Chroniques

Des spécialistes de la draft passent au crible les prospects des Sixers (2/2)

Décriés par certains, moqués par d’autres, les Sixers de Sam Hinkie ont gagné la sympathie des « draftologues » en offrant un temps de jeu sans égal dans la Ligue aux jeunes prospects. Point nodal de la stratégie de l’organisation, le développement des prospects n’est pas une science exacte et comporte une large part de risques que tentent de minimiser le Front Office et le coaching staff. Afin de sonder la pertinence des choix réalisés lors des deux draft orchestrées par Sam Hinkie et de l’efficience du dispositif de développement des joueurs mis en place par la franchise, nous avons sollicité l’expertise de deux observateurs des plus avisés en la matière : Anthony Dubourg que l’on ne présente plus dans ces colonnes, et Guillaume Taxi, l’auteur des analyses vidéos les plus chiadées d’Internet et intervenant du podcast qui enchante vos weekends, l’Echo des Parquets.

Aussi prolixes que passionnés, nos interlocuteurs ne nous ont laissé guère d’autres choix que de publier en deux parties cet entretien. Afin de conserver la cohérence du propos de chacun, il est donc sectionné par auteur et non par thématique. Second volet avec l’expertise d’Anthony.

Commençons sans ambages par les choses qui fâchent et le cas du Rookie de l’année, Michael Carter-Williams. Sélectionné au 11ème choix, Michael Carter-Williams a largement excédé les attentes sur le plan comptable sans pour autant lever les doutes quant à sa capacité à devenir un meneur de jeu d’une équipe compétitive. Comment jugez-vous ses accomplissements de l’année dernière et quelles sont vos attentes pour sa saison sophomore ?

 

Lors de sa Draft, son profil atypique m’intriguait au point de ne savoir quoi en penser.

Par conséquent, mes attentes n’étaient pas définies compte-tenu de ce flou artistique.

Il a remporté le titre de Rookie of the Year au sein d’une promotion peu relevée et dans des circonstances particulières qui donnent lieu généralement à deux types d’interprétations.

Certains prétendent en effet qu’en raison de la vacuité de l’effectif, s’imposer s’avère difficile puisque les défenses ciblent les rares bons joueurs tandis que d’autres affirment au contraire que les défaites programmées débrident le jeu au point d’en faire la chasse à des statistiques nécessairement trompeuses dans ce cadre.

Je reconnais le mérite de sa saison – tous les rookies n’auraient pas su convertir une telle opportunité tout de même – mais je reste mesuré.

Surtout, Michael Carter-Williams s’est vu surinvestir d’importance par les observateurs à mon sens dans la mesure où lui seul, puisque Nerlens Noël était sur le flanc, incarnait le nouveau souffle des Sixers après le départ de Jrue Holiday.

Or, ce dernier a causé un traumatisme – du moins chez les professionnels de la posture esthétique et mondaine de l’indignation, pour ce qui s’agit des non-fans de Philadelphie – qui a poussé une comparaison avec le Pelican.

A ce titre, le prospect qui n’était tout de même qu’un choix 11 dans une Draft médiocre, s’en est très bien tiré.

Cependant, je n’en déduis aucune conclusion quant à son avenir à plus long terme et mon jugement sur ce prospect ne s’est toujours pas consolidé.

Sa saison sophomore s’annonce en revanche salutaire dans cette optique. Je ne m’attends donc pas à des résultats précis du meneur à partir de critères préalablement définis mais je translate mon attention sur sa campagne qui sera forcément révélatrice tout autant du niveau de Michael Carter-Williams que de son avenir, en particulier dans la ville de Pennsylvanie.

Promu leader de fait, Michael Carter-Williams sera privé cette saison de Spencer Hawes qui lui offrait des solutions simples sur pick and pop et de James Anderson dont la présence sur le parquet valait davantage par le spacing qu’il apportait que par la volonté de la franchise de le développer. Avec la pression de son titre de ROY, de celle inhérente à la position de meneur de jeu, ajoutée à celle de leader dans un vestiaire où il est un des plus expérimentés, tout en étant certainement ciblé par les défenses adverses vu le manque de talents offensifs autour, pensez-vous que la franchise place son meneur dans des dispositions à même d’assurer sa progression ?

