Chroniques

Draft. Trade-up, trade-down? Trade party à New York?

Avec les choix 3, 10, 32, 39, 47, 52 et 54, Sam Hinkie est en position pour ramener du talent en Pennsylvanie. Seule franchise à disposer de deux choix dans le top 10 et détentrice d’un sixième des choix du second tour, les 76ers se situent précisément là où le Front Office escomptait être lors de son intronisation, 13 mois plus tôt.

Selon les projections des différentes mock draft, les deux premiers tours devraient permettre aux 76ers de sélectionner une combinaison des tandems suivants Embiid/Gordon, Wiggins/Saric, Parker/Harris, la dernière version de la mock de Draftexpress allant même jusqu’à offrir aux 76ers : Andrew Wiggins au pick 3, Aaron Gordon au pick 10, Walter Tavarès au pick 32, Spencer Dinwiddie au pick 39, Nick Johnson au pick 52. Une mock qui ressemble à s’y méprendre à mes préférences personnelles.

En dépit de la contingence des choix des autres GM, Sam Hinkie a de quoi proposer un roster on ne peut plus séduisant et pas seulement pour les Summer Leagues en se contentant de sélectionner le meilleur joueur disponible à chacun de ses deux choix du premier tour. Pour autant, à l’instar de l’an passé, il pourrait bien ne pas attendre le second tour pour animer la cérémonie de la draft.

Tour d’horizon des mouvements potentiels.

La lecture de la draft

Annoncée comme exceptionnellement talentueuse en son sommet, la classe de draft 2014 semble moins profonde que prévue. Le top 3 est on ne peut plus séduisant avec Joel Embiid, Jabari Parker et un Andrew Wiggins qui présente le profil idoine pour les 76ers hinkiens.

Derrière, les choix 4 à 8 devraient offrir à leurs détenteurs des prospects au potentiel certain, puis il existe un saut qualitatif important.

Afin de ne pas rallonger excessivement le texte, nous reportons à de prochaines publications l’étude des profils des prospects mentionnés. Toutefois nous ne résistons pas à ce stade à vous recommander dès à présent l’excellent travail de Guillaume Taxi sur Andrew Wiggins et Jabari Parker.

Si les profils vidéo d’Andrew Wiggins et de Jabari Parker n’ont pas eu raison de votre curiosité nous vousrenvoyons vers les articles publiés sur Basket-Infos.

Si l’ailier canadien et Jabari Parker semblent être des choix naturels pour les 76ers, le cas de Joel Embiid pose davantage de questions. Sa complémentarité avec un Nerlens Noel dont on ignore l’étendue des progrès ne saute pas aux yeux quand la classe de big men qui devrait se présenter en 2015 propose des profils a priori plus complémentaires. Pour autant, nous ne cessons de plaider pour la sélection du meilleur joueur disponible, ce que Joel Embiid ne semble pas loin d’être.

Dante Exum pourrait bien intégrer ce top 3 pour en faire un top 4 offrant dès lors davantage de latitude à Sam Hinkie qui aura la possibilité de choisir parmi deux joueurs de ce quatuor. La sélection du prospect australien posera de nouveaux questionnements sur sa complémentarité avec le Rookie de l’année.

Derrière, reste 4 joueurs à très grand potentiel : Julius Randle, Noah Vonleh, Aaron Gordon et Marcus Smart. Dario Saric est clairement de cette trempe mais les déclarations de son paternel et ses hésitations sur la date à laquelle il souhaite rejoindre la Grande Ligue pourraient bien le faire chuter. Par ailleurs et quand bien même nombreuses sont les mocks draft à proposer Dario Saric chez les 76ers avec le pick 10 au motif qu’ils pourraient le stasher en Europe sans heurts pour une compétitivité qui sera de fait limitée la saison prochaine, on peine à envisager l’hypothèse selon laquelle, Sam Hinkie déléguerait le développement d’un top prospect à une tierce équipe.

Selon notre lecture, deux sauts qualitatifs majeurs structurent le premier tour. Le premier saut qualitatif se situe à la fin du top 3/4 avec une prime à Andrew Wiggins (fit parfait), le second après le top 8. Derrière la suite du premier tour ne présente guère plus de talents que les précédentes cuvées mais regorge de role players.

