Chroniques

Départ de Thaddeus Young, le côté obscur de la reconstruction.

Un an après le trade de Jrue Holiday qui fondait la nature du processus de reconstruction entrepris par le nouveau décisionnaire de la franchise, les 76ers se sont séparés du dernier joueur à avoir participé à la demi-finale de conférence de 2012. Si le départ du meneur « all-star » marquait les prémices de la reconstruction, le trade de Thaddeus Young en est une conséquence inévitable. Joueur à l’éthique de travail et au professionnalisme unanimement reconnus, Thad n’avait pas fait mystère de son refus de sacrifier ses meilleures années au sein d’un roster composé de jeunes prospects. En annonçant à sa direction ses velléités de départ, le joueur de 26 ans a contraint le front office à le placer sur le marché tout autant que le processus entrepris par Sam Hinkie l’a poussé à envisager son avenir loin de la Pennsylvanie. Si ses intentions n’ont pas eu pour corollaire une quelconque baisse d’intensité sur le parquet, pas plus que son implication auprès de ses jeunes coéquipiers ne s’est atténuée au fil des revers que concédait l’équipe, la situation contractuelle du joueur appelait un transfert.

Titulaire d’une ETO à l’issue du prochain exercice, Thaddeus Young avait l’intention de tester le marché et de choisir sa destination, laissant les 76ers sans marge de manœuvre pour négocier le départ du dernier joueur de valeur non choisi par Sam Hinkie. Contraint de chercher un point de chute pour son joueur, le GM, qui s’est de nouveau mis à dos les insiders de la ville de l’amour fraternel, s’est présenté à la table des négociations avec peu de latitude et un état du marché peu favorable.

Sondés à la trade deadline, les GM de la Ligue n’avaient pas su formuler une offre considérée comme suffisante pour le n°21 des Sixers. A cette occasion, aucun choix du premier tour n’avait été échangé. Sam Hinkie qui disposait des contrats d’Evan Turner et de Spencer Hawes n’est pas parvenu à mettre la main sur un extra pick dans le premier tour, la faute à la densité annoncée de la classe de draft 2014, d’une faible quantité de picks disponibles[1] et de la situation contractuelle des joueurs concernés[2].

Si la contrepartie ciblée pour Thaddeus Young était bel et bien un choix du premier tour, le timing de l’échange fut certainement le bon.

Enfin, le transfert d’Aron Afflalo était de nature à tempérer les ardeurs des plus enclins à surestimer la valeur marchande de Thaddeus Young. Sur un poste où la densité de talents est nettement moindre que celle prévalant au poste 4, Aron Afflalo restait sur une saison des plus probantes avec 18,2 points à 46% dont un redoutable 43% derrière l’arc, 3,6 rebonds et 3,4 passes. Pour autant, l’arrière est retourné dans le Colorado en échange d’un jeune prospect (Evan Fournier) et d’un choix en toute fin de draft (le 56ème qui a été utilisé pour sélectionner Devyn Marble).

Eu égard à l’état du marché et à la position de faiblesse de Sam Hinkie à la table des négociations, récupérer un premier tour de draft 2015, le mentor de celui qui est destiné à devenir un des piliers des ambitions de la franchise et un joueur en perte de confiance et de temps de jeu mais loin d’être dénué de talent apparaît comme une contrepartie on ne peut plus correcte pour un joueur qui n’aurait plus été là à l’issue du prochain exercice.

  • Le choix de draft de Miami.

Le choix de draft impliqué dans l’échange, la véritable valeur de ce trade, est celui que les Cleveland Cavaliers ont obtenu du Miami Heat dans le cadre du sign and trade de… Lebron James en 2010. Il est protégé sur les 10 premières positions en 2015 et 2016 puis non protégé en 2017. S’ils ont accusé le départ du meilleur joueur de la Ligue, les partenaires de Chris Bosh ne tomberont pas dans la zone de protection et les 76ers récupéreront, sauf cataclysme, le pick dès la prochaine draft.

S’il appartient aux quadruples finalistes NBA en titre, le choix de draft pourrait s’établir à une position bien plus profitable qu’il n’y paraît.

L’an dernier, le Miami Heat du Big Three, second à l’Est, affichait un bilan de 54 victoires pour 28 défaites, soit 6 petites victoires de plus que les Phoenix Suns, 9èmes à l’Ouest et titulaires du dernier « lottery pick ». Sans Lebron James, voir les hommes d’Erik Spoelstra terminer la saison avec un bilan moins favorable que les 8 qualifiés pour les PO à l’Ouest est loin d’être une perspective ubuesque[3], au surplus avec les antécédents physiques de Dwayne Wade et de Luol Deng.

