Rumeurs

Brendan Haywood, le nouveau Keith Bogans ?

Trois semaines après l’ouverture de la free agency, Sam Hinkie a signé 3 meneurs de jeu : T.J McConnell, Pierre Jackson et Scottie Wilbekin, s’est porté acquéreur du 8ème choix de la draft 2014 en la personne de Nik Stauskas, d’un choix du premier tour 2018 protégé, assets auxquels il convient d’adjoindre la possibilité d’échanger ses choix du premier tour 2016 et 2017 contre ceux des Sacramento Kings et deux vétérans qui pourraient bien demeurer en Pennsylvanie. Pour autant, le décisionnaire n’a pas encore mis la main sur le moindre choix du second tour, alors que sa collection dans le prochain millésime se résume à celui des Denver Nuggets.

Une situation qui pourrait bien changer par l’entremise d’un intérieur qui se morfond sur le banc des Cleveland Cavaliers.

A l’heure actuelle, Brendan Haywood est certainement la cible la plus évidente afin de tirer profit de la marge de manœuvre sous le cap dont dispose les Philadelphia 76ers. Cet intérieur, journeyman de 35 ans, qui pourrait percevoir quelques 10,5 millions de dollars à compter du 2 août prochain, dispose du contrat idoine afin de créer de la valeur à partir de rien.

Brendan Haywood a débarqué dans l’Ohio lors de la draft 2014 au cours de laquelle les Cavaliers ont cédé aux Charlotte Hornets, Alonzo Gee contre le 45ème choix de la cuvée, Dwight Powell, désormais aux Dallas Mavericks et le contrat de l’intérieur vieillissant. Néanmoins, ce n’était pas le rookie qui devait être perçu comme la valeur la plus prégnante de cet échange, d’apparence mineur. En effet, le contrat de Brendan Haywood est aussi atypique que sa valeur marchande est appréciable.

La genèse d’un contrat des plus atypiques

Lors de sa 9ème saison dans la Ligue, Brendan Haywood qui produisait alors 9,8 points, 10,3 rebonds et 2,1 contres par match, fut transféré des Washington Wizards aux Dallas Mavericks. Sans surprise, Mark Cuban décide alors de le prolonger pour un contrat de 52 millions de dollars sur 6 ans dont la dernière année n’était pas garantie.

Néanmoins, au cours de la même intersaison, les Mavs s’arrogent les droits sur Tyson Chandler qui va irrémédiablement reléguer Haywood aux utilités en sortie de banc. Le contrat de l’ancien magicien s’érige alors en contrat boulet à mesure que les opportunités de fouler le parquet se réduisent et que son niveau de jeu s’effondre.

La franchise texane mobilise alors, en juillet 2012, la défunte amnesty provision afin d’expurger de sa masse salariale le contrat de Brendan Haywood. Au titre de cette exception, que chaque équipe ne pouvait utiliser qu’à une seule reprise, il était possible de s’extraire des contraintes afférentes à une mauvaise décision. Seuls les joueurs ayant signé leur contrat avant le 1er juillet 2011 étaient éligibles à l’amnesty clause. Les Mavs décidèrent donc de l’utiliser sur Brendan Haywood.

Une fois amnistiés, les joueurs passaient par une période spéciale des waivers où les équipes intéressées par leurs services étaient habiletées à soumettre des offres sous forme d’enchères et non à prendre en charge l’intégralité des émoluments du joueur. Ce dernier continuait à percevoir de la franchise qui venait de l’amnistier le manque à gagner entre ce que s’engageait à payer sa nouvelle organisation et ce qu’il aurait dû percevoir au sein de celle qui venait de s’en débarrasser.

Amnistié par les Mavericks, Brendan Haywood atterrit au jeu des enchères en Caroline du Nord, chez des Bobcats, qui trustant les bas-fonds de la Ligue ont perçu une opportunité d’adjoindre à leur effectif un vétéran que leur attractivité sur le marché des agents ne pouvait leur permettre de convaincre.

Les Bobcats remportent alors les enchères avec une offre à 6,15 millions de dollars, répartis sur les trois années garanties du contrat du joueur, ce dernier conservant l’ultime année non garantie à 10,5 millions de dollars.

Non garantie cette année n’était pas comptabilisée dans le salary cap des Dallas Mavericks, pas plus qu’ils ne devaient la payer au joueur, tandis que ceux qui prendraient le nom de Charlotte Hornets n’en deviendraient redevables qu’à compter du 1er août 2015.

Par l’entremise de la draft 2014 et le transfert d’un joueur comme Alonzo Gee, David Griffin était parvenu à mettre la main sur un honorable prospect de second tour en la personne de Dwight Powell mais surtout de ce contrat atypique de Brendan Haywood, source de valeur pour le décisionnaire habile.

