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MCW conduit les 76ers au succès face au Heat.

Résultat sixers-heat 30:10

Exceptionnel début de saison.

Exceptionnel en raison du contexte. Allen Iverson a décidé de tirer définitivement un trait sur sa carrière de basketteur. Et c’est au Wells Fargo Center que la décision a été officialisée. Pour l’occasion, les grandes figures de l’histoire de la franchise avaient fait le déplacement.

Exceptionnel par l’identité de l’opposant, le double champion en titre emmené par un quadruple MVP.

Exceptionnel surtout par la qualité et l’intensité dramatique de la partie. Comme un hommage à un Allen Iverson ému dans les gradins, à moins qu’il n’ait passé le début de soirée avec Michael Beasley, les 76ers n’ont pas tremblé devant le double champion en titre.

L’équipe la plus faible de la Conférence Est, infligeait un 19-0 au Heat pour commencer et laissait le Wells Fargo Center se prendre à rêver d’un succès face aux Floridiens qui leur échappait depuis 15 rencontres de saison régulière. Le basket de transition des 76ers faisait d’autant plus merveille qu’ils défendaient efficacement les lignes de passes des floridiens pour accumuler les interceptions et profiter des situations de fast-breaks pour s’autoriser un accès aisé au cercle.

Privés de Dwyane Wade, qu’Erik Spoelstra a benché dans un mouvement de tanking des plus répugnants, le Heat ne parvenait pas à rentrer le moindre shoot, là où les 76ers semblaient incapables d’en manquer un. Lorsque Lebron James marquait les premiers points du Heat, les locaux s’étaient largement détachés 23-2. Les hommes de Brett Brown ont rentré leur onze premiers shoots. Et c’est avec un écart de 19 points qu’ils terminaient le premier quart.

33-14 à l’issue du premier quart.

Le Heat revient et prend l’avantage. 

Vexés, Lebron James et Chris Bosh vont veiller au grain et remettre le Heat dans le droit chemin. La second unit des Philadelphia Sixers ne parvient pas à endiguer la révolte des visiteurs. Darius Morris sur le parquet, le jeu des 76ers devient brouillon, l’organisation défensive distendue. Daniel Orton et Lavoy Allen, bien que volontaires, sont pris de vitesse. Le 35-18 concédé dans le second quart, remet les compteurs à zéro. Le Heat n’accusant que 2 points de retard à la mi-temps.

51-49 à la mi-temps

Michael Carter-Williams : 11 points, 7 passes, 6 interceptions pour aucune balle perdue. Le rookie rentre aux vestiaires sur les bases du triple double. Il échouera à une interception de ce dernier, à une interception et trois rebonds du quadruple-double. Le dernier rookie a avoir réalisé un triple double, se nomme toujours Kemba Walker (le 28 janvier 2012 contre les Wizards), mais l’ancien protégé de Jim Boeheim à Syracuse, s’est appliqué à inscrire son nom dans les tablettes de l’histoire de la Grande Ligue. Le tout, en faisant gagner son équipe.

Le concours à trois points du Heat

En défendant avec un tel engagement, les lignes de passes, les 76ers se mettent souvent hors de position et offrent à Ray Allen, Lebron James et Rashard Lewis des tirs ouverts derrière la ligne des 7m23 qu’ils ne se privent pas de convertir. Le Heat rentre 10 de ses 13 tentatives derrière l’arc dans le troisième quart et Ray Allen se permet même le luxe de rentrer un shoot depuis sa moitié de terrain au buzzer pour clore un troisième quart où les Sixers ont encaissé 45 points. 80 cumulés sur les deuxième et troisième quarts.

85-94 à l’issue du troisième quart.  

Le Heat a effacé un débours de 22 unités pour mener de 9 points à l’entame du dernier acte. Les espoirs de Philadelphie étaient dissipés. Les champions en titre allaient dérouler, marcher sur les 76ers, les étouffer par leur défense. Que nini.