Est-ce vraiment l’intention de la franchise de placer Michael Carter-Williams dans les meilleures conditions ?

Des bruits sortent déjà pour mentionner la volonté de Sam Hinkie d’acquérir un haut choix de Draft cet été en échange du meneur, même s’il faut toujours les prendre avec des pincettes quand son nom est évoqué.

Dans la mesure où aucun doute n’a été levé, comme précisé dans la première question, la manœuvre aurait fait sens pour profiter de la forte valeur marchande découlant du titre de ROY 2013 qui pourrait s’affaiblir lors de la saison à venir.

Le prospect sera en permanence mis à l’épreuve au cours de l’année qui me semble faire figure de test du meneur pour les instances dirigeantes plutôt que de palier progressif dans l’esprit du stratège de l’organisation. On peut penser qu’il le sait, à en juger par sa mine déconfite à l’annonce de la Draft d’Elfrid Payton, avant que ne soit révélé le transfert entre Saric et le meneur d’Orlando.

S’il échoue, sa place de titulaire sera mise en danger et le front office aura perdu des plumes en ne le cédant pas au plus offrant lors de l’intersaison.

S’il réussit, il aura apporté les preuves de sa capacité à scorer en dépit des éteignoirs adverses placés sur lui et à trouver des partenaires dans leur zone de confort, pourtant si infime.

Deux scénarios se présenteraient alors à nos yeux :

Le premier verrait Sam Hinkie surfer sur l’année pour chercher à nouveau à en tirer la meilleure contrepartie.

Le second introniserait définitivement dans les habits du projet à long terme.

D’ailleurs, je parlais précédemment de surinvestissement d’attentes en Michael-Carter Williams sans ajouter qu’il trouve aussi ses sources dans les choix du management.

Ainsi, l’épreuve du feu qu’il s’apprête à subir ne devrait pas refléter son réel poids dans l’effectif s’il y reste. On peut légitimement conjecturer que les épaules de Noel, Embiid et un top pick 2015 devraient le supporter en grande partie, réduisant ses responsabilités.

Dans cette perspective, la logique des Sixers pourrait être résumée en quelques phrases :

« Quand tu sais que tu peux mener l’équipe au scoring et servir correctement un Henry Sims, alors tu n’auras aucun problème à moins te fatiguer à rentrer des paniers et à trouver Joel Embiid. Le jeu te paraît tout d’un coup beaucoup plus facile, tu es plus en contrôle… et tu peux mettre un coup d’accélérateur si besoin est. »

Sélectionné en 6ème position lors de la draft 2013, Nerlens Noel fut le premier choix « polémique » de Sam Hinkie. Pour le jeune pivot défensif de Kentucky, victime d’une rupture des ligaments 5 mois avant la draft 2013, le GM n’a pas hésité à envoyer Jrue Holiday chez les Pelicans. Protégé par la franchise, Nerlens Noel a passé sa première saison dans la Ligue à travailler individuellement avec le coaching staff et à assister aux rencontres en costume. Prêt à renouer avec la compétition, Noel a vu les 76ers drafter Joel Embiid avec leur 3ème choix de la dernière draft. En prévision de son association future avec le camerounais, ce n’est pas à son poste naturel qu’il est amené à évoluer cette saison mais bien au poste 4. Que vous inspire cette décision de l’organisation ? Soutenez-vous la ligne de conduite de la sélection du meilleur talent disponible ? Pensez-vous viable le repositionnement de Nerlens Noel au poste 4 ?

Tout d’abord, je distingue une seconde interprétation, de la décision de l’organisation de positionner Noël en 4, complémentaire de celle soulevée par la question.

Outre paver la voie à une éventuelle future collaboration avec le Camerounais, elle a l’avantage de préserver l’ancien Wildcat pour ses premiers pas dans la ligue.

On a beaucoup glosé sur le travail fait par l’intérieur sur son corps afin de le hisser aux standards de la NBA. Cependant, ce dernier n’a pas encore été mis à l’épreuve et demeure une inconnue.

Le physique Philly-forme de l’ex-Wildcat, après un premier renforcement, peut-il réellement supporter la pression physique et les coups de coudes des mastodontes les plus impressionnants de la Ligue ?

