Chroniques

Des spécialistes de la draft passent au crible les prospects des Sixers (1/2)

Décriés par certains, moqués par d’autres, les Sixers de Sam Hinkie ont gagné la sympathie des « draftologues » en offrant un temps de jeu sans égal dans la Ligue aux jeunes prospects. Point nodal de la stratégie de l’organisation, le développement des prospects n’est pas une science exacte et comporte une large part de risques que tentent de minimiser le Front Office et le coaching staff. Afin de sonder la pertinence des choix réalisés lors des deux draft orchestrées par Sam Hinkie et de l’efficience du dispositif de développement des joueurs mis en place par la franchise, nous avons sollicité l’expertise de deux observateurs des plus avisés en la matière : Anthony Dubourg que l’on ne présente plus dans ces colonnes, et Guillaume Taxi, l’auteur des analyses vidéos les plus chiadées d’Internet et intervenant du podcast qui enchante vos weekends, l’Echo des Parquets.

Aussi prolixes que passionnés, nos interlocuteurs ne nous laissent guère d’autres choix que de publier en deux parties cet entretien. Afin de conserver la cohérence du propos de chacun, l’entretien sera sectionné par auteur et non par thématique. Premier volet avec l’expertise de Guillaume.

Commençons sans ambages par les choses qui fâchent et le cas du Rookie de l’année, Michael Carter-Williams. Sélectionné au 11ème choix, Michael Carter-Williams a largement excédé les attentes sur le plan comptable sans pour autant lever les doutes quant à sa capacité à devenir un meneur de jeu d’une équipe compétitive. Comment jugez-vous ses accomplissements de l’année dernière et quelles sont vos attentes pour sa saison sophomore ?

 

La campagne rookie de Michael Carter Williams fut tout ce qu’il y a de plus honorable. Pas superbe, ni fantastique, ni même très bonne, mais correcte, en ce sens que Philadelphie peut au moins se rassurer sur le fait que leur choix de draft n’a pas eu de gros soucis d’adaptation ni ne se montre incapable de performer dans la grande ligue. Ce n’est pas un flop, en gros, et c’est déjà ça.

Cependant, il serait dangereux de tirer de trop grandes conclusions de cette saison finalement assez spéciale. En positif comme en négatif d’ailleurs, mais c’est souvent un emballement optimiste suivi de la déception de ne pas voir confirmer qui nous joue des tours plutôt que l’inverse.

D’une part, le contexte très spécial des Sixers de l’an dernier n’est vraiment pas à négliger. Au sein d’une équipe caritative, prête à accueillir un maximum de joueurs inconnus pour les mettre sur le devant de la scène le temps d’un ou deux contrats de dix jours, MCW s’est retrouvé leader par défaut de l’effectif (d’autant plus après le départ d’Evan Turner). Peu nombreux sont les rookies pouvant jouir dès leur entrée dans la ligue d’un temps de jeu aussi important, d’une marge de manœuvre aussi grande, ou d’une telle liberté offensive. Encore moins nombreux sont ceux qui conservent toutes ces responsabilités même en continuant à faire de grossières erreurs et/ou en ne faisant pas gagner leur équipe. On n’a pas affaire ici à un rookie phénomène en somme, juste à un petit chanceux tombé dans une équipe NBA qui n’en est pas vraiment une, avec tout le respect qui est dû à Casper Ware.

Certes, Carter Williams est un bon passeur sur le plan technique de par sa taille et sa vision de jeu. Certes, c’est un gros rebondeur pour son poste encore une fois du fait de sa taille et de ses longs bras. Du coup, ça pète du (presque) triple double assez souvent. Oui mais voilà, force est de constater que MCW a également démontré les mêmes défauts majeurs que l’on avait vus à Syracuse : mauvaise prise de décision, enclin aux turnovers, des qualités de gestion et de maîtrise du jeu encore insuffisantes, une mauvaise sélection de tirs, sur jump-shot mais aussi et surtout sur lay-up, où son manque de lucidité flagrant autour du cercle (et de touché de balle d’ailleurs) lui vaut de balancer régulièrement de bien belles briques n’importe comment lorsqu’il pénètre.

