Chroniques

Sam Hinkie : la raison contre l’émotion

Après la déconvenue de la saison passée où la signature estivale d’Andrew Bynum avait fait naître les espoirs les plus fous, la franchise s’est clairement engagée dans un processus de rebuilding sous l’égide de son nouveau General Manager, Sam Hinkie.

Les mouvements entrepris par l’ancien adjoint de Daryl Morey ont fait jasé presque autant que ceux initiés par son mentor lors de l’été dernier.

Les méthodes de travail de Sam Hinkie chagrinent les commentateurs. En oeuvrant dans la plus grande discrétion, Hinkie déstabilise les insiders qui se trouvent forts dépourvus en contenu pour alimenter leurs colonnes, autant qu’en indices pour prévoir les mouvements entrepris par la franchise.

La quête du coach illustre à merveille les différentes lectures qui sont proposées de l’action du nouveau GM des Philadelphia Sixers. Une lecture émotionnelle formulée notamment par Charles Barkley qui croit voir dans la gestion actuelle de la franchise la chose la plus stupide qui lui a été donnée l’occasion de voir, et une lecture rationnelle qui considère qu’à trois mois de l’entame de la saison, il n’y avait d’urgence qu’à la prise d’information et l’accumulation d’assets.

Loin de l’immobilisme supposé des observateurs peu attentifs mais pour autant bavards, Sam Hinkie a poursuivit sa quête de l’omniscience tout en posant les bases des nouvelles ambitions de la franchise. En s’entretenant avec l’ensemble des assistants coachs intéressés par le poste de head coach en Pennsylvanie après avoir fait passer des workouts pré-draft à plus de 60 joueurs, HInkie n’a pas chômé quand bien même l’officialisation du recrutement de Brett Brown peut sembler tardive. (nous avons déjà expliqué pourquoi le processus avait été aussi long tout en respectant le timing annoncé par Sam Hinkie).

Cette dichtomie analytique se décline autour des grandes décisions prises par Sam Hinkie depuis son intronisation dans son nouveau costume : le trade de Jrue Holiday et du 42ème choix de la draft 2013 contre Nerlens Noel et le choix de draft 2014 protégé top 5 des Pelicans de la Nouvelle Orléans, la gestion de la masse salariale de la franchise, la draft de Michael Carter-Williams et le recrutement de Royce White.

La conjonction de la proximité d’une classe de draft peu avare en talents et d’une actualité qui l’est davantage, le débat sur le concept de tanking fait rage auprès des suiveurs du ballon orange. Sans entrer dans le détail de la polémique, nous nous contenterons de soulever quelques éléments qui permettent d’appréhender la politique suivie par les 76ers.

Les Sixers tankent-ils ?

L’acceptation large du concept de tanking en vogue dans les différentes colonnes ne nous semble pas la plus pertinente afin de caractériser correctement des processus et des stratégies différentes.

Pour l’heure, les Sixers ne tankent pas, ils reconstruisent.

En laissant sur le banc Goran Dragic et Marcin Gortat en fin de saison dernière, les Phoenix Suns ont tanké. Ils ont volontairement altéré leur compétitivité et leurs résultats en alignant délibérément sur le parquet des joueurs qui n’étaient pas les meilleurs disponibles. Se faisant, ils ont terni leur bilan et accru leurs chances d’obtenir un meilleur choix de draft. Peut-être que les 76ers procèderont de la sorte en fin de saison prochaine si leur bilan comptable s’avérait étonnamment trop favorable mais pour l’heure, ils reconfigurent un roster qui était destiné à évoluer dans le ventre mou de la Ligue.

Avec un Evan Turner comme quatrième joueur le plus expérimenté dans la Ligue, la saison des 76ers sera question de développement de joueurs. Or pour que l’entreprise soit couronnée de succès, il convient que sur le parquet, les joueurs donnent le maximum d’eux-mêmes, en dépit de résultats collectifs annoncés délicats.

A ce titre le roster est plutôt bien conçu pour avoir des joueurs mobilisés dans une saison pénible.

Seuls les rookies, (Michael Carter-Williams, Nerlens Noel), Jason Richardson et Thaddeus Young ont un contrat garanti au delà de la saison prochaine. Il ne fait aucun doute que les deux joueurs issus de la dernière draft souhaiteront se mettre en valeur. L’engagement et l’implication de Thaddeus Young ne souffrent d’aucune contestation possible. Il en ira peut-être autrement pour un J-Rich dont le retour à la compétition n’est espéré qu’en début d’année prochaine.

Evan Turner, Spencer Hawes, Lavoy Allen, Arnett Moultrie et Royce White vont quant à eux devoir convaincre le front office des 76ers qu’ils méritent de poursuivre l’aventure au delà de la saison à venir, ou convaincre d’autres GM de les recruter.

Quand bien même les défaites s’accumuleront, les joueurs qui composent le roster auront des choses à prouver a minima sur le plan individuel, renforçant ainsi leur implication collective et écartant de ce fait, les possibilités de truchement volontaire des résultats et de la compétitivité de l’effectif.

L’arrivée d’un nouveau coach vient renforcer ces incitations à la performance individuelle.

Par ailleurs, si les 76ers devaient être amenés à ternir volontairement leur bilan au cours de la saison, il est hautement probable que cela s’effectue dans le cadre d’un trade pour des futurs assets plutôt que par la mise sur le banc des principaux joueurs de la franchise. Pour peu que les 76ers souhaitent se séparer de Spencer Hawes et Evan Turner avant la fin de leur contrat,  les mettre en valeur jusqu’à la deadline est alors un impératif.

Pour autant, cela ne devrait pas empêcher Brett Brown de commencer sa carrière de head coach avec un piteux bilan comptable tant le roster est faible. Sur le parquet, les sixers donneront le meilleur d’eux-mêmes et Brett Brown cherchera à mettre en place les systèmes les plus efficaces. Mais faute de talents et surtout d’expérience, les Sixers occuperont les bas-fonds de la Ligue comme ils le firent en 1994-1995 et 1995-1996.

Pour considérer que la franchise ne reconstruit pas de manière cohérente et donc qu’elle tanke, il convient de poser le postulat que les Sixers ont bradé leurs joueurs sous contrat. Comme, seul Jrue Holiday a été tradé au cours de cette intersaison, l’analyse de son trade et de ses répercussions sur les destinées de la franchise doit présider à la caractérisation de la stratégie suivie par Sam Hinkie.

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