Chroniques

Vers l’impasse sur la Free Agency

Titulaire d’un cap space exceptionnel, de deux choix de draft dans la loterie (le pick des Pelicans n’a que 4% de chance d’échapper aux 76ers à l’issue de la loterie du 20 mai) et de 5 choix dans le second tour, Sam Hinkie s’est offert en une saison une marge de manœuvre dont la latitude n’a d’égal que l’incertitude des choix qui seront fait au cours de l’été.

Après une saison qui a vu les 76ers s’emparer d’un nouveau record de nullité, celui du nombre de défaites consécutives (performance des Cleveland Cavaliers de 2010-2011 égalée) après celui de la saison avec la moins prolifique en victoires (9 en 1972-1973), la perspective de les voir se positionner sur des FA et des RFA à même d’encadrer la cohorte de prospects (Michael Carter-Williams, Nerlens Noel, Tony Wroten et ceux qui seront draftés le 26 juin prochain) est tentante et nombreux devraient être ceux à céder devant la tentation d’un regain de compétitivité immédiate lors de la seconde édition de notre Joue la comme DiLéo. Pour autant, c’est le scenario inverse qui apparaît comme la prospective la plus probable pour une série de facteurs qui se déclinent autour de la notion du timing.

Au sortir d’une saison à 19 victoires, la capacité d’attraction de la franchise, déjà faible, est au plus bas. A moins de vivre dans la tête de Charles Barkley, personne ne peut imaginer un free agent de haut standing, a fortiori pas Lebron James, signer intentionnellement à Philadelphie dès cet été, quand bien même ces derniers auraient été vernis à la loterie.

Les jeunes talents dont le contrat rookie arrivent à expiration et qui sont RFA (agent libre restreint) semblent être des pistes plus crédibles. Reste alors à envisager la pertinence d’un investissement substantiel à ce stade du processus, qui implique celle de la complémentarité des joueurs ainsi recrutés sur le marché et ceux qui seront draftés. Et ce avant même que les prospects de la classe de draft 2014, à l’instar de Nerlens Noel n’aient pu être évalués en compétition.

Agir sur le marché tel le trader moyen en visant un « buy low, sell high » est proscrit puisque la survalorisation de l’offre soumise aux RFA est la condition sine qua none de leur recrutement. Enfin la focale posée sur le développement des prospects par l’ensemble de l’organisation semble plaider pour une mobilisation de l’essentiel des ressources matérielles et humaines auprès des jeunes prospects.

Reste que les 76ers disposeront d’un cap space disponible sans équivalent dans la Ligue qu’il convient d’évaluer avec précision, alors que le salary cap devrait être sensiblement revu à la hausse, libérant ainsi encore davantage de flexibilité pour Sam Hinkie, mais réduisant son avantage comparatif face aux 29 autres GM.

Un cap space disponible sans équivalent.  

Des 28 joueurs qui ont été sous contrat cette saison avec les 76ers, seuls 5 ont un contrat garanti pour le prochain exercice, 3 disposent d’une player option et les autres n’ont qu’une team option à faire valoir auprès des banquiers.

Revue d’effectif

  • Les contrats garantis pour 2014-2015

Thaddeus Young dispose d’un contrat sur les deux prochaines saisons. 9,4 millions de dollars en 2014-2015 et une Early Termination Option pour 2015-2016. Sa volonté de ou non de renoncer à sa dernière année de contrat conditionnera son avenir que ce soit en Pennsylvanie ou ailleurs ainsi que la position des 76ers à la table des négociations dans le cadre d’un trade.

Après avoir sollicité son transfert peu avant la trade deadline, Thaddeus Young s’est montré irréprochable tant sur le parquet qu’en dehors où son rôle de leader a été unanimement salué par les joueurs lors des interviews de l’Exit Media Day. Toutefois, s’il venait à se montrer intraitable sur son intention de quitter la Pennsylvanie et le projet de reconstruction des 76ers, la perspective d’un trade lors de la draft ou avant la deadline n’en serait que plus inéluctable tant il reste la dernière monnaie d’échange de valeur dont dispose Sam Hinkie.

Nerlens Noel (3,3 millions de dollars) et Michael Carter-Williams (2,3 millions de dollars) seront sous contrat pour leur seconde année. La franchise devra décider avant le 31 octobre de prolonger ou non leur option pour une troisième année.

Tony Wroten (1,2 millions de dollars) a vu son option pour une troisième année être levée en octobre dernier et sera donc sous contrat avec les 76ers la saison prochaine. Le combo guard dispose d’une option pour une quatrième année fixée à 2,2 millions de dollars qui devra être levée avant le 31 octobre.