Sont cependant à mettre à son crédit, les capacités qu’il a démontrées au scoring. Au moment de sa draft, on se demandait réellement s’il allait pouvoir scorer régulièrement et être plus qu’un simple pass-first PG incapable d’aller chercher ses points. Que nenni, Carter Williams est arrivé avec une très belle agressivité qu’on ne lui connaissait pas au scoring à Syracuse. Son jump-shot nécessite encore du travail, tout comme son jeu en pénétration que nous venons tout juste d’évoquer, mais il a démontré, de rares fois, qu’il pouvait arriver à réellement tirer profit de sa grande taille en attaquant le cercle, et c’est clairement quelque chose qui pourrait énormément changer son jeu s’il apprenait à le faire bien plus régulièrement.

Concernant mes attentes pour sa saison sophomore, elles ne sont à vraies dire pas exceptionnelles. Je ne m’attends pas à voir de fantastiques progrès réalisés de sa part, mais je peux d’une manière un peu plus irrationnelle les espérer. Passe encore sur le scoring, mais arriver à devenir un vrai bon meneur de jeu prend en général beaucoup de temps si tant est qu’il y arrive.

Ndlr : Les plus curieux iront se replonger dans l’article qu’avait commis Guillaume aux lendemains de la sélection de Michael Carter-Williams au 11ème choix de la draft 2013 par les Sixers, Michael Carter-Williams, la fausse bonne idée?  )

Promu leader de fait, Michael Carter-Williams sera privé cette saison de Spencer Hawes qui lui offrait des solutions simples sur pick and pop et de James Anderson dont la présence sur le parquet valait davantage par le spacing qu’il apportait que par la volonté de la franchise de le développer. Avec la pression de son titre de ROY, de celle inhérente à la position de meneur de jeu, ajoutée à celle de leader dans un vestiaire où il est un des plus expérimentés, tout en étant certainement ciblé par les défenses adverses vu le manque de talents offensifs autour, pensez-vous que la franchise place son meneur dans des dispositions à même d’assurer sa progression ?

C’est finalement une situation à double tranchant pour les Sixers. D’un côté, il n’y a réellement pas de meilleur moyen de juger un prospect, à fortiori un meneur de jeu, qu’en lui donnant toutes les responsabilités dont un vrai meneur expérimenté à la charge et voir comment il s’en dépatouille. C’est totalement différent de la situation d’un jeune joueur couvé, qui performe sur la petite vingtaine de minutes de jeu qu’on lui donne et dont on se demande (au moment de ses nouvelles négociations contractuelles, souvent d’ailleurs) s’il va pouvoir confirmer sur un plus gros temps de jeu si on lui file plus de responsabilités. Dans ce cas-là, il y a un risque de non adaptation (cf. les bust de draft en pagaille).

Pas avec Michael Carter Williams. On le fout dans la machine à laver pendant trois ans, on la fait tourner à plein régime et on voit si ce qui en ressort est suffisamment bon pour construire autour une équipe taillée pour le titre. J’aime d’autant plus cette idée que c’est pour le poste de meneur de jeu, très spécial, où tant que responsabilités et de tâches à savoir faire très justement et lucidement lui sont incombées. Et puis, parce que Phily a le temps d’être patient, si dans deux ou trois ans on se rend compte que ça marche pas et ben on change et tant pis. Les Sixers ne comptaient de toute façon pas atteindre les Finales de Conférence sur cette période.

C’est vraiment quitte ou double. Soit il ressort de cette machine à laver un joueur complètement lessivé (hum, hum), pas au niveau, soit il en ressort un qui a réussi à transcender l’adversité, a appris le métier au dur tout en sachant ce qu’il faut pour faire le job soir après soir pendant 30-35 minutes de jeu. Certes, l’environnement autour n’est pas idéal, mais même avec du joueur pas cher ou pas fameux à ses côtés on pourra tout de même juger de ses qualités. D’autant que l’effectif n’est pas si pauvre que cela, nombreux sont les meneurs NBA qui seraient ravis de pouvoir jouer avec des cibles comme Noel et Embiid dans la peinture. Rien que sa capacité à correctement les alimenter et les faire bien jouer (ou non) constitue à lui seul un indice suffisant pour juger l’ami Carter Williams.

Sélectionné en 6ème position lors de la draft 2013, Nerlens Noel fut le premier choix « polémique » de Sam Hinkie. Pour le jeune pivot défensif de Kentucky, victime d’une rupture des ligaments 5 mois avant la draft 2013, le GM n’a pas hésité à envoyer Jrue Holiday chez les Pelicans. Protégé par la franchise, Nerlens Noel a passé sa première saison dans la Ligue à travailler individuellement avec le coaching staff et à assister aux rencontres en costume. Prêt à renouer avec la compétition, Noel a vu les 76ers drafter Joel Embiid avec leur 3ème choix de la dernière draft. En prévision de son association future avec le camerounais, ce n’est pas à son poste naturel qu’il est amené à évoluer cette saison mais bien au poste 4. Que vous inspire cette décision de l’organisation ? Soutenez-vous la ligne de conduite de la sélection du meilleur talent disponible ? Pensez-vous viable le repositionnement de Nerlens Noel au poste 4 ?

