Draft

Qui es-tu Richaun Holmes ?

Après avoir cédé leur 35ème choix, utilisé pour sélectionner Guillermo Hernangomez, les 76ers ont jeté leur dévolu sur un prospect au patronyme peu reluisant avec leur 37ème choix, Richaun Holmes, issu du modeste programme de Bowling Green.

Qui est réellement ce prospect dont les échos de ses exploits ne nous parvenaient qu’avec parcimonie avant le tournoi Portsmouth où sont conviés les seniors avides de mettre en exergue leurs talents afin de s’offrir une carrière professionnelle dans le basketball, quand tant de leurs homologues devront retourner sur le marché du travail sans le statut d’athlète de haut niveau?

Issu du second tour, Richaun Holmes n’est certainement le prospect le plus original lorsqu’il est prié de s’exprimer en conférence de presse. Présent aux côtés de Jahlil Okafor et de J.P Tokoto, lors de la présentation des joueurs draftés par la franchise le 25 juin dernier, il n’a cessé de remercier tous ceux qui lui ont permis de réaliser son rêve.

« Je suis reconnaissant d’avoir l’opportunité de pouvoir jouer ici à Philadelphie,  de développer mon jeu et juste travailler le plus dur possible pour aider cette organisation à remporter des victoires. C’est la meilleure opportunité du monde ».

Son profil de poste 4 capable de protéger le cercle tout comme de dégainer à trois points, ainsi que son parcours en font toutefois un prospect atypique.

« Mon aptitude à défendre est ce de quoi mon jeu est fait. Je suis de la trempe de ces joueurs qui se battent sur chaque ballon, qui imposent le défi physique sous les panneaux, prennent des rebonds, contrent des shoots. Le coach peut être certain que je vais défendre et jouer dur lors de chacune des secondes que je passerai sur le parquet. Je joue toujours avec l’idée d’amener de l’énergie positive pour mon équipe ».

Started from the bottom…

Le parcours de Richaun Holmes est celui d’un jeune lycéen de Lockport High Scool s’adonnant au basketball du haut de ses 5’9 au poste d’arrière qui a vu son corps le conduire à évoluer dans le rôle d’un power forward de 6’9 pour sa dernière saison universitaire après avoir terminé quitté le lycée dans les habits du pivot de 6’6.

Au moment d’appréhender la difficulté résultant du saut qualitatif entre l’opposition offerte dans la modeste Mid American Conference et la Grande Ligue, Richaun Holmes pourra se nourrir de sa lutte victorieuse avec celles inhérentes à l’évolution de son propre corps.

A quelques encablures de son lycée, un jeune homme originaire de Windy City, l’a inspiré, Anthony Davis.

« Voyant à quel point, il travaillait malgré les qualités qu’il avait déjà, je ne pouvais que largement m’inspirer de la manière dont il a géré ses changements morphologiques».

En constante adaptation liée aux évolutions de son morphotype, le jeune homme a échappé aux regards insistants des scouts.

C’est à force de travail qu’il est parvenu à saisir les opportunités offertes par la mutation de sa silhouette. Grâce à l’apport de coachs qui ont tout de suite appréhender quel type de joueur, le jeune homme dont ils avaient la responsabilité pouvait devenir à terme, le jeune homme s’est accompli.

David Dorch, son coach au Lycée raconte la première fois où il a rencontré Richaun Holmes, alors âgé de 13 ans.

« J’ai vu un garçon qui souhaitait s’imposer. Il était ouvert à tout ce qu’on pouvait lui apprendre, et escomptait devenir le meilleur joueur possible. Nous avons alors essayé de nombreuses choses, procédé à de multiples ajustements. C’est la seule manière de coacher que je connaisse : tenter des choses, tester des situations concrètes, afin d’apprendre de ses erreurs et de devenir un meilleur joueur. Richaun s’est épanoui. C’était merveilleux de le voir, grâce à son travail, devenir le joueur que nous pensions lui comme moi, qu’il pouvait devenir ».