Après avoir encaissé 45 points en 12 minutes, les 76ers frustrent le Heat par leur défense. L’accès au cercle est contesté par Spencer Hawes et Daniel Orton, tandis que Thaddeus Young et Evan Turner travaillent à faire sortir Lebron James de sa zone de confort (si tant est que cette dernière ne soit pas l’intégralité du parquet). Shane Battier (0-7 à trois points) ne parvient pas à rentrer les shoots qui s’offrent à lui, et les hommes de Brett Brown grignotent peu à peu leur retard.

Money time.

Sur une interception de James Anderson, Michael Carter-Willliams mène la contre attaque et délivre un caviar pour Spencer Hawes. Les 76ers reprennent les commandes de la partie (109-108) à 2 minutes du terme. Sur la possession suivante, Mario Chalmers va au cercle et se fait contrer par Thaddeus Young. Turner hérite de la gonfle dans le corner mais manque l’occasion de faire le break. En revanche, il ne manque pas de chipper la gonfle des mains de Lebron James sur la possession suivante.

A 1 min 18s du terme, Evan Turner toujours hérite, une nouvelle fois de la gonfle dans le corner, sur une passe lumineuse de MCW, mais ne règle pas la mire. Les occasions manquées de creuser l’écart dans le money time se paieront-elles cash? Pas tant que Carter-Williams reste sur le parquet. Le rookie, obtient sa 9ème interception sur un Lebron James parti au cercle mais dépossédé de la gonfle en cours de route. Evan Turner manque un lay-up sur la contre-attaque pour donner une nouvelle opportunité au Heat de reprendre l’avantage.

Qui prend le rebond défensif sur un nouvel échec de Lebron James, bien défendu par Spencer Hawes? MCW, pardi. Il hérite de deux lancers dans la foulée. A 27,5 secondes du terme de la rencontre, il manque le premier mais rentre le second devant les 19 523 fans massés dans le Wells Fargo Center qui se sont trouvés une nouvelle idole (110-108). Spoelstra ressort un système pour Battier dans le corner. Le shoot ne rentre pas et Turner hérite du rebond, de la faute, de deux lancers (112-108).

Deux nouveaux loupés longue distance (Battier, James) et un rebond offensif de Ray Allen plus tard, l’écart revient à 2 unités à 9.1 sec du terme. A la lumière blafarde du League Pass, le rythme cardiaque s’accélère, les yeux rougissent sous l’effet de frottements récurrents. Déconnent-ils? Ces 76ers-là sont-ils bien en train de terrasser le double champion en titre?

Brett Brown fait durer le plaisir, prend un temps-mort et prépare son schéma de jeu. Une première cette saison. Que va nous sortir l’ancien assistant de Popovich? Envoyer, le rookie sur la ligne ! Lui offrir l’occasion d ‘offrir la victoire aux siens. Les deux lancers sont rentrés, le Heat peut rentrer en Floride avec sa première défaite de la saison. Allen Iverson a du apprécier.

Les Sixers ont allègrement dépassé les 100 points. Les spectateurs se voient offrir un Big Mac. Who cares?

Les Sixers ont gagné. Les Sixers ont battu le Heat. Les Sixers sont revenus dans le money time. Les Sixers ont défendu dur. Les Sixers ont gagné.

MVP

On ne cesse de l’écrire mais la base de la pédagogie c’est la répétition. Cette saison sera affaire de développement des jeunes prospects de l’effectif. Qu’ils soient amenés à devenir des joueurs majeurs d’un effectif champion ou des roles players utiles chez un contender, la progression des prospects reste le baromètre de cette saison.

Après 48 minutes de jeu, l’objectif n’a pas changé. Pour autant, Michael Carter-Williams vient d’élever le niveau d’exigence.