Quelles conséquences pour les 76ers?  

Trade-up le pick 3? 

Le pick 3 est idéalement positionné dans le premier lot de joueurs. Quels que soient les choix des Cleveland Cavaliers et des Milwaukee Bucks, Sam Hinkie pourra choisir parmi deux joueurs de ces 4 joueurs : Andrew Wiggins, Joel Embiid, Jabari Parker et Dante Exum. En l’état, les 76ers peuvent drafter ce qui pourrait s’avérer être leur Franchise Player sans avoir à monter un trade du pick 3.

Néanmoins, cette perspective mérite d’être étudiée. Pour peu que Sam Hinkie identifie parmi le quatuor, un joueur bien au-dessus des autres et/ou qu’il ne partage pas notre lecture de cette classe de draft, un trade-up du pick 3 pour le pick 1 s’avérerait opportun. Reste que le prix à payer sera colossal pour monter de deux positions. A cet égard, lors de la fameuse draft 1993, les Warriors avaient payé le prix fort pour récupérer le 1st pick (Chris Webber) alors qu’ils avaient le troisième. En plus du 3ème choix (Penny Hardaway) ils avaient cédé pas moins de trois premiers tours de draft : 1996, 1998 et 2000, dans un contexte certes différent où les choix de draft étaient moins valorisés qu’aujourd’hui.

Afin de monter du troisième choix au premier et se débarrasser ainsi de la contingence des choix des Cavs et Bucks devrait coûter a minima Thaddeus Young ou le pick 10, voire les deux. Une offre qui priverait les 76ers de ses principaux assets sans pour autant apparaître comme une offre qui ne se refuse pas pour David Griffin. A ce stade, l’incertitude des choix des deux franchises qui précèderont les 76ers à l’appel d’Adam Silver laisse ouvert le scenarii où Andrew Wiggins (pour peu que Sam Hinkie soit aussi intéressé par le canadien que les rumeurs le laissent entendre) serait disponible au troisième choix. S’il est toujours plus délicat de montrer un trade une fois les choix réalisés, prendre le risque d’attendre le soir de la cérémonie et les choix effectifs des Cavs et des Bucks pourrait s’avérer être la stratégie payante. Elle permettrait a minima de ne pas payer pour rien si le prospect ciblé par Sam Hinkie n’était pas le même que ceux choisis par David Griffin et John Hammond. Le risque étant de devoir récupérer un choix par défaut parmi Jabari Parker et Dante Exum. On a fait pire comme dilemme.

Trade down le pick 3? 

Si la perspective d’un trade-up est certainement à différer au soir de la cérémonie de la draft eu égard à l’incertitude des choix des Cavs et des Bucks, celle d’un trade-down du pick 3 pourrait offrir de précieux assets à la franchise. Si l’équation Jabari Parker = Mormon = Intérêt du Jazz est valide alors les 76ers pourraient profiter d’un swap des picks 3 et 5 pour délester la franchise de l’UTAH de certains des nombreux assets dont elle dispose qu’il s’agisse de jeunes joueurs : Alec Burks, Ernes Kanter ou de choix de draft (outre le pick 5, le Jazz dispose du pick 23 pour le 26 juin prochain et d’une cohorte de choix du premier tour pour les années à venir).

Accumuler ces assets renforcerait la marge de manoeuvre des 76ers pour attirer une star dans le cadre d’un trade dans un scenario à la James Harden, tout autant qu’elle affaiblirait celle de l’obtenir via cette draft puisque les 76ers sortiraient donc du top 3/4 que nous avons identifié comme la voie la plus sûre d’obtenir ce type de joueurs et qu’elle conditionne le choix de Sam Hinkie à la contingence de ceux de deux nouvelles franchises.