Les progrès constants et probants du natif de l’Illinois n’ont pas été corrélés à une plus large exposition auprès des recruteurs. Une constante de sa carrière.

Encore aujourd’hui, le coach du programme de Moraine Valley Community College, Dedrick Shannon ne s’explique pas ce désamour pour celui qui fut son protégé pendant une saison. 

« Je pense tout simplement que les programmes de Division I n’ont pas correctement fait leurs devoirs. Si j’avais été un coach de première division, je l’aurais aussitôt signé. Nous étions ravis de pouvoir compter sur lui. Il pouvait jouer à un tout autre niveau de compétition mais il n’avait pas encore rencontré les bonnes personnes ».

Capable de faire face à l’adversité et à la déception, le garçon n’en demeure pas moins loyal. Après avoir donné son accord pour rejoindre l’écurie de Dredick Shannon, le jeune homme reçoit une offre de Cal Poly qu’il rejette pour honorer son engagement à l’égard de Moraine Valley Community College.

« Il s’est engagé avec nous en juillet 2011. Et en dépit de l’intérêt tardif qu’il suscita auprès de programmes de D-I, son père nous a indiqué qu’ « ils » allaient nous rejoindre. « Nous vous avons donné notre parole et nous la tiendrons. Nous viendrons au moins pour une saison pour honorer notre engagement. C’est le type d’éducation que nous avons donnée à Richaun. Quand il donne sa parole, il la respecte », raconte Shannon. 

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Homme de parole, Richaun Holmes a trouvé en Dredick Shannon un authentique mentor à qui, il a aussitôt accordé sa confiance et exécuté avec zèle les recommandations.

« Coach Shannon m’a dit que si je rejoignais son programme et si je lui faisais confiance, si je travaillais dur, il m’aiderait à réaliser mon rêve de jouer au basketball dans un programme de D-I. Il m’a appris à utiliser mon corps, à en tirer avantage et fait prendre conscience du constat que si je ne faisais rien d’autre que de courir sur le parquet et gober les rebonds offensifs, je pourrais tourner à 10-12 points de moyenne ».

Le prospect ne s’est toutefois pas contenté de courir sur le parquet et de profiter de ses attributs physiques et athlétiques au rebond offensif.  Une seule saison de junior college basketball, a suffi pour faire prendre conscience aux recruteurs de leur erreur.

Il clôt son premier exercice universitaire avec 19,3 points, 9,3 rebonds et 5,2 contres par match. Des productions qui lui valent l’honneur d’une Junior College All-American team.

« Je savais au fond de moi que je pouvais évoluer à ce niveau. Ma poussée de croissance m’a contraint à réaliser d’énormes ajustements dans mon jeu. J’ai du apprendre à savoir bouger mon corps, à scorer au poste, à défendre sous le cercle. Mais à 6’9, j’étais encore capable de me déplacer de la façon dont je le faisais quand j’étais un joueur extérieur. C’était comme combiner les meilleurs éléments de chacun des deux univers ».

Dès ses premiers pas à cet échelon, il sut se mettre en exergue. En effet, lors du tournoi organisé au Southeastern Community College dans l’Iowa, où participait aussi Marshalltown, Richaun Holmes a offert une piqure de rappel des plus incisives aux observateurs inattentifs.

« Une des équipes disposait d’un intérieur de 6’10 déjà engagé avec Nebraska, une autre avait un intérieur de 6’11 engagé avec North Texas. Richaun a produit un triple-double face à Marshalltown et n’a manqué que d’un ou deux contres, un second face à Southeastern. Très rapidement, ces deux intérieurs se sont mis à sortir au large et à tenter des jump shots, ils ne pouvaient pas prendre le moindre tir à l’intérieur. Le timing de Richaun était incroyable. Il ne se faisait jamais prendre sur des feintes. Quand vous shootiez, vous vous faisiez contrer. » témoigne Dredick Shannon.

Si les coups de fils abondaient sur le standard téléphonique de Dredick Shannon, Richaun Holmes a accordé sa confiance à celui qui est venu le voir en personne, Louis Orr, l’ancien coach de Bowling Green quand il s’est agi de franchir un nouveau cap dans sa carrière en rejoignant la D-I.

