chalmers.

Mario Chalmers toujours sur le marché

Auteur d’une intersaison des plus réussies (à écouter le podcast de l’écho des parquets sur les différents mouvements entrepris par Pat Riley), le Miami Heat s’est attelé à une tâche moins reluisante, celle d’assainir ses finances et de préserver les deniers de ses actionnaires.

Ainsi, en se séparant des contrats de Shabazz Napier (1,3 millions de dollars pour la seconde année de son contrat rookie) et de Zoran Dragic (1,7 millions de dollars), la franchise floridienne a libéré 4 millions de dollars de cap space et économisé quelques 11 millions de dollars si on intègre la luxury tax.

Néanmoins, le Heat demeure toujours à 7 millions de dollars au-delà du seuil à compter duquel les franchises s’exposent à la luxury tax, qui plus est avec le statut de récidiviste. De fait, les départs de Shabazz Napier et Zoran Dragic n’auraient pas comme corollaire l’extinction du désir des dirigeants de se délester du contrat de Mario Chalmers.

En effet, le contrat de l’ancien JayHawk pèse pour 4,3 millions de dollars dans le cap space mais pour 16 millions de dollars dans les finances de Micky Arison si on considère ses conséquences sur la luxury tax. Dès lors, les aspirations du Front Office à se séparer d’un joueur dont le profil fait sens en tant que back-up de Goran Dragic et où la troisième option, Tyler Johnson semble un peu tendre pour assumer la charge de la mène sur de larges séquences, devient intelligible.

Henry Walker, coupé, le Heat a désormais la place pour signer Josh Richardson, 40ème choix de la dernière draft. Libéré du joug de la limite du nombre de spots autorisés dans un roster NBA, le Heat devra arbitrer entre ses intérêts financiers et sportifs afin de gérer de manière optimale le cas Mario Chalmers.

La perspective d’en obtenir une substantielle contrepartie dans le cadre d’un salary dump trade est à cet égard à exclure d’autant plus que Pat Riley s’est largement délesté de ses choix de draft afin de bâtir cette équipe.

Quels assets ?

Ainsi, le Heat ne peut plus céder un choix du premier tour avant…2023 sans se porter acquéreur d’un autre et ne dispose plus de choix du second tour à mettre sur le marché avant le millésime 2021.

En dépit de la liquidation des stocks de choix de draft à laquelle s’est livrée Pat Riley, le Heat dispose dans son escarcelle d’un atout à même de séduire Sam Hinkie.

Acquis dans le cadre du trade de Thaddeus Young aux Minnesota Timberwolves, le choix de draft du Heat, protégé top 10 semblait un asset de piètre qualité tant, au sein de la faible conférence Est, les floridiens semblaient armés pour jouer les premiers rôles en dépit du départ de Lebron James. Une litanie de blessures les a privé de ces ambitions initiales et le pick était finalement tombé dans le champ de la protection, un scenario inenvisageable au moment où le trade fut conclu.

Une nouvelle fois, le Heat semble s’être construit une équipe à la hauteur de leurs investissements. Confiants en leur faculté d’atteindre leurs objectifs, ils pourraient se montrer enclins à lever la protection afférente à leur choix de draft. Les Sixers annihileraient ainsi un risque qui bien que peu prégnant à l’heure actuelle, n’en demeure pas moins effectif.

Par ailleurs, le décisionnaire pourrait poursuivre son entreprise de lissage des risques en se portant acquéreur de différents droits de swap à un horizon où l’avenir de la franchise sera plus incertain avant que les Suns ne se taillent la part du lion.

Enfin, en offrant du temps de jeu à Mario Chalmers, les Sixers se donneraient l’opportunité d’aligner un meneur de jeu d’expérience susceptible d’alimenter Jahlil Okafor et Nerlens Noel à l’intérieur tout en faisant planer une menace crédible à longue distance. Titulaire d’un contrat expirant, son profil de joueur ayant disputé moult campagnes de playoffs pourrait séduire quelques franchises le soir de la trade deadline et donc venir garnir une nouvelle fois, la collection d’assets de Sam Hinkie.

Ndlr : Le lecteur avisé ne sera pas arrivé jusqu’à ces lignes. Conscient que cette chronique n’accouche jamais du résultat escompté, il se sera contenté d’un survol du titre. Le non-initié qui se sera laissé berner, prendra conscience de l’ampleur de son erreur en se plongeant dans la lecture des dernières productions de cette chronique : « Que faire du salary cap? ». 

A ce jour, la rubrique s’est successivement penchée sur les cas de Jeremy Lin, Anthony Bennett, Gerald Wallace et Brendan Haywood et avait esquissé le doux rêve d’une soviétisation à marche forcée de Philadelphie, sans qu’aucun des mouvements anticipés ne se produise.

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