Un trade down du pick 3 contre le pick 5 peut s’avérer hautement rentable pour peu que le GM des 76ers reste en mesure de sélectionner au 5ème choix, le joueur qu’il considère comme le plus à même de s’imposer comme une star dans la Grande Ligue. Livrons-nous à un scenario fiction. Hinkie considère que Dante Exum est le meilleur prospect de cette classe de draft (ou le meilleur derrière Andrew Wiggins et Joel Embiid, déjà choisis). Si le Magic s’oriente vers Julius Randle ou Marcus Smart, alors, les 76ers peuvent récupérer le combo-guard australien au 5ème spot et glaner une poignée d’assets de la part du Jazz.

Hautement rentable mais on ne peut plus risquée. Si comme il ne cesse de le marteler depuis sa prise de fonction, l’enjeu majeur de son job est de passer de zéro star à une, Sam Hinkie serait bien inspiré de saisir l’opportunité de cette draft pour l’accomplir et de ne pas spéculer sur les intentions de ses homologues.

Le pick 10. 

Placé juste après le deuxième saut qualitatif de ce premier tour, le pick 10 est on ne peut plus mal positionné si on cherche à optimiser la valeur des picks. Probablement trop bas pour récupérer un des 8 prospects considérés comme les meilleurs de cette cuvée, il est trop haut pour être utilisé pour combler un « besoin » au poste 2 et drafter un Gary Harris. A ce stade du processus de reconstruction, les 76ers n’ont nul besoin de tenir compte des « besoins » en terme de position, uniquement d’accumuler les meilleurs talents possibles.

S’il est un pick à bouger c’est bien celui-là, de préférence via un trade-up mais un trade-down pourrait également s’avérer bénéfique.

Trade-up le pick 10? 

Dans une classe de draft aussi forte en son sommet, réaliser un trade-up risque d’être une entreprise coûteuse mais ô combien prometteuse. Compte tenu du peu d’assets dont disposent désormais les 76ers, il conviendra de faire un choix entre trade-up le 3 et trade-up le 10 à moins de céder Michael Carter-Williams et/ou Nerlens Noel.

L’intérêt de l’opération est de positionner le pick des 76ers dans le top 8 afin d’avoir l’assurance de pouvoir choisir un des prospects suivants : Dante Exum, Julius Randle, Noah Vonleh, Aaron Gordon voire Marcus Smart. Ce dernier ne représente pas le fit parfait aux côtés de Michael Carter-Williams, au surplus si le pick 3 a permis de drafter un joueur qui n’est pas Jabari Parker. En revanche, les trois intérieurs viendraient apporter un surplus de talent exceptionnel au côté d’un Andrew Wiggins.

La dernière version de la mock de draftexpress, ne tenant pas compte des possibilités de trades, laisse Aaron Gordon disponible au pick 10. Une aubaine qui pourrait bien ne jamais se présenter si les Kings et les Bobcats préfèrent échanger leur pick contre un joueur expérimenté. A l’instar de ce qui prévaut pour le pick 3, l’incertitude pesant sur la disponibilité ou non d’un de ces prospects au pick 10 plaide pour un trade au soir de la draft et non en amont.

La concurrence sera rude pour trade-up et les 76ers ne disposent pas nécessairement des meilleures pièces pour convaincre les Lakers (7) ou les Kings (8). Parmi les assets disponibles, les 76ers peuvent mettre dans la balance une combinaison de Thaddeus Young, Tony Wroten, Arnett Moultrie (sic) et des 5 choix du second tour sans oublier une montagne de cap space disponible.

La différence de talent et d’upside entre le top 8 et les picks subséquents est telle qu’un trade-up passera nécessairement par le « sacrifice » du pick 10 et de Thaddeus Young. Tony Wroten qui n’a rien coûté aux 76ers, un ou des choix du second tour et la prise en charge d’un contrat encombrant pourront au besoin venir magnifier l’offre.

Un package pick 10 + Thaddeus Young + pick 32 contre pick 7 et Steve Nash pourrait être adressé aux Lakers. Ces derniers obtiendraient un poste 3/4 dans son prime au prix du contrat du vieillissant meneur canadien qui, idéalement viendrait apporter ses précieux conseils à Michael Carter-Williams et au plus talentueux de ses compatriotes.

Trade-down le pick 10? 