Dès lors, le tour de draft acquis par les 76ers dans cet échange pourrait bien se situer dans les 20 premières positions plutôt qu’en toute fin de premier tour.

L’acquisition d’un choix de draft 2015 offre un peu plus de flexibilité à la franchise, puisqu’en raison des engagements subséquents au trade pour Arnett Moultrie, les 76ers ne pouvaient pas échanger de premiers tours de draft en 2015 et 2016, ce qui est désormais possible.

Par ailleurs et pour la troisième cérémonie consécutive, les 76ers pourront sélectionner deux prospects dans le premier tour, tout en disposant d’une cohorte de choix du second, en dépit de la perte annoncée de leur propre choix au profit des Boston Celtics (via Miami).

Sans spoiler les pérégrinations des jeunes sixers tout au long du prochain exercice, ils ne disputeront pas les playoffs et enverront donc leurs choix du second tour 2015 et 2016 aux Celtics. Pour l’heure, Sam Hinkie dispose des choix suivants pour la prochaine draft :

  • Premier tour des 76ers (sauf s’ils se qualifient pour les playoffs)
  • Premier tour du Miami Heat (sauf si les Floridiens ne parviennent pas à se qualifier pour les playoffs et héritent d’un choix du top 10 à l’issue de la loterie)
  • Second tour du Orlando Magic
  • Second tour des NOLA Pelicans
  • Second tour des Golden State Warriors

L’horizon du pick, 2015, est certainement à questionner. Avec Joel Embiid qui suivra probablement la voie tracée par Nerlens Noel lors de la saison écoulée, les 76ers se présenteraient (si les choses restent en l’état) avec 3 rookies issus du premier tour à intégrer dans un roster déjà grandement alimenté par des prospects choisis dans les deux précédentes cuvées.

L’accumulation des choix de draft sur un timing restreint permet une distribution du risque appréciable, autant qu’elle réduit le temps de jeu et les ressources disponibles nécessaires au développement de ces jeunes prospects. Toutefois, eu égard aux assets disponibles, le pick du Heat était le plus appréciable.

Parmi les contrats dont les Timberwolves souhaitaient se séparer[4], Luc Richard Mbah a Moute et ses quelques 4,38 millions de dollars annuels présentait un profil atypique bien plus utile aux 76ers qu’à toute autre franchise de la Ligue.

Solide défenseur, le Camerounais est dépourvu d’une palette offensive digne de ce nom. Sa « valeur » pour les Sixers est toutefois à rechercher en dehors de ce que l’on peut attendre de lui sur le parquet. Il assumera en effet une fonction de mentorat auprès du probable futur franchise player de Philly, Joël Embiid. Cependant, il ne s’agira là que du prolongement d’un rôle qu’il remplit en réalité depuis déjà quatre années.

Si le jeune Joel Embiid excellait dans la pratique du football et du volleyball, c’est lors d’un camp de Luc Richard Mbah a Moute organisé au Cameroun en 2011 qu’il noue ses premiers contacts « professionnels » avec la gonfle estampillée Spalding. Sur place, il impressionne son aîné par ses mouvements.

« Il proposait des mouvements que seuls des joueurs qui pratiquaient depuis des années étaient capables de réaliser »

Son talent saute aux yeux des observateurs et lui vaut une nouvelle invitation pour un autre camp de Mbah a Moute, cette fois, en Afrique du Sud.

Conseillé par celui qui sera son coéquipier pour sa saison rookie, il rejoint les Etats-Unis et s’inscrit à la Montverde Academy où Mbah a Moute avait suivi sa scolarité. C‘est une nouvelle fois après avoir sondé l’ancien Buck qu’il rejoint le programme de Kansas University en NCAA.

Enfin, alors qu’il se blesse au dos en fin de saison et ne peut prendre part au tournoi de la March Madness en raison de l’élimination précoce des JayHawks, il consulte le coaching staff de Bill Self et Luc Mbah a Moute avant de prendre la décision de se présenter à la draft.

Amené à connaître une très longue saison, peut-être sans fouler le parquet en compétition, Joel Embiid profitera immanquablement de la présence de celui qui l’a découvert adolescent au Cameroun et qui n’a cessé de le conseiller depuis. Lors de sa conférence de presse par téléphone, Sam Hinkie a, sans surprise, annoncé que le rôle de mentor que Mbah a Moute a joué et jouera auprès de Joel Embiid fut un facteur déterminant justifiant son inclusion dans l’échange. Une décision qui ravit le troisième choix de la dernière draft.

