Draft

Draft 2014 : Acte 2 de la reconstruction.

Quelles suites cette intersaison ?

Michael Carter-Williams est finalement resté à Philadelphie. Aucun Front Office ne s’est laissé berner par une production statistique étincelante du meneur de jeu des 76ers et l’offre qui ne se refuse pas n’est pas parvenue sur le bureau de Sam Hinkie. Ce dernier n’a pas manqué de rassurer son rookie sur sa situation lors de sa conférence de presse et sauf énorme surprise, il semble désormais acté que Michael Carter-Williams sera de nouveau le meneur des Sixers au soir du season opener.

Le cas Thaddeus Young

Autre joueur sur lequel, le GM n’a pas tari d’éloges, Thaddeus Young est, lui, dans une situation plus délicate. Si l’on se réfère aux sources de LibertyBallers (dont la qualité du travail ne se situe pas nécessairement de ce côté) le joueur devrait renouveler ses velléités de départ, déjà formulées peu avant la trade deadline.

Dernière monnaie d’échange qui ne soit pas un rookie, un sophomore ou un tour de draft, dont dispose Sam Hinkie, l’avenir de Thaddeus Young en Pennsylvanie s’assombrit un peu plus à chaque jour qui passe. S’il venait à annoncer à ses dirigeants qu’il souhaitait activer son Early Termination Option afin d’être free agent non restricted à l’issue de la prochaine saison, un trade avant la deadline viendrait apporter une compensation à l’organisation, qui pourrait alors perdre le joueur sans contrepartie à l’issue de l’exercice.

Pour autant, l’analyse de la situation n’est pas aussi limpide que l’énoncé du problème. L’équation refus de prolonger = trade répond à une acception simplificatrice du paradigme hinkien. Sur le marché, les joueurs n’ont de valeur que celle que perçoivent les interlocuteurs potentiels. Autrement dit, un joueur n’a pas de valeur intrinsèque et immuable. Au contraire cette dernière se décline en deux types de valeur dont la mise en tension conduit à la décision de le mettre sur le marché ou non. D’abord une « valeur d’usage » qui s’exprime dans la façon dont un joueur peut apporter à une stratégie. En l’espèce, la « valeur d’usage » de Thaddeus Young se traduit par ses performances sur le parquet mais aussi et surtout par ce que sa présence dans le vestiaire et aux entraînements apporte aux prospects constituant l’essentiel du roster. Joueur exemplaire, professionnel irréprochable, Thaddeus Young est à 26 ans, un « vétéran » idoine pour transmettre aux jeunes joueurs le goût de l’effort tout en apportant de la compétitivité au sein d’un effectif qui en manquera cruellement.

La seconde composante de la « valeur » d’un joueur est sa « valeur d’échange » autrement dit ce que les interlocuteurs sont prêts à céder pour l’acquérir (ou ce que son départ pourrait offrir en matière de flexibilité = dégager du cap space).

Paradoxalement, la « valeur d’usage » de Thaddeus Young n’a jamais semblé aussi élevée quand sa « valeur d’échange » atteint, elle, certainement son seuil le plus bas. Le marché étant ce qu’il est, il n’est pas acquis qu’en dépit de sa polyvalence et d’une saison réussie sur le plan statistique et de l’intensité déployée, les 29 autres GM soient disposés à céder un asset de choix pour acquérir le joueur qui tournait l’an passé à 17,9 points, 6 rebonds, 2,3 passes et 2,1 interceptions par match. Le contenu de l’échange d’Arron Afflalo questionne ce que pourrait être la « valeur d’échange » de Thaddeus Young sur le marché. L’arrière de 28 ans était dans la même situation contractuelle que l’ancien de Georgia Tech. Rémunéré à hauteur de 7,5 millions de dollars en 2014-2015, il dispose d’une player option à 7,75 millions de dollars pour l’exercice suivant. Il sortait d’une saison, passée dans les bas-fonds de la Ligue, où il a produit une ligne de statistiques éloquente : 18,2 points (avec un sublime 42,7% à trois points), 3,6 rebonds et 3,4 passes en moyenne, le tout en apportant une défense solide. A la différence de Thad, ce dernier évolue à un poste peu dense de la Ligue, celui de second arrière. Qu’en a obtenu le Magic ? Un jeune prospect avec le français Evan Fournier, le 56ème choix de la draft 2014 ainsi que davantage de flexibilité sous le cap space. La contrepartie peut paraître bien légère mais elle indique ce qu’est l’état du marché à quelques heures de l’ouverture de la free agency.

Avec plus ou moins 30 millions de marge de manœuvre sous le salary cap (en fonction des décisions prises quant aux Team Options), les 76ers n’ont cure de se séparer de Thaddeus Young pour dégager davantage de cap space. Afin d’avaliser la décision d’envoyer vers d’autres contrées le natif de La Nouvelle-Orléans, le décisionnaire devra percevoir que la « valeur d’échange » du joueur est supérieure à sa « valeur d’usage » que cela passe par une offre conséquente (prospect, tour de draft) ou bien par une détérioration de sa « valeur d’usage » (investissement de moins en moins soutenu au sein de la franchise en attendant l’expiration de son contrat).

Alors que le temps presse, il n’y a pas d’urgence à transférer Thaddeus Young. L’état du marché avec de nombreux free agents de renom « disponibles » n’est pas favorable à Sam Hinkie pour négocier le départ du joueur le plus ancien de l’effectif. La conjoncture est davantage à un trade à la « Evan Turner » qu’à la « Jrue Holiday ».  A ce stade, ce que peut apporter Thaddeus Young en matière de transmission d’expérience et d’encadrement aux jeunes prospects est certainement plus précieux que sa « valeur d’échange ».

Parmi les autres « assets » susceptibles d’être mis sur le marché, on notera le contrat expirant de Jason Richardson et Arnett Moultrie.

Le contrat expirant de Jason Richardson

Sans surprise, Jason Richardson a levé sa player option à 6,6 millions de dollars pour 2014-2015. Sa décision n’est pas nécessairement une mauvaise nouvelle pour la franchise dans la mesure où son contrat n’entrave nullement la marge de manœuvre de Sam Hinkie lors de la free agency, tout en apportant un précieux joueur de vestiaire et sait-on jamais peut-être un shooteur longue distance dans un effectif qui en compte trop peu.

Son contrat peut toutefois intéresser certaines franchises désirant dégager du cap space pour la prochaine saison et/ou se séparer d’un contrat encombrant.

Le cas d’Arnett Moultrie renseignera sur l’intransigeance du coaching staff en matière d’éthique de travail et de professionnalisme. Tour à tour, blessé, hors de forme, suspendu pour transgression des règles anti-drogue de la Ligue, l’ailier fort n’a pas su mettre à profit sa saison sophomore dans un effectif où même Brandon Davies est parvenu à obtenir du temps de jeu. S’il est un prospect loin d’être dénué de qualité, son investissement lacunaire devrait l’exclure des plans à moyen terme de la franchise.

Enfin, s’il est peut probable que les 76ers consentent des investissements massifs sur des agents libres lors de cette free agency, le cap space disponible pourra être mobilisé pour attirer des vétérans et capturer des assets.

D’ici là les 76ers auront à décider des team options à lever et celle à décliner. Au vu des joueurs draftés lors du second tour et de leurs prestations lors de la saison écoulée, Hollis Thompson, James Anderson, Elliot Williams et Henry Sims demeurent les favoris pour poursuivre l’aventure en Pennsylvanie. Mais comme Sam Hinkie est Sam Hinkie, il n’en signera peut-être qu’un.

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