 

La première chose qui peut être bon de préciser, c’est qu’à peu près n’importe quoi est possible tactiquement (ou presque) si bien pensé, bien travaillé, et bien exécuté. J’entends par là qu’il n’est évidemment pas impossible de construire autour d’une raquette Nerlens Noel – Joel Embiid.

Bien que très grossière, j’aime assez la caricature assez pertinente de Jalen Rose (consultant ESPN et Grantland) qui explique assez régulièrement que les postes ont été créés pour le grand public, et pour que celui-ci comprenne mieux le jeu. Mais ce n’est pas parce que tel joueur est arrière qu’il a une liste arrêtée de choses à faire et à ne pas faire, ni un nombre d’endroits sur le terrain où il doit être ou ne pas être (telle est la question).

En l’occurrence ici, organiser une équipe et un système de jeu avec deux pivots (à fortiori ces deux-là) n’est vraiment pas une tâche impossible à réaliser. Il me semble d’ailleurs que San Antonio y était plutôt bien arrivé du temps de Tim Duncan et David Robinson (ou plus récemment avec Thiago Splitter), et ça a donné deux ou trois bons trucs non ?

Le tout est d’arriver à mettre chaque joueur non pas dans la position que son poste suggère mais là où il est à l’aise et peut performer. Pour Nerlens Noel, c’est majoritairement sur du catch & finish, sur Pick&Roll ou sur tout type de alley oop et autres paniers en transition qu’il allait chercher ses points. Peut-être moins que Joel Embiid, Noel n’a pas besoin d’aller au poste ni d’être un point de fixation offensive pour marquer. Remarquable athlète, Noel montre aussi son explosivité dans son très rapide premier pas pour un intérieur qui (même si sa qualité de dribble reste améliorable) lui permet d’attaquer le cercle sur du straight-line drive balle en main. C’est également une forme de spacing. Ce serait certes encore mieux s’il arrivait à acquérir un tir fiable à mi-distance mais c’est encore quelque chose que l’on attend de voir. Quand bien même, Embiid est lui déjà un jump-shooteur fiable, qui pourrait même assez rapidement devenir bon à longue-distance.

Plus encore, Embiid comme Noel sont d’excellents passeurs pour le poste de pivot, à la fois altruistes et possédant une très bonne vision de jeu de par leur taille. Si je cherchais à faire fonctionner tout cela ensemble, avoir deux pivots capables de faire tourner le ballon et trouver régulièrement des coéquipiers ouverts (depuis le poste comme le périmètre d’ailleurs) est indéniablement un énorme avantage. Noel n’est pas vraiment un très bon joueur au poste bas actuellement (manque de force, de touché de balle, encore trop mécanique dans ses gestes, des appuis très rapides et mobiles mais pas franchement bien positionnés ou utilisés de manière très fondamentale). Aussi, s’il n’est pas forcé d’être le point d’ancrage de son équipe en attaque le temps de travailler tout cela, ce n’est vraiment pas un mal.

Même défensivement cette association Noel – Embiid prend tout son sens. D’abord et avant tout, les deux sont de fantastiques protecteurs du cercle (l’ancien Wildcat de Kentucky dans un style plus aérien que l’ancien Jayhawks de Kansas, plus grand, long, imposant et solide). L’un comme l’autre manquent très rarement l’occasion de venir écraser la tentative d’un joueur sur pénétration ou dans la raquette, et même si l’un des deux se manque, l’autre est là derrière. Pas con le mec.

Plus encore, là où Embiid a parfois du mal à sortir sur les shooteurs ou dans le périmètre, ce n’est absolument pas le cas de Noel. Très mobile, rapide, avec une belle vitesse latérale, c’est aussi un exceptionnel intercepteur de par ses mains très vives, son superbe sens de l’anticipation et sa vivacité/réactivité sur lignes de passe. A l’inverse, Noel est encore un peu tendre (en tout cas, du temps de Kentucky il y a plus d’un an et demi), et manque de force pour correctement repousser les adversaires au poste, tenir son territoire et ne pas se faire enfoncer. Or, si Embiid doit lui aussi apprendre à jouer plus durement, il demeure tout de même plus costaud et pourrait offrir bien plus d’opposition aux meilleurs joueurs au poste de la grande ligue.

