L'interview d'en face

L’interview d’en face – Phoenix Suns

Avec la même constance que les Sixers sur le parquet, nous vous livrons une nouvelle interview d’en face. Ne te vexe pas Eric Bledsoe mais dans le jeu du convive star dans ces colonnes, je choisis sans hésiter Mr. LK. Peut-être, un jour nous t’inviterons. Je sais que tu le prendras mal mais que veux-tu,  j’aime les Suns of Anarchy.

9èmes à l’Ouest, titulaires de 3 choix dans le premier tour, d’une marge de manœuvre salariale colossale, les Suns disposaient des armes pour franchir un cap cette saison. Incapable d’attirer un joueur de très haut standing, le front office s’est attaché à prolonger ses joueurs (Bledsoe, les frères Morris, PJ Tucker) tout en ajoutant une troisième option dans le backcourt avec Isaiah Thomas. Si le recrutement d’une star n’est que partie remise, quelles sont les ambitions de ce roster pour cette saison et jusqu’où peut-il aller en l’état ? (je ne rajoute pas une question sur le début de saison, tu peux y répondre ici, ou ailleurs…bonne nuit)

Lucas :  Plutôt que d’ambitions je pense qu’il est plus juste de parler de projet. Le processus entamé l’an dernier se basait sur une perspective à moyen/long terme et force est de constater que les Suns sont plus qu’en avance au niveau des temps de passage. Lors de sa prise de poste, Ryan McDonough avait pour but de développer les joueurs actuels et d’en drafter encore davantage pour avoir un groupe jeune appelé à progresser sur plusieurs années, ce que les résultats de la saison dernière ont tendance à faire oublier. Des joueurs comme Eric Bledsoe, Alex Len ou les frères Morris sont appelés à être les cadres de l’équipe telle que le general manager l’imagine dans quelques années et aucun d’eux n’est à l’heure actuelle un produit fini. Alors certes, les 48 victoires acquises l’année dernière ont quelque peu modifié le projet à moyen terme et les ambitions à court terme – d’où la quête d’une superstar cette été d’ailleurs – mais il ne faut pas oublier que le projet tel qu’il a été pensé n’est pas censé aboutir dès les deux premières années. Néanmoins, le recrutement effectué cet été et le pallier que l’effectif doit désormais franchir imposent un objectif minimum qui est une qualification en Playoffs, ce qui passe par une victoire sur vos terres dès ce soir.

 

Reclus au fond de la rotation et amenés à obtenir du temps de jeu chez le Bakersfield Jam en NBA D-League, Archie Goodwin, Tyler Ennis et TJ Warren sont des prospects de choix. A l’inverse de ceux qui composent le roster des 76ers, les 3 larrons ne devraient pas être gavés de temps de jeu et encore moins de responsabilités tout au long de l’année. En revanche, ils sont placés dans un environnement sain et participent à des entraînements où il ne manque pas de talents et de compétitivité. Sont-ils, à vos yeux, mieux placés pour accomplir leur plein potentiel que les jeunes Sixers ?

Lucas : Je ne mettrais pas TJ Warren dans le même panier que ses deux compères puisque celui-ci est déjà parvenu à s’imposer dans la rotation après seulement 19 minutes passées sur les parquets NBA. Le fait qu’il soit un scoreur aussi instinctif qu’efficace lui permet d’avoir un impact instantané et cela lui a suffi à reléguer Anthony Tolliver hors de la rotation en moins de deux matches. Ses pointes à 40 et 32 points en D-League prouvent bien qu’il n’y est absolument pas à sa place et le staff l’a bien compris, il ne serait d’ailleurs pas étonnant de le voir gagner encore davantage de minutes au fil de la saison tant son apport est réel, ce qui fait en revanche toujours défaut à Archie Goodwin. Le gros souci de Goodwin est qu’à part son scoring en pénétration il n’a pas grand-chose à apporter à l’équipe, et malheureusement il n’a que très peu progressé dans les autres secteurs du jeu depuis l’année dernière ce qui, conjugué à l’arrivée d’Isaiah Thomas, l’a complètement exclu de la rotation des arrières qu’il peinait déjà à intégrer l’année dernière. J’ai toujours été sceptique face au potentiel qu’on lui prêtait et il apparait désormais clairement que si un tel potentiel existe, ce n’est pas à Phoenix que celui-ci se manifestera. En ce qui concerne Ennis, sa place dépendra beaucoup de la réussite ou l’échec du pari Dragic-Bledsoe-Thomas. Si ce trio fonctionne, Ennis n’aura aucun temps de jeu. S’il échoue, Hornacek devra se tourner vers un meneur davantage gestionnaire que ne l’est Thomas et Ennis pourrait être ce meneur. Il est donc sans doute trop tôt pour tirer des conclusions quant à son cas.

 

A l’intersaison 2013, au sortir d’une saison terminée avec 25 victoires, Ryan McDonough s’était appliqué à consolider sa collection de tours de draft et de jeunes joueurs au potentiel partiellement exploité, ce qui avait conduit nombre d’observateurs à envisager un processus de reconstruction par la draft similaire à celui qu’entreprend Sam Hinkie à Philadelphie. Forts d’une traction arrière qui a rapidement trouvé ses marques, des éclosions de Gerald Green et de Miles Plumlee à un niveau inattendu et d’un système de jeu qui magnifiait les qualités de chacun, les Suns ont troqué leur bonnet d’âne pour revêtir les habits du poil à gratter de la conférence Ouest. Quel regard portez-vous sur ce que font actuellement les 76ers ?