Si un trade-up s’avérait impossible et qu’un des prospects du top 8 n’était pas tombé jusqu’au choix des 76ers, alors échanger ce top 10 contre davantage d’assets fait sens. La différence de talents et d’upside entre le choix 10 et des choix du milieu de premier tour ne semble pas abyssale à la différence de celle en vigueur entre le pick 10 et le pick 7. A ce stade, d’excellents role players seront disponibles et les franchises en quête d’un profil particulier pourraient être disposées à céder des assets pour engager le profil ciblé quand les 76ers auraient tout intérêt à accumuler des assets. A cet égard, les franchises disposant de plusieurs choix de draft apparaissent comme autant de partenaires potentiels. Sans chercher à être exhaustif, voici quelques pistes à envisager.

  • Chicago Bulls

Les Bulls disposent de deux choix du premier tour en 2014 : les picks 16 et 19. En quête d’une menace à longue distance depuis le départ de Kyle Korver, les Bulls pourraient jeter leur dévolu sur un Nik Stauskas ou un Doug McDermott et être réceptifs à un échange des picks 16 et 19 contre les picks 10 et 32.

Par ailleurs, si leur intérêt pour Carmelo Anthony est aussi vif que la pingrerie de leur propriétaire, ils pourraient chercher à se séparer du contrat de Carlos Boozer avant d’envisager de l’amnistier. Les 76ers pourraient alors offrir leur cap space disponible en échange de tours de draft. Dans la même veine, si Daryl Morey envisage bel et bien de se positionner sur une nouvelle star au cours de cet été, les 76ers pourraient venir faciliter l’entreprise de l’ancien patron de Sam Hinkie en assumant le contrat de Jeremy Lin.

  • OKC Thunder 

Défaits en finale de conférence par les Spurs, le Thunder se trouve une nouvelle fois avec de multiples choix de draft dont deux situés dans le premier tour. Sam Presti s’est d’ors et déjà constitué une armée de réserve de prospects internationaux et dispose d’un banc garni de jeunes prospects. Si les 76ers ne peuvent proposer au Thunder un vétéran capable de produire dès son arrivée à Oklahoma City, ils peuvent offrir un tour de draft de nature à permettre au Thunder de maximiser sa marge de négociation. Dès lors, le pick 10 pourrait être utilisé pour rapatrier en Pennsylvanie une poignée d’assets : les choix 21 et 29 ainsi que les droits sur Alex Abrines par exemple. En substance, les 76ers échangeraient potentiellement un Garry Harris contre la possibilité de drafter deux joueurs parmi Kyle Anderson, Jordan Adams, PJ Hairston, Shabazz Napier tout en mettant la main sur un prospect européen du calibre d’Alex Abrines donnant ainsi un peu plus de consistance à leur programme de développement des prospects.

  • Phoenix Suns 

Avec trois choix du premier tour, les Phoenix Suns ont intérêt à avoir un abonnement téléphonique solide. McDonough devrait crouler sous les offres. S’ils ne parviennent pas à attirer un joueur de calibre All-Star contre leur collection de picks et d’assets, les Phoenix Suns pourraient être tentés de monter dans la draft. Les 76ers leur offrent la possibilité de monter dans le top 10 depuis le pick 14 à condition de céder au passage le pick 27. Archie Godwin est un profil qui plaît à Sam Hinkie mais ce dernier semble malheureusement inaccessible.

  • Toute équipe disposée à céder un pick 2014 et un premier tour 2015

De manière générale, si les 76ers ne sont pas parvenus à trade-up le pick 10 et qu’aucun des 8 meilleurs prospects de cette cuvée n’est pas tombé aussi bas, la possibilité de trade-down ce pick afin d’ajouter un tour de draft 2015 devrait être étudiée.

En accumulant les picks et en dégageant une montage de cap space, Sam Hinkie s’est offert une flexibilité qui laisse envisager tout type de scenario (l’échange du pick 10 contre un jeune joueur est aussi une possibilité) pour le 26 juin, y compris celui où Givony aurait vu juste avec la dernière version de sa mock.

Si vous ne deviez réaliser qu'un seul mouvement lors de la draft, ce serait?

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