L’association Nerlens Noel/Joel Embiid n’est pas seulement envisageable, elle est aussi on ne peut plus attrayante si l’esprit bien formé de Brett Brown parvient à tout bien articuler en attaque comme en défense. La présence d’un vrai bon meneur pour alimenter et orchestrer tout cela (on en revient à l’interrogation Michael Carter-Williams) ainsi qu’une bonne équipe fournie en shooteurs longue distance, en joueurs capables de se créer leurs tirs, et en slashers dignes de ce nom serait évidemment bien mieux, mais faut faire avec pour l’instant. Philadelphie ne peut tout simplement pas se permettre au vu du manque de talent dans l’effectif de ne pas faire jouer Noel et Embiid sous le seul prétexte que les deux sont pivots de formation. On s’en fout de ça, qu’il y ait marqué PF ou C sur NBA 2k15, tout ce qu’on veut c’est savoir si les deux peuvent jouer ensemble, et cela semble le cas.

Dans le pire des cas, si rien ne marche ou que Uncle Sam ne compte pas conserver cette raquette, il faut aussi garder en tête qu’après une, deux ou trois saisons à « faire de la stats » dans une équipe où ils peuvent se le permettre, Noel comme Embiid peuvent faire office de belle monnaie d’échange. Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme. Quel dommage qu’il ait pas été GM, Lavoisier.

En attendant le retour de Michael Carter-Williams à la compétition, c’est Tony Wroten qui assurera la mène pour les Sixers. Redoutable slasheur, insatiable dribbleur, le joueur acquis gratuitement l’été dernier est à l’aise dans le jeu en transition et a profité d’une faible concurrence pour s’imposer comme le sixième homme de l’équipe. Quel est pour vous l’horizon de ce joueur ?

Pour Tony Wroten, rien n’est encore ancré dans le marbre, dans un sens comme dans l’autre. Ce seront sans doute le contexte ainsi que son développement personnel qui détermineront d’ici deux à trois ans son rôle chez les Sixers voire même son rôle en NBA tout court.

A l’heure actuelle, c’est un superbe slasher mais bien trop limité au shoot, ce qui élimine assez rapidement l’éventualité de le projeter en arrière titulaire aux cotés de MCW. Si les Sixers parviennent à bien le faire progresser, trois belles options s’offriront à eux.

Dans le premier cas, Wroten peut rester le sixième homme attitré de l’effectif, apportant toute son énergie, son impact en pénétration, son activité et son sens de la passe remarquable en sortie de banc. Deuxième possibilité, l’échanger une fois que sa valeur aura suffisamment augmenté (toujours sous l’hypothèse que le garçon a progressé entre temps, à l’heure actuelle ce n’est pas certain que Phily puisse en tirer quelque chose d’intéressant en retour). Troisième option, l’installer au poste de meneur de jeu titulaire si l’expérience MCW s’avère un échec.

Le problème de cette dernière option c’est que d’une part, Wroten possède à peu près les mêmes défauts que Carter-Williams (super passeur mais à la prise de décision très moyenne), et d’autre part le temps de s’occuper de sa situation contractuelle va vite arriver. L’été 2015 ou 2016 plus précisément, soit à peine deux ans maximum, pas forcément une durée suffisante ni pour le voir faire des progrès fulgurants ni forcément pour constater que MCW est un total échec si c’est le cas.

Plus encore, ce serait quelque peu dérangeant pour les Sixers de le prolonger dès la fin de son contrat rookie. Non pas que le joueur soit totalement inintéressant, mais si Phily venait à le faire signer à ce moment-là, il serait le premier parmi tous les jeunes joueurs à l’être. Or on ne commence pas par faire les finitions (un potentiel sixième homme) avant d’avoir déjà assuré les fondations (trouver et prolonger d’abord et avant tout les piliers de l’équipe, les vrais titulaires). Du coup, la situation pourrait être assez ambiguë si Wroten possède quelques ambitions salariales un tantinet élevées. Mais d’un autre côté, prendre le temps de développer un joueur pour le laisser filer c’est également dommage. Je vais jouer la carte joker pour le moment du coup, et si d’ici un à deux ans son développement n’est vraiment pas satisfaisant je n’aurais pas de remord à le laisser partir vers d’autres cieux.