« Tout d’abord, on est vraiment proche parce que c’est lui qui m’a donné ma chance de venir aux États-Unis et d’en être là aujourd’hui. C’est une bonne recrue, je pense qu’il va m’aider et qu’il va aussi aider les autres gars parce qu’il a une grande expérience dans cette ligue. On doit simplement suivre son exemple, ça va être génial pour moi ».

 

Cruciale pour l’intégration de Joel Embiid au monde de la NBA, la présence de Mbah a Moute ne sera pas dénuée d’intérêt pour les autres prospects qui composent l’effectif notamment ceux destinés à se spécialiser dans les basses œuvres (Jerami Grant, KJ McDaniels). Avec 240 titularisations au cours des 7 saisons passées dans la Ligue, le camerounais sera à 28 ans[5], le second joueur le plus expérimenté de l’effectif derrière Jason Richardson.

Son expérience sera appréciable au sein du vestiaire et compensera en quelque sorte le départ de Thaddeus Young. En revanche, l’absence de Thad se ressentira inéluctablement dans l’intensité et la qualité des entraînements, affaiblissant ainsi le dispositif de développement des jeunes prospects, déjà affecté par le départ de Greg Foster dont le remplaçant n’a toujours pas été annoncé.

Trimballé des Bucks aux Wolves en passant par les Kings, Mbah a Moute atterrit donc à Philadelphie pour la dernière année de son contrat avec une valeur d’usage supérieure à ce qu’elle pourrait être ailleurs. Sa valeur marchande en revanche reste faible bien que son profil de défenseur redoutable disposant d’un contrat expirant, pourrait être susceptible de justifier un échange à la trade deadline contre…un choix du second tour.

Avec un premier tour de draft 2015 et un vétéran particulièrement proche de leur futur franchise player, les Sixers ont également hérité du contrat d’Alexey Shved. Le joueur russe sera une opportune valeur étalon de l’efficience du programme de développement des jeunes joueurs. Arrivé dans la Ligue auréolé d’une réputation flatteuse, le joueur de 25 ans (il fêtera son 26ème anniversaire le 16 décembre) a réalisé une saison rookie prometteuse avant de sombrer lors de sa saison sophomore dans un cycle vicieux de diminution de son temps de jeu puis de sa confiance, à moins que l’enchaînement causal ne doive être inversé. Barré à l’arrière chez les Wolves, il figurait en bonne position au sein de la liste des contrats expirants dont Flip Saunders souhaitait se délester.

A ce stade, il est difficile de deviner les intentions de Sam Hinkie le concernant. Indésirable chez les Wolves, son arrivée à Philadelphie semble avant tout destinée à satisfaire aux normes du salary cap davantage qu’à l’appétit en jeunes talents du GM des Sixers.

Alexey Shved se fait un nom chez les scouts dès la saison 2009-2010, où il est prêté par le CSKA Moscou au voisin du Dynamo. A 21 ans, pour sa première saison avec un temps de jeu substantiel, il produit 10 points et 4 passes en 22 minutes dans la ligue russe. De retour au CSKA dès la saison suivante, le prospect s’impose comme un des joueurs européens les plus en vue. Après une campagne d’Euroleague complète (21 matchs pour 10,6 points à 48,4% de réussite dont 49,3% à trois points, 3 passes et 2,6 rebonds) où le CSKA est défait en finale, il se voit proposer un contrat en NBA par les Timberwolves qu’il rejoint en tant que free agent lors de la saison 2012-2013. David Kahn se montre alors dithyrambique à l’égard de sa nouvelle acquisition.

« Alexey est considéré comme un des meilleurs talents en Europe depuis quelques années et il sera une magnifique addition à notre effectif. Son jeu est fluide et redoutable sur up-tempo. Il apportera à notre équipe ses grandes qualités au shoot et à la passe. Il s’intégrera parfaitement à notre style de jeu et nous sommes pressés de le voir avec un maillot des Timberwolves ».

Comme toute histoire contée par David Kahn, le scénario s’avère finalement décevant. Profitant autant de son statut que des blessures au sein de l’effectif, le rookie propose quelques prestations de choix et semble confirmer les qualités exposées en Europe. Il prend part à 77 matchs dont 16 dans les habits d’un titulaire. Sa production statistique (8,6 points, la cinquième meilleure marque pour un rookie, 3,7 passes, second meilleur total parmi les novices) lui vaut d’être convié au Rising Stars Challenge. En confiance, il avait alors pris sa chance plus qu’à son tour depuis la ligne des 7 mètres 23 puisque ses 288 tentatives à trois points constituaient le plus imposant total de son équipe, sans pour autant être efficace (29,5% de réussite).

