Chroniques

L’an zéro des nouveaux 76ers.

En rachetant la franchise, Josh Harris n’avait pas fait de mystère sur ses intentions : ramener un trophée Larry O’Brien à Philadelphie. Un an après avoir tenté de sortir de la médiocrité par le haut en ramenant Andrew Bynum en Pennsylvanie pour le résultat que l’on connaît, les 76ers ont décidé à l’issue d’une saison en tous points décevante d’en sortir par le bas et d’entamer un processus de reconstruction qui a eu pour corollaire un renouvellement quasi complet du personnel en place.

Avant de s’atteler au roster, les décisionnaires ont remodelé le Front Office de la franchise. Exit Tony DiLéo qui laisse sa place à l’ancien assistant de Daryl Morey à Houston, Sam Hinkie, nommé GM et président des opérations basket de l’organisation. Rod Thorn et Adam Aron ont également quitté leurs fonctions, remplacés par Scott O’Neil et Chris Heck.

A ces modifications dans l’organigramme vient s’ajouter un processus d’institutionnalisation des ambitions de la franchise via le rachat d’une franchise de NBA D-League, relocalisée dans le Delaware, les Sevens.

Décriés cet été, les mouvements entrepris par le front office sont à appréhender au prisme d’un processus de reconstruction de grande ampleur. Loin de se contenter d’une rénovation de l’existant, les décisionnaires ont fait le choix de nouvelles fondations. C’est donc la première saison des sixers nouvelle mouture qui se déroulera sous de (trop ?) rares yeux à compter du 30 octobre prochain.

L’exercice de la preview, instable par essence, devient périlleux concernant ces Sixers. L’identité des premiers joueurs coupés par l’organisation conforte ce constat.

Les résultats comptables ne font pas discussion. Les Sixers seront mauvais la saison prochaine et devraient échouer avec le plus mauvais bilan de la ligue au mois d’avril prochain. Pour autant les questionnements sont nombreux et les scenarii restent ouverts quant à de nouvelles modifications substantielles du roster.

2013 NBA Rookie Photo Shoot

La draft 2014 en point de mire

Conscient que Philadelphie ne s’est jamais distinguée sur le marché des agents libres, Sam Hinkie a, sans ambages, clarifié ses intentions concernant la draft 2014 en l’espace d’un trade. Celui qui a vu les Sixers envoyer Jrue Holiday et le 42ème choix à la Nouvelle Orléans en échange de Nerlens Noel et du premier choix de draft 2014 des Pelicans (protégé top 5).

En se séparant de son meneur « All-Star » pour acquérir celui qui était considéré comme le meilleur prospect de cette classe de draft avant sa blessure et ce qu’aucune franchise ne semblait décidée à céder à savoir un top pick supplémentaire pour la draft 2014, les 76ers se sont extraits de la médiocrité dans laquelle ils évoluaient depuis une décennie pour rejoindre les rangs des cancres de la Grande Ligue.

La suite de l’intersaison a vu les Sixers enregistrer les départs de l’intégralité de leurs joueurs en fin de contrat : Andrew Bynum, Nick Young, Dorell Wright, Damien Wilkins, Royal Ivey, Charles Jenkins ont donc rejoint de nouvelles destinations, laissant la franchise avec une marge de manœuvre salariale d’autant plus exceptionnelle. Seuls Michael Carter-Williams, Nerlens Noel et Thaddeus Young disposent d’un contrat garanti pour la saison prochaine, auxquels il convient d’ajouter la player option de Jason Richardson.

C’est donc avec une jolie collection de tours de draft (2 premiers tours et 3 seconds) ainsi qu’avec une enveloppe colossale que les Sixers aborderont la prochaine intersaison.

Pour autant, il reste une saison à disputer qui sera placée sous la double exigence du développement des prospects et de la mise en valeur des principales monnaies d’échange potentielles.

Arrivant en fin de contrat à l’issue du présent exercice, Evan Turner et Spencer Hawes sont susceptibles d’être échangés avant la deadline tout comme un Thaddeus Young irréprochable sur le parquet mais qui représente aujourd’hui la plus valeureuse des pièces du roster des Sixers.

A l’instar de Turner et de Hawes, la quête d’un nouveau contrat devrait inciter Arnett Moultrie et Lavoy Allen, deux autres rescapés de l’ère Doug Collins, à lutter encore davantage pour se mettre en évidence.