En se séparant de ses joueurs les plus expérimentés, Sam Hinkie a rompu avec l’idéal type d’un environnement propice au développement des jeunes joueurs où de rares prospects côtoient des joueurs expérimentés qui leur sont supérieurs et des vétérans capables de leur prodiguer de précieux conseils. A ce cadre classique, le décisionnaire a privilégié la mise en concurrence de prospects entre eux, leur garantissant ainsi un large temps de jeu et une certaine compétitivité lors des entraînements. Pensez-vous que l’environnement proposé aux prospects soit optimal ? Si tel n’était pas le cas, quels ajustements envisageriez-vous afin de maximiser les chances de ces joueurs d’accomplir leur plein potentiel ?  

C’est un peu ce dont on discutait tout à l’heure au sujet de Carter-Williams, une situation à double tranchant. Si les prospects sont de gros prospects de qualité, leur offrir un temps de jeu conséquent est la meilleure chose à faire même sans vétérans autour. D’un autre côté, ne miser que sur le talent peut aussi ne mener à rien, et c’est par exemple ce qu’est (enfin, alléluia) en train de comprendre Sacramento, non sans avoir pris le temps de jeter à la poubelle quelques belles opportunités ou entraver certaines potentielles belles carrières.

En l’occurrence, en termes de niveau de de prospect les Sixers se rapprochent un peu plus de Sacramento que d’Oklahoma City (pas de Kevin Durant ou de Russell Westbrook en vue). L’ajustement à faire est selon mon humble avis d’essayer de retrouver un peu plus d’équilibre, sacrifier un peu en talent pur (non pas que cette équipe des Sixers en possède énormément) et faire plus de place pour des vétérans. Le meilleur exemple récent reste l’ajout de David West à la jeune escouade des Pacers en 2011. L’acquisition de Luc Mbah a Moute est un premier bon pas fait dans cette direction.

Le problème c’est que Sam Hinkie est parti tellement profondément dans son idée de tout péter pour tout reconstruire que même pour des free agents sans emploi l’équipe n’est même pas attrayante pour un sous. Alors on fait avec, et on espère que ce jeune noyau dur de bambins à peine sorti de l’œuf va s’en sortir tout seul, mais la chose n’est clairement pas aisée.

Outre les principales têtes d’affiche (Michael Carter-Williams, Nerlens Noel, Joel Embiid, Dario Saric, Tony Wroten, KJ McDaniels), quel est le prospect pour qui vous êtes le plus optimistes quant à sa capacité à s’établir dans la durée au sein de la Ligue ? (NB : Ne pas répondre Hollis Thompson sera perçu comme une authentique agression).

J’avoue ne pas vraiment voir de prospect digne de ce nom dans le reste de l’effectif. Déjà que je ne suis pas sûr de miser sur l’ensemble des têtes d’affiches citées (MCW, Wroten, McDaniels), alors si en plus faut arriver à en trouver un parmi les autres. Ce n’est pas impossible, mais pas pour jouer un rôle majeur en tout cas.

A la limite Alex Shved reste assez intéressant, pour son cocktail de qualités et son intelligence de jeu pas dégueulasse du tout. Mais comme pour Wroten, la question de son nouveau contrat risque d’arriver très vite, voire trop vite. Soit c’est lui qui demandera trop, soit c’est moi qui ne voudra pas le prolonger comme expliqué ci-dessus pour ne pas faire les choses à l’envers, soit je ne serai peut-être même pas assez compétitif d’ici à ce qu’il soit free agent pour lui donner envie de rester.

A ce stade de l’année et avec toutes les inconnues qui pèsent naturellement à cette époque sur les freshmen, si vous deviez revêtir les habits du GM des Sixers tout en étant titulaire du premier choix de la draft 2015, sur quel joueur jetteriez-vous votre dévolu ?

Situation vraiment cocasse que celle de Philadelphie, par rapport à la draft. Du simple fait que les principaux prospects (à l’heure d’aujourd’hui, il reste encore toute une saison universitaire à disputer) sont tous ou presque des intérieurs, ce dont à priori les Sixers n’ont pas forcément besoin.

