Delaware 87ers

Jamal Jones : vers l’expérimentation du draft and stash local ?

Norvel Pelle, Thanasis Antetokounmpo, Aquille Carr. Pour leur saison inaugurale, les Delaware 87ers avaient su attirer les projecteurs en sélectionnant trois jeunes joueurs aux profils atypiques, qui plus est éligibles à la draft NBA 2014. Si aucun d’entre-eux n’a arboré un jersey des Sixers en compétition, ils drainaient un intérêt que n’ont su susciter leurs successeurs : Rahir Hollis-Jefferson, Joonas Caven et Jamal Jones. Sans figure de proue et privés des faveurs de la nouveauté dont l’effet s’est inexorablement dissipé, les Delaware 87ers ont moins attiré l’attention pour leur seconde saison.

Si, Robert Covington et Hollis Thompson, les deux meilleurs shooteurs de l’effectif ont fourbi leurs armes dans la Ligue de développement après avoir été boudé des scouts, aucun joueur passé par les 87ers ne s’est imposé chez les 76ers. Les aller-retours de Lorenzo Brown entre le Delaware et la Pennsylvanie qui avaient rythmé l’exercice précédent n’ont pas été renouvelés cette année. Drew Gordon est bien venu prêter main-forte à un secteur intérieur qui, au gré des blessures, manquait de profondeur, Jordan McRae a terminé son année dans la Ligue de développement, une fois son expérience australienne révolue, mais aucun joueur des Sixers n’a été affecté à l’échelon inférieur.

Selon Shams Charania de RealGM, les 76ers pourraient explorer une autre façon de mettre à contribution leur franchise affiliée : le draft and stash local. Parmi le réservoir de prospects éligibles à la draft NBA 2015 ayant évolué avec les Sevens cette année, Jamal Jones semble avoir attisé la curiosité de Sam Hinkie.

« Les Sixers m’ont montré de l’intérêt tout au long de l’année. Bien que je n’ai pas connu une excellente saison avec les Delaware Sevens, ils étaient toujours présents aux entraînements et ils ont pu voir ce dont j’étais capable. Ils étaient très intéressés et veulent me convier à des workouts afin d’évaluer les progrès que j’ai réalisés depuis la fin de saison ».

Le prospect de 22 ans n’a pas chômé afin de se présenter dans une forme optimale pour ces essais. Parti parfaire sa condition physique à Delray Beach en Floride, Jamal Jones sera présent à Chicago les 11 et 12 mai prochains pour le D-League elite camp avant de se présenter au PCOM.

Sélectionné lors du second tour de la draft 2014 de la NBDL, Jamal Jones a profité de sa capacité à évoluer sur les postes 2 et 3 pour participer à 46 matchs des 50 matchs que comporte la saison régulière de NBDL. Avec un temps de jeu moyen de 21,1 minutes, il produisait 7,8 points (à 42% dont 34% à trois points), 2,9 rebonds, 0,9 passe, 0,6 interception et 0,4 contre.

En dépit d’une saison en demi-teinte, il ne regrette pas d’avoir écourter sa formation universitaire pour rejoindre la Ligue de développement.

« La D-League m’a appris à quel point il convenait de rester concentré et prêt mentalement afin de faire face aux bonnes comme aux mauvaises passes. Vous devez rester concentré tout au long de la saison. En quittant l’université l’année dernière, j’étais certain de rejoindre la NBDL. Je n’ai jamais considéré la possibilité de m’expatrier parce que je savais que la D-League était une très bonne opportunité de jouer devant une cohorte de scouts, face à une pléiade de joueurs NBA dont certains ont été des lottery picks, et des vétérans qui tentent de revenir dans la Grande Ligue. J’ai beaucoup appris des vétérans et des autres gars plus expérimentés dans la Ligue ».

Les highlights de son record en carrière au scoring.

A défaut d’être parvenu à démontrer sur le parquet l’étendue de son répertoire offensif ou de s’être établi comme une arme de dissuasion massive en défense, le prospect s’est construit en tant qu’homme et professionnel lors de son passage en NBDL.

« Parfois, je pense que j’aurais dû rester à l’Université. C’est principalement ce que regarde aujourd’hui les dirigeants de la NBA : des joueurs qui évoluent à l’Université. Ce n’est pas qu’ils ne s’intéressent pas à la Ligue de développement mais ils peuvent avoir tendance à occulter les joueurs qui sont éligibles à la draft et qui évoluent en NBDL. Parfois, je ressens des doutes quant à ma décision de quitter l’Université mais la vie continue. Vous apprenez des décisions que vous avez prises. J’ai grandi en tant qu’homme au cours des 8, 9 derniers mois ».