De bons shoots qui ne rentrent pas? 

Sélection de shoots - Alexey Shved - 2012-2013Shot Chart - Alexey Shved - 2012-2013

Le Russe a eu recours à la ligne des paniers primés pour pas moins de 45,35% de ses tentatives. En dépit de son taux de réussite, loin d’être probant, sa sélection de shoots s’accorde parfaitement avec celle préconisée par Brett Brown et Sam Hinkie, d’autant plus que le joueur prend peu de longs deux. Ses 50% de réussite dans les corner three contribuent à redorer une adresse bien loin d’être létale dans la Grande Ligue.

Avec un temps de jeu qui s’effondre, 10,5 minutes en 2013-2014 contre 23,9 la saison précédente, son apport chute lors de sa saison sophomore jusqu’à ce qu’il devienne un élément superflu dans le roster des Wolves.

Si son association avec Rubio débuta sous les meilleures auspices au cours de sa première campagne aux Etats-Unis[6], elle n’a pour ainsi dire plus été testée lors de la saison écoulée, principalement en raison de la déficience de Shved dans un rôle de spot-up shooteur. Très peu adroit sur catch and shoot, il ne proposait que peu de solutions à ses partenaires en restant bien trop statique, délaissant la lutte à travers les écrans.

Peu utile sans le ballon, sa capacité de création pour lui et ses partenaires n’a pas atteint en NBA les niveaux affichés en Europe. Habile et en confiance sur sortie de pick and roll (shoot à trois points en début de possession, drive vers le cercle où il manque de puissance dans le haut du corps pour conclure avec plus de régularité), il ne s’est toutefois pas montré efficace.

Bon dribbleur et excellent passeur pour le poste 2, Shved a fait étalage d’une tendance à réaliser des choix trop ambitieux, le conduisant à des pertes de balles évitables. Sur le faible échantillon de matchs des Wolves regardés depuis l’annonce du trade, sa vision du jeu ne fut pas convaincante, le joueur ayant tendance à forcer des drives vers le cercle alors que ses partenaires lui offraient des solutions plus opportunes sur drive and kick. Son QI basket qui constituait une des ses forces semble s’éroder sous le poids du manque de confiance.

En défense, il souffre d’un manque de longueur et de puissance pour défendre les postes 2 et se trouve souvent pris de vitesse par les postes 1. Il n’en demeure pas moins appliqué et volontaire. Ses mains rapides et sa lecture des lignes de passes l’autorisent à subtiliser quelques gonfles, sans pour autant en faire un défenseur de choix.

En dépit de qualités naturelles évidentes, le joueur a déçu depuis son arrivée dans la Ligue. S’il n’entamera que sa troisième saison en NBA, à bientôt 26 ans, il est permis de mettre en doute la capacité du joueur à trouver et mobiliser les ressources nécessaires afin de s’établir dans la Grande Ligue.

Quelques motifs d’espoirs subsistent pour peu que le tandem Hinkie-Brown lui laisse une chance. Lorsqu’il a bénéficié d’un temps de jeu substantiel, le joueur s’est montré productif. Ainsi, lors des deux matchs au cours desquels il est resté sur le parquet plus de 40 minutes, il a affiché 16,5 points (à 44% dont 50% à trois points), 6,5 passes et 2 rebonds. Ses statistiques demeurent évidemment corrélées à son temps de jeu. A 16 reprises, il a joué entre 30 et 39 minutes pour un apport de 13,5 points, 5,8 passes et 2,6 rebonds. Enfin lors des 42 matchs restants où il a joué plus de 20 minutes, il a produit en moyenne 9,3 points, 3,3 passes et 2,6 rebonds.

A la manière d’un Tony Wroten, Alexey Shved pourrait bénéficier du temps de jeu disponible chez les locataires du Wells Fargo Center pour inverser la dynamique et reprendre confiance. S’il retrouve son adresse sur jump shot, sa place sera toute indiquée dans ce roster.

Arrière de près de 2 mètres, possédant des mains rapides, doté d’appréciables qualités de création pour lui même et ses partenaires, efficace à la passe sur pick and roll avec une mécanique de shoot élégante, le Russe a des qualités intrinsèques à faire valoir au sein d’un effectif qui n’en regorge pas au poste 2.