Sophomore à Bowling Green, Richaun Holmes produisit 6,5 points à 63,3%, 5 rebonds et 2,3 contres. Poursuivant sa progression linéaire, il en était quitte pour 13 points, 7,7 rebonds et 2,5 contres tout en ajoutant un shoot à trois points à son registre offensif lors de sa saison junior. Le bilan collectif fut moins reluisant cependant avec un bilan de 12 victoires pour 20 défaites qui conduisit à l’éviction de celui qui l’avait recruté. Le prospect dut alors composer avec l’arrivée d’un nouveau coaching staff avant d’entamer son ultime exercice universitaire.

« Le coach Jans exigeait la perfection chaque jour. Il n’acceptait rien d’autre que le meilleur de moi-même. Il m’a enseigné cette constance dans les efforts dont j’avais besoin pour travailler le plus dur possible dès que j’entrais sur un parquet. Il m’a emmené au niveau supérieur ».

Richaun Holmes a su s’adapter à cette élévation du niveau d’exigences et à ce changement de culture comme en atteste Jeff Clapacs, ancien directeur des opérations basketball de Bowling Green.

« Ce fut un grand changement de culture. Il n’avait jamais été autant poussé dans ses retranchements de sa vie, n’avait jamais assumé une telle charge de travail. Mais le coach Jans ne l’a pas laissé pour compte. Dès que Richaun a adhéré au discours du coach, il travailla plus dur chaque jour. C’est alors qu’il a réellement explosé. »

Pour sa saison senior, ses productions chiffrées : 14,7 points, 8 rebonds et 2,7 contres ne furent pas radicalement différentes de celles affichées la saison passée. Néanmoins, la courbe de progression du prospect n’a pas connu d’inflexion, pas plus de soubresauts. Son pourcentage de réussite s’est sensiblement accru après avoir chuté suite à la hausse de ses responsabilités offensives l’an dernier, de 50,7% à 56,3% et son taux de réussite à 3 points est passé d’un médiocre 30% à un appréciable 41,9%.

Un secteur de son arsenal offensif que le prospect a sensiblement travaillé sur les recommandations de son nouveau coach et qui trouvera un écho favorable au regard des aspirations de Brett Brown et Sam Hinkie.

« Quand le coach Jans est arrivé, il m’a fait comprendre qu’il souhaitait que je continue à shooter à trois points, et que je devais sensiblement m’améliorer. J’ai donc placé la focale sur ce point. J’ai pris des centaines, certains jours plus de 1 000 shoots par jour. Et cela a fini par payer ».

Premier joueur de l’histoire du programme à produire : 1000 points, 600 rebonds et 200 contres en seulement trois années passées à Bowling Green, il a conduit son équipe à un bilan de 21 victoires pour 12 revers et en post-season où les Falcons ont remporté leur premier tour lors du tournoi CIT.

Désigné meilleur défenseur de la MAC, il s’est malgré tout retrouvé, à l’issue de son ultime exercice universitaire dans la situation qui a toujours été la sienne, celle de celui qui doit constamment prouver qu’il peut évoluer à l’échelon supérieur.

Conscient du travail à fournir pour accomplir son plein potentiel, Richaun Holmes a parfaitement maîtrisé le processus pré-draft afin de faire gonfler sa cote auprès des décisionnaires.

Son approche du processus pré-draft

Au-delà de ses prestations sur le parquet devant les scouts, Richaun Holmes a su convaincre les décisionnaires lors des entretiens qu’il leur a accordés où sa maturité et son humilité ont séduit ses interlocuteurs.

L’interview de Richaun Holmes par Draftexpress lors du Draft Combine de Chicago. 

Là, où nombre de prospects s’entourent des préparateurs les plus réputés, le néo-sixer s’est tourné vers un homme de confiance, son ancien entraîneur au Lycée, David Dortch.