Rien n’est moins sûr à l’heure actuelle. Or, toute nouvelle blessure apparaîtrait d’autant plus préjudiciable à son développement, et à sa carrière, qu’il sort une première saison blanche.

Il a donc pu apparaître sage au management de la franchise de seconder son rookie d’un adjuvant moins étincelant – en deux mots, un Henry Sims – afin de le préserver.

Cependant, un tel raisonnement atteint rapidement ses limites puisqu’il faudrait bien se risquer un jour à lancer le prospect dans l’arène sans filet.

La sélection de Joël Embiid tombe ainsi à point nommé. Le Jayhawk vient endosser le rôle de centre d’attention dans la raquette et délivre Noël de cette charge.

De plus, son repositionnement en 4 présente des avantages. A l’heure où les équipes favorisent les ailiers forts fuyants, l’ex-Wildcat a la vitesse et la vivacité requises pour sortir sur les shooteurs. Un bonheur n’arrivant jamais seul, ces profils, de plus en plus en vogue, sont généralement moins épais que les postes 4 traditionnels, épargnant d’autant plus le corps de Nerlens Noël.

A titre personnel, je contestais déjà la présentation du « pivot » lors de sa Draft, répétant à l’envi que son morphotype m’inspirait plus une comparaison à Serge Ibaka qu’à Kendrick Perkins.

Par conséquent, je ne suis pas sûr de considérer cette décision comme un véritable repositionnement mais tout simplement comme le choix logique compte-tenu de son profil, et de la différence entre NCAA et NBA.

Reste la question de la coexistence en attaque des deux intérieurs de Philadelphie à solutionner.

Toutefois, entre l’espoir raisonnable de voir dans les deux années à venir Nerlens Noël développer un tir à mi-distance fiable, source de toutes les attentions dans la ville de l’amour fraternel, et l’impression laissé par les séries de trois points effectués lors des work-outs de Juin dernier par l’utilisateur de Twitter le plus inventif, l’éventuel problème de spacing relève de la chimère, et pas dans le sens Warcraft- ou FinalFantasien du terme.

Pour en revenir à la Draft de Joel Embiid, je soutiens évidemment la ligne de conduite du choix du meilleur talent (perçu) disponible, qui est la seule qui vaille à ce stade du processus.

Lorsque l’on entame une saison pour obtenir une haute sélection à la Draft fin Juin, ce ne peut être que pour trouver un franchise player autour duquel construire.

Rien ne garantit que Michael Carter-Williams, Nerlens Noel ou Brandon Davies en aient les épaules donc la question ne se posait tout simplement pas à mes yeux.

En attendant le retour de Michael Carter-Williams à la compétition, c’est Tony Wroten qui assurera la mène pour les Sixers. Redoutable slasheur, insatiable dribbleur, le joueur acquis gratuitement l’été dernier est à l’aise dans le jeu en transition et a profité d’une faible concurrence pour s’imposer comme le sixième homme de l’équipe. Quel est pour vous l’horizon de ce joueur ?

L’interrogation fait tout de même la part belle au meneur et nous laisse le soin de souligner ses insuffisances.

J’avais tenté, à la faveur d’un compte-rendu de match NCAA, de forger un concept englobant un certain nombre de prospects et qui s’applique assez justement à Wroten selon moi.

La catégorie en question s’était intitulée « sleepy hollow » ou cavalier sans tête, en référence à la production cinématographique éponyme de Tim Burton.

Pour définir en quelques attributs le profil type, il s’agit d’un meneur/arrière rapide, dribbleur efficace, finisseur impressionnant mais dépourvu de shoot extérieur, tendant à forcer les choses assez systématiquement, incapable de ralentir sa vitesse de 100 km/h et ne voyant que très rarement ses partenaires, obnubilé qu’il est par le panier, donc susceptible plus qu’un autre de commettre des erreurs de jugement qui tirent les larmes du fan peu versé dans le street ball.

L’expression avait été employée au sujet de la première performance d’Archie Goodwin avec Kentucky mais les premières années d’un Rodney Stuckey en NBA peuvent faire figure d’exemple auprès du lecteur n’ayant pas suivi les débuts du Sun.

Le constat actuel étant ainsi posé, l’horizon de Tony Wroten est tributaire de la capacité et la volonté du joueur à combler ses lacunes.

En l’état, l’ancien grizzli est un chien fou.