Les Sixers proposeront assurément l’environnement idoine pour formuler une réponse définitive sur l’avenir du joueur dans la Grande Ligue. Si la sentence devait ne pas être favorable, le joueur quittera alors les 76ers, plus riche de quelques 3,28 millions de dollars mais délesté d’avenir outre-atlantique.

Le package obtenu dans l’échange n’offrira certainement pas un joueur aussi productif en matière de win shares. Thaddeus Young a contribué à hauteur de quelques 23,4 win shares au cours des 4 dernières saisons[7] et, comme l’expose Derek Bodner, le pick acquis dans son échange ne devrait pas, sauf anomalie statistique, se muer en un joueur à l’impact comparable.

Mouvement déterminé par la volonté de départ du joueur, elle même conditionnée par la nature du processus de reconstruction entrepris par Sam Hinkie, l’échange de Thaddeus Young apporte aux 76ers une contrepartie honnête pour peu que l’on tienne compte du contexte de sa réalisation.

Dans la partie d’échec à laquelle se livre Sam Hinkie, les trades de Jrue Holiday et pour Dario Saric constituaient des coups d’attaque, ceux d’Evan Turner, Spencer Hawes et Thaddeus Young ne sont que des mouvements de défense. Si la présence d’un joueur comme Thaddeus Young aurait été profitable à court et moyen terme et que la contrepartie obtenue produira probablement moins de win shares, le fait est qu’il ne souhaitait plus s’inscrire dans un projet qui lui a été imposé.

Au coeur d’une intersaison relativement calme, ce trade pose avec une acuité plus acérée encore la question de la définition de la stratégie d’utilisation du cap space disponible et souligne l’urgence à densifier le dispositif d’encadrement des jeunes prospects. Deux champs où Sam Hinkie dispose de toute latitude pour orchestrer de nouveaux coups d’attaque.


Notes.

[1] La qualité annoncée des principaux prospects de cette classe de draft inhibait les mouvements de picks à la trade deadline, les équipes au bilan peu reluisant refusant d’échanger un pick qui pouvait se muer en star potentielle. Par ailleurs, les Knicks, Timberwolves, Blazers, Hornets, Pistons, Wizards, Nets, Pelicans, Warriors, Mavericks et les Sixers avaient déjà échangé leur propre choix, avec ou sans protection.

[2] Transféré aux Cleveland Cavaliers en échange des choix du second tour 2014 des Cavaliers et des Grizzlies, d’Henry Sims et du contrat d’Earl Clark coupé aussitôt par les 76ers, Spencer Hawes n’aura pris part qu’à 27 matchs avec la franchise de l’Ohio qu’il a quitté en qualité d’agent libre pour rejoindre les Clippers.

De la même manière, Evan Turner envoyé chez les Pacers avec Lavoy Allen en échange du choix du second tour 2015 des Golden State Warriors et du contrat de Danny Granger, aussitôt coupé par les 76ers, ne s’est pas éternisé dans l’Indiana et a rejoint, pour une portion de la Mid Level Exception, les Boston Celtics.

[3] Dans son Summer Forecast, ESPN attribue un bilan de 44 victoires pour 38 défaites au Miami Heat, soit le 16ème plus mauvais bilan de la Ligue.

[4] Proposé aux 76ers, contrairement à Anthony Bennett, JJ Barea a été refusé.

[5] Il fêtera son 28ème anniversaire, le 9 septembre.

[6] Les Wolves affichaient un bilan de +4,2 points par 100 possessions lorsque les deux joueurs étaient alignés simultanément sur le parquet contre un bilan de -2,5 points sur l’ensemble de la saison.

[7] La consultation des données concernant les joueurs draftés entre 1990 et 2007 nous apprend que les joueurs sélectionnés entre la 18ème et la 22ème position ont seulement contribué à 16,3 win shares en moyenne lors de l’intégralité de leur carrière. Seuls 32% d’entre eux ont contribué à plus de win shares en carrière que Thaddeus Young lors des 4 dernières années. Uniquement 16% en avaient produit davantage que Thad à 25 ans. Seuls 4% ont contribué à plus de 60 win shares en carrière ce qui reste une estimation raisonnable pour l’apport de Thaddeus Young. 23% d’entre eux ont dans leur carrière proposé une saison où ils ont contribué à plus de 6,2 win shares, ce que Thaddeus Young a réalisé 3 fois au cours des 4 dernières saisons. Pire, 40% d’entre eux n’ont jamais connu une saison aussi productive que la saison la moins prolifique de Thad (2,1 win shares).  

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