Par ailleurs, Kwame Brown qui n’a pas manqué de lever sa player option de 3 millions de dollars, reste à ce jour au sein du roster non pas en vertu de ses talents ou de son rôle de vétéran mais parce que le front office perçoit son contrat comme potentiellement utile dans la perspective d’un trade à plus de deux franchises.

En tout état de cause, l’effectif des Sixers n’est assurément pas figé, bien que les éventuelles modifications pouvant être apportées ne devraient pas altérer le bilan comptable envisagé.

Le développement des prospects comme objectif

Avec une classe de draft 2014 qui ne manque pas de talents aux postes 2, 3 et 4, le développement des deux rookies draftés au mois de juin dernier, Michael Carter-Williams et Nerlens Noel sera la principale préoccupation de l’organisation. Pour ce faire, l’intégralité du coaching staff (Lloyd Pierce, Chad Iske, Greg Foster) de Brett Brown a été recruté en fonction de leurs savoir faire en la matière.

Le pivot est théoriquement sur le flanc jusqu’au mois de décembre. Après l’expérience Andrew Bynum, la franchise ne prendra aucun risque avec Nerlens Noel et ne précipitera pas son retour à la compétition. A ce titre, Brett Brown a laissé entendre, avant de nuancer ses propos dès le lendemain, que son pivot ne jouerait pas cette saison. Une entreprise de communication avant tout destinée à éloigner le spectre des sempiternelles spéculations sur l’échéance de sa rééducation. L’absence du jeune pivot altère certainement davantage l’intérêt de l’observateur dépassionné pour la saison à venir des 76ers qu’elle n’affecte leur compétitivité immédiate.

Qu’importe la date, lors de son retour l’ancienne vedette de Kentucky viendra apporter son sens de la défense et une présence au rebond, secteur de jeu où Philadelphie devrait être dominé chaque soir ou presque. En attendant, Nerlens Noel poursuivra son travail au poste avec Greg Foster l’entraîneur des intérieurs et sa mécanique de shoot avec Lloyd Pierce.

Onzième choix de la dernière draft, Michael Carter-Williams se verra confier les rênes du jeu de Philadelphie. Incontestablement, il sera un des meneurs titulaires les plus faibles de la Ligue. Dans un premier temps, il devra prendre le pouls de l’intensité défensive de la NBA notamment dès sa remontée de balle. Un secteur de jeu où Beverley l’avait martyrisé en Summer League mais où il a remarquablement résisté à Avery Bradley en pré-saison. La présence à ses côtés d’un Evan Turner toujours disponible pour tenir la gonfle entre ses mains, est de nature à le rassurer en lui permettant de souffler par séquences en se contentant de gérer la seconde moitié de la possession où sa qualité de passe combinée à son avantage de taille peut faire merveille.

La capacité de Michael Carter-Williams à organiser le jeu dans une équipe en manque de solutions offensives, à prendre soin de la gonfle tout en travaillant son jump shoot sera la première curiosité du début de saison.

L’ancien partenaire de jeu de Nerlens Noel au lycée, bénéficiera au quotidien de la science de Brett Brown et de la ténacité d’un Tony Wroten bien décidé à lui subtiliser sa place. Là où la présence de vétérans expérimentés aurait fait sens dans le cadre d’un « tutorat » des jeunes prospects, les Sixers ont préféré placer ces derniers en situation de concurrence avec d’autres jeunes talents afin de les conserver sous pression tout au long d’une saison sans ambition sur le plan comptable.

L’ancien meneur de Syracuse dispose d’une période d’essai d’un an au cours de laquelle il doit prouver qu’il peut être le meneur de jeu des Sixers à moyen et long terme.

Au delà des deux rookies draftés en juin dernier, le roster des Sixers comportera de nombreux prospects qui n’ont jusqu’à présent pas accompli leur plein potentiel, parmi lesquels peu devraient s’assurer un destin en Pennsylvanie.

Des prospects intrigants

Disposant d’une marge de manœuvre salariale considérable, Sam Hinkie a profité de la situation contractuelle des Grizzlies et des Rockets pour ajouter deux jeunes prospects au talent certain dans son roster.