Avant d’aborder ce processus pré-draft, ce dernier ne comptait pas seulement sur les compétences sociales et les habiletés communicationnelles du jeune homme. Au contraire, sur le fondement des qualités physiques et basketballistiques de son protégé, il se montrait particulièrement confiant.

« Son jeu a tant de potentiel. Il reste un sleeper, mais il dispose d’une large palette de compétences, et il n’est pas effrayé par la concurrence ».

Clapacs abondait dans le même sens.

« Les décisionnaires pense que ses habiletés au contre et au rebond peuvent se transposer parfaitement au niveau supérieur. Plus particulièrement ses habiletés au contre. Son timing, sa longueur, sa capacité à poser ses mains sur tant de ballons, c’est difficile à enseigner. Cela relève pour l’essentiel des instincts. Il a cette vitesse de saut. C’est un contreur d’élite ».

La confiance de son entourage ne se traduisait toutefois pas par des projections favorables dans les mock drafts. Ainsi, à l’issue de la saison universitaire, le jeune homme n’était toujours pas apparu dans celles de Draftexpress.

Il faudra attendre le Portsmouth Invitational pour se familiariser avec le patronyme du prospect qui deviendra le 37ème choix du millésime 2015.

Evolution de la cote de Richaun Holmes chez DX.

Le Portsmouth Invitational, tournant de la carrière de Richaun 

Créé en 1953, le Portsmouth Invitational a, depuis, accueilli les meilleurs seniors évoluant au basketball à l’Université, lors de la fin du mois d’avril. Certaines légendes y ont arpenté les parquets : Rick Barry, Earl Monroe ou encore Dace Cowens dans les années 1970. Puis vinrent, John Stockton, Dennis Rodman, Tim Hardaway et Scottie Pipen. Plus récemment, en 2011, un arrière issu de Marquette, nommé Jimmy Butler usait du tournoi de 4 jours pour lancer sa carrière NBA.

Néanmoins, au terme de sa dernière saison universitaire, Richaun Holmes ne connaissait pas les perspectives que pouvait lui offrir le rassemblement dans la quête d’un contrat NBA, ou plus modestement d’un emploi de basketteur.

« Je n’avais jamais entendu parler de Portsmouth avant cette année ».

Face à ce qui se fait de mieux parmi les seniors du pays, Richaun Holmes, ne se laissa pas happer par la pression. Il fit au contraire étalage de l’ampleur de sa palette.

Les lignes de statistiques du prospect : 14,7 points à 61,3%, 7,7 rebonds, 3,7 contres, 2 interceptions par match conjuguées au troisième meilleur PER depuis 15 ans lui valent d’être désigné dans la All-Tournament Team aux côtés de Treveon Graham (Virginia Commonwealth University), D.J Newbill (Penn State), J.J Avila (Colorado State) et David Laury (Iona) [1].

Plus déterminant pour la suite des évènements, ses prestations attirent l’attention. Dès ses premiers pas dans le tournoi, Richaun Holmes explose aux yeux des scouts, venus nombreux détecter la perle passée inaperçue dans la masse de la médiocrité du championnat universitaire. Lors du match d’ouverture, il se met en exergue : 22 points, 7 rebonds, 6 contres.

Le patronyme de Holmes n’est plus inconnu. Le voici sur les radars.

« Je pense que pour de nombreux observateurs, il s’agissait de la première fois qu’ils me voyaient confronté à des joueurs de haut niveau, face aux meilleurs seniors du pays. Je pense que j’ai plutôt bien performé là-bas, et j’ai mis en évidence mes qualités : mon activité, mon habileté à courir sur le parquet. Je tends à penser que j’ai intrigué de nombreuses équipes ».

Après ses performances lors des confrontations directes avec les autres seniors de la Ligue, Richaun Holmes a eu l’honneur de recevoir une invitation pour le Draft Combine de Chicago s’établissant comme un probable drafté lors de la cérémonie du 25 juin, une perspective que n’avait pas esquissé Draftexpress avant la tenue du tournoi réservé aux seniors.

