Joue la comme Tony DiLéo

JoueLaCommeDiLeo 2015 : le projet de Rapha

Tony DiLeo

Pour la troisième saison consécutive, le #JoueLaCommeDiLéo va animer le processus pré-draft. La publication des différentes contributions rédigées dans le cadre de cette vaste consultation va désormais rythmer cette bien trop longue attente. Seconde contribution pour cette édition, le projet de Rapha. Nous vous recommandons par ailleurs, la lecture de ses analyses de la situation salariale des différentes franchises, publiées sur Basket-infos

Une précaution oratoire, pour commencer : je ne suis pas un fan des Sixers, mais des Wolves. Elevé à l’école David Kahn, qui est une sorte de mélange entre la folie de Sam Hinkie et l’incompétence de Isiah Thomas. Quand votre foi en Hinkie vacille, dites-vous une chose : aucun GM ne peut être pire que David Kahn. Un homme capable de transformer les droits sur Nicola Mirotic et Chandler Parsons en Malcolm Lee et un second tour est le diable incarné.

Bref, je vais m’atteler à la tâche de GM des Sixers avec, sans doute, un peu plus de recul qu’un fan. Et, aussi, une connaissance bien moins fine de l’effectif (c’est du pur sadisme, ce roster : on commence à peine à reconnaître Elliot Williams que, paf, il n’est plus là. Et voilà qu’il faut essayer de reconnaître JaKarr Sampson).

Première étape, la draft.

Pick 3 : Priorité absolue, D’Angelo Russell. Le roster a besoin d’une star à l’arrière, et Russell a les capacités pour le devenir. Sa capacité à jouer sur les deux postes arrières, son shoot, sa vision du jeu, son leadership, ses qualités sur pick-and-roll – une arme essentielle pour jouer avec Noel et Embiid – en font le prospect idéal. Certes, il n’est pas le plus athlétique des meneurs, mais Stephen Curry non plus. L’hésitation avec Mudiay, à mon sens, n’a pas lieu d’être. D’abord parce que Mudiay reste un pari, et que, pour la troisième année du projet reconstruction, il est temps d’aller vers des valeurs sûres. Et surtout parce qu’il me paraît moins cohérent de choisir un meneur incapable (pour l’instant, du moins) de shooter de loin alors même que le duo Noel-Embiid n’apporte pas (encore ?) toutes les garanties de spacing nécessaires.

Le problème, évidemment, c’est que Minnesota et les Lakers peuvent choisir Russell. Flip Saunders adore Russell, mais je le vois mal ne pas choisir Okafor ou Towns. Quant aux Lakers, ils ont Clarkson et Kobe, et veulent Rondo : pourquoi prendraient-ils Russell ? (Parce qu’il a plus d’avenir que ces trois-là, ok. Mais je ne sens pas trop LA suivre cette logique). A 95%, Okafor et Towns partiront en 1 et 2, dans n’importe quel ordre. Si jamais les 5% restants venaient à se concrétiser, que faire ? Il est probable que, dans ce cas, ce serait Okafor qui serait dispo en 3. Avoir Noel, Embiid et Okafor dans son effectif me semble un contre-sens complet : avoir trois top choix de draft pour limiter leur temps de jeu sur deux postes ? Le tout sans avoir un seul joueur correct dans le backcourt ? No way !

Dans ce cas, je tente donc de négocier un trade down avec les Knicks, qui seront à coup sûr intéressé par un pivot pouvant jouer dans le triangle. Les Knicks n’ont pas grand-chose à proposer, mais il est toujours possible de leur arracher un de leurs rares tours de draft, voire de monter un échange à trois. Si Phil Jackson ne mord pas, changement de stratégie : je tente le coup avec Denver ( pourquoi ne pas récupérer Ty Lawson ?) ou Boston, qui veut monter dans la draft et a des assets à ne plus savoir qu’en faire. Mais, encore une fois, tout cela me semble peu probable. Okafor et Towns sont trop attractifs pour ne pas être choisis en premier.