Lucas : Je reste assez partagé sur la stratégie de Sam Hinkie. D’un côté, je suis admiratif vis-à-vis de sa capacité à ne faire aucune concession qui pourrait nuire au développement de son projet, mais je ne suis pas pour autant complètement convaincu du bien-fondé de celui-ci. Il veut monter une équipe composée uniquement de hauts choix de draft, et il va y arriver. Néanmoins, je ne suis pas certain que ces jeunes joueurs, aussi talentueux soient-ils, parviennent à se défaire de la spirale négative dans laquelle est engluée l’équipe à l’heure actuelle. Il est extrêmement difficile pour un jeune joueur, fusse-t-il un premier choix de draft, de faire d’une équipe qui perd une équipe qui gagne, cela nécessite également un recrutement qui permet de faire évoluer le groupe sereinement vers la victoire, comme ont pu faire les Pelicans, qui après avoir drafté Anthony Davis ont ajouté successivement Holiday, Anderson, Evans puis Asik. A l’inverse, les Kings bénéficient de lottery picks depuis maintenant huit ans et ont été contraints d’en laisser partir la moitié à l’issue de leurs contrats vu que les résultats n’étaient toujours pas là. Je suis conscient que la stratégie d’Hinkie nécessite de mauvais résultats, mais il me semble risqué de lancer de jeunes joueurs comme Carter-Williams ou Noel dans un processus où leurs arrivées rendent indirectement l’équipe plus faible. J’ai peur que la franchise ne se contraigne elle-même à partir de trop loin et que le temps nécessaire à retrouver la victoire s’avère trop long, induisant en conséquence la perte de certains joueurs pourtant considérés comme partie intégrante du projet. Cependant, il n’est pas impossible que le prospect qu’est Joel Embiid suffise par son seul apport à remettre la franchise dans le droit chemin, celui qui est pavé de Ws.

 

 

Parmi les 15 joueurs qui composent le roster des Sixers, si on vous offrait la possibilité d’en récupérer un pour votre équipe, qui serait le prospect sur lequel vous jetteriez votre dévolu ? Et pourquoi?

Lucas : La perspective de prendre Carter-Williams et instaurer un système à quatre meneurs est alléchante, mais comme tu t’en doutes au vu de ma réponse précédente je vais te répondre Joel Embiid. De tous les joueurs présents dans le roster des Sixers il est le seul en qui on peut voir un véritable franchise player, là où des joueurs comme Noel, Carter-Williams ou McDaniels ne seront jamais au mieux que de bons titulaires. Cela dit, un protecteur de cercle comme Nerlens Noel ferait un bien fou à Phoenix étant donné leurs lacunes dans ce domaine, mais ces gros malin n’avaient qu’à le drafter. D’ailleurs Alex Len commence à montrer de très belles choses, peut-être que faire l’impasse sur Noel n’était pas si bête, même s’il en faudra beaucoup pour m’en convaincre.

 

Dans une semaine où les Celtics et les Knicks sont au programme des Sixers, Eric Bledsoe est parvenu au détour d’une déclaration à pimenter la venue des Suns au Wells Fargo Center. Etes-vous de ceux qui pensent que les Widcats torcheraient les Sixers sur une série de 7 matches?

Lucas : J’espère pour ce cher Eric qu’il n’est pas un habitué des paris sportifs parce qu’avec de tels pronostics ses 70 millions risquent de partir rapidement en fumée. En fait je ne vois même pas comment on peut se poser la question. L’effectif des Sixers est composé en grande majorité de joueurs qui étaient les meilleurs de leurs équipes à la fac, des joueurs qui ont depuis progressé aussi bien techniquement que physiquement. Même les remplaçants de Philadelphie mettraient une peignée à cette équipe de Kentucky, aussi talentueuse soit-elle. Cet été, les Wildcats ont battu péniblement 77-72 une équipe de Châlons, qui n’est qu’un milieu de tableau de Pro A, au cours d’un match disputé avec les règles NCAA. Que pourraient-ils faire face à une équipe NBA ? John Calipari l’a lui-même affirmé, son équipe ne tiendrait jamais le coup. Autre exemple, un joueur comme Pierre Jackson était l’un des tous meilleurs universitaires losqu’il jouait à Baylor il y a deux ans. Aujourd’hui, il est meilleur que n’importe quel joueur de Kentucky et pourtant il n’a pas réussi à intégrer le roster des Sixers (en partie à cause de sa blessure) mais quand bien même il l’aurait fait, il n’aurait été que le troisième ou quatrième meneur. Kentucky possède des joueurs qui seront peut-être meilleurs que ceux des Sixers dans cinq ou six ans, et encore, mais à l’heure actuelle s’ils se frottaient à la machine à perdre pennsylvanienne ils repartiraient la queue entre les jambes et avec quelques dizaines de points dans les dents.

Un pronostic pour la rencontre de ce soir ? Qui sortira « vainqueur » du duel à distance entre Alex Len et Nerlens Noel ?

Lucas : Victoire des Suns à l’issue d’un match aussi serré que dégueulasse, ponctué par un nombre incroyablement élevé de pertes de balle, parmi lesquelles une erreur en bas de Len et un marcher de Noel. Tu vois, tu ne vas pas manquer grand-chose au final.

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