Lors de sa première apparition avec les 76ers, lors de la Summer League d’Orlando, le 11ème choix de la dernière draft, avait inquiété ceux qui le découvraient. Incapable de conserver la gonfle et de créer pour ses partenaires lorsqu’il était mis sous pression par Patrick Beverley (9 pertes de balles). Un certain manque de lucidité dans l’organisation du jeu et une sélection de shoots plus hasardeuse que sa mécanique, plombaient encore davantage la première impression.

Une pré-saison plus tard, il a nuancé ces inquiétudes.

Michael Carter-Williams ne reproduira peut-être jamais dans sa carrière, la prestation de cette nuit. Après tout, personne n’avait aligné une feuille de stats avec 22 points, 12 passes, 9 interceptions et 7 rebonds depuis 1985. Jamais dans l’histoire, un joueur n’avait chippé 9 gonfles pour ses débuts dans la Grande Ligue. Seul Ernie Di Gregorio en 1973 avait réalisé davantage de passes décisives (14) pour son premier match.

La production de MVW (43 d’évaluation) a ceci d’historique qu’elle n’est pas reproductible. N’escomptez donc pas voir MCW traumatiser de la sorte John Wall et Derrick Rose cette semaine. En revanche, attendez-vous à le voir profiter de son avantage de taille sur ses vis-à-vis pour passer la gonfle par dessus la défense. Un schéma qui a fait merveille, cette nuit avec des passes pour Spencer à 4-5 mètres qui ont fait mouche. Attendez-vous à le voir prendre des bons shoots. Attendez-vous également à le voir en manquer.

On s’interrogeait, sur la capacité de MCW à endurer moralement des prestations indigentes. Il vient d’ajouter un nouveau questionnement. Digérera t-il sa performance de la nuit?

All-Stars

Décidément, même au second visionnage, cette partie est déstabilisante tant elle fut à contre courant de tout ce à quoi les 76ers nous ont habitué. Paroxysme de cet état de fait, Thaddeus Young, excellent face au Heat la saison dernière a été discret, maladroit, bien que toujours aussi irréprochable en matière d’engagement et d’intensité défensive.

Spencer Hawes a travaillé au poste, lutté pour la position préférentielle au rebonds, scoré sous le cercle, joué le pick and role avec Carter-Williams. Avec 24 points à 10/14 et 9 rebonds, le républicain a livré une prestation de haut standing.

Si ses échecs répétés en fin de partie auraient pu coûter la victoire, Evan Turner a une nouvelle fois assumé son rôle de leader dans ce jeune roster. Défaillant avec son shoot extérieur, il est allé au cercle. Oui, Evan Turner va au cercle et provoque la faute. Wake-up, we’re not with Doug Collins anymore.

Les stats de la nuit.

Exit les longs deux caractéristiques de l’ancien régime, la sélection de shoots des 76ers (qui cette fois les ont rentré) est des plus remarquables. 50 points dans la raquette, 8 tirs primés, 20 lancers-francs.

+12 / -8. Lorsque Michael Carter-Williams était présent sur le parquet, le différentiel des 76ers se chiffre à +12. Quand Darius Morris prenait le relai, il s’établit à -8. L’ancien meneur des Lakers est certainement la seule déception de cette partie. Il a au moins le mérite de la constance.

9/11. Seuls Brandon Davies et Hollis Thompson n’ont pas pris part à la rencontre. Brett Brown a largement puisé dans sa rotation, offrant 12 minutes de temps de jeu à Darius Morris, 15 à Daniel Orton et 18 à Lavoy Allen. Tony Wroten a apporté son agressivité en attaque et sa pugnacité en défense, en sortie de banc.

Les highlights

La box score 

Box-score Sixers-Heat 30:10

En s’imposant face au Heat, les 76ers ont réalisé un authentique exploit. Ils ont fait honneur aux champions présents dans les gradins. Allen Iverson reviendra au Wells Fargo Center, le 1er mars pour voir son maillot retiré. Tremblez Washington Wizards.

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