Tony Wroten échangé contre un second tour de draft protégé top 50 dont Memphis ne verra jamais la couleur, sera le sixième homme des 76ers cette saison. Son implication défensive et sa capacité à provoquer la faute ainsi que sa polyvalence sur les deux postes d’arrière lui vaudront un temps de jeu substantiel.

Tony-Wroten-76ers-Brett-Brown

Par ailleurs, la pré-saison laissait envisager que Royce White arrivé en Pennsylvanie en compagnie des droits sur le jeune intérieur turc, Furkan Aldemir et de cash, était destiné à obtenir de nombreuses minutes en sortie de banc mais la franchise a finalement décidé de le couper malgré son contrat garanti pour la saison 2013-2014 (salaire qui sera payé par les Houston Rockets).

Khalif Wyatt, Vander Blue et Nayal Koshwal ont connu le même sort et ont été coupés. Pour autant, on pourrait retrouver très rapidement ces prospects au sein de la franchise des Delware Sevens, la franchise de D-League dont sont propriétaires les 76ers.

Reste donc un seul candidat à évincer pour ramener le roster à des dimensions conformes au règlement. Le dernier sport devrait se jouer entre Hollis Thompson et Gani Lawal avec un net avantage pour le premier, bien que la possibilité de voir arriver un joueur fraîchement coupé par une autre franchise ne soit pas à exclure, ni celle d’un trade avant le 31 octobre.

Sous réserve de nouveaux mouvements hinkiesques, le roster se déclinerait autour des patronymes suivants : Michael Carter-Williams, Darius Morris, Tony Wroten, Jason Richardson, James Anderson, Evan Turner, Thaddeus Young, Rodney Williams, Hollis Thompson, Arnett Moultrie, Spencer Hawes, Nerlens Noel, Lavoy Allen et Kwame Brown.

Le cinq de départ.

Depuis le début de la pré-saison, Brett Brown a systématiquement aligné le même cinq de départ avec Michael Carter-Williams, Evan Turner, James Anderson, Thaddeus Young et Spencer Hawes, à l’exception de la rencontre face aux Bobcats où Turner, Young et Hawes avaient été laissés au repos.

Cette formation devrait être reconduite au soir de la réception du double champion en titre au Wells Fargo Center avec Tony Wroten en sixième homme.

Un basket de transition

S’il est encore trop tôt pour identifier les schémas de jeu que distillera Brett Brown, son intention de voir son équipe pratiquer un basket de transition est désormais indubitable. Avec de jeunes arrières au jump shoot défaillant et aux qualités physiques et athlétiques au dessus de la moyenne, un pivot autant révulsé par le jeu au poste que par les consommateurs de latte de la côte Est, les Sixers vont essayer de rester dignes en s’autorisant un accès plus aisé au cercle.

Si Brett Brown s’est montré aussi intransigeant avec la condition physique c’est qu’il entend faire courir ses joueurs sur le parquet afin de masquer leurs limites techniques par la mobilisation constante de leurs qualités athlétiques.

Leur incapacité à créer sur demi-terrain contraint les Sixers à courir. Leur dignité leur impose de défendre dur.

Une autre sélection de shoots

Au delà du tempo, la sélection de shoots des Sixers la saison prochaine devrait être radicalement différente de celle ayant prévalu sous la direction de Doug Collins. L’an passé, les Sixers ont abusé des longs deux (les tirs les moins rentables) et déserté la ligne de réparation. Lors des premiers matchs de la pré-saison, les hommes de Brett Brown se sont montrés agressifs en attaque glanant systématiquement plus de lancers francs que leurs adversaires tout en ne recourant que très occasionnellement à la spécialité de Spencer Hawes.

Pronostic

Cette année, les Sixers ne gagneront pas sur le talent. Ils ne gagneront pas tout court. Brett Brown va tenter de permettre aux fans de ne pas déserter la salle en proposant un basket de transition qui devrait offrir quelques actions de haute voltige et en exigeant de ses joueurs une intensité défensive de tous les instants.

Au vu du talent présent dans le roster, de la situation contractuelle des joueurs le composant, des blessures et du calendrier, les Sixers devraient faire mieux que lors de la saison 1972-1973 où ils ne remportèrent que 9 succès. Ils ne doubleront toutefois pas ce total pour échouer un peu au dessus de la quinzaine de succès.

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