Chroniques

A la recherche de l’extra pick

A six jours de la trade deadline, Sam Hinkie dispose d’une des plus belles collections de picks de la Ligue pour la prochaine draft. L’exploit n’est pas mince quand on sait que son prédécesseur s’était délesté de deux premiers tours au cours de l’été dernier. D’abord pour s’assurer les services d’Arnett Moultrie[1] puis afin d’attirer Andrew Bynum en Pennsylvanie[2]. Le second n’a pas joué une seule seconde avec un jersey de Philadelphie sur les épaules, le premier a été utilisé avec parcimonie par Doug Collins et n’a commencé sa saison 2014, le 10 février, la faute à une opération à l’aube de la pré-saison.

Pas découragé pour autant, Sam Hinkie est parvenu à arracher ce que peu de franchises étaient disposées à céder avec un probable lottery pick en envoyant Jrue Holiday chez les Pelicans pendant que Nerlens Noel faisait le chemin inverse. Dans le cadre de cet échange, le GM perdait également son 42ème choix. Qu’importe, il n’était pas décidé à utiliser ses choix du second tour dans cette classe de draft. Après une cascade d’échange, Sam Hinkie parvenait à transformer un choix 35 en Arsalan Kazemi et deux nouveaux choix du second tour pour 2014.

Avant derniers de la Ligue après 54 matches, les Philadelphia 76ers disposent théoriquement des choix 2, 11, 32, 46 et 55.

Sans occulter le fait que la loterie peut sensiblement venir bouleverser cet ordre (essentiellement à la défaveur des 76ers), on peut considérer que Sam Hinkie sera en mesure, sauf surprise, de drafter un prospect dans le top 5 et un autre dans le top 12 de la prochaine classe de draft, tout en bénéficiant d’un des tous premiers choix du second tour.

Il est même encore permis de rêver à deux choix dans le top. En effet, les Cleveland Cavaliers, les Detroit Pistons et les New York Knicks pourraient bien venir donner un précieux coup de main à Sam Hinkie en repassant devant les Pelicans au classement, ce qui pourrait permettre aux 76ers de détenir deux picks dans le top 8.

Par ailleurs, si les second tours prennent chaque année plus de valeur aux yeux des GM en quête de role players à moindres frais, le choix du second tour des 76ers a toutes les chances de ressembler à s’y méprendre à un premier tour avec le privilège exorbitant de ne pas être corrélé à un contrat garanti. Sam Hinkie pourrait alors profiter du raidissement des taux de la luxury tax pour les multicrécidivistes pour trade-up.

Pour autant avec des vétérans sur la sellette, le jeune GM des 76ers ne fait pas mystère de sa volonté de consolider sa collection, certainement vexé d’avoir été coiffé au poteau par Ryan McDonough. Reste à savoir vers quel millésime il serait opportun de porter son attention.

Pourquoi aller chercher un nouveau pick 2014 ?

La renommée de la prochaine classe de draft n’est plus à démontrer et un pick en fin de premier tour devrait permettre d’arracher un prospect intriguant. A cet égard, Wayne Selden, Kyle Anderson, Zach Lavine ou Montrez Harrell figurent à l’heure actuelle au delà du 23ème rang dans la mock de Draftexpress. S’assurer de la possibilité d’acquérir un de ces prospects ne serait pas une mauvaise idée, mais il est désormais indubitable que les picks 2014 disponibles sur le marché se font rares et qu’ils sont donc excessivement valorisés par leurs propriétaires.

KyleAnderson

Photo credit: Scott Chandler

Si Hinkie souhaite se positionner sur un buy low, il devra certainement porter son attention sur le millésime suivant. Pour autant, une autre raison pourrait conduire le GM des 76ers à se mettre en quête d’un fin de premier tour 2014. En effet, il est proscrit à une franchise qui a déjà cédé son pick 2014 de céder son pick 2015 sauf si elle venait à en acquérir un autre. Ainsi, en récupérant un pick de fin de premier tour 2014, Sam Hinkie s’autoriserait à pouvoir négocier un pick théoriquement mieux placé en 2015 avec une franchise s’étant d’ors et déjà délestée de son pick 2014.

S’assurer un pick 2015 pour viser les Playoffs dès la saison prochaine ?

