L'interview d'en face

L’interview d’en face – Phoenix Suns

Cette nuit à 3 heures du matin, les Philadelphia 76ers débutent leur road trip de 5 matches à l’Ouest avec comme première escale Phoenix et ses jumeaux de Philly, son coach, ancien joueur des deux franchises passée par la Pennsylvanie dans le cadre du trade de Charles Barkley dans l’Arizona, sa collection de picks, son run and gun et sa sixième place à l’Ouest.

Le service marketing local a bien compris que cette partie déchainerait les passions et organise une soirée Bobblehead à l’effigie de Jeff Hornacek. On aurait bien collé notre tronche sur une figurine désarticulée mais faute de moyens, on se contentera d’une interview d’en face avec le bien connu Lucas (@SwitchtoLK), l’auteur génial des Suns of Anarchy mais aussi de bien d’autres merveilles que vous retrouverez ici et .

Là où les Philadelphia 76ers ont surpris leur monde pendant trois rencontres, en proposant un jeu séduisant et une combativité sans faille, les Phoenix Suns poursuivent l’expérience et à la surprise générale squattent encore la 6ème place à l’Ouest. Pour le fan des 76ers soumis aux horaires de la côte Est, comment expliquez-vous ces résultats probants ?

Lucas : C’est clair qu’on aurait eu du mal à imaginer l’équipe pointer à cette place avant la saison, mais le travail accompli par le coaching staff a été vraiment efficace. Jeff Hornacek avait annoncé vouloir créer une équipe de run’n’gun musclé, il l’a fait. Le travail de son assistant défensif Mike Longabardi notamment est à souligner, car sans défense, pas de rebonds, et sans rebonds, pas de contre-attaques ni de jeu rapide. Ca reste un Basket au final assez peu complexe, mais servi par les joueurs adaptés. Et donc très efficace.

Les lecteurs attentifs qui ne se contentent pas de la géniale chronique Suns of Anarchy, ne seront pas surpris d’apprendre que vous étiez sceptiques sur l’association de Bledsoe et Dragic dans le backcourt. Après un peu plus d’un tiers de la saison, les deux acolytes ont-ils dissipé tes doutes ? Si oui peut-on aller jusqu’à considérer que ce tandem peut être viable chez un contender ?

Lucas : Même si les deux joueurs ont prouvé qu’ils pouvaient former un duo capable de performer, je reste assez partagé. Les deux meneurs parviennent à bien jouer avec leurs coéquipiers, en revanche ils ont beaucoup plus de mal à jouer ensemble et ça se sent beaucoup dans le jeu sur demi-terrain qui peut parfois devenir carrément stérile lorsque les deux sont associés. Bledsoe ne score que très rarement après une passe de Dragic et l’inverse est tout aussi vrai, ils se succèdent à la mène plus qu’ils ne cohabitent dans le backcourt. En revanche, le fait d’avoir deux meneurs permet d’exploiter au mieux les autres joueurs du roster : un shooteur comme Frye est plus à l’aise avec Dragic, un intérieur plus classique comme Plumlee est plus à l’aise avec Bledsoe. Même si les deux joueurs ne sont pas forcément complémentaires l’un de l’autre, le reste de l’équipe profite de la variété de leurs profils. Je doute qu’un tel modèle puisse permettre un jour à une équipe de viser le titre, mais avec un effectif limité, associer deux meneurs aux profils différents permet de tirer le meilleur de chacun des joueurs.

Dans un vocabulaire que n’aurait pas renié Sam Hinkie, Ryan McDonough confiait au lendemain du trade de Luis Scola que cette saison serait avant tout mise au service du développement d’une culture de jeu, « jouer dur, partager la balle, développer un système », avant d’ajouter qu’il ne mesurerait pas le succès de cet exercice en termes de victoires ou de défaites. Le bilan comptable au-delà des attentes peut-il remettre en cause l’idéal type de la reconstruction par la draft ?