Pourtant, chacun sait qu’en playoffs, les chiens aboient, la caravane passe.

Par conséquent, la clé de son insertion dans une équipe relativement ambitieusement réside dans l’apprentissage d’un jeu placé, qui risque de ne pas encore être tout à fait de rigueur aux Sixers lors de la saison à venir.

Si Wroten réalise sa mue, je ne vois pas de raison de ne pas le considérer comme 6ème homme potentiel de Sixers prétendant au Graal même s’il pourrait tout aussi bien chercher un point de chute compétitif où il pourrait débuter les rencontres.

Sinon, le prospect n’est pas perdu pour la NBA et aura l’occasion d’évoluer dans différentes écuries – sauf échec du projet de Philadelphie – aux ambitions modestes et de prendre son pied au sein d’une formation au jeu débridé en jouant sur ses qualités.

En se séparant de ses joueurs les plus expérimentés, Sam Hinkie a rompu avec l’idéal type d’un environnement propice au développement des jeunes joueurs où de rares prospects côtoient des joueurs expérimentés qui leur sont supérieurs et des vétérans capables de leur prodiguer de précieux conseils. A ce cadre classique, le décisionnaire a privilégié la mise en concurrence de prospects entre eux, leur garantissant ainsi un large temps de jeu et une certaine compétitivité lors des entraînements. Pensez-vous que l’environnement proposé aux prospects soit optimal ? Si tel n’était pas le cas, quels ajustements envisageriez-vous afin de maximiser les chances de ces joueurs d’accomplir leur plein potentiel ?  

Je ne suis pas contre le principe dans l’absolu. Cependant, la pratique ne m’a pas pleinement convaincu.

En premier lieu, l’encadrement, très important pour la progression des espoirs, n’est pas le meilleur que l’on puisse escompter.

Si l’on part du principe qu’on maximise les places réservées aux jeunes, deux vétérans demeurent indispensables, ce que Philadelphie a mis en œuvre avec Jason Richardson et Luc Mbah a Moute.

Première objection : la logique voudrait que l’effectif concilie un intérieur et un extérieur capés afin d’apporter des expériences de jeu différentes, ce qui n’est pas le cas en l’occurence. Emeka Okafor toujours libre, mais prisé, serait la solution idéale. Kurt Thomas, un Kenyon Martin apaisé, je me perds en conjecture…

Ensuite, quitte à privilégier les extérieurs, j’aurais recherché un meneur, poste qui requiert sans doute le plus de QI basket et qui produit le plus de coach parmi les anciens joueurs, en raison du rôle de leader que l’organisateur du jeu tend à enfiler dans moult situations.

Un Mo Williams était notamment sur le marché et a accepté de rejoindre le Minnesota sachant l’avenir de Love sur un fil…

Enfin, j’émettrai une dernière réserve en nuançant l’apport de Mbah A Moute à travers la reproduction ici d’un commentaire antérieur.

Je trouvais sa venue assez judicieuse dans un premier temps du fait de sa proximité avec Embiid mais aussi et surtout de son profil défensif proche de certains prospects susceptibles de profiter de son expérience.

Cependant, si la pertinence du move auprès d’Embiid est acquise, et pourrait justifier à lui seul sa présence si on considère bien ce dernier comme le FP à venir, je questionne un peu plus son apport auprès de ses homologues.

Ainsi, il n’a passé « que » 7 saisons en NBA sans jamais atteindre les 30 minutes par match. De même, l’article (sur lequel le commentaire portait ndlr) précise qu’il n’est pas trentenaire.

Une telle longévité est déjà un (grand) accomplissement en soi, entendons nous bien, mais quand bien même ce CV reste des plus respectables, il y aurait sûrement d’encore plus vieux briscards capables de ‘materner’.

Autre petit couac, il n’a connu que des organisations de valeur discutable avec les Bucks, les Kings et les Wolves. Mbah A Moute n’a donc jamais été dans une structure connue pour sa philosophie gagnante.

Par voie de conséquence, il a peu d’expérience en playoffs, limitée au premier tour sauf erreur de ma part donc des matchs avec moins d’enjeux que des Finales de Conférence au sein d’équipes ambitionnant le titre, étant entendu qu’une telle prétention de la part des trois franchises citées relève de la pantalonnade.

