Draft

Le pick 3. Quels critères de sélection ?

3, 10, 32, 39, 47, 52 et 54. Telle est la collection de picks avec laquelle Sam Hinkie se présentera à New York pour la cérémonie de la draft le 26 juin prochain. L’ampleur de la collection et la présence de deux franchises devant le 1er choix des 76ers ouvrent la voie à une multitude de scenarii. Ces derniers ne manqueront pas d’être envisagés tout au long du mois qui nous sépare de la draft tantôt par les fans tantôt par les insiders, tantôt avec un effet prescriptif, tantôt avec une vocation prospective.

Pour autant, aucun de ces scenarii ne pourra s’appuyer sur des révélations du Front Office de la franchise. Depuis sa prise de fonction, Sam Hinkie, pourtant peu loquace n’a de cesse de rappeler que la discrétion et le silence ne sont pas des traits de caractère mais les fondements de sa stratégie de conduite des opérations. Révéler ses intentions reviendrait à offrir un avantage comparatif substantiel à ses homologues.

A l’issue de la loterie, le GM des 76ers a confirmé le retour du silence radio., méthode qui avait passablement agacé les insiders de tout bord l’été dernier, qui faute de grains à moudre avaient vilipendé la discrétion du GM.

Maintenant je redeviens impassible. C’est indispensable puisqu’à cette période de l’année où tant d’informations sont à glaner, vous pouvez perdre beaucoup à révéler quoique ce soit. Il est probable que nous soyons actifs à tous les niveaux de cette draft. Ce n’est pas inhabituel pour nous. Mais vous devez restez très prudents sur le fait que personne ne sache quelles sont vos intentions 

Dès lors, les fuites et sources des insiders qui indiqueraient que tel ou tel prospect se situerait en tête du big board des 76ers n’engagent que ceux qui veulent bien y croire et qui ont manifestement oublié les évènements de la dernière draft.

Si seul Sam Hinkie est en mesure de dresser la liste de ses préférences et d’indiquer avec précision la manière dont il évalue le potentiel des prospects, il demeure possible de dégager si ce n’est un big board a minima des éléments de méthode.

L’issue de la loterie pose avec d’autant plus d’acuité le débat consubstantiel de la draft sur les critères de sélection des prospects : meilleur joueur disponible ou combler les besoins ?

Convenons-en, les besoins des 76ers en talent se situent à tous les postes, ou presque. La composition actuelle du roster et la focale posée sur le développement des prospects offrent un cadre idéal pour la progression des jeunes joueurs, ce qui ne semble pas avoir échappé aux prospects avec lesquels les 76ers se sont entretenus.

L’essentiel des meilleurs joueurs de cette draft ont affirmé que Philadelphie était une destination très attractive. Parce qu’ils souhaitent être dans une équipe où ils auront des opportunités. Ils veulent jouer dans un gros marché et reconnaissent ce que représente de jouer à Philadelphie. Ils veulent devenir meilleurs et réalisent qu’à Philadelphie, avec notre coaching staff et avec notre roster, vous pouvez jouer et progresser.

Dans la situation des 76ers, le débat aurait pu tourner court. Après une année de reconstruction passée dans les bas-fonds de la Ligue, le choix de draft des 76ers devait leur permettre de sélectionner la future star autour de laquelle construire les ambitions futures de la franchise. A cet égard, Andrew Wiggins présente le profil idoine mais avec le 3ème choix, Sam Hinkie n’est désormais plus maître des destinées du canadien. Si elle n’est pas idéale puisque contingente des décisions des Cavs et des Bucks, la situation des 76ers est loin d’être catastrophique. Avec le 3ème choix, Sam Hinkie aura la liberté de choisir parmi 3 de ces 5 joueurs : Andrew Wiggins, Jabari Parker, Joel Embiid, Dante Exum, et Julius Randle. Une position somme toute enviable mais qui questionne les rôles dévolus à Michael Carter-Williams et Nerlens Noel dans l’effectif et le processus de reconstruction.

Les présences du rookie de l’année à la mène et d’un Nerlens Noel sur lequel la franchise a investi tant de moyens humains afin de le développer tout au long de son indisponibilité doivent-elle avoir pour corollaire l’éviction des postes 1 et 5 des cibles préférentielles de la franchise au motif que ces postes sont déjà pourvus ?