Pour le jeune homme, le processus pré-draft ne connaissait que ses balbutiements. Fort de ses prestations d’éclat face aux scouts issus de toutes les organisations du pays, Richaun Holmes se voit convier à de nombreux workouts.

« Au bout d’un moment, vous avez réalisé tellement de workouts privés que vous en perdez le compte exact. Mais j’ai passé des tests pour 15 ou 16 équipes. Ils veulent réellement me voir en personne, afin de me soumettre à des exercices spécifiques, analyser dans quelle mesure je m’intégrerai aux joueurs en place et à quel point je correspond à un besoin. Puis, les entretiens leur permettent de mieux appréhender la personne que l’on est, notre parcours, nos motivations ».

« Les équipes n’ont jamais donné un chiffre précis ou un ne serait-ce qu’un niveau mais à chaque fois, je suis reparti avec la confirmation que j’avais marqué des points. Ils m’ont laissé entendre que ma cote était en hausse et qu’ils m’appréciaient ».

Au terme d’un long processus où il n’aura jamais manqué de lever les doutes initiaux des observateurs, Richaun Holmes est devenu le premier joueur à être drafté après être sorti de Bowling Green depuis 1997, et le premier issu de la Mid-American Conference depuis 2003.

« C’est incroyable d’avoir une telle opportunité. C’est quelque chose que j’ai souhaité toute ma vie, rêvé toute ma vie. Et maintenant, cette opportunité se présente. Mais c’est aussi un rappel à l’ordre quant au niveau de travail et d’exigences que cela implique. Vous ne savez pas quel type de portes, Dieu ouvrira devant vous ».

Absent de la cérémonie, le jeune homme a appris avec sa famille devant ESPN, qu’il serait désormais un Sixer.

« J’ai toujours senti que j’aurai une chance de jouer professionnellement quelque part, je ne savais simplement pas où ».

Ce sera donc en Pennsylvanie, qu’il viendra exercer ses talents et se soumettre au programme de développement des jeunes joueurs dont il pourrait tirer les fruits.

Scouting report 

Comme évoqué, plus haut, le prospect a suivi une progression linéaire. Ses moyennes au scoring se sont accrues tout au long de sa carrière universitaire débutée à Moraine Valley Community College et poursuivie dès sa saison sophomore au sein du programme de Bowling Green. Il quitte le monde étudiant sur un exercice où il produisait 20,4 points par 40 minutes.

A son arrivée à l’université, la carte majeure de Richaun Holmes résidait dans ses qualités athlétiques. Son jeu dos au panier et son shoot extérieur demeuraient des chantiers qui auraient désespéré bien des contremaîtres.

Néanmoins, l’étudiant a sensiblement élargi son registre. Son shoot extérieur a ainsi gagné en efficacité. A cet égard, sa progression constante sur la ligne des lancers (62% lors de sa saison sophomore, 70,6% lors de sa saison junior puis 71,2% l’an passé) est encourageante.

Peu à peu, il a su développer un shoot à trois points (30/83 lors des deux derniers exercices universitaires), échantillon faible mais qui s’inscrit dans une progression globale et linéaire qui donne à lire une authentique marge de progression.

Sa capacité à étirer les défenses grâce à un shoot extérieur fiable conditionnera irrémédiablement sa faculté à opérer avec succès dans la Grande Ligue dans un rôle de face-up power-forward qui lui semble prédestiné.

« Je dois être capable de rentrer ce shoot à mi-distance. Je peux le faire plutôt correctement aujourd’hui mais en NBA, cela devra être automatique. Je ne suis pas effrayé à l’idée de travailler très dur. Je continue de prendre des centaines de shoots par jour, de travailler dur comme tous mes coachs me l’ont appris ».

Par ailleurs, Richaun Holmes est un formidable athlète, doté d’un bon premier pas et d’une belle vitesse de déplacement pour sa taille. Si son footwork lui permet de scorer à l’intérieur, son dribble gagnerait à être travaillé. Joueur intelligent, étudiant dévoué, le prospect est conscient de ses lacunes et escompte les dissiper.