Bref, quoique je conserve de l’estime et de la considération pour le joueur, il n’a pas intégralement le profil parfait pour sa fonction même s’il ne manque pas non plus d’arguments.

En clôturant le chapitre sur le spécialiste défensif, et plus généralement le volet sur l’encadrement, j’en viens aux prospects.

En rassembler le plus possible me séduit. Dans le même temps, je déplore un peu leur absence de complémentarité. Je cible en particulier ici le poste 3.

Hollis Thompson s’est imposé, au moins temporairement, à la position en tant que titulaire. Cependant, derrière, l’effectif compte KJ McDaniels, Jerami Grant, et JaKarr Sampson.

Concrètement, ce sont trois forces de la nature qui n’ont pas le jeu pour s’exporter au poste 4, par ailleurs dévolu à Saric sur le banc, et shooteurs en phase d’apprentissage plutôt que spécialistes, ce qui est handicapant pour devenir arrière bien que l’adresse d’Hollis Thompson puisse s’en accommoder.

En définitive, j’y vois un peu une nouvelle édition d’A la recherche du nouveau Kawhi Leonard/Jimmy Butler, dans lequel on empile les candidats plus ou moins voués à se marcher sur les pieds.

Il en découle des conséquences fâcheuses.

D’une part, chaque prospect requiert une attention accrue pour son développement.

D’autre part, l’argument du temps de jeu supplémentaire reste à éprouver pour les trois prospects, compte-tenu de leur nombre pour des qualités semblables, et du nombre restreint de minutes dans une rencontre évidemment.

Cela dit, je reconnais que je ne saurais pas non plus lequel de ces prospects d’ailier shooter exclure.

J’espère toutefois que Sam Hinkie ne s’est pas seulement fondé sur les qualités athlétiques si nécessaires – le renouveau des Spurs porté partiellement par Leonard et Green l’atteste – qui ne sont jamais le gage d’une carrière réussie.

Terrence Williams, poulain de Gary Payton avant sa Draft – et sans doute après -, certes pas le meilleur mentor, l’a prouvé, lui qui n’avait du reste pas que son physique à faire valoir.

Les moins de vingt ans seront moins sensibles à l’exemple de James White, si représentatif pour les fans expérimentés qui ne l’ont pas effacé de leurs mémoires.

En résumé donc, j’opterais soit pour un changement de vétérans – encore que la présence du Camerounais auprès de son compatriote ne serait pas forcément remis en question -, soit pour une augmentation de leur nombre.

Selon que l’on considère Sims ou Davies le plus dispensable, une place pourrait se libérer à l’intérieur tandis qu’un Casper Ware à un poste aussi compétitif m’apparaît moins profitable qu’un vétéran.

Il faudrait attendre quoiqu’il en soit le cut final pour voir les éléments restants susceptibles d’être libérés.

Outre les principales têtes d’affiche (Michael Carter-Williams, Nerlens Noel, Joel Embiid, Dario Saric, Tony Wroten, KJ McDaniels), quel est le prospect pour qui vous êtes le plus optimistes quant à sa capacité à s’établir dans la durée au sein de la Ligue ? (NB : Ne pas répondre Hollis Thompson sera perçu comme une authentique agression).

Avant toute chose, j’initierais une première ‘authentique agression’ en reportant le lecteur à une réponse précédente. Dans la perspective de constitution d’une armada visant le titre, Tony Wroten ne peut s’imposer à moi comme une tête d’affiche pour les raisons susmentionnées à l’heure actuelle. Il en va de même pour KJ McDaniels qui reste un choix du second tour de Draft, ne l’oublions pas, c’est-à-dire que lui décerner le titre de tête d’affiche serait prématuré.

Pour en revenir au cœur de la question, il me semble particulièrement ardu de dégager un nom en particulier dans la mesure où le critère retenu est la longévité.

Or, il y a mille et une manières de rester dans la ligue.

On peut vivre sur un talent perceptible, relativement rare, malgré un comportement douteux en laissant entrevoir une canalisation future et perdurer un certain temps, à l’image d’un Michael Beasley.

Le cas d’Arnett Moultrie, évidemment beaucoup moins talentueux que le péquin à Pékin Shanghai, mais stretch four, soit un profil à la mode mais pas si répandu, obéirait plutôt à ce cas de figure.