A commencer par Jahil Okafor (C, freshman, Duke) annoncé comme futur premier choix de la draft 2015. Grand, très (très) long, le pivot de 18 ans n’est que peu athlétique mais est très solide et extrêmement poli. Pas uniquement dans le fait qu’il dise Bonjour, Merci et Au revoir, mais plutôt dans son développement très poussé en terme de qualités basket notamment au poste bas. Autre candidat très solide, Karl Towns Jr (PF/C, freshman, Kentucky) qui n’en finit plus d’impressionner lui aussi depuis plus d’un an et demi (au cours du Nike Hoop Summit 2013 notamment) de par son combo de qualités physiques/polyvalence offensive. Troisième candidat, Cliff Alexander (PF, freshman, Kansas) un véritable bulldozer, aspirateur à rebonds, dominant dans la raquette et capable de battre Chuck Norris au bras de fer (non, quand même pas je déconne). Trois gros prospects donc, mais trois sur des postes dont je n’ai pas forcément besoin si je pars sur une raquette titulaire Noel/Embiid.

Du reste, on peut évoquer le nom de Kelly Oubre (SG/SF, freshman, Kansas) qui demeure toutefois un projet à développer (bon slasher mais défenseur, shooteur irrégulier et perfectible dans la prise de décision). Pas forcément de quoi justifier un premier choix de draft. En tout cas pas à l’heure d’aujourd’hui, à voir quel joueur il sera au mois de Mai 2015.

Le cas le plus intéressant est sans doute celui d’Emmanuel Mudiay (PG/SG, Chine), le célèbre meneur athlétique et de grande taille qui s’est exilé en Chine plutôt que d’aller à la fac, où il était de toute façon inéligible pour cette saison 2014-2015. Là encore, beaucoup d’interrogations demeurent autour de ce joueur et ne devraient pas se dissiper après son expérience en Chine, aussi productive puisse-t-elle être sur le plan statistique.

A l’heure actuelle, Mudiay est un athlète exceptionnel pour le poste de meneur de jeu, mais encore largement à développer en terme de qualités basket (scoring et passe), un mauvais jump-shooteur, et une terreur en transition qui malheureusement galère beaucoup plus pour faire le chef d’orchestre ou tout simplement être aussi bon sur jeu placé. Tout cela vaut-il un premier choix de draft par-dessus Okafor, Towns ou Alexander ? Sans doute que non, et le problème c’est que rien ne devrait se passer pour nous faire changer d’avis au cours des prochains mois jusqu’à la draft. Quelle valeur peut-on donner à des performances en ligue Chinoise ? Certainement moins qu’un an sous les ordres de Larry Brown à SMU (comme c’était prévu) ou à galérer et apprendre au dur en Europe à la manière de Brandon Jennings.

Je vous parlerai bien encore longtemps de Wayne Selden (SG, Soph, Kansas), Caris LeVert (SG, Junior, Michigan), Montrez Harrell (PF, Junior, Louisville), Dakari Johnson (C, Soph, Kentucky), des frères Harrison (PG et SG, Soph, Kentucky), Rondae Hollis Jefferson (SF, Soph, Arizona) et j’en oublie sans doute, mais qui font plus office de joueurs très sympathiques à aller chercher un peu plus loin dans le premier tour et dont aucun ne ferait un premier choix de draft digne de ce nom. Je surveillerai d’un coin de l’œil les deux ailiers freshman Justice Winslow (Duke) et Stanley Johnson (Arizona) mais sans aucune certitude de les voir tout exploser sur leur passage. De même pour Chris Walker (PF, Soph, Florida) qui devrait faire sa vraie-fausse saison freshman après une première année galère (suspension, raquette bouchée par des seniors), mais là encore on est loin de ce que je recherche. Pour l’instant.

La solution semble s’imposer d’elle-même : utiliser ce premier choix dans un échange pour toucher le gros lot. Essayer d’aller chercher un gros meneur dans cette ligue où il en sort de partout, ou un ailier digne de ce nom (non, je ne dénigre pas Dario Saric, mais si j’oublie que j’ai aucune chance avec Kevin Durant et que je fonce, sur un malentendu ça peut passer). Plus sérieusement, à défaut de m’obtenir un Durant, un premier choix de draft conserve une grosse valeur sur le marché et si je peux obtenir avec un joueur talentueux et expérimenté je fonce tout de suite. On parlait tout à l’heure d’apporter de l’équilibre à ce groupe très jeune, je vois là la parfaite opportunité d’y parvenir.

De toute façon, Philadelphie risque d’avoir le pire bilan de NBA et donc de ne pas avoir le premier choix de draft. Donc à quoi bon se creuser les méninges dès maintenant.

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