« J’ai beaucoup travaillé sur mon dribble et ma conduite de la gonfle. Je dois être en mesure de réaliser les mouvements nécessaires pour me créer mon propre shoot quand cela me le sera demandé.

Au poste, le prospect a également étoffé son répertoire, usant de hook shots par dessus l’épaule gauche d’autant plus difficiles à arrêter qu’il jouit d’une remarquable élévation. Si la transition entre la modeste MAC et la Grande Ligue risque de restreindre son registre, Richaun Holmes présente les attributs pour évoluer en face-up et pour dominer son adversaire en sortie de dribbles.

Conscient de ses limitations intrinsèques, le néo-sixer sait saisir les opportunités pour alourdir la table de marque. Solide rebondeur offensif (4 prises par 40 minutes), il convertit parfaitement les opportunités ainsi créées. En NCAA, grâce à son explosivité, ses qualités athlétiques et sa puissance, il parvenait à conclure avec le contact.

Son répertoire sans ballon se dote d’appréciables et constants déplacements qui en font, compte tenu de ses prédispositions athlétiques, une menace sur pick and dive.

En dépit de l’implémentation de différentes armes à son arsenal offensif, Richaun Holmes se distingue avant tout par son impact en défense. Rappelons qu’il a ainsi remporté la distinction de joueur défensif de l’année de la MAC cette saison.

Invité au Draft Combine de Chicago, Richaun Holmes a passé tous les tests physiques qui nous permettent de disposer de l’intégralité de ses mensurations : 2,08 mètres pour 2,17 mètres d’envergure, standing reach de 2,74 mètres pour 110 kilos .

Holmes peut s’appuyer sur des attributs physiques et des qualités athlétiques idoines pour exceller en défense.

Sa longueur, son explosivité, et sa vitesse combinées à ses instincts et son sens du timing aux contres l’autorisaient à réaliser quelques 3,8 contres sur un temps ajusté de 40 minutes, soit la 4ème meilleure marque de la Ligue, juste en dessous des standards de Karl-Anthony Towns (4,2).

Excellent rebondeur défensif où il fait preuve d’une belle lecture des trajectoires, d’un appréciable sens du timing qui lui permet d’aller capter la gonfle au point le plus haut de sa trajectoire, il profitait à l’échelon universitaire de ses qualités athlétiques et de sa volonté sur box-out pour produire 7,4 prises sur 40 minutes.

La faiblesse de la conférence et du calendrier hors conférence de Bowling Green devrait conduire à nuancer les productions chiffrées du prospect.

Néanmoins, Richaun Holmes reste jeune pour un senior. Il ne fêtera ses 22 ans qu’au mois d’octobre. Ses attributs physiques, ses qualités athlétiques et ses progrès notables lors des derniers exercices laissent envisager une marge de progression qui pourrait offrir au jeune homme une probante carrière dans la Grande Ligue.

Quel rôle à Philadelphie? 

Convié à la Summer League de Salt Lake City, Richaun Holmes ne tardera pas avant d’avoir l’opportunité de mettre ses talents en exergue. Poste 4 mobile, long, athlétique, bon rebondeur défensif, protecteur de cercle, capable de rentrer ses tirs à trois points, Richaun Holmes semble répondre à l’idéal type du complément idoine à Jahlil Okafor.

Indubitablement, l’association des deux rookies sera largement mobilisée lors de la Summer League. Il sera alors demandé à Richaun Holmes de démontrer sur le parquet qu’il peut évoluer à l’échelon supérieur.


Sources des citations

  • Dortch, Chris, pour NBA.com : Overlooked at every level, Bowling Green’s Richaun Holmes can do it all
  • Wagner, John,pour the Blade Sports, Richaun Holmes on cusp of realizing professional dreams
  • Fisher, Jake, pour Sports Illustrated, Richaun Holmes’ journey from an unknown entity to NBA draft sleeper

Notes

[1] Aucun des 4 ne sera drafté lors de la cérémonie du 25 juin.

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