Vendre un ‘potentiel’, parfois jusqu’à la lie, se rapproche sensiblement de la précédente configuration, entreprise réalisée de main de maitre par Anthony Randolph et son agent.

La vitesse, les qualités athlétiques et physiques, socles du potentiel perçu, ne s’enseignant pas, Tony Wroten ou JaKarr Sampson auraient des arguments à faire valoir.

Il est également possible d’apporter une qualité de tireur d’élite régulier, à la manière d’un Ben Gordon ou d’un Kyle Korver dont Hollis Thompson suivrait les pas.

Souvent assimilés sous l’appellation de 3 and D, les défenseurs les plus efficaces organisent leur carrière de manière analogue, comme l’a fait Luc Mbah a Moute.

La distinction est ici opérée puisque dans la pratique, ces spécimens restent avant tout des D avant d’être des 3, ou inversement.

Dans le même ordre d’idée, de nombreux rôles d’energizer en sortie de banc demeurent disponibles pour tout intérieur d’au moins 6’8 ou 6’10 selon le poste susceptible de comprendre rapidement les systèmes de jeu, se placer correctement et donner des coups de coude bien sentis. Nazr Mohammed ou les frères Collins ont réalisé leurs longues carrières sur ce besoin. Henry Sims et Ronald Roberts Jr en prendront de la graine.

Enfin, plusieurs contrats peuvent être obtenus, ou conservés, sur le fondement d’une présence dans le vestiaire, certains joueurs contribuant à la vie saine du groupe, indépendamment de leurs performances sur le terrain.

Kevin Ollie était par ce biais resté dans la ligue malgré un temps de jeu moindre lors de ces dernières années tandis que Kendrick Perkins n’a pas été amnistié, en dépit d’une influence sur le jeu déclinante, en partie pour son rôle de mentor.

Brandon Davies, doté d’un certain caractère, et même d’un caractère certain, d’après les bruits de couloir, a dès lors ses chances de subsister dans l’univers impitoyable de la NBA.

En définitive, je me vois bien incapable de me prononcer sur la longévité relative d’un prospect par rapport aux autres alors qu’elle tiendra à d’innombrables paramètres qui me sont inaccessibles, en plus de relever de cas de figure différents selon le joueur étudié.

On ne peut pas nier toutefois qu’en réalisant une saison rookie à 40% de réussite à 3 points, Hollis Thompson s’est rendu un (premier) fier service.

A ce stade de l’année et avec toutes les inconnues qui pèsent naturellement à cette époque sur les freshmen, si vous deviez revêtir les habits du GM des Sixers tout en étant titulaire du premier choix de la draft 2015, sur quel joueur jetteriez-vous votre dévolu ?

Pour commencer, il faut à nouveau rappeler toutes les précautions d’usage sur la prédictibilité des premiers appelés au cours de la Draft 2015.

Le prospect que j’attends de voir évoluer au niveau universitaire avec le plus d’impatience se nomme incontestablement Karl Towns. L’intérieur porto-ricain de Kentucky présente un profil assez atypique avec notamment des qualités de tir et de passe qui seront alors mises à l’épreuve. Par ailleurs, il semble intelligent et passionné par son sport sur le parquet comme en interview. Son corps, pataud, s’avérait le principal obstacle à ses ambitions mais le travail de dégraissage a apparemment déjà commencé et porté ses premiers fruits.

Le risque de créer un embouteillage avec Embiid/Noel/Saric demeure pourtant non nul.

Dans le même ordre d’idées, Jahlil Okafor, futur élève de coach K à Duke, est en ce jour d’octobre pressenti pour être le premier choix fin juin. Bien que maître d’une solide technique au poste bas, il pourrait faillir à l’objectif en raisons de capacités athlético-physiques humaines – à l’instar de Towns du reste -, et non extra-terrestres comme souvent pour les intérieurs américains récemment choisis à la place la plus favorable (Anthony Davis et Blake Griffin).

L’idéal serait évidemment de glaner avec cette première sélection un guard-ailier doué d’un talent offensif naturel à même de devenir un Franchise player mais personne ne correspondant à cette description ne s’est encore manifesté.

Le plus célèbre, le meneur Emmanuel Mudiay a décidé d’évoluer en Chine, ce qui rendra toute évaluation de son niveau incertaine.