Héritage de Doug Collins et conséquence du trade de Jordan Crawford et Marshon Brooks, le pick 2015 des 76ers appartient aux Boston Celtics. Ce dernier reste protégé top 14 et reviendra en Pennsylvanie si les hommes de Brett Brown échouent à se qualifier pour la post-season.

Se positionner sur un premier tour de draft 2015 permettrait aux 76ers de disputer la saison sans prendre le risque de se retrouver sans le moindre choix de draft en juin. La perspective de voir une équipe composée de Michael Carter-Williams, Nerlens Noel et de deux lottery picks, disputer les playoffs est excessivement optimiste mais n’est pas totalement à exclure pour peu que Sam Hinkie se positionne avec succès sur la free agency.

Enfin, accumuler les picks en tant qu’assets est stratégie parfaitement intelligible. En revanche, elle n’est pas sans poser problème lorsque cette collection de picks se matérialise en pléiade de prospects. La focale a été placée depuis l’arrivée de Sam Hinkie et le recrutement de Brett Brown sur le développement des jeunes joueurs. Michael Carter-Williams et Tony Wroten réalisent des saisons bien au-delà des espérances les plus folles quand Nerlens Noel bénéficie de la plus grande attention du head coach comme en attestent ses innombrables séances de shooting précédant les matches.

La réussite du projet à moyen et long terme des 76ers est conditionnée au développement des joueurs draftés et donc par la qualité de l’encadrement qui leur est offert et l’attention qui leur sera portée par le coaching staff. Avec MCW et Nerlens Noel qui ne manqueront pas de solliciter les coaches, limiter à trois (pick des 76ers, pick de NOLA, pick des 76ers du second tour) le nombre de rookies amenés à jouer un rôle substantiel la saison prochaine est certainement le moyen le plus sur de leur allouer les ressources matérielles et humaines suffisantes.

Foster-Noel-Brown

Dès lors, un nouveau pick 2014 pourrait s’avérer superflu à moins qu’il ne soit utilisé dans le cadre d’un draft and stash, là où un extra pick 2015 serait particulièrement séduisant. Quand bien même il est trop tôt pour se prononcer sur le niveau de la classe de draft 2015, elle ne devrait pas manquer de talents. Un GM sous pression pourrait être tenté de céder à moindre coût de tels assets sur l’autel d’une amélioration de la compétitivité sportive immédiate de son roster.

L’acquisition d’un extra pick 2015 offrirait un peu plus de flexibilité à Sam Hinkie. Si la saison est une réussite et qu’il est parvenu en deux intersaisons à ramener les 76ers en post-season, la franchise ne se retrouvera pas privée de la possibilité de se renforcer via la draft.

Si, au contraire, la saison prochaine des 76ers devait s’arrêter en avril pour la troisième fois consécutive, le GM disposerait ainsi de deux picks du premier tour 2015 avec la possibilité de trade up pour récupérer un nouveau prospect de standing ou être intégré dans un package pour un trade à la James Harden.

Cette perspective fait d’autant plus sens que si le plan de Sam Hinkie tient ses promesses, les 76ers se retrouveront sans leur premier choix de draft lors de la cuvée 2016 et avec un cap space peu à peu rempli par l’augmentation automatique des contrats rookies.

Nul doute que Sam Hinkie engagera les discussions avec ces éléments en tête. Malheureusement, il risque bien de devoir négocier sur la base de ce que ses homologues seront enclins à lui proposer. Evan Turner et Spencer Hawes ne sont pas de si bons appâts que l’on pouvait l’espérer en début de saison. Restera alors la carte Thaddeus Young à jouer ou à attendre la cérémonie de la draft.


[1] Drafté au 27ème choix de la draft 2012 par le Miami Heat, Arnett Moultrie n’a pas eu le temps de poser ses valises en Floride. Les 76ers l’ont acquis en échange d’un premier tour de draft 2013, protégé top 14 en 2013, 2014 et 2015 puis se transformera en deux seconds tours (2015 et 2016) si les 76ers n’ont pas liquidé leur créance en juin 2015. En plus le Heat a récupéré les droits sur Justin Hamilton.

[2] Dans le cadre du blockbuster trade, les 76ers ont envoyé leur premier choix de draft 2016 à l’autre franchise floridienne, le Orlando Magic, protégé top 14 en 2016, top 11 en 2017 et top 8 en 2018.

@ Crédits Photo à la Une  : Joe Camporeale – USA Today Sports

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