Picks 35, 37, 47, 58 et 60 : Beaucoup, beaucoup de picks à gérer. Trop. On va donc essayer d’en monnayer deux ou trois. Il faut être clair, les picks 58 et 60 ne valent pas grand-chose. Ils ne suffiront jamais à monter jusqu’au premier tour. Autant les utiliser pour choisir un joueur à l’étranger, qui ne vienne pas bouffer du cap, ou un pari du genre Robert Upshaw. Les trois autres peuvent permettre de monter dans la draft, mais ça ne me paraît pas un pari à faire à tout prix. Si c’est pour récupérer un 25e choix, autant garder ces deuxièmes tours. Dans l’absolu, le plus intéressant me paraît de transformer certains d’entre eux en futurs seconds tours, afin de garder des assets de côté. Sinon, un Chris McCullough (Syracuse) ou un Cliff Alexander (Kansas) peuvent être des paris intéressants : deux gros prospects, ayant chuté dans la draft pour différentes raisons, et pouvant toujours être des steals éventuels. Je garde aussi un oeil sur Norman Powell et Christian Wood. Le second tour sert à ça, de toute façon : faire des paris.

Seconde étape, les contrats non-garantis

L’effectif comporte quatre contrats non-garantis : Robert Covington, JaKarr Sampson, Hollis Thompson et Isaiah Canaan. Je garde sans hésiter les trois premiers, qui ne coûtent rien et progressent remarquablement bien. Canaan, en revanche, saute. Un meneur qui shoote tout le temps et sans discernement, on en trouve d’autres, et des meilleurs.

Troisième étape, les free agents de l’effectif

Là, c’est un peu plus délicat. Sont concernés Jason Richardson, Luc Mbah a Moute, Thomas Robinson, Ish Smith, Henry Sims et Glenn Robinson III, les deux derniers étant restrictifs. Smith, Sims et Robinson III peuvent aller chercher ailleurs un contrat, ils sont très gentils, mais trop limités (même si j’aime bien Ish Smith, mais les bons meneurs sont légions dans la ligue). Richardson et Mbah a Moute offrent une expérience très intéressante pour un effectif aussi jeune. Si J-Rich est ok, je lui propose un contrat minimum d’un an ; il n’obtiendra pas plus d’une autre franchise, mais peut-être souhaite-t-il rejoindre un candidat au titre. Mbah a Moute mérite sans doute plus : je lui propose 8 m$ sur deux ans, avec une player option pour l’été prochain, lors de la hausse du cap. A prendre ou à laisser. Je donne aussi une chance de se poser à Thomas Robinson, sous la forme d’un contrat d’un an à 2 m$, avec la promesse d’avoir du temps de jeu.

NB : vu les cap holds très importants de Richardson, Mbah a Moute et Robinson, je leur fais ces offres avant même le début de la free agency. Hors de question que leurs cap holds freinent la marge salariale de la franchise.

Si ces trois-là acceptent les offres, l’effectif ressemblerait à cela avant la free agency (et après la draft) :

  • PG : Russell (4.6 m$), Wroten (2.2 m$)
  • SG : Richardson (1.5 m$), Thompson (0.9 m$), Sampson (0.8 m$)
  • SF : Mbah a Moute (4 m$), Covington (1 m$), Grant (0.8 m$)
  • PF : Noel (3.5 m$), Robinson (2 m$)
  • C : Embiid (4.6 m$), Aldemir (2.8 m$)

Avec le contrat « mort » de JaVale McGee, cet effectif pèse 41.6 m$. Soit 25.5 m$ d’espace disponible sous le cap (fixé, a priori, à 67.1 m$).

Ce roster est, évidemment, provisoire, et on peut lui ajouter des second tours éventuels. Tout le monde n’est pas indispensable, loin de là : Aldemir, Thompson ou Wroten, par exemple, peuvent servir de monnaies d’échange éventuelles.

Quatrième étape, la free agency

Je ne suis peut-être pas tout à fait dans la logique de Hinkie en disant cela, mais deux années de tanking me semblent suffire. D’abord parce que, comme on dit en NBA, chemistry matters : une équipe devient bonne par le talent de ses joueurs, certes, mais aussi par la continuité dans le travail et sa capacité à créer des automatismes entre les différentes pièces du puzzle. Il me semble temps, donc, de calmer un peu le turnover incessant des joueurs.