Dans ces conditions, difficile de le sélectionner en première position, à moins d’être à la fois le GM, le proprio et persuadé d’être cornu.

Parmi les scoreurs naturels aux postes intéressés seront vraisemblablement disponibles le sophomore de Jabari Bird de la faculté de California, qui n’a (jusqu’ici) pas les épaules d’un patron ni le QI basket assorti, et le freshman Kelly Oubre de Kansas dont l’intelligence sur le parquet reste à vérifier pour le moment.

Restent les noms de Stanley Johnson, puis de Justise Winslow. Toutefois, ce sont avant tout des ailiers polyvalents hyper athlétiques à fort potentiel qui apprennent à diversifier leur jeu offensif progressivement si l’on en croit les différents rapports de scout.

Une telle présentation caractériserait cependant KJ McDaniels, JaKarr Sampson et Jerami Grant et l’ajout d’un ‘Michael Kidd-Gilchrist n’apporterait pas nécessairement la plus-value la plus substantielle…

De plus, Winslow, plus que Johnson à Arizona, ne risque pas d’être extrêmement responsabilisé offensivement aux côtés du tandem Okafor-Tyus Jones à Duke.

Pourtant, s’ils confirment les espoirs placés en eux, et qu’ils apparaissent possibles Franchise players en fin de saison, leurs patronymes ne pourront, et devront, être exclus des débats.

Cela dit, cette Draft 2015 s’annonce excitante autant pour le meilleur choix des Sixers que pour le reste de la collection de sélections arrachées de haute lutte par Sam Hinkie.

Armé de trois choix au second tour, dont celui du Magic, j’envisage déjà – et précipitamment puisqu’il faudrait connaître le pool de prospects inscrits pour arrêter la décision la plus judicieuse – un trade up pour viser une troisième sélection au premier tour.

Cela dit, de l’argent en plus du pick d’Orlando, et non les deux choix auxiliaires, suffit souvent à s’adjuger un trade up à ce stade de la cérémonie.

En raison de la quête d’armes offensives extérieures de Philadelphie, Wayne Selden de Kansas University ou Caris LeVert de Michigan seront convoités en cas de participation des deux arrières à la cérémonie.

A titre personnel, je resterais très attentif à d’éventuelles chutes de joueurs internationaux qui demeurent invariablement aussi coutumières que ne le sont les huées des fans ivres des Knicks à chacune des sélections de leur franchise ou ne l’étaient les « ovations » dont jouissait David Stern.

Mario Hezonja, talentueux arrière croate du giron barcelonais, constituerait à coup sûr un renfort de poids à moindre frais pour l’attaque des Sixers si tant est que les doutes sur son comportement soient dissipés.

Un dénommé Marc Garcia, issu encore et toujours de la pépinière catalane, a émergé cette année après une progression fulgurante lors de l’année écoulée et sera éligible en Juin prochain. Cependant, n’ayant pas pu le voir à l’œuvre moi-même en raison de sa faible exposition, je me garde de tout jugement et me contente de le positionner sur mon radar jusqu’à l’échéance.

Enfin, il faut garder un œil sur le Letton Kristaps Porzingis, qui se frottera certainement plus à la Liga ACB que l’an passé avec Seville. L’intérieur fuyant avait inscrit son nom à la dernière Draft avant de le retirer.

Suivre l’évolution de l’Espagnol Ilimane Diop qui jouera les doublures de Kim Tillie après celles de Tibor Pleiss l’année passée à Vitoria m’apparaît également profitable pour voir si le pivot charpenté développe sa technique quoique ce profil serait de toute manière valable à un stade reculé de la cérémonie pour complémenter Saric dans la second unit. Le quatuor disposerait des métaux nécessaires pour forger l’une, si ce n’est la, ligne intérieure la plus relevée de la ligue.

N’oublions pas finalement, pour les curieux, Domantas Sabonis, fils du légendaire Arvydas qui a intégré l’université de Gonzaga, quoique les deux seniors de la raquette devant lui dans les rotations devraient l’empêcher de se présenter.

Nous ne sommes pas toutefois pas à l’abri d’une bonne surprise, d’une véritable révélation répondant aux besoins des Sixers donc conservons l’attention la plus scrupuleuse à la saison à venir.

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