Enfin Arnett Moultrie percevra 1,1 millions de dollars des 76ers l’année prochaine. Il est en revanche peu probable qu’il voit son option pour une quatrième année être levée. Successivement blessé, à court de forme puis suspendu pour avoir transgressé le règlement anti-drogue de la NBA, Arnett Moultrie n’a pas mis tous les atouts de son côté pour prolonger l’aventure en Pennsylvanie.

Intransigeant sur le professionnalisme et l’implication lors des séances d’entraînement, le coaching staff et le Front Office des 76ers pourraient bien le couper et en être quitte pour le payer à exercer ses talents ailleurs.

  • Les joueurs qui disposent d’une player option

Trois joueurs des 76ers disposent d’une player option pour le prochain exercice : Jason Richardson, Byron Mullens et…Eric Maynor.

Arrivé à Philadephie dans le cadre du trade pour Andrew Bynum, Jason Richardson n’a plus joué depuis le 18 février 2013. Dans ces circonstances, il ne fait guère de doutes qu’il activera son option à 6,6 millions de dollars pour le prochain exercice. Moins évidente est la prospective quant à son futur rôle.

Pour peu qu’il soit toujours en mesure de shooter, J-Rich restera une pièce utile dans le roster des 76ers en apportant du spacing et des solutions sur catch and shoot que seuls Hollis Thompson et James Anderson proposaient cette saison. Un rôle de vétéran, capable de rentrer des shoots ouverts est le scenario le plus optimiste pour J-Rich. Au pire, il sera utilisé comme un contrat expirant.

Recruté le jour de la trade deadline, Byron Mullens dispose d’une option d’un million de dollars pour la saison prochaine. S’il a indiqué lors de l’Exit Media Day, ne pas avoir encore pris sa décision, le pivot fuyant pourrait céder aux sollicitations du marché pour peu qu’elles se manifestent. Plutôt adroit derrière l’arc avec les 76ers (40%), rien n’indique qu’il sera conservé dans l’effectif quand bien même il déciderait de faire valoir son option.

Enfin, Eric Maynor présente un cas atypique qui questionne les méandres du salary cap. Coupé par les 76ers, l’ancien back-up de Russell Westbrook, Deron Williams, Damian Lillard, John Wall et Michael Carter-Williams dispose d’une player option de 2,1 millions de dollars pour la saison prochaine.

  • Les team options

Outre ces 8 joueurs, tous les autres disposent d’une team option pour la ou les saisons à venir. Nous remettons à un prochain texte la prospective concernant l’avenir de ces joueurs en Pennsylvanie. Leurs contrats pour la saison prochaine ne sera pas comptabilisés dans le salary cap avant le season opener et ne seront alors que partiellement garantis jusqu’en janvier 2015.

  • James Anderson (981 084$).

Laissé libre par les Houston Rockets à l’intersaison dernière, James Anderson a rejoint les 76ers en compagnie de Tim Ohlbrecht. Son option ne concerne que la saison prochaine et si elle venait à être activée, il sera unrestricted free agent à l’issue de l’exercice.

  • Henry Sims (915 243$)
  • Elliot Williams (981 084$)
  • Jarvis Varnado (915 243$)
  • Hollis Thompson (816 423$)
  • Brandon Davies (816 423$)
  • Casper Ware (816 423$)
  • Adonis Thomas (816 423$)
Avec 40,1% de réussite derrière la ligne à 3 points, Hollis Thompson est le rookie le plus adroit à longue distance.

Avec 40,1% de réussite derrière la ligne à 3 points, Hollis Thompson est le rookie le plus adroit à longue distance.

Chacun de ces 6 joueurs a signé un contrat présentant la même structure : deux années de contrat non garanties suivies d’une team option. Autrement dit, si Sam Hinkie et Brett Brown considèrent qu’ils le méritent ces joueurs sont sous contrôle pour un contrat dérisoire jusqu’en 2016-2017.

En admettant que les joueurs qui disposent d’une player option la lèvent, la masse salariale des 76ers s’élèvera à 27 millions de dollars. Somme à laquelle il conviendra de rajouter le montant des contrats des rookies qui seront draftés par Sam Hinkie, le 26 juin prochain (7,5 millions de dollars si la loterie pour les picks 2 et 10) et ceux qui verront leur team option utilisée.

Dès lors, les Philadelphia 76ers présenteront un cap space disponible sans équivalent à l’aube de l’intersaison avec +/- 29 millions de dollars à faire valoir sur le marché, voire davantage si la hausse du salary cap annoncée devait être confirmée.

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