Athlétique, capable de défendre plusieurs positions, Jamal Jones sait à quel point sa carrière NBA tient quant à la perception des scouts et décisionnaires de sa capacité à accroître sa régularité derrière la ligne et à un meilleur maniement de la gonfle.

« Maintenant, je dois démontrer aux équipes que je peux rentrer des trois points de manière régulière en NBA. Je ne suis pas persuadé que les équipes connaissent cette partie de mon répertoire. J’ai shooté à 34% cette saison à longue distance, j’ai donc besoin de leur montrer que je peux shooter et driver. Si je parviens à montrer mes capacités, je pense que les équipes NBA peuvent être excitées quant au profil de joueur que je suis ».

« Je peux le faire. Je dois seulement travailler plus dur que n’importe quel joueur qui s’est mis en valeur à l’Université cette saison ».

Prompt à compenser son manque d’exhibition médiatique par sa disponibilité en interviews, Jamal Jones a confié à NBA Draft Blog les principaux arguments destinés à valoriser sa candidature.

« Si une équipe est capable de choisir un joueur de 18 ou 19 ans, pourquoi ne serait-elle pas capable de jeter son dévolu sur un joueur comme moi qui est prêt mentalement mais demeure suffisamment jeune pour qu’il puisse encore progresser. J’ai connu des hauts et des bas mais ils m’ont rendu plus fort, et je ferai ce qu’il faut pour aider mon équipe ».

Le draft and stash local

Après deux saisons conclues avec 19 puis 18 victoires, les Philadelphia 76ers ont squatté les bas-fonds de la Ligue. Néanmoins, à l’aube du troisième exercice sous l’égide de Sam Hinkie, les places dans le roster 2015-2016 seront chères.

La technique a fait grand bruit l’an dernier puisque Sam Presti l’avait alors utilisée à des fins essentiellement financières avec Josh Huestis, sélectionné en 29ème position le 26 juin 2014. En procédant de la sorte, le stratège du Thunder reportait les obligations contractuelles afférentes aux choix du premier tour, tout en conservant la possibilité de développer le joueur au sein des Tulsa 66ers, désormais relocalisés à OKC et sobrement dénommés Blue.

La manoeuvre n’était toutefois pas inédite puisque le Thunder avait peu ou prou procédé de la même manière avec Grant Jerrett. Or, c’est précisément dans cette optique de l’extension des moyens de contrôle sur les destinées d’un nombre toujours plus conséquent de prospects que Sam Hinkie pourrait expérimenter ce draft and stash local.

Avec a minima 6 choix de draft pour la prochaine cuvée (entre 1 et 3 choix du premier tour, 5 dans le second), le GM des Sixers ne sera pas en situation d’intégrer l’ensemble des joueurs sélectionnés le 25 juin prochain dans son roster qui débutera le prochain exercice. S’il escompte percevoir les dividendes des choix de draft qu’il a accumulés, le décisionnaire devra trouver des moyens de contourner la restriction à 15 joueurs sous contrat.

Concrètement, le draft and stash local ne diffère qu’à la marge de ce qui se pratique avec les prospects qui sont envoyés à l’étranger pour fourbir leurs armes et dont les Sixers ont abondamment profité au cours des deux dernières années : Arsalan Kazemi (Iran puis Chine), Vasilije Micic (Allemagne), Dario Saric (Turquie), Jordan McRae (Australie). La franchise disposerait des droits sur le joueur sans mobiliser un spot dans leur roster tout en bénéficiant de la possibilité de contrôler son développement, délégué à une tierce franchise dans le draft and stash à l’étranger.

S’agissant d’un joueur qui n’est au mieux attendu en toute fin du second tour, l’intérêt de l’expérimentation envisagée réside dans la maximisation des conditions de contrôle du développement du prospect.

Eu égard à la grille salariale en vigueur en D-League, le draft and stash local ne peut être envisagé que pour des joueurs de second calibre, enclins à parier sur leur propre capacité à se révéler dans un contexte où leur comportement sur et en dehors du parquet sera scruté avec minutie. Avec un excédent de choix du second tour, dont les choix 58 et 60, et une flexibilité dans la gestion des places disponibles dans le roster qui se restreint à mesure qu’il met la main sur des prospects qui se révèlent, Sam Hinkie trouverait dans ce draft and stash aux Delaware Sevens, les ressources nécessaires à son travail d’évaluation d’un large éventail de jeunes talents dont le prive l’avancement du processus de reconstruction des Sixers.

Comments

Les plus populaires

Sixers-France se veut le lieu de rassemblement de la communauté des fans des Philadelphia 76ers. Site de référence sur la franchise, vous y retrouverez toute l'actualité concernant votre équipe favorite.

Fouillez dans les archives

Facebook

Copyright - Sixers-France © 2012-2016

To Top