Chroniques

Dario Saric, MVP d’Euroligue en novembre. Quand à Philly?

Symbole de la politique de sélection des prospects à la draft et de la constitution d’une collection d’assets de Sam Hinkie, Dario Saric donne du crédit au choix opéré par le décisionnaire en juin dernier.

Si les déclarations intempestives de son entourage en début de saison réactualisent les craintes qu’elles laissaient déjà peser lors du processus pré-draft, le prospect a su faire parler de lui pour ses performances au plus haut niveau européen. Avec une production moyenne de 15,5 points (à 56,09%), 7,8 rebonds, 2 passes et 1 interception lors de ses quatre matches du mois de novembre, Dario Saric est ainsi devenu le plus jeune joueur auréolé de la distinction de MVP du mois en Euroligue. Alors que Furkan Aldemir s’apprête à rejoindre les Sixers après avoir signé un contrat de trois ans avec Galatasaray, l’avenir du croate et l’horizon de son l’arrivée en Pennsylvanie méritent d’être interrogés au regard des dispositions du CBA.

Ses highlights en Euroligue au cours du mois de novembre

Le contrat de 3 ans, signé par Dario Saric avec l’Anadolu Efes peu avant la draft 2014 présente une clause de sortie à l’issue des deux premières années. L’ailier dispose donc de la possibilité de rejoindre les Sixers à l’aube de la saison 2016-2017, là où Michael Carter-Williams et Nerlens Noel seront dans la dernière année de leur contrat rookie. La situation du prodige semble limpide mais peut-être rapidement brouillée par les déclarations et influences de son entourage.

Lors de sa présentation à Philadelphie, il s’était laissé aller à quelques largesses quant à l’interprétation de ses obligations contractuelles. Puis, après un mondial espagnol où la Croatie a buté sur une sublime équipe de France, son paternel s’était publiquement offusqué du manque de temps de jeu de son rejeton, laissé sur le banc par Dusan Ivkovic lors des deux premières rencontres du championnat turc.

Dans une modération caractéristique du personnage, Monsieur Saric s’autorisa même à menacer le club turc d’une dénonciation du contrat signé quelques mois plus tôt…avant de se raviser. Titularisé pour le premier match d’Euroligue (victoire 82-76 face à l’Unics Kazan, 9 points, 3 rebonds, 3 passes) Dario a finalement tiré profit de la blessure de Nenad Kristic pour glaner le temps de jeu que son talent impose.

La situation de Furkan Aldemir a pu faire naître de nouveaux espoirs parmi les fans les plus impatients. Il n’en est rien. Engagé pour 3 ans par Galatasaray, l’intérieur turc a pu se défaire de son engagement contractuel en raison des problèmes économiques du club. A la tête d’une fortune personnelle de quelques 1,2 milliards de dollars (Forbes 2013), Tuncay Ozilhan, le propriétaire de l’Efes a les reins solides et ne laissera pas filer son joyau d’ici à 2016.

A compter de 2016, le destin de Dario Saric sera entre ses mains et celles de son conseiller financier. S’il ne cache pas son désir de rejoindre la NBA « Je ne suis pas un menteur et un jour, je serai de retour à Philadelphie, c’est certain », le prospect pourrait toutefois opter pour une année supplémentaire en Turquie afin d’accroître sa marge de négociation contractuelle avec les Sixers et Sam Hinkie.

Rappelons dès à présent que les contrats des joueurs draftés au premier tour sont régis par la rookie scale. Sélectionné au 12ème choix, Dario Saric n’y échappe pas. Lors de sa saison rookie, le croate sera éligible à un contrat de 1,8 millions de dollars avec une marge de négociation de plus ou moins 20%. En pratique, les rookies obtiennent le plus souvent le maximum possible. Michael Carter-Williams, Nerlens Noel et Joel Embiid ont, ainsi, tous obtenu un contrat majoré de 20%. Ainsi, Dario Saric pourrait donc percevoir quelques 2,2 millions de dollars lors de son arrivée dans la Grande Ligue.

Reste une possibilité pour le croate de se soustraire aux impératifs de l’échelle salariale des contrats rookies : rester 3 ans en Turquie. Selon le CBA, si un choix du premier tour ne signe pas avec l’équipe qui détient ses droits, 3 ans après sa draft, il peut négocier un contrat de 3 ans au-delà du seuil des 120% fixés par l’échelle salariale pour peu que la franchise dispose de la latitude adéquate sous le cap.

La marge de négociation de Dario Saric ne sera toutefois pas extensible à souhaits. Il ne pourra négocier qu’avec l’équipe qui détient ses droits NBA, en l’occurrence les Sixers. Dès lors, l’intérêt financier pour le Croate semble d’autant plus limité que pour s’offrir cette marge de manoeuvre, il devra faire une croix sur une saison et une année d’émoluments NBA. Bien que l’exactitude des montants reste largement questionnable, le contrat de Dario Saric s’élèverait, selon Eurobasket à 2 millions d’euros sur 3 ans, soit quelques 2,6 millions de dollars. Il percevra alors 866 000 $ pour sa dernière année de contrat en Turquie soit deux fois moins qu’aux USA (2,2 millions auxquels il convient d’ôter 40% de taxes).

L’intérêt de prolonger l’expérience en Turquie ne semble pas de nature à se justifier sur la base de l’appât du gain. Au contraire, une telle ligne de conduite devrait l’inciter à traverser l’Atlantique en négociant un buyout à l’issue de la prochaine saison. Ce dernier est évalué à 800 000$. Naturellement, le CBA (Excluded International Player Payment Amount) autorise les Sixers à s’acquitter d’une. Pour la saison 2016-2017, ce montant est fixé à 650 000$. Les 150 000$ restants demeurent alors à la charge du croate. La différence étant infime, nul besoin de structurer un montage complexe, ces quelques deniers seront retirés de ses émoluments.

Le contrat basé sur l’échelle salariale des contrats rookies demeure l’option la plus favorable à très court terme (saison 2016-2017) pour le prospect et son entourage. La différence sera toutefois si marginale que les représentants du croate pourraient bien préférer repousser l’arrivée de Saric en NBA pour peu qu’ils estiment être en position d’obtenir le jackpot en 2017-2018 et 2018-2019 alors que les négociations salariales seront débarrassées du joug de l’échelle salariale.

Mais là encore, la marge de manœuvre des représentants du croate sera ténue. S’il aspire à se frotter au gotha mondial du basketball, comme il le prétend, Dario Saric ne pourra négocier qu’avec les Sixers, à moins de sacrifices colossaux. Afin de se défaire de ses obligations à l’égard de la franchise pennsylvanienne, le croate n’a d’autre choix que de passer une année sans jouer professionnellement. Quand bien même, il quitterait l’Efes pour une autre écurie européenne, ses droits NBA appartiendraient toujours aux 76ers.

Restera alors l’hypothèse d’une carrière à la Milos Teodosic ou celle d’un trade orchestré par Sam Hinkie pour le priver d’une aventure NBA avec les Philadelphia 76ers.

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