A un niveau d’abstraction plus élevé, les 76ers sont-ils en situation de faire l’impasse sur celui qu’ils considèrent comme le meilleur joueur disponible au 3ème choix de cette classe de draft en raison de la présence d’un meneur de jeu drafté en 11ème position l’an passé et qui en dépit de sa saison remarquable sur le plan statistique n’a que très partiellement levé les doutes sur ses faiblesses annoncées (capacité à organiser le jeu, à prendre les bonnes décisions, jump shot, etc…) et d’un pivot qui n’a pas encore foulé les parquets ?

Rappelons-le, depuis son arrivée en Pennsylvanie, Sam Hinke a, à plusieurs reprises évoqué quel était l’objectif premier de son travail :

« Recruter une star était le défi le plus important de mon ancien job et de celui-ci. Le jeu est largement dicté par les stars. En recruter une est indispensable. Depuis que je suis arrivé ici, le sujet le plus intéressant est de savoir comment passer de 0 star à 1 ».

La draft 2014 demeure la voie la plus courte pour parvenir à attirer un joueur de ce calibre. Malgré une saison qui l’a vu remporter le titre de rookie de l’année, Michael Carter-Williams n’est clairement pas de ce calibre. Pire, son opération à l’épaule survenue au lendemain de la remise de son trophée le privera d’un été de labeur qui était destiné à lui faire développer son jump shot et à prendre de la masse musculaire du haut du corps. D’une certaine manière Michael Carter-Williams présente le profil pour un trade lors de la cérémonie de la draft. A l’issue de sa saison rookie le meneur de jeu de 22 ans a assurément vu sa cote croitre plus vite que son niveau de jeu.

Nerlens Noel, quant à lui, n’a pas mis les pieds sur un parquet en compétition et seul le coaching staff sait où il en est de ses progrès. L’étendue de ces derniers sur son jump shot et sur son jeu dos au panier restent des inconnues pour les observateurs et les scouts des autres franchises quand bien même sa prise de masse musculaire ne peut être dissimulée.

A ce stade du processus, Michael Carter-Williams et Nerlens Noel ne sont que des assets, à l’instar de ce qu’était Jrue Holiday l’été dernier. Il convient donc de les considérer comme tels. A moins de les considérer comme les stars autour desquelles seront construites les ambitions futures de la franchise, leur présence dans le roster ne peut servir de fondement pour écarter des radars des joueurs dont le profil ne semble a priori pas des plus complémentaires.

Plus explicitement, si la franchise considère que le meilleur joueur disponible, entendu comme le joueur ayant les plus grandes chances de s’affirmer comme une star dans la Ligue, est un pivot camerounais ou un combo guard australien, la complémentarité peu évidente de prime abord avec Nerlens Noel ou MCW ne peut avoir pour conséquence de passer outre ces prospects pour porter son choix sur un joueur a priori plus complémentaire mais moins prometteur. Sans faire injure aux joueurs concernés, et avec une analogie douteuse sur le plan du talent, on ne fait pas l’impasse sur Michael Jordan au profit de Sam Bowie au prétexte que l’on a Clyde Drexler dans le roster.

Le débat prescriptif reste naturellement ouvert et nous ne manquerons pas de revenir sur les profils des prospects que la pléiade de choix de draft détenus par Sam Hinkie nous permettront de sélectionner. Celui prospectif, périlleux par essence, le sera également mais trouvera ses fondements dans une exégèse de la méthodologie de travail de Sam Hinkie davantage que sur des révélations d’insiders.

Reste qu’avec la possibilité de drafter un de ces 5 joueurs : Andrew Wiggins, Joel Embiid, Jabari Parker, Dante Exum et Julius Randle, et un autre prospect dans le top 10 tout en ayant 5 choix du second tour qui pourront, au choix, être mobilisés pour constituer une armée de réserve de talents internationaux, drafter des role players ou faciliter des trades, la franchise détient les outils idoines pour remplir son premier objectif : récupérer une future star.

Je pense que c’est une bonne soirée pour nous. Détenir deux top 10 dans une telle classe de draft nous donne énormément d’espoirs. C’est quelque chose pour laquelle de nombreuses équipes paieraient cher. Nous devons rester ouverts à tout ce que l’on pourrait nous proposer mais à ce stade nous sommes très excités par le type de joueurs que nos choix nous permettront d’ajouter à notre programme .

Passées ces déclarations pleines d’emphase et d’optimisme, place au silence radio….et aux spéculations.

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