Lucas : Au contraire, le fait de connaître du succès permet de créer une spirale positive. Une franchise qui enchaîne les mauvaises saisons et qui se renforce par la draft va constituer une équipe qui n’aura connu que la défaite. Cela ne contribue pas à l’épanouissement de jeunes joueurs et cette stratégie risque surtout d’engluer l’équipe dans la médiocrité, comme on peut le voir avec Sacramento par exemple. Même si les résultats actuels empêcheraient virtuellement les Suns de pouvoir choisir dans le top 5, l’effectif est très jeune et emmagasine confiance et expérience. Jeff Hornacek a été choisi notamment grâce à son travail de développement des joueurs à Utah, les progrès déjà visibles des Morris, de Plumlee ou encore de Bledsoe parlent pour lui, et un joueur drafté milieu de premier tour épanouï sera toujours un meilleur joueur qu’un top pick brimé. Garde la pêche, Thomas Robinson.

Propriétaire de 4 potentiels choix dans le premier tour de la prochaine draft, McDonough a les assets pour monter un trade à la James Harden reste à trouver un partenaire prêt à céder une star. Admettons que le Front Office ait la clairvoyance de vous confier les rênes de la franchise, quelle stratégie adoptez-vous ?

Lucas : J’ai bien aimé la draft des Rockets qui avait précédé le trade de James Harden. Ils avaient jeté leur dévolu sur deux valeurs sures qu’étaient Lamb et Jones tout en tentant un pari avec la sélection de Royce White. Le fait d’avoir plusieurs picks permet de sélectionner des joueurs ‘High risk, high reward’ qui peuvent devenir de vrais joueurs clés comme des busts absolus. Avec 3 ou 4 picks, on peut drafter un prospect énigmatique sans risquer de se retrouver à poil derrière. Les Suns pourraient par exemple drafter Dario Saric, j’aime beaucoup le joueur mais aucun Européen de ce profil n’a réussi outre-Atlantique. Le choisir en milieu de tableau tout en draftant dans le même temps d’autres joueurs calibrés NBA serait un pari finalement peu risqué et qui pourrait rapporter gros. Néanmoins, je serais davantage partisan d’échanger une partie de ces picks afin de monter dans la draft et pouvoir espérer retenir un des gros noms de cette promotion. Ou James Harden, mais je doute que ça marche deux fois d’affilée.

Dans le système de jeu des Suns, les jumeaux de Philadelphie se montent utiles. Quel avenir prédisez-vous à Markieff?

Lucas : Markieff a vraiment progressé dans son jeu depuis l’arrivée de Jeff Hornacek. Il s’écarte moins de la peinture, ce qui a toujours été son gros défaut, et parvient à provoquer beaucoup de lancers francs qui sont des points beaucoup plus faciles. Il est déjà devenu un incontournable en sortie de banc et un élément-clé de l’équipe, mais s’il parvient à épurer davantage son jeu pour devenir un joueur vraiment efficace, il peut viser encore plus haut. Les progrès fulgurants qu’il a fait sont encourageants pour la suite, même si sa marge de progression est finalement selon moi assez limitée.

Si on vous offrait la possibilité de piocher un joueur dans le roster des Philadelphia Sixers, lequel prendriez-vous pour les Suns? Et pourquoi?

Lucas : Je piocherais chez les 87ers pour prendre Thanasis Antetokounmpo. Je pourrais faire un rébus fabuleux.

Un pronostic pour cette partie entre deux des plus beaux collectionneurs de picks de la Ligue ?

Lucas : Le fait de jouer avec un petit backcourt contre le vôtre avec deux grands rique une fois de plus de limiter notre jeu, mais après la peignée qu’on s’est pris contre les Warriors hier soir, les gars vont mettre dix fois plus d’intensité en défense et ça va courir dans tous les sens. Ca va être un match sympa à voir des deux côtés, même si on va gagner. Et puis au final, un tel scénario ça vous arrange aussi, non?

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