La deuxième raison est stratégique. L’été 2016, quoi qu’on en pense, n’est pas si favorable à Phila. D’abord parce que la draft y est annoncée moyenne (même si, je vous l’accord, ça a le temps de changer). Et surtout parce que la grande majorité des équipes, avec l’explosion du cap, aura de l’espace pour recruter. Or le nombre de free agents intéressants ne sera pas forcément beaucoup plus important ; la concurrence sera donc terrible, et il n’y en aura pas pour tout le monde. Pourquoi ne pas profiter d’être encore une des rares franchises à pouvoir offrir un contrat maximum pour tenter des choses durant la free agency ? Il n’y a, finalement, pas grand-chose à perdre, puisque le cap montera suffisamment pour offrir de l’espace supplémentaire l’été prochain.

Mon but, donc, est de profiter de la free agency pour trouver les deux ou trois joueurs permettant 1) d’encadrer le « Big Three » Russell-Noel-Embiid 2) de faire passer un cap à l’équipe en termes de stabilité et de compétitivité. Pourquoi ne pas tenter de faire comme Boston ou Milwaukee, un run jusqu’aux playoffs pour offrir de l’expérience à ce jeune groupe ? La faiblesse de l’Est rend, à coup sûr, la perspective envisageable.

Au vu de l’effectif ci-dessus, ma priorité est donc de trouver un meneur capable de jouer aux côtés de D’Angelo Russell, lorsque celui-ci sera dans un rôle à la Harden ou Roy : un arrière portant la balle. Le profil idéal est un meneur capable de shooter à 3-pts, pour profiter du spacing créé par Russell, et de défendre, ce qui n’est pas le point fort de la star d’Ohio State. Vous me voyez venir ? Oui, c’est bien de Patrick Beverley dont je parle. Daryl Morey, le GM de Houston, va à coup sûr tenter un coup lors de la free agency et, comme avec Chandler Parsons l’été dernier, jouer sur le cap hold de Beverley (free agent restrictif) pour garder le plus longtemps possible de l’espace sous le cap. Je propose donc une offer sheet à Beverley, avec un contrat autour de 44 m$ sur 4 ans, et attends de voir si Houston s’aligne. Si non, parfait. Si oui, je me rabats sur le plan B : Cory Joseph, des Spurs.

Forcer les autres franchises à payer au prix fort leurs joueurs me semble être une stratégie plutôt sympa, puisqu’elle est sans grand risque : si la franchise rivale s’aligne, pas grave, on leur aura au moins cassé les pieds ; s’il ne s’aligne pas, on récupère un très bon joueur, dont le contrat un peu surévalué deviendra indolore avec la hausse du cap. C’est l’année ou jamais pour utiliser cette stratégie : en plus de Beverley, cela peut marcher avec DeMarre Carroll ou Khris Middleton, Draymond Green et Kahwi Leonard étant à peu près inaccessibles.

Si je parviens à récupérer Beverley, je considère que la free agency est réussie. Je signe juste au minimum ou guère plus une rotation supplémentaire à l’intérieur, soit un 4 capable de s’écarter (Jonas Jerebko, par exemple), soit un pivot (pourquoi ne pas tenter Ekpe Udoh ?). Plus, éventuellement, un troisième meneur. Le tout dépendant, évidemment, des choix faits au second tour de la draft.

Conclusion

Dans l’idéal, mon 5 rêvé serait le suivant :

Beverley-Russell-Covington-Noel-Embiid

Le but est d’être compétitif dès l’an prochain, sans sacrifier la flexibilité acquise depuis deux ans. Avec cette intersaison, la masse salariale serait autour des 58-59 m$, soit largement en-dessous du cap, et, surtout, n’aurait qu’une petite trentaine de millions garantis pour 2016, laissant la possibilité d’être très agressifs durant la free agency que tout le monde attend. Année de transition, donc : si ça marche, l’effectif peut se battre pour arracher une 8e place, ce qui offrirait une expérience considérable ; si ça ne marche pas, il y aura toujours la draft 2016 (avec ses nombreux picks), la free agency et Dario Saric pour compléter l’ossature déjà en place.

Demain, vous retrouverez le projet d’Anthony. 

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