Jusqu’à présent, le décisionnaire des Cavaliers n’est pas parvenu à mobiliser ce contrat afin de sécuriser du talent ou des assets pour l’avenir de la franchise. Emerge alors dans son esprit, l’opportunité de le mobiliser afin de s’extraire des fourches caudines de la luxury tax et de faire l’acquisition d’une substantielle trade player exception.

Course-contre-la montre pour une T.P.E

En dépit de la hausse du salary cap, les Cleveland Cavaliers sont en effet en proie à une luxury tax record eu égard à leur masse salariale. S’il s’est montré prompt à aligner les dollars sur le marché des agents libres afin de reconduire un effectif qui s’est hissé en finale NBA malgré une litanie de blessures, David Griffin escompte désormais soigner les finances de son organisation et gérer au mieux chaque denier.

Ainsi, hier, il a conclu un échange avec les Indiana Pacers aux termes duquel, les Cavaliers cèdent celui qu’il avait drafté avec le 36ème choix le 25 juin dernier, le senior issu de Syracuse, Rakeem Christmas contre le choix du second tour 2019 des Los Angeles Lakers que les Pacers venaient d’acquérir dans le cadre du trade de Roy Hibbert. Un mouvement annonciateur d’un trade de Brendan Haywood.

A ce stade de l’intersaison, seules deux franchises sont en situation d’absorber le contrat de Brendan Haywood sans envoyer dans l’Ohio des contrats dont ne souhaitent pas les Cavaliers : les Philadelphia 76ers et les Portland Trailblazers dont la collection famélique de choix de draft pourrait contraindre à agir. Selon Brian Windhorst d’ESPN, le Jazz serait proche d’être en situation de pouvoir conclure une telle opération mais devrait céder des contrats non garantis afin de rendre viable l’initiative.

Les Sixers ont-ils intérêt à rendre service aux Cleveland Cavaliers en leur créant une substantielle trade exception ?

Assurément. Le contrat de Brendan Haywood est totalement non-garanti avant le 1er août. Si les Sixers venaient à se porter acquéreur de celui qui a pris part à 117 minutes de jeu l’an passé avec les Cavaliers, l’opération serait indolore pour leur cap space puisque l’intérieur serait irrémédiablement coupé avant l’extinction du mois de juillet.

De leur côté, les Cavaliers n’ont plus que quelques jours afin de muer le contrat de Brendan Haywood en une trade exception de 10,52 millions de dollars qu’ils pourront utiliser pendant une année afin d’acquérir un joueur que leur situation salariale ne devrait pas permettre.

Que retirer à partir de rien ?

Afin de sécuriser un tel échange, les Cleveland Cavaliers n’auront pas besoin de sacrifier des assets d’envergure dans la mesure où un tel mouvement demeurera indolore pour l’équipe partenaire.

L’an passé pour le contrat non-garanti de Keith Bogans (5,3 millions de dollars), la franchise de Lebron James avaient cédé son choix du second tour 2018 à Sam Hinkie.

A cet égard, le trade de Rakeem Christmas aux Indiana Pacers est tout sauf anodin. En effet, ce dernier a permis aux Cavaliers de faire l’acquisition d’un choix du second tour dont ils étaient quasiment démunis jusqu’au millésime 2020 (choix 2016 et 2017 cédés aux Celtics, choix 2018 à Philadelphie, choix 2019 au Magic ou aux Knicks).

Suite au trade de l’ancien intérieur de Syracuse, David Griffin est en capacité d’offrir deux choix du second tour dans le millésime 2019, celui des Lakers et celui des Minnesota Timberwolves, ainsi que ses propres choix à compter de 2020.

Par ailleurs, les Cleveland Cavaliers détiennent les droits sur plusieurs joueurs dont ceux sur le 53ème choix de la draft 2015, Sir Dominic Pointer, ceux sur le pivot russe Sasha Kaun, qui après avoir été drafté en 2008, est de plus en plus pressenti pour réaliser le grand saut dans la Grande Ligue cet été, et surtout ceux sur le coéquipier de Dario Saric à l’Anadolu Efes, 31ème choix de la dernière draft, Cedi Osman.

Toujours prompt à créer de la valeur à partir de son cap space, Sam Hinkie se voit offrir une nouvelle opportunité de sécuriser des assets, certes mineurs, contre absolument rien.

La marge de manœuvre du décisionnaire sera d’autant plus étroite qu’il ne sera pas le seul à pouvoir tirer profit de la situation. Par ailleurs, à exiger trop pour rendre service, le décisionnaire pourrait tout simplement éteindre cette opportunité, David Griffin devant arbitrer quant à ce qu’il estime être le prix correct à payer pour créer une trade player exception.

Une autre issue possible reste un scenario à la Hasheem Thabeet pour lequel, les Sixers avaient consenti à créer un trade player exception pour le Thunder en échange de considérations financières.

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