Chroniques

Evan Turner, l’homme sans valeur…identifiée

A moins de deux semaines de la trade deadline, les rumeurs autour d’Evan Turner ne faiblissent pas. Les insiders de tout bord y vont de leur « destination probable » (des Spurs aux Bobcats, du Thunder aux Hawks en passant par les Mavs ou les Suns). Sur la base de ces rapports, la moitié des franchises de la Ligue aurait pris contact avec Sam Hinkie à propos du second choix de la draft 2010. Mais les offres parvenues sur la table du GM de Philadelphie ne sont guère satisfaisantes. Selon les informations de Jake Pavorky de Liberty Ballers, seuls des contrats expirants auraient été proposés en échange d’Evan Turner. Bien insuffisant pour l’instant pour un Sam Hinkie décidé à garnir sa collection d’assets.

Quelle valeur pour Evan Turner ?

Près de 4 ans après sa draft, la valeur d’Evan Turner est toujours énigmatique. All around player dominant en NCAA, le n°12 des 76ers peine à s’imposer dans la Grande Ligue. Au sein d’une équipe pratiquant un basket up-tempo, il réalise sa meilleure saison sur le plan statistique (sic)¹. Un truchement numérique qui, malgré une belle régularité au début de saison, n’a pas suffi à tromper la vigilance des 29 autres General Managers. Ses piètres performances depuis la nouvelle année civile ont certainement fini de dissiper la corrélation entre la progression de ses statistiques et celle de son niveau de jeu.

Joueur particulièrement polyvalent, il n’est un joueur d’élite dans aucun secteur si ce n’est le rebond défensif quand il défend les postes 2. Très bon passeur, il n’est guère altruiste, privilégiant l’over dribble à l’extra passe. Doté de précieuses qualités athlétiques et d’un excellent contrôle du haut du corps, il peut conclure aisément au cercle et obtenir la faute pour peu qu’il se décide à pénétrer et non à prendre un stepback à 5-6 mètres ou un pull-up hasardeux. Scoreur hors pair depuis les positions les moins rentables, il ne parvient pas à développer un shoot fiable derrière l’arc.

Poste 2-3 qui a besoin d’avoir la gonfle entre les mains, Evan Turner présente le profil idoine pour assurer le leadership d’une second unit mais son utilisation optimale en starter relève du dilemme insoluble tant qu’il se montrera naïf et inappliqué en défense.

Paradoxalement, le facteur le plus déterminant de sa valeur commerciale réside dans sa confiance en lui et dans sa valeur.

I’m on my way to being one of the best in the league, so that’s all that matters – Evan Turner

Vous avez vu comment je suis fort?

Vous avez vu comment je suis fort?

Convaincu qu’il mérite (et qu’il aura) un contrat juteux, Evan Turner affaiblit de lui même sa valeur immédiate sur le marché au grand désarroi de Sam Hinkie qui escompte toujours en récupérer une contrepartie substantielle. Pas en position de force sur le marché, il est délicat pour Sam Hinkie d’utiliser Evan Turner pour récupérer un des prospects ciblés. Dès lors, afin de conserver toute sa flexibilité, ses attentes se portent autour d’un premier tour de draft, pas nécessairement du millésime 2014.

Une situation contractuelle peu favorable à Sam Hinkie ?

Si le GM ne s’est jamais exprimé sur le cas d’Evan Turner, la réciproque ne se vérifie pas. Le joueur n’a eu de cesse de déclarer que Sam Hinkie n’était pas le GM qui l’avait ramené en Pennsylvanie et que ce dernier ne lui a jamais proposé de discuter d’une prolongation de contrat.

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Inviteriez-vous ce genre d’individu à la table des négociations?

Dans ces circonstances, certaines franchises pourraient se laisser tenter par attendre que les 76ers libèrent Evan Turner pour tenter de le récupérer à moindre frais plutôt que de se précipiter à la deadline. Pied de nez à la politique de l’offre, Evan Turner n’a pas de valeur intrinsèque. Il ne vaut sur le marché que ce que les autres GM seront prêts à céder pour lui.

Deux profils de franchises peuvent se positionner sur Evan Turner.

Des franchises intéressées par Evan Turner à long terme qui voient ici l’opportunité d’acheter à bas prix un « prospect » dont elles pensent pouvoir retirer une production supérieure à leur investissement. En l’espèce, ces dernières pourraient bien se laisser tenter par attendre de voir si elles ne peuvent pas récupérer le joueur via la free agency.

Des franchises à la lutte pour une qualification en post-season qui désireraient se renforcer dans cette optique quitte à prendre le risque de voir le joueur céder aux sirènes d’une proposition plus juteuse à l’issue de cet exercice.

Les espoirs des 76ers de récupérer une contrepartie pour ET résident dans les tentatives désespérées d’autres organisations pour remplir leurs objectifs de début de saison. L’indécision de la conférence Est et l’accumulation des blessures dans la Ligue renforcent la marge de négociation de Sam Hinkie.

Pour l’heure ce dernier est en position de vendeur et donc en position de faiblesse sur le marché. Les heures s’écoulant jusqu’à la deadline, sa position s’apprécie sensiblement. Les 76ers auront toujours une chance de céder Evan Turner au soir de la draft ou au début de la free agency via un sign and trade, quand les franchises qui luttent pour les PO ne disposeront plus de cartes pour se renforcer au delà du 20 février.

Quand bien même il ne parviendrait pas à trouver un trade, Sam Hinkie laissera Evan Turner quitter la Pennsylvanie libre pour dégager encore davantage de cap space. Depuis le début de saison, la donne n’a pas changé. Afin de valider un trade, il faudra que Sam Hinkie considère la contrepartie proposée comme de valeur égale ou supérieure au joueur cédé mais aussi comme plus valeureuse que le cap space qu’un départ libérerait.

La vente en lot ?

Reste l’hypothèse de voir Sam Hinkie réussir le tour de force de céder ses « vétérans » en package. Il se murmure que le GM a fait le forcing pour trouver une porte se sortie commune à Evan Turner et Spencer Hawes.

A ce jour, les Bobcats semblent être les candidats les plus crédibles pour accueillir Evan Turner. Huitièmes à l’Est, ils sont sous la menace des Knicks et des Pistons, sans compter qu’un jour les Cavs se montreront peut-être à la hauteur de leurs ambitions.

La franchise de Michael Jordan possède deux extras picks en 2014 dont celui des Blazers, du contrat expirant de Ben Gordon et accessoirement d’un prospect comme MKG si les discussions devaient porter sur un package plus large que le simple Evan Turner.

Aux dernières nouvelles, Rich Cho n’aurait proposé qu’un contrat expirant en échange d’Evan Turner. Facile de faire le malin à 11 jours de la trade deadline, que feras-tu le 20 février, Rich ?

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¹ Son saison, systématique présentée comme sa meilleure sur le plan statistique l’est incontestablement sur le plan du scoring où il tourne à 17,8 points par match. Toutefois, il délivre moins de passes décisives que la saison passée, capte moins de rebonds, perd plus de gonfles. Son pourcentage de réussite à trois points est passé en dessous des 29%.

Qui sera le premier